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samedi 21 septembre 2019

A very Roaring Summer : Cabaret & Charleston...


  Continuons de raconter les saisons au terrier sous l'éclairage des Roaring Twenties : rappelons que nous fêtons cette années les cent ans de notre entrée dans les Années Folles, et fort est de constater que l'Art-Déco revient décidément très à la mode! Après un printemps façon 1920 très égyptophile, voici un été qui a débuté dans l'ambiance dansante d'un cabaret...

Un cabaret à Chicago :


  L'été a commencé avec un spectacle attendu depuis très longtemps : Chicago, dans mon top ten des comédies musicales à voir absolument, au théâtre Mogador. Ayant fait pendant l'hiver une malencontreuse chute aux conséquences plus que douloureuses (on en trouvera le passionnant résumé ICI pour qui ne suit pas mes aventures), j'avais craint ne pas être sur pieds à temps pour y assister. Fort heureusement, je m'étais remis assez tôt pour aller voir l'une des dernières séances du célèbre musical.


  Sobre, chic et sulfureux à la fois, Chicago ne m'a pas déçu. L'histoire inspirée d'un fait divers survenu en 1926 n'a pas pris une ride (selon la lecture qu'on en fait, elle peut même être plus que jamais d'actualité) et l'atmosphère des années 1920 était très entrainante : charleston, fox trot, jazz et paillettes. Pour ceux qui veulent en savoir plus, vous pouvez aller lire mon article complet ICI. On ne pouvait rêver meilleure entrée dans la saison estivale!

Paris vintage :


  Bien que n'ayant pas eu le temps de préparer d'autres sorties sur Paris le weekend de la représentation de Chicago, nous avons décidé de nous promener au gré du hasard. Nous avons vite abandonné l'idée de profiter de la climatisation du Louvre : en cette période de canicule, le tout Paris (et surtout les nombreux vacanciers) avait pris d'assaut les musées bénéficiant de l'air conditionné. Nous n'avons eu plus qu'à nous contenter de la galerie commerciale du Printemps du Louvre (laquelle fêtait ses cinq ans sous un visuel évoquant une gravure de mode des années 20 très assortie à notre weekend) située sous la pyramide, jouant les riches touristes désœuvrés qui passent d'une vitrine de luxe à une autre. 



  Vite rattrapés par la nécessité de s'hydrater, le weekend culturel sur Pairs s'est transformé en balade gourmande, nos déplacements et arrêts étant motivés par les besoins de rafraîchissements (et sous 40 degrés, ce sont des besoins qui se manifestent facilement tous les 50 mètres). Qu'à cela ne tienne, ce fut l'occasion de retourner à l'Angelina, célèbre salon de thé de la rue de Rivoli où je n'avais pas mis les pieds depuis bientôt une décennie. Nous avons eu la chance de le trouver à moitié vide (ce qui est rarissime compte-tenu de la réputation de l'établissement) du fait de l'absence de climatisation, nous a expliqué une serveuse. Il y faisait toujours moins lourd que dehors, aussi y avons-nous fait une longue pause arrosée de limonade artisanale et de thé glacé maison, le tout servi avec un fraisier et une tarte aux fraises et à l'estragon (encore meilleur savourés sous les moulures Belle Époque et les luminaires Art-Déco).


  Le lendemain, après une nouvelle visite du musée du Cognacq-Jay (l'amie avec qui je passais le weekend n'y était jamais allée, parfaite excuse pour y retourner moi-même), nous avons remis le couvert (au sens propre comme au figuré) en déjeunant au Loir dans la théière, probablement mon adresse favorite du Marais (je vous jure que la filiation avec Alice au pays des merveilles n'altère en rien mon jugement, non, non...). 


  Exit les moulures au plafond et les chandeliers stylisés : cette fois, c'est un mobilier désuet et dépareillé qui nous accueille, les murs ornés de fresques inspirées du conte de Lewis Carroll). Un thé glacé du loir et une salade de bobo plus tard, nous décidons de tenter la spécialité du restaurant (que j'avais déclinée il y a trois ans au profit d'un cheesecake) : la tarte au citron avec un mètre de meringue. Notre meilleure idée a été de partager une part à deux, et encore, c'était difficile à finir (à quelques tables de la nôtre, un client très audacieux a essayé de manger la même à lui tout seul... le pauvre a manqué plusieurs fois s'effondrer la tête la première dans les blancs en neige). 




Dîner au Speakeasy et tea time cosy : 


  De retour à la réalité, difficile d'oublier l'élégance d'un tel weekend... en attendant de pouvoir retourner à la capitale pour trinquer dans un authentique speakeasy, nous trouvons à Dijon un restaurant du même nom qui, s'il ne dissimule pas un bar clandestin typique des années 20 dans sa cave, propose un décor que n'aurait pas renié Miss Fisher et une carte très alléchante. Au Speakeasy, les confidents et fauteuils de velours cramoisi à franges voisinent avec une tapisserie rétrochic dans un style Empire capiteux et feutré. Leur cocktail attitré, le speakeasy, est un savoureux mélange de crème de cassis, crémant de Bourgogne, et de gin, que nous avons fait suivre de mets tout aussi délicieux (dont une salade mélangeant des haricots rouges, des blanc de poulet et de la banane plantain caramélisée pour moi). Une adresse à retenir!




  Le lendemain, toujours en terres dijonnaises et toujours dans l'idée de reconduire l'idée d'une balade gourmande (rendue nécessaire, là aussi, par la chaleur), nous avons tôt fait de trouver un oasis au Comptoir des colonies, où, malgré des kilos de thé achetés pendant mes années d'étude, j'ignorais l'existence d'une petite salle située à l'étage, cosy comme tout. Un endroit parfait pour le tea time.





Plume assassine et couverture Ancien Régime :


  La saison estivale a été aussi l'occasion de me consacrer à deux petits projets créatifs. Tout d'abord, la réalisation d'une nouvelle couverture pour un roman historique de Frédéric Lenormand, qui m'a une fois encore honoré de sa confiance après le montage de couverture d'un tome des Enquêtes de Loulou Chandeleur et de créations originales pour les couvertures de trois tomes des Enquêtes de Voltaire. Cette fois, pas d'enquête mais un road trip en robes à paniers sous la Révolution : la fuite des tantes de Louis XVI à travers l'Europe, entre déclin de l'aristocratie et humour. Après des recherches graphiques qui ont duré plusieurs mois (merci, Frédéric, d'avoir patienté le temps nécessaire pour que je trouve le style adéquat), j'ai réalisé un aplat complet au visuel très Ancien Régime dont je suis très content. Le roman, primé par le prix François Mauriac l'Académie Française,  est désormais disponible ICI.

 Même les éditions ExAequo s'inspirent de l'Art-Déco pour leur bannière...

  Autre forme de création : l'écriture. Je suis tombé presque par hasard, via Facebook, sur une proposition de concours organisé par les éditions Ex Æquo : le prix Zadig de la nouvelle policière.  Par amusement plus que par compétition, j'ai tenté l'expérience et ai joué les Jessica Fletcher le temps de quinze pages d'une intrigue pleine de références aux vieux whodunits classiques. L'occasion de ressortir le carnet "Edgar Alan Poe", plus que jamais approprié, pour le brouillon avant de passer à la machine à écrire... euh, à l'ordinateur.


Du côté de la cuisine :

 
  Saison très productive aux fourneaux avec de jolis essais culinaires : un crumble d'aubergines au quinoa et un flan aux bettes à la ricotta, suivis de près par le traditionnel gratin de polenta aux poivrons puis par un tian parfumé au pesto et une très esthétique tarte feuilletée torsadée aux légumes d'été et au chèvre.



  Côté salades, deux recettes issues de mes livres de cuisine anglaise, jamais testées jusqu'ici : la salade de lentilles au chèvre frais et poivrons marinés de Pippa Middleton (piochée dans 365 jours de fête) et la salade de pommes de terre, saumons et concombre de Jamie Oliver. Puis direction la méditerranée pour un classique que je n'avais pas cuisiné depuis longtemps : la salade grecque.



  Enfin, côté sucré, c'était le grand retour de mon pêché mignon, le cheesecake maison, entre deux fournées de muffins énergétiques banane, compote et pépites de chocolat puis aux vraies myrtilles des Vosges.


  Mais la pièce maîtresse des recettes de cet été est sans aucun doute de gâteau de voyage aux fruits rouges d'après une recette des pâtisseries confiseries Meert, qui s'est avéré être aussi bon que beau. :



 Achats et acquisitions :

  Malgré une pile à lire déjà plus que conséquente, en bon acheteur compulsif que je suis, j'ai continué de remplir ma bibliothèque. Côté lecture des Années Folles, j'ai dégoté une édition de Gatsby le Magnifique à la très belle couverture vintage et me suis offert deux tomes en VO des enquêtes de Miss Fisher.


  En prévision du Challenge Halloween 2019 spécial "France Obscure", j'ai trouvé deux romans de vampire par des auteurs français (Ann Radcliffe contre les vampires, initialement publié en feuilleton sous le titre La ville vampire, par Paul Féval – oui, oui, l'auteur du Bossu ! – et Les talons rouges, de Antoine de Baecque) ainsi qu'un guide du Paris bizarre. Dans le cadre de mes lectures "Ancien Régime", j'ai voulu compléter ma récente lecture de Au service secret de Marie Antoinette par L'anneau de la reine, un roman paru antérieurement mais qui fait aussi de Léonard le coiffeur de Sa Majesté un enquêteur au service de la couronne française. l'achat de ce roman a été suivi de l'acquisition d'un guide sur les modes lancées par Marie Antoinette ainsi que du troisième tome de Duchesses rebelles.


  Enfin, un autre thème que j'aime particulièrement : les livres qui parlent de livres. Outre Une histoire de la lecture qui m'a été offert, j'ai déniché deux ouvrages dans la lignée de la bibliothérapie, Remèdes littéraires proposant les romans curatifs comme le ferait un guide homéopathique, mais l'humour en plus!


***

  Voilà le résumé de mon été (en vrai terminé depuis quelques semaines puisque ma rentrée a eu lieu mi-août), assez calme en dehors de mes courtes excursions parisiennes et dijonnaises. Il faut dire que ma jambe de bois (ou plutôt de fer, enfin, disons celle au fémur clouté) se montre un peu (trop) récalcitrante et qu'en dehors du vélo et de la natation, tout autre effort ou génuflexion me fait frôler la paralysie. Mieux valait donc flâner avec précaution dans les librairies ou tout bonnement siroter des cocktails depuis un fauteuil en bouquinant, ce ne pouvait être que meilleur pour la santé ;) ...  

4 commentaires:

  1. Hello c'est moi Pouchky (Пушки)!
    Je tiens à te dire que je suis vraiment impressionnée par ta production culinaire! Quel courage de t'être mis aux fourneau par un été de fournaise! Je sais que je ne devrais pas lire un tel post à 11h du matin. J'ai envie d'une très belle tarte aux légumes du soleil à présent...

    Le thème années 20 est excitant tant le graphisme et la mode s'en donnent à coeur joie en bouleversant les codes.

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    1. Rappelle-toi que mon terrier est tellement bien (trop) isolé que même en pleine canicule à l'extérieur, je ne suis pas forcément contre la chaleur du four à l'intérieur. Et puis c'était la saison ou jamais pour profiter de certains produits frais du jardin!

      Oui, les années 20 est une source d'inspiration inépuisable!

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  2. Miam miam miam !!! :-) Et ce Speakeasy, oh la la, quelle merveilleuse ambiance !

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    1. Une adresse à noter (et surtout où s'arrêter) si tu passes par Dijon! Je crois n'avoir pas pris autant de plaisir à la fois au décor et dans l'assiette dans un restaurant depuis très longtemps!

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