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samedi 28 septembre 2013

Peter "Pedro" Rabbit joue les pâââtissiers!


Lorsque je l'ai vu dans le rayon des livres culinaires, je n'ai pu m'empêcher...:

1- de le feuilleter.
2- de penser à Pushing Daisies (ne serait-ce que pour la recette de la apple pie au cheddar).
3- de baver sur les pages.
4- benh, comme j'avais baver sur les pages, forcément, de l'acheter...^_^'

Comment ça? Moi, incorrigible? Moi, chercher de fausses excuses?
Meuh non, voyons...

dimanche 22 septembre 2013

"No Place like Home"... Selection de lectures autour du "Magicien d'Oz"


  Après une sélection de lectures autour de Blanche-Neige l'an dernier ( pour célébrer le regain d'intérêt qu'il y avait alors pour ce conte et les nombreuses adaptations qui se préparaient ), je réitère cette fois-ci l'expérience avec le thème du Magicien D'Oz! Dans un article récent, j'ai en effet dressé une petite liste des nombreux films et séries simultanément en cours d'adaptation d'après le chef-d’œuvre de L.F.Baum. La sortie du film Le monde fantastique d'Oz a par ailleurs créé l'événement au printemps dernier et, même si j'aurais voulu effectuer toutes ces lectures et les chroniquer avant que la vague de sorties ne se mette en place, il n'est pas trop tard pour commencer ce petit rush personnel (Bon, en même temps, j'avoue avoir déjà terminé certains livres de la sélection, ne reste plus qu'un petit post à leur consacrer ;-) ).

  La sorcière de l'Ouest s'est, à l'évidence, pris la bibliothèque du Magicien sur la tête et ça envoie du lourd... au menu, nous avons donc:

- Le magicien d'Oz, le roman original de L.F.Baum, ainsi que ses deux suites directes: Le merveilleux pays d'Oz et Ozma, princesse d'Oz. Il s'agit des traductions officielles et rarissimes des trois premiers opus de la saga (qui compte comme je l'ai déjà expliqué plus de dix tomes, mais dont les suivants ont été boudés par les éditeurs français...), publiées dans les années 70 et 80 aux éditions Flammarion, collection du chat perché. Agrémentées des illustrations d'origine, ces petites raretés du monde livresque ont rejoint ma bibliothèque il y a quelques années pour à peine 50 centimes l'unité chez Emmaüs =D. Voilà l'occasion d'une lecture nostalgique qui sent bon le vieux papier et permettra de retourner aux sources du conte.

- Le cycle d'Oz - tome 1, de L.F.Baum, illustré par S.Levallois. Face à l'engouement sur le retour pour l'univers d'Oz, les éditions du Cherche-Midi ont proposé une réédition de l'intégralité des romans de Baum sur l'univers d'Oz, c'est à dire la saga complète: le Magicien d'Oz connu de tous, les deux suites évoquées ci-dessus, mais aussi les tomes suivants jusque là inédits en France! Enfin! Les ouvrages de cette collection comportent deux livres par opus, avec un écart d'environ 6 mois entre chaque sortie. Ce premier livre se compose ainsi du Magicien d'oz et du Merveilleux Pays d'Oz, cette fois publiés sous de toutes nouvelles traductions qui se veulent plus fidèles au texte original. Autre point à noter: les illustrations inédites, assurées par un jeune artiste français issu de l'industrie cinématographique: Stéphane Levallois. Un intéressant travail de comparaison en perspective...

- Dorothy of Oz, de Roger S.Baum. Ce roman, écrit par l'arrière-petit-fils de L.F.Baum, propose une suite inédite à la saga de son aïeul. Dans ce récit devenu aussi célèbre que l'original outre-Atlantique, Dorothy est de nouveau amenée à retourner à Oz pour y vivre une nouvelle aventure. Il s'agit du roman qui a inspiré le long-métrage animé en cours de réalisation: Legends of Oz: Dorothy's return.

- Wicked, de Gregory Maguire. J'ai déjà eu l'occasion de lire cet excellent auteur, qui avait proposé une réécriture tout juste extraordinaire de Blanche-Neige avec Mirror, Mirror. Applaudi par les critiques littéraires, cet auteur avait créé l'événement avec ce roman inspiré de l'univers d'Oz où il se propose de nous raconter une biographie de la méchante sorcière de l'Ouest. Déjà adapté en comédie musicale, ce récit grandiose qui dépasse de loin le simple conte de fées mérite sans nul doute que l'on s'y attarde...

- Le Monde Fantastique d'Oz, novelisation du film de Disney. Oui, une novélisation! Je suis le premier à regarder ce genre de transposition avec dédain mais aussi le premier à savoir les apprécier quand elle sont de qualité! Reste à voir si ce sera le cas pour celle-ci ou s'il s'agira d'une fade et banale description de ce que l'on voit à l'écran...

- Le Magicien d'Oz, un album pop-up de Robert Sabuda. Robert Sabuda, artiste du livre-objet et du papier plié, propose ici sa version animée du conte. Après un travail similaire pour Alice au Pays des Merveilles, il reprend ici les illustrations originales et les retravaille pour une explosion de magie en trois dimensions...

-Le magicien d'Oz, un livre pop-up de Nicola Robison. Un autre ouvrage animé, moins connu que celui de R.Sabuda mais dont la couverture pleine de fraicheur et la mise en page originale m'ont toutes deux charmé. Loin des livres en 3D classiques, celui-ci propose une mise en scène délicate qui mérite le coup d'oeil.

Voilà donc de belles lectures en perspectives... Surveillez bien les pages du blog dans les jours et semaines à venir, les chroniques de ces ouvrages devraient tomber comme des fermes sur les méchantes sorcières! (hum, oubliez la note d'humour un peu fanées...).

Aucun doute, nous sommes bien loin du Kansas! ;-)

dimanche 15 septembre 2013

Le secret de tante Eudoxie (La trilogie des Charmettes #1) - Eric Boisset


Éditions Magnard Jeunesse, 2002 - Magnard Jeunesse, collection Tipik junior fantastique, 2005 - Éditions Magnard jeunesse (réédition revue et corrigée par l'auteur), 2013.

  Quatre jeunes sorcières apprennent à manier leurs pouvoirs...
  Jeanne, Mina, Victoire et Iris sont quatre jeunes filles très particulières. Neuf signes les distinguent des adolescentes de leur âge. Certains d'entre eux sont très contraignants : être floues sur les photos, faire sonner les portiques de détection dans les grands magasins, parasiter les téléphones portables... Ce sont des sorcières dont les pouvoirs influent sur les quatre éléments naturels que sont le feu, l'air, la terre et l'eau ! Sous la houlette de tante Eudoxie, elles vont devoir réaliser leur première figure... Événement d'importance dans la vie d'une sorcière...

***

  Voilà une lecture dont l'envie remonte à bien longtemps! Pour la petite histoire, alors que je devais avoir 13 ou 14 ans et que je furetais dans ma librairie favorite (charmante boutique au charme d'antan inégalable, malheureusement aujourd'hui fermée), j'étais par hasard tombé sur cette trilogie écrite par l'auteur français Eric Boisset. Son nom vous dit certainement quelque chose: connu pour sa saga des Grimoires d'Arkandias, il est relativement célèbre dans le monde de la littérature jeunesse francophone. Bien que moins populaire, cette trilogie des Charmettes n'en était pas moins alléchante et ce malgré les illustrations d'époque assez enfantines. Le résumé me faisait très envie mais je n'avais jamais eu l'occasion d'acquérir l'ouvrage en question. La chose fut réparée lorsque les trois tomes furent glanés au gré de quelques vide-greniers de-ci de-là... mais pour rejoindre aussitôt ma PAL déjà bien branlante!

De gauche à droite: Première édition grand format de 2002, puis rééditions en formats poche de 2004 et 2005. 
Illustrations de Serge Prudhomme.

  Mais mon histoire avec Les Charmettes n'était pas terminée pour autant car cet été, je suis tombé au détour d'une grande surface sur une toute nouvelle réédition avec couverture inédite (et fort belle) à la clef! Ma curiosité titillée comme à mes 13 ans, mon intérêt pour cette trilogie fut alors réveillé et j'allai de suite la faire émerger de ma PAL pour m'y plonger avec un plaisir tout aussi jubilatoire que régressif ; On ne peut plus approprié en cette période de rentrée parfumée à la craie et au tableau noir!

  Avec ce premier tome de la trilogie, nous faisons connaissance avec trois jeunes préadolescentes de 11 ans, amies de collège de longue date bien que toutes très différentes les unes des autres. Jeanne (menue, aux bouclettes courtes et blondes), Victoire (grande beauté froide à la longue chevelure dorée), et Mina (aux cheveux noirs courts et toujours coiffés en pétard) sont, qui plus est, bien différentes du commun des jeunes filles de leur âge : elles sont sorcières! Sous la houlette d'Eudoxie, la tante de Jeanne qui les convie à des rendez-vous réguliers dans sa somptueuse villa des Charmettes, elles apprennent à manier leurs puissants pouvoirs. Lorsque le roman débutent, les trois collégiennes viennent de rencontrer Iris, une jeune fille qui présente les mêmes dons et qui rejoint leur petite équipe. Les petites sorcières sont désormais au nombre de 4, chacune liée à l'un des éléments fondamentaux que sont l'eau, le feu, l'air et la terre, qui définissent leurs forces particulières mais aussi leur tempérament. Cette complémentarité leur permet de réunir leurs pouvoirs pour former, à terme, trois figures magiques qui seront à l'origine d'une énergie fantastique inégalée! Mais cette force est convoitée par Mlle d'Abbeville, une sinistre sorcière déchue qui, ayant perdu une partie de ses pouvoirs, a créer une technologie de pointe pour capturer les adolescente et s'emparer de leur magie...


  Mon avis sur ce livre? Le secret de tante Eudoxie m'a laissé une impression on ne peut plus positive, confirmant ce que j'avais entendu dire du talent d'auteur d'Eric Boisset ; loin du roman simpliste auquel on pourrait s'attendre (notamment si l'on se fie au très jolies mais un petit peu enfantines illustrations d'origine), nous avons là un récit d'une grande originalité, doublé une maturité certaine et servi par une excellente plume. Contrairement à ce que l'on s'imaginerait avec une histoire de sorcière, pas de grimoires, de vieux château, de potions et de fioles ou encore de formules en latin façon Harry Potter ; ici, Eric Boisset emprunte un chemin différent et pare sa vision de la magie d'une dimension plus contemporaine, mais sans pour autant renier ses origines puisqu'elle trouve sa source dans les éléments fondamentaux de la nature et dans la connexion qu'on établit avec ceux-ci.

Quelques illustrations intérieures de S.Prudhomme.

  Les personnages sont l'un des points forts du roman. Eric Boisset dépeint des héroïnes qui, dans un autre genre, m'ont rappelé la Fantômette de George Chaulet. Car on est à mille lieues de simples gamines de 11 ans "toutes mignonnes et toutes gentilles" qui s'amuseraient avec des baguettes magiques. Non, point du tout: Issues de milieux sociaux opposés et de situations méticuleusement pensées, chacune des 4 sorcières a sa personnalité bien à elle, un tempérament vif et énergique doublé d'une étrange maturité. En effet, elles apparaissent en décalage de leur génération, faisant parfois preuve d'une hauteur et d'une ironie cinglante (mais toujours drôle et fantaisiste, heureusement : on est quand même dans le la littérature jeunesse!) sur leur environnement, comme si elles avaient déjà sorti un pied de l'innocence propre à leur âge. Ce ton apporte du vif et du piquant dans les échanges et l'enchaînement des scènes tout en rendant les protagonistes très attachants.
  Il en est de même pour les personnages secondaires, adjuvants et opposants: tante Eudoxie pétille de malice et d'énergie et les animaux doués de parole débordent de facétie. Si l'on entrevoit tout juste Mademoiselle d'Abbeville dans ce premier opus, on en apprend assez pour reconnaître une méchante atypique: cette sorcière déchue, grande dame en fourrure et au fume-cigarette accompagnée d'hommes de main plutôt louches, évoque une sorte de Cruella d'Enfer armée d'un outillage technologiquo-magiquo-futuriste détonnant! Pas de toute, voilà une figure charismatique et novatrice!

L'atmosphère chaleureuse de la villa de tan te Eudoxie, idéale pour des expériences de magie!
(illustration de S.Prudhomme) .

  Un dernier petit mot sur l'ambiance : Eric Boisset sait véritablement instaurer une atmosphère particulière à chaque scène, ponctuant chaque passage de petits détails et précisions qui concourent à nous plonger avec délice dans l'univers des Charmettes. J'ai particulièrement aimé les nombreuses descriptions des plats dont se régalent les personnages et le parfum réconfortant des rendez-vous à la villa. Ces retrouvailles autour de pâtisseries et de chocolat chaud fumant au coin du feu, alors que la neige tombe au dehors, provoquent chez le lecteur un délicieux sentiment de sécurité et de cocooning.
  L'ensemble - cadre contemporain, écrin citadin, magie fondamentale, éléments futuriste et jeunes héroïnes en apprentissage - a réveillé en moi de lointains souvenirs télévisuels, et particulièrement de la série animée Les petites sorcières, diffusée dans les émissions jeunesse alors que j'étais enfant. On y retrouvait une atmosphère très proche, bien que le programme soit destiné à un public plus jeune!



  En résumé: Un premier tome très plaisant à lire, au ton vif et enlevé, doublé de personnages attachants et d'une approche originale et moderne de la magie. Une lecture des plus agréable qui n'a pas pris une ride en dix ans, et qui avait bien droit à cette réédition. La nouvelle couverture de Raphaël Gauthey exprime à merveille l'esprit de l'intrigue et la maturité des héroïnes, et l'ensemble correspond mieux que jamais à ce qui fascine les jeunes lecteurs d'aujourd'hui! A (re)découvrir d'urgence! =D

  Pour aller plus loin:

samedi 14 septembre 2013

Velvet - Mary Hooper

Velvet, Bloomsbury, 2011 - Éditions Les Grandes Personnes, 2012.

  Velvet n’a pas une vie facile. Orpheline dans le Londres des années 1900, elle survit tant bien que mal en travaillant jour après jour dans l’enfer d’une blanchisserie. Lorsque l’occasion lui est donnée de s’occuper du linge de clients fortunés, la jeune fille saisit sa chance et attire bientôt l’attention de l’intrigante Madame Savoya, qui se révèle être l’un des médiums les plus courus de la capitale.
  Emménageant à la Villa Darkling aux côtés de Madame et de son jeune assistant, Georges, qui ne la laisse pas insensible, Velvet ne va pas tarder à découvrir les usages et secrets de cet univers fascinant qu’est celui du spiritisme. Elle est pourtant loin de se douter que le danger qui la guette ne vient pas du royaume des morts… 




  Tout juste sorti du très bon Waterloo Necropolis de Mary Hooper, je n'ai pu résister à l'envie de poursuivre un peu plus dans la bibliographie de cette excellente auteure. Sur les conseils d'une amie hautement fiable en recommandations livresques, j'ai fait l'acquisition de Velvet, dernier ouvrage en date de l'écrivaine, celui-là aussi publié aux éditions Les grandes personnes. Après l'ère victorienne et le commerce du deuil comme sujet central, je me suis cette fois plongé en pleine époque edwardienne et, plus précisément, dans l'univers intriguant du spiritisme...

Couvertures grand format et poche originales.

  Londres, au tournant du XXème siècle. Velvet est une jeune fille solitaire d'environ 17 ans, employée chez Ruffold, l'une des plus grandes blanchisseries de la ville. Mais les conditions de travail particulièrement dures lui sont pénibles: entre la chaleur étouffante du local et sa petite constitution, Velvet souffre régulièrement de malaises et évanouissements qui pourraient mener à son renvoi. Elle convainc cependant son employeuse, Mrs Ruffold, de la transférer au service des retouches, où les employées reçoivent par paquet le linge des clients les plus aisés. Prenant grand soin des colis qui lui sont livrés, la jeune fille s'applique avec minutie à effectuer chaque commande le plus rapidement possible, et se fait ainsi remarquer par Madame Savoya, riche cliente qui la désigne comme blanchisseuse attitrée. Satisfaite de ses services, elle lui fait même cadeau, pour Noël, d'une entrée gratuite à une représentation de...spiritisme! Car Madame Savoya n'est autre qu'une des plus célèbres médiums du Londres mondain. Impressionnée par les talents de Madame, Velvet ne sait cependant quoi en penser: on raconte tout et n'importe quoi sur ces voyants, dont certains ne seraient que des charlatans. Mais lorsque la grande Lady en personne se présente chez Ruffold pour proposer une place de domestique à Velvet, cette dernière accepte sans hésiter et voit par là-même sa nouvelle employeuse comme une femme des plus honnêtes et sans nul doute de haute vertu.
  D'ailleurs, alors qu'elle s'imaginait devenir simple blanchisseuse de la maison de Madame, elle se voit en fait proposer une place de Dame de compagnie et d'assistante personnelle. Installée dans sa sublime et luxueuse demeure de la villa Darkling, elle fait la connaissance de la cuisinière et de sa jeune fille, gouvernante effrontée, mais surtout de George. George, le premier assistant de Madame Savoya, est un jeune et charmant gentleman qui n'est d'ailleurs pas sans laisser Velvet insensible. Très vite, ce dernier la forme à assister Madame dans sa profession de médium, particulièrement au cours de soirées de spiritisme organisées dans sa maison. Son travail consiste à accueillir les invités et le beau monde qui se pressent à la porte pour communiquer avec les esprits, mettre les clients à l'aise et les installer dans la grande pièce où se tiennent ce qu'on appelle dans le jargon les "cercles des ténèbres". Mais peu à peu, des détails sur l'organisation de ces soirées viennent éveiller les soupçons de Velvet : et si elle n'était qu'un jouet dans une entreprise de tromperie? Si Madame n'était qu'une des nombreuses représentantes du charlatanisme dont la jeune fille entend parler chaque jour? Non, impossible, Madame est bien trop bonne... sans compter qu'elle tient dont ne sait où des information secrète sur le passé de Velvet. Des événements que la jeune domestique ne voudrait surtout pas voir dévoilés, qui datent du temps où elle portait un autre nom... qui aurait pu en faire part à son employeuse, si ce ne sont de vrais esprits? A moins qu'il y ait là encore tromperie et que Madame Savoya ait juste de quoi maintenir Velvet sous sa coupe dans de noirs desseins...

Trailer officiel du roman.

  Autant vous avouer que c'est avec beaucoup d'enthousiasme que je me suis plongé dans ce roman, tout impatient de retrouver une ambiance livresque victorienne (enfin presque, puisque je rappelle que cette ère vient tout juste de s'achever lorsque le roman commence!). De plus, j'ai toujours été fasciné par les histoires de fantôme "à l'ancienne" et les intrigues traitant de spiritisme old school, pratique qui connut son heure de gloire entre 1850 et 1930, devenant alors un loisir aussi commun que faire les magasins ou sortir au théâtre! A ceci près tout de même que c'était là un passe-temps réservé à une certaine élite car particulièrement coûteux. Ce phénomène de société est devenu un véritable commerce dans les cercles mondains et amena à de nombreuses affaires de charlatanismes qui défrayèrent les chroniques de l'époque. Mary Hooper restitue fort bien cette atmosphère mêlant spiritisme et monde du luxe : avec Velvet, on entre dans un Londres bourgeois qui, pourtant habitué à la vie publique, se frotte au monde plus secret des esprits et de la communication avec les défunts. Cela se ressent particulièrement dans les petits détails glissés au fil du texte par l'auteure, concernant le train de vie de Madame Savoya : sa garde-robe (dont elle nous régale de mille détails presque sociologiques), sa demeure de Hanover Crescent où le champagne coule à flot, ou encore la vie de la domesticité au sein de sa villa.

Le luxueux quartier de Hanover Crescent...quelque part parmi ces villas se trouve peut-être celle de Madame Savoya?

  On découvre au fil du roman les codes des pratiques des médiums et l'importance de la théâtralité dans les séances de contact avec l'au-delà, l'accent que le voyant attache au luxe de sa prestation. Comme pour un tour de passe-passe, il s'agit d'en mettre plein les yeux, de mystifier le spectateur. Cependant, si Mary Hooper nous fournit encore un superbe compte-rendu des faits et gestes quotidiens du Londres au tournant du XXème siècle, j'ai été un peu déçu, à comparaison, des informations concernant les trucages employés par les médiums. Si elle parvient à nous décrire avec une minutie presque irréelle la vie et le fourmillement d'une blanchisserie au début des années 1900, elle ne va pas aussi loin dans "l'étude", si je puis dire, du spiritisme, alors qu'il s'agit là du thème central. Ayant lu et adoré le roman La séance où John Harwood fournissait une abondance de détails sur les astuces employées par les vrais-faux médiums, je n'ai pu m'empêcher de faire la comparaison, mais peut-être à tort et en oubliant que Velvet est avant tout un roman destiné à la jeunesse.
 Ce pourrait-être chez Ruffold: Cheminée d'usine, machinerie imposante, vapeur étouffante...
 ... ou le quotidien difficile des steam laundry du début du XXème...

  Concernant les personnages, Velvet est très différente de l'héroïne de Waterloo Necropolis, et j'ai à ce titre pu profiter du talent de Mary Hooper pour dresser les personnalités différentes au sein d'ambiance et d'époque similaire. Loin de nous soumettre une galerie de personnage calquée, l'auteure sait inventer des protagonistes différents et représentatifs des nombreux traits de caractère propres à la nature humaine. Alors que la Grace de son précédent roman était volontaire et presque trop mure pour son âge, Velvet est une jeune fille qui, vivant une situation sociale similaire et tout autant miséreuse, est davantage romantique et fleur-bleue, au point d'en devenir crédule et trop facilement manipulable... surtout dans le monde plein de faux-semblant et de fourberie du spiritisme bourgeois...

 Une medium "à l'ancienne" en pleine représentation de spiritisme...
 Apparitions d’ectoplasmes, la forme vaporeuse sous laquelle se manifestaient les prétendus esprits...

  Pour en revenir au tableau historique que dresse Mary Hooper de l'Angleterre Edwardienne, remercions là au passage de glisser dans ce livre quelques personnages véridiques qui ont marqué le tournant du siècle: On aura l'occasion de croiser, au détour d'une soirée à la villa, ce cher Sir Arthur Conan Doyle (auteur des Sherlock Holmes, particulièrement féru de spiritisme) ainsi qu'Amanda Dyer, célèbre nourrice tueuse d'enfants du Londres victorien.

 Amelia Dyer, célèbre nourrice tueuse d'enfants, et la petite-annonce par laquelle elle faisait sa publicité dans les quotidiens de l'époque....

  En bref, un très bon roman jeunesse qui, s'il pêche légèrement à mes yeux sur certains points et n'égalise ainsi pas l'excellent Waterloo Necropolis, reste tout de même un ouvrage de grande qualité qui prouve une fois encore le talent de Mary Hooper : Mysticisme, tables tournante, étoles vaporeuses et souffle glacial, les éléments principaux sont là pour une atmosphère délectable.

Pour aller plus loin...

dimanche 1 septembre 2013

Le charme aigre-doux de la rentrée: Peter Rabbit returns to school (enfin presque!).

Ah, la rentrée...

"...Les livres, l'odeur des crayons fraichement taillés..."
(Vous avez un message, film de N.Ephron, 1998).

  Eh oui, après trois ans de formation et un diplôme en poche (voir mon précédent article "Diplomé"), deux bons mois de vacances et autant de vélo, de lectures et de bricolages créatifs, me voilà de nouveau sur la route du travail. De l'école, vous dîtes? Pas exactement puisque, ayant décroché un petit contrat (bon, oui, vraiment tout petit mais les débuts dans l'univers de l'emploi sont toujours fragiles) pour cette année scolaire qui s'annonce, je commence dès lundi ma nouvelle vie d'éducateur! Pas toute nouvelle non plus puisque le poste en question n'est autre que dans l'un de mes précédents terrains de stage - dont j'avais, par ailleurs, conservé un excellent souvenir et où j'espérais justement travailler un jour!

Au programme: Une vie d'internat avec des p'tits loups plein d'énergie (je dirais même "débordant"!).

Petit récapitulatif des vacances:

  Pour la première fois depuis bien longtemps, je n'ai pas été posé mes fesses de tout l'été sous mon très cher saule au fond du jardin, trop occupé que j'étais sur la selle de mon vélo à arpenter la campagne environnante! Les lectures ne se sont pas faites en pédalant mais le soir, à la fraîche, toutes fenêtres ouvertes. Cependant, votre humble serviteur n'est pas resté cloitré dans son petit patelin pour autant et à goûté à une charmante escapade italienne...

 Oh le joli Piémont...

 Paysages dépaysants, châteaux chatoyants, ruelles en ribambelles...

 ...Un séjour en tout point excellent, en compagnie d'amis des plus agréables (puisque membres des joyeux fantôphiles), qui a juste pâti d'un petit accident de course à pied et d'une immobilisation forcée au retour sur le sol français. Pas de quoi en faire un civet, les ligaments de Peter Rabbit se réparent tout doucement mais cela nécessite qu'on se passe du vélo *snifouille*

  Heureusement, il reste les bouquins! Si le blog a pu grandir de quelques pages, le temps libre de cet été a été employé aux loisirs créatifs et divers bricolages pseudo-artistiques! Un petit aperçu de mes débuts à la pâte polymère et de créations inspirées d'univers livresques...

 Pommes au four, moustaches façon Hercule Poirot et masques mode Fantômette: futurs pendentifs...

 Sautoir pomme de Blanche-Neige et son coffret assorti...

 Toute une gamme de bricolage thème "Fantômette":

 Coussin home made, broche.

 Bague Fantô'.

 Des livres? Que des livres? Vous en êtes sûrs? Cherchez donc le vrai du faux...

 TADAAAAA!

 Et puis le traditionnel coffret cadeau à destination de la charmante et pétillante Pouchky/Ficelleforever, internaute, fervente lectrice, fantôphile de haute renommée et contributrice du blog de Fantômette : Après le coffret "Casse Noisette" à Noël et un joli colis couleur d'Automne à Halloween 2012, voilà une grosse boîboîte thème "cabinet de curiosité":

 Un joli bazar: du bricolage, de la lecture, des gourmandises...

 Plateau façon planche d'études aquatiques...
 Un livre? Eh non, là encore, un trompe-l’œil: petit coffret pour aimants façon sulfures...

 Sautoir "All is vanity" et coffret assorti...


 Et Pouchky/Ficelleforever m'a également trop gâté, comme d'habitude! 
La preuve en images:

 Le contenant est à lui seul un objet collector... quoi de mieux pour aller faire ses emplettes en librairie qu'un sac à l'effigie de Nancy Drew, plus connue chez nous sous le nom d'Alice détective, la célèbre héroïne so rétro de la bibliothèque verte! =D

Des gourmandises: thés et pâte à crumble en provenance directe de l'Outre-Atlantique.
De quoi bricoler: un assortiment de motifs vintages pour collages et scrapbooking, des serviettes thème "Sherlock Holmes", un petit sachet parfait pour offrir un éventuel pendentif, et un guide de création de bijoux steampuck.
De quoi bouquiner et rêvasser: Un ancien film de Sherlock, le prêt du tome 3 des Enquêtes de Miss Fisher, un extrait de librairie des plus intéressant, et un jeu wonderlandien en diable!
Sans oublier un charmant petit pot à crayons british évoquant les reliefs citadins de Londres =D.

 Oh, et cette lecture, série dérivée des romans Rose, si gentiment offert par mon hôtesse italienne!

En bref, de quoi démarrer l'année en beauté! Et qui dit rentrée dit... Pancakes!