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mardi 31 octobre 2017

Happy Halloween from the Owens House...


" Cela faisait deux cent ans que les dames Owens étaient tenues pour responsables de tout ce qui n'allait pas en ville. Un printemps maussade, du sang dans le lait des vaches, un poulain victime de coliques, un nouveau-né affligé d'une marque rouge sur la joue, vite on s'imaginait que le sort avait dû être un tantinet aidé par ces dames de Magnolia Street ..."

  Après mon Halloween "Fantôme de l'Opéra" l'an dernier, voici, en adéquation avec le thème "sorcellerie" du challenge Halloween 2017 et en hommage à la sortie du roman Rules of Magic d'Alice Hoffman, un Halloween inspiré de l'univers des Ensorceleuses (Practical Magic), livre et adaptation. Cette année, le terrier a donc pris des airs du manoir Owens, cette grande demeure victorienne qui abrite depuis plus de deux siècles les descendantes de Maria Owens.

Concept art original du film.

"Il n'avait pas fallu longtemps aux braves gens pour se convaincre que, la nuit tombée, il n'était guère prudent de longer la maison des Owens ; seuls les voisins les plus insensés risquaient un coup d’œil vers la clôture de fer forgé noir, lovée autour de la cour tel un serpent."

  Pour se plonger dans l'atmosphère unique des Owens, c'est inspirés des décors et accessoires du film et aidés des description d'Alice Hoffman que nous avons transformé l'intérieur du Terrier : Les meubles de merisier vieillis par les ans, la gigantesque serre où l'on cultive la belladone, les fioles et pots d'herboriste des tantes, l'insigne du bel inspecteur, les lourds chandeliers d'ébène, le scarabée horloge de la mort, le livre des Owens (oui, ce sont les mêmes pages!) et... les bottes d'un ex-amant du type Country-Carpates qui émergent comme par magie des ronces...

 Photographies et accessoires du film.

  Le temps de quelques citations, nous vous proposons une petite visite des plus ensorcelantes...



"Quiconque était assez brave pour affronter le porche où le lierre s'en donnait à cœur joie pouvait passer des heures à essayer de regarder par les fenêtres, mais en vain, car les vitres teintées en vert étaient si vieilles, si épaisses, qu'au-delà tout paraissait un rêve, y compris le ciel et les arbres." 


 " Antonia dirige son regard vers le fond du jardin et comprend... il y a quelque chose sous ces horribles ronces (...) Elle se met à rire."Ce n'est qu'une botte, rien d'autre." Elle est en peau de serpent, unique vestige d'une paire qui a dû coûter près de 300 dollars ; en effet, Jimmy n'aurait jamais rien acheté quoi que ce soit au Bazar Western, ni dans un endroit de ce genre. Il avait un faible pour les magasins chics, préférant des articles en un seul exemplaire. "Ne va pas là!" s'exclame Gillian en voyant Antonia essayer de retirer la botte. La pluie a redoublé, voilant le jardin d'un rideau gris, d'une couverture de larmes. La terre parait spongieuse là où elles l'ont enterré. Pour peu que vous y enfonciez la main, vous pourriez exhumer un os..."
 


"Survient alors une chose étrange : le crapaud ouvre la bouche et crache une bague. "Ca alors, s'exclame Kylie en riant. Merci." Une fois dans sa main, la bague lui parait lourde et froide. Le crapaud doit l'avoir trouvée dans la vase. Elle est entourée d'une telle croûte de boue qu'il est difficile pour elle d'apprécier ce cadeau. Si elle s'arrêtait pour le regarder de près à la lumière, elle s'apercevrait que l'argent a un reflet pourpre. La patine poussiéreuse cache des gouttes de sang. Si elle n'avait pas été si pressée (...), si elle avait su ce qu'elle tenait dans la main, elle aurait emporté cette bague au fond du jardin et l'aurait enterrée, sous les lilas, à sa vraie place."


" Aujourd'hui, Maria Owens trône au-dessus du lit de Kylie. A la façon dont on la sent présente sur cette toile, il est évident que le peintre est tombé amoureux d'elle avant même d'avoir achevé son portrait. Si l'heure est tardive et la nuit très calme, on croit la voir respirer. Si un fantôme envisageait de s'introduire par la fenêtre ou de s'infiltrer par les murs, il hésiterait sans doute à se trouver nez à nez avec Maria" 



"La magie ce n'est pas que malédictions et potions. C'est comme votre insigne : encore un symbole. Il n'empêche pas les criminels d'assassiner, Si?... Non : il a un pouvoir parce que vous y croyez."



"La vie semblait merveilleuse, quand on découvrit cet insecte surnommé horloge de la mort, près de la chaise sur laquelle Michael s'asseyait pour le dîner. Le temps de l'homme sur terre est, on le sait, limité, mais une fois que l'horloge de la mort commence à faire entendre son tic-tac, plus rien ne saurait l'arrêter : il n'y a ni prise à retirer, ni pendule à immobiliser, ni interrupteur susceptible de vous rendre le temps que jadis vous pensiez avoir." 


"Même si nous le ramenions ce ne serait plus Michael... il reviendrait dénaturé, maléfique. Inhumain."



"Il est grand, brun, beau, et mort. "J'ai fini par trouver une façon de l'empêcher d'être méchant, en glissant un peu de belladone dans son dîner.""


"Après tout, il y a des principes dont Sally Owens ne démordra pas: jeter toujours du sel par-dessus votre épaule gauche. Garder du romarin à l'entrée de votre jardin, ajouter du poivre à la purée. Planter de la lavande et des roses, ça vous portera chance. Tomber amoureux chaque fois que vous le pouvez."



    Nous espérons que cette petite visite vous aura, l'espace de quelques minutes, plongé dans l'ambiance unique de l'univers d'Alice Hoffman, et que vous vous jetterez sur le roman ou le film si ce n'est déjà chose faite. 
  Maintenant, sur ces règles fondamentales de la maison des Owens, je vous souhaite un très joyeux, magique, ensorcelant, witchy Halloween! Et pour la bonne nouvelle, nos deux hôtesses du Challenge, Lou & Hilde, ont récemment annoncé que nos festivités se poursuivraient jusque mi-Novembre! Encore quelques semaines pour jeter des sorts, donc... Nous espérons que vous serez toutes et tous au rendez-vous!


Et chose promise, chose due : Ce soir, tout le monde saute du toit et s'envole! ;)

 

lundi 30 octobre 2017

Les sorcières d'Eastwick - John Updike.

The witches of Eastwick, Ballantine, 1984 - Editions Gallimard, (trad. de M.Rambaud), 1986.



  L'Amérique des années soixante-dix, époque d'aspirations confuses, mal affranchie des tabous religieux, de la morale et du sexe. À Eastwick, une petite ville de province, trois femmes divorcées, adeptes des pratiques occultes, trois sorcières, exercent sur les hommes et leurs concurrentes le pouvoir que leur confèrent et leur charme, et leur liberté, et leur perversité. L'arrivée de Van Horne, incarnation du Malin, déclenchera une tragédie. Par goût du pouvoir absolu, Jane, Alexandra et Sukie en appelleront en effet aux forces maléfiques pour se débarrasser de Jenny, leur disciple devenue leur rivale et, donc, leur victime de prédilection. 



*** 

  Difficile de participer au challenge Halloween 2017 cuvée sorcellerie sans passer par ce classique de la littérature américaine. L'auteur du roman, John Updike (1932-2009) fut un écrivain de grande notoriété, célèbre pour ses romans, ses recueils de poésies, ses nouvelles, mais aussi ses critiques littéraires ; il est encore reconnu comme l'un des plus grands hommes de lettres du XXème siècle. 

 Bienvenue à Eastwick : L'enfer est vide, tous les démons sont ici!

  Dans l'Amérique profonde des années 70, dans l'ancienne petite ville d'Eastwick, trois femmes libres et sulfureuses s'attirent les œillades et médisances de leurs voisines : Alexandra, Jane, et Sukie, la quarantaine et fraichement divorcées, croquent la vie à pleines dents. La première, artiste, façonne des sculptures de petites bonnes femmes rondelettes, la seconde, musicienne, manie l'archet avec passion et talent, et la troisième, journaliste, publie dans la gazette locale. Mais ces trois femmes dynamiques que rien ne semble impressionner sont bien plus que cela : fortes de leur émancipation, elles ont aussi développé certains... pouvoirs plus particuliers. Pouvoirs qui paraissent d'autant plus grands que personne n'ose s'opposer à elles : celles qui essaient y perdront leur maris ou se casseront une jambe, par un énième coup du sort - ou d'un sortilège. Mais ce petit train-train va prendre un tournant inattendu lorsque l'énigmatique, répugnant, et pourtant séduisant (!) milliardaire Daryl Van Horn vient s'installer dans l'ancien Manoir Lenox. Ce grossier personnage, qui a pourtant tout de repoussant, exerce sur nos trois sorcières un étrange pouvoir d'attraction, et ne tarde pas à les entraîner dans des jeux érotiques auxquels elles se livrent sans déplaisir. Ce Daryl serait-il l'incarnation du Malin? Mais à malin, malin et demi, car lorsque leur amant inattendu leur tourne le dos pour une femme plus jeune, Alexandra, Jane, et Sukie sont prêtes à déployer leurs forces les plus sournoises pour se venger de Daryl Van Horn...

Photographie de Drew Gardner.

 "Il décuplait les pouvoirs des femmes, ce bon air d'Eastwick."

  Si les thèmes de prédilection d'Updike étaient le plus souvent de se pencher sur les petites bourgades de l'Amérique profonde pour poser un regard quasi-analytique sur leur rapport à la religion et, bien souvent, à la sexualité, il ajoute ici une place centrale à la figure de la femme. Car Les sorcières d'Eastwick, en dépit de la présence de magie, n'est pas à classer dans la seule lignée des romans fantastique : le recours à la sorcellerie n'est pour Updike qu'un moyen à valeur symbolique d'évoquer l'émancipation féminine et la révolution sexuelle émergentes de l'Amérique des années 70. Plus que ça, il aborde de façon métaphorique la force créatrice de la femme et ses multiples dons, en comparaison desquels les hommes (à Eastwick mais sûrement autant ailleurs, on s'en doute) sont bien peu de choses...


 " N'ont d'intérêt en fait que ce que nos esprits retiennent, ce que nos vies ont confié à l'air."

  Les thèmes explorés par Updike sont donc particulièrement intéressants, et ses métaphores, pertinentes. Son écriture est pleine de piment et son ton parfois caustique vient accentuer le versant satyrique de son propos, dont le premier bémol est par là même de rendre parfois ses personnages antipathiques. Ce sentiment est aussi renforcé par les pulsions ambivalentes que le répugnant Daryl provoque chez ces trois femmes qu'on aurait crues au-dessus de ça... Et si l'on finit par s'y faire, d'autant plus lorsqu'elles changent leur fusil d'épaule, reste un second point dans l'écriture qui ne peut laisser indifférent : sa lourdeur. Updike nous assomme de phrases terriblement longues ( non, moi je fais des phrases longues, lui fait des phrases interminables ) de celles dont on a oublié le début une fois qu'on arrive à la fin, et pour lesquelles on manquerait de souffle s'il fallait les lire à voix haute. Cela rend la lecture particulièrement ardue, et incite presque à abandonner... en plus d'amener à une interrogation qui m'obsède depuis : à partir de quand un style qu'on qualifierait de lourd chez n'importe quel amateur devient LE style chez Updike?

 La véritable Eastwick...

  Aussi, l'ironie du sort est que pour une œuvre qui appartient à la grande littérature, seuls un vague synopsis et son adaptation par la pop culture (un film, plusieurs téléfilms, une comédie musicale, et une série) soient restés dans les mémoires...

"Seule une conjuration de femmes empêche le monde de s'écrouler."

En bref : Un roman fantastique dont le réel intérêt se situe dans la seconde lecture sociologique de l'histoire : ce classique de la littérature américaine contemporaine dépeint avec, il faut le dire, une intelligente facétie la libération sexuelle et féminine des années 70. Si la figure mythique et mystique de la femme est mise en valeur avec pertinence, le style d'Updike, qui reste à n'en pas douter UN style, pourra perdre même les lecteurs les plus acharnés par sa lourdeur... 



samedi 28 octobre 2017

L'imagerie des sorcières et des fées - collectif

Textes de Emilie Beaumont, illustrations de Colette Hus-David, François Ruyer, Sophie Toussaint.
Fleurus éditions, 1997.


   Avec l'imagerie des sorcières et des fées, l'enfant s'évade dans le monde magique de l'imaginaire.
Il va s'amuser avec les sorcières, toutes plus délirantes les unes que les autres, frissonner avec les vampires et les fantômes et rêver avec les fées.
   Grâce aux nombreuses pages d'activités manuelles, il pourra se déguiser et décorer la maison pour fêter Halloween, la grande fête des sorcières.

***

  J'ai déjà eu l'occasion de vous parler des Imageries de chez Fleurus, mais pas encore de ce titre, celui par lequel j'ai connu la collection à l'époque où j'avais l'âge du public visé. Car bien que sorti en 1997, cet ouvrage est encore disponible aujourd'hui, car resté indémodable!


  Comme Fleurus l'a donc déjà fait pour L'imagerie de Noël qui remonte aux origines des fêtes de fin d'année, l'éditeur s'attache ici, par les textes d'Emilie Beaumont, à raconter d'où peuvent bien venir les sorcières... On nous raconte une préhistoire fantasmée peuplée de monstres velus et autres dragons, sur une terre bouillonnante qui connu elle aussi les bienfaits de l'évolution (ouf! Merci Darwin!) pour engendrer fées, lutins, et sorcières.


  Soit. Mais sont-elles les mêmes partout? Sous le coup de crayons absolument tordant de François Ruyer, on nous offre un tour du monde des sorcières, chacune caractérisée par les symboles de son pays (l'écossaise porte une robe  tartan et vole sur une cornemuse, et l'espagnole chevauche un éventail géant en faisant des castagnettes! Totalement farfelu!), puis une galerie de sorcières au tempérament différents (la coquette, la gourmande, ou... la footballeuse!). On nous enseigne l'éducation d'une sorcière (sa naissance, son premier balais à bascule...), ses première boums d'ado (oui, le fameux sabbat) et, comble de l'humour, on nous fait visiter sa maison typique et son supermaché. Chaque illustration fourmille de détails, chaque double-page détourne avec drôlerie notre univers pour le revoir à la sauce sorcière!


  Culture oblige, cette imagerie s'offre un petit détour par les contes et légendes, où l'on croise des sorcières et fées célèbres, certaines devenant dans certains pays l'équivalent local du Père-Noël (par exemple en Italie avec la Beffana ou en France-Comté avec la fée Arie). Cela nous amène petit à petit à un grand chapitre consacré à la fête d'Halloween et à son histoire, y ajoutant même des bricolages et astuces de déguisement.


  Enfin, n'oublions pas au début de l'ouvrage une histoire inédite de Jacqueline Pierre, auteure Jeunesse, Le bal des sorcières : un conte moderne et drôle à souhait dans lequel toutes les sorcières du monde se retrouvent avec les monstres pour une nouba d'enfer! L'ensemble de cette imagerie nous présente un univers de sorcières (et de fées aussi, oui, mais surtout de sorcières) qui nous évoquent les très drôles Sorcières du beffroi de Kate Sauders ou la sorcière Camomille de Enric Larreula.


En bref : Un album immanquable pour la bibliothèque de vos enfants (ou de la vôtre, non mais!), un monde de sorcières comme on les aimes : des chapeaux pointus, des balais, des chats, des chaudrons et, surtout, de l'humour!

vendredi 27 octobre 2017

Gourmandise littéraire : La tarte à la guimauve des soeurs Owens.


  Comme nous l'avons vu il y a peu de temps avec le gâteau au chocolat (sans farine, s'il vous plait!) des Ensorceleuses, la vie au grand manoir de Magnolia Street s'écoule entre gourmandises et fantaisies. Sally et Gillian, dès qu'elle s'y installent après la mort de leurs parents, sont accueillies par leurs deux tantes on ne peu plus extravagantes. Les règles de la maison sont simples : on peut porter des vêtements froissés, dormir avec ses chaussures si on en a envie, boire du soda à la vanille à n'importe quelle heure, ou même passer sa journée dans la fraicheur de la cave pour y dévorer des barres chocolatées... L'un des plaisirs de Gillian, la cadette, est de se goinfrer sans aucune mesure de tarte à la guimauve, confortablement vautrée sur l'une des banquettes sous les larges fenêtres de la maison. Là, cachée derrière les grands rideaux de damas, elle plonge ses yeux dans le regard sombre de Maria Owens, leur ancêtre qui les jauge du haut de son vieux portrait suspendu au mur..

"Les fillettes qui vivaient au grenier étaient soeurs, elles n'avaient que treize mois de différence. Jamais personne ne leur disait d'aller se coucher avant minuit, jamais personne ne les envoyait se brosser les dents. Jamais personne ne se souciait de les voir porter des vêtements froissés ou cracher dans la rue. Elles pouvaient boire du Dr Pepper glacé pour le petit-déjeuner ou diner d'une tarte à la guimauve si tel était leur bon plaisir..."

Les ensorceleuses (Practical Magic), Alice Hoffman, édition Flammarion, 1996.


   La tarte à la guimauve (marshmallow pie en V.O.). Mais qu'est-ce que c'est que cette chose?! Une tarte au marshmallow? Vraiment?! Horrible idée, me direz-vous, mais peut-être uniquement parce que nous ne sommes pas coutumiers de cette cuisine dans notre petit hexagone. Tout d'abord, parlons de la guimauve, puis nous reviendrons ensuite à cette excentricité culinaire.
  La guimauve, cette friandise sucrée molle que l'on trouve dans toutes les grandes surfaces, mais dont l'origine est plus ancienne qu'on l'imagine : en effet, elle doit son existence à une très ancienne utilisation médicamenteuse de la guimauve officinale, une plante dont on la racine et la tige étaient préparées avec du miel ou du sucre pour confectionner un remède antitussif. Ce n'est qu'au fur et à mesure du temps que ce médicament naturel évolua pour, à la suite de nombreuses modifications, ne plus comporter de guimauve naturelle mais des blancs d’œuf montés en neige et de la gélatine. C'est ainsi qu'apparurent dès le XIXème siècle les premières guimauves industrielles, commercialisées comme des bonbons.

 Guimauve officinale.

  Dès les veilles du XXème siècle, cette sucrerie se propage dans les commerces américains où on lui donne le nom de Marshmallow (mallow étant le terme anglais donné à la guimauve officinale), terme qui donnera le nom dérivé de Shamallow en France, et devient un inconditionnel des confiseries américaines : mangée en fondue au chocolat ou grillée au feu de bois d'un camping, la guimauve est de tous les goûters. Parmi ces multiples déclinaisons, on trouve aussi la guimauve servie en tarte, dont raffolent davantage les enfants que les parents. Si on peut la préparer très rapidement en disposant plusieurs marshmallows sur un fond de tarte pour laisser le tout cuire au four, la recette intégrale avec guimauve maison est également possible! Nul doute que c'est celle-là qu'on trouve dans la cuisine des Tantes Owens...


Ingrédients pour 6/8 personnes : 

Pâte à tarte aux amandes:
-120g de sucre muscovado,
-1 oeuf,
-70g de poudre d'amande,
-le zeste d'1/2 citron,
-200g de farine,
-100g de fécule de maïs,
-1 yaourt nature.

Pâte à guimauve maison:
-6 feuilles de gélatine,
-2 blanc d'oeufs,
-une pincée de sel,
-150g de sucre en poudre,
-4 c-à-s d'eau,
-1 c-à-s d'eau de rose,
-1 c-à-s de miel,
-jus de citron,
-glaçons,
-sucre glace.



A vos chaudrons!

Préparer d'abord la pâte: 
-Dans une jatte, mélanger vivement le sucre et l'œuf jusqu'à ce que le mélange blanchisse. Ajouter la poudre d'amande et le zeste de citron, bien mélanger. Ajouter la farine et la fécule puis le yaourt en petites quantité jusqu'à obtention d'une boule de pâte homogène.
-Laisser reposer environ 1 heure. Faire préchauffer le four à 200°C (thermostat 6/7). 
-Étaler la pâte sur une surface farinée avec un rouleau fariné avec une épaisseur d'environ un demi centimètre. Placer du papier sulfurisé sur un plat à tarte et y foncer un cercle de pâte.  Piquer le fond à la fourchette puis enfourner.
-Laisser au four 10 à 15 minutes, sortir puis réserver.

Préparer ensuite la pâte à guimauve:
-Faire ramollir les feuilles de gélatine coupées en morceau dans un bol d'eau. Pendant ce temps, verser le sucre dans une casserole, y ajouter l'eau, le miel, et l'eau de rose, puis faire chauffer à feu doux en remuant de temps en temps jusqu'à dissolution complète du sucre.
-Hors du feu, y ajouter la gélatine ramollie. Remuer puis réserver.
-Mettre les blancs d’œufs dans un saladier, puis poser ce saladier dans un autre rempli à un tiers d'eau froide et de glaçons. Ajouter  une pincée de sel.
-Monter les blancs en neige mousseuse puis y verser petit à petit le sirop de sucre préalablement préparé tout en continuant de fouetter. Ajouter ensuite quelques gouttes de jus de citron.
-Verser le mélange obtenu sur le fond de pâte à tarte déjà cuit, égaliser la surface à la spatule, puis placer au réfrigérateur pour 30 minutes environ, que la guimauve se raffermisse avant de servir saupoudré de sucre glace..


Aller maintenant vous terrer dans un canapé bien confortable pour déguster ce dessert des plus surprenants...

 

jeudi 26 octobre 2017

Witch Girl - un court-métrage de Ricardo Uhagon Vivas, d'après "The chilling adventures of Sabrina".


Witch Girl


Un court-métrage de R.Uhagon Vivas d'après le comics "The Chilling adventures of Sabrina" (2014),

Avec Sophia del Castillo, Macarena Gomez, Daniel Obrero, et Crisitna Piaget.

  Prenant place pendant les premières années de la célèbre apprentie sorcière Sabrina Spellman, Witch Girl propose une relecture sombre du célèbre comics. Ce court-métrage nous entraine dans les années 50, où notre sorcière bien aimée tente d'entrer en communication avec un esprit dans une maison pleine de magie et de mystère...

***


  Cette semaine,  nous vous avons parlé du comics Chilling adventures of Sabrina, qui propose une relecture horrifique au personnage de Sabrina l'apprentie Sorcière, aux croisement des inspirations soufflées par les films d'épouvantes cultes des années 60/70.

  Avant que ne soit publié en 2016 le premier volume de ce comics, les différents épisodes le composant avaient été, comme c'est le cas pour les comics aux Etats-Unis, édités chapitre par chapitre en format souple chez les marchands de journaux. Aussi, dès les premiers épisodes papiers diffusés en 2014, le réalisateur de courts-métrages d'origine espagnole Ricardo Uhagon Vivas a été totalement conquis par la richesse de l'univers de cette nouvelle Sabrina. Ni une, ni deux, il se plongeait de suite dans une adaptation en court-métrage, écrivant un film de 7 minutes imaginant un passage de l'enfance de Sabrina chez ses tantes. 



  Cette vidéo à l'esthétique particulièrement léchée respecte parfaitement l'atmosphère du comics : les années 50, l'extravagance presque effrayante des tantes, le décor du Manoir Spellman échappé d'un vieux film de la Hammer, sans oublier, évidemment, une apparition de Salem! Certains plans sont par ailleurs directement inspirés de planches du comics, quand ce n'est pas certaines répliques qui rappellent des dialogues lues dans la BD originale. Le visuel, propre aux réalisations horrifiques hispaniques tournées ces dernières années, évoque le très réussi L'orphelinat : une esthétique qui colle aussi terriblement bien à Sabrina pour ses chilling adventures, et qui parvient à restituer en seulement 7 minutes tout ce qui fait le sel de cette BD.



  Du casting, seule l'interprète de la creepy tante Zelda pourra évoquer quelque chose aux français : Macarena Gomez, qui jouait déjà les sorcières dans le film Les sorcières de Zugarramundi  en 2013. Sophie Del Castillo, la jeune inconnue qui joue Sabrina, est presque effrayante de sobriété et son jeu tout en simplicité et en candeur (face à une planche oui-ja, tout de même) est très convainquant!


  On regrette seulement que ce court-métrage ne soit pas la bande-annonce d'un film à venir, tant il est réussi. Restent quelques photographies inédites prises sur le tournage et les illustrations conçues pour le générique de fin pour satisfaire notre frustration...