samedi 6 septembre 2014

Le voleur de Morts - Tess Gerritsen

The Bone Garden, Ballantine Books, Random house, 2007 - Éditions France Loisirs, trad. de J.Martinache, 2011 - Éditions Presses de la cité, 2011 - Éditions Pocket, 2014.

  De nos jours : une jeune femme découvre un squelette dans son jardin . 1830 : à Boston , le Faucheur , un tueur en série , terrorise la population . Une passionnante enquête à cheval sur deux époques , un formidable suspense .

  Aujourd'hui : Julia vient de faire une macabre découverte dans son jardin : le squelette d'une femme , assassinée plus d'un siècle auparavant .
1830 : la jeune Rose a perdu sa sœur , morte en couches . A l’hôpital , elle rencontre Norris , un futur médecin qui , pour payer ses études , vole des cadavres dans les cimetières et les vend au marché noir à des fins scientifiques .
Lorsqu'un tueur en série se met à frapper , Rose découvre qu'elle est suivie et menacée . Norris , lui , devient le suspect désigné . Les deux jeunes gens n'ont plus qu'un choix : démasquer le faucheur pour sauver leur peau .
Un siècle plus tard , Julia , décidée à découvrir l'identité du mystérieux squelette , va remonter le temps , jusqu'en 1830...

***

  Parce que les éditions France Loisirs retiennent toujours l’œil par leur aspect propre dans les rayonnages des bouquinistes, c'est tout par hasard que je me suis attardé sur cet ouvrage lors d'un tour au secteur livres d'Emmaüs. Un hasard bien heureux car malgré une couverture sommes toutes banale, l'intrigue semblait être de ces histoires dont je suis si friand, à savoir un thriller historique à cheval sur deux époques. Tenté de retrouver le plaisir grisant éprouvé à la lecture du Sang du temps de M.Chattam, c'est tout naturellement que je m'en allais avec Le voleur de Morts sous le bras.

Édition originale américaine.

  L'histoire? Pour se remettre d'un divorce quelque peu houleux, Julia s'investit corps et âme dans la restauration d'une vaste demeure victorienne récemment acquise afin de redémarrer une nouvelle vie. Mais alors qu'elle tente de rafraîchir le jardin, elle découvre, enterré, le squelette d'une femme que les experts datent des années 1800. Quelques temps plus tard, elle se voit contactée par Henry Page, vieillard caractériel et cousin de l'ancienne propriétaire qui, pour avoir eu vent de la découverte macabre de Julia, lui propose de rechercher avec lui l'identité du cadavre. Il pense en effet qu'il pourrait s'agir d'une de ses ancêtres et que la clef de l'énigme se trouve peut-être dans les vieilles correspondances familiales qu'il a conservés. Appelée par le goût du mystère, Julia rejoint Henry dans le Maine où, aidée par le séduisant neveu du vieil homme, elle remonte le temps à la lecture des lettres de la famille Page. Au fil de mots presque effacés sur un papier fané par le temps, elle découvre l'histoire d'une certaine Rose qui, dans le Boston de 1830 et son atmosphère poisseuse des premières universités de médecine, tente d'échapper à un mystérieux tueur en série...

 Couvertures de l'édition française grand format aux Presses de la Cité, de l'édition Pocket, et de l'édition en gros caractère chez Libro Diffuso.

Rizzoli & Isles, série à succès inspirée des romans de l'auteure.
  Si Tess Gerritsen m'était jusqu'ici inconnue, j'appris vite qu''elle est en fait relativement célèbre, puisque ni plus ni moins que l'auteure des thrillers scientifiques adaptés à l'écran pour la série Rizzoli & Isles, qui rencontre un franc succès sur France Télévision. Si ses deux héroïnes de papier étaient tout autant adorées des lecteurs, ce one-shot, en revanche, n'a pas convaincu ses fans de la première heure. Pour ma part, découvrant T.Gerritsen avec ce livre, j'y ai trouvé un très agréable roman...
  Bien que l'alternance entre les deux époques ne soit pas aussi grisante qu'avec le Sang du temps, elle reste assez dynamique pour nous faire passer de l'une à l'autre tout en nous tenant en haleine. Par l'intermédiaire d'une héroïne contemporaine attachante (qu'on aurait aimée un peu plus approfondie, cependant), on en découvre une deuxième, aussi sensible que flamboyante, perdue n'en un Boston suffoquant de brouillard qui rappelle curieusement le Londres de Jack L'Eventreur. D'ailleurs, la ressemblance ne s'arrête pas là et de nombreux éléments évoquent même la trame du graphic novel From Hell (ainsi que le film qui en est tiré) d'Alan Moore, BD sanglante qui retrace l'histoire du tueur de Withechapel.
Boston en 1830.
  Issue d'études de médecine, l'auteure utilise à bon escient ses connaissances pour reconstituer l'avènement de la science médicale et son enseignement dans les toutes premières universités où, fort du balbutiement du concept, pullulent les infections dans une ambiance mortuaire et poisseuse comme elle devait l'être... Le tout est donc maîtrisé et instaure une ambiance des plus crédibles et assez captivante pour nous faire passer l'éponge sur une fin quelque peu lapidaire, il est vrai.

Une université de médecine en 1830...

En bref : Un contexte historique dans l'univers médical du XIXeme siècle restitué avec vraisemblance, une atmosphère sombre et tendue comme tout thriller digne de ce nom, une alternance d'époque qui tient le lecteur en haleine d'un bout à l'autre... Si ce roman n'a pas convaincu les fans de l'auteure et ne révolutionne pas le genre, il n'en reste pas moins un thriller agréable, fort bien mené et incisif comme un scalpel!


mardi 2 septembre 2014

Trafic de Haut Vol (Les folles enquêtes de Phryne Fisher #2)

Flying too High (Phryne Fisher #2), Poisonned Pen Press, 1990, 2006, 2012 - Éditions de la Loupe, 2006 - Éditions 10/18, 2006.

  Avec son style inimitable, ses manières de garçonne et son charme espiègle, Phryne Fisher est devenue la coqueluche du Tout-Melbourne des années 20. La détective attitrée de la haute société locale se voit même confier coup sur coup deux nouvelles affaires : éclaircir les circonstances de la mort d'un homme dont les violentes disputes avec son fils étaient de notoriété publique, et retrouver les ravisseurs d'une petite fille avant qu'ils ne disparaissent avec la rançon. Un menu copieux et hautement dangereux, mais loin d'effrayer la plus glamour des héroïnes. Aux commandes d'un avion ou au volant de son Hispano-Suiza, en pantalon ou en robe du soir, Phryne Fisher pourchassera les coupables sans relâche, bien décidée à rentrer à temps pour sa prochaine soirée.

***

  L'an dernier, je vous avais présenté l'inégalable Phryne Fisher, détective privée libérée et affranchie du Melbourne des année 1920, l'héroïne des romans de Kerry Greenwood ainsi que de leur décapante adaptation en série télévisée, Miss Fisher enquête! (Miss Fisher Murder Mysteries) . A peine avais-je le temps de me plonger dans l'ambiance de la saison 2 inédite diffusée cet été que, déjà, elle arrivait au terme de ses 13 épisodes. Quoi, plus de musique jazzy? Plus de moteur ronronnant de tractions? Plus de tenues à plumes et à perles? Que faire pour tenir jusqu'à la diffusion de la saison 3 et se régaler encore de l'ambiance délicieusement pétillante de cet univers? 
  Je propose de ressortir du carton de secours les tomes savamment rassemblés à cet effet à la suite d'une intense recherche l'année passée!

Couvertures de l'édition originale (sublime!)
et de l'édition française grand format chez De La Loupe (hum...)

  Après un premier tome qui brillait davantage par l'extravagance de son héroïne que par la qualité de l'intrigue, ce second opus allait-il combler mes désirs de lecteur? Cette fois, Phryne s'éloigne du milieu très "roman noir" à la petite semaine des gangsters et de la drogue pour nous emmener dans celui de l'aviation alors en plein essor, nous introduisant à cet effet dans le cadre très viril de la Central Flying School. Menant tambour battant deux enquêtes sans abimer une seule de ses robes Chanel et pilotant aussi bien que ses compatriotes masculin un avion, Miss Fisher, sous la plume plus que jamais acérée et piquante de l'auteure, nous fait faire le tour du tout Melbourne mondain de l'époque. La ville revit de tout son faste d’antan au fil des cafés et dancing où le crime pullule malgré les paillettes.


Du Travellers'Club où commence le roman, au Windsor Hotel en passant par le Queenscliff Hotel 
... les décors chics et mondains du Melbourne de 1920...

  Bien meilleur que le précédent, ce tome se déguste comme un cocktail bien frappé! On se régale de l'audace de Miss Fisher et on se laisse porter par la reconstitution au détail prêt de l'ère des Roaring Twenties à travers le détails domestiques ( les premiers Water Closet intérieurs avec chasse-d'eau, l'électricité installées dans les villa, ou même les conduites de gaz pour alimenter les cuisinières à la pointe du progrès!) qui viennent égayer une intrigue trépidante. Après son absence dans le premier tiers du livre et la crainte de ne pas le revoir, on retrouve même l'inspecteur Robinson (qui s'était laissé finalement convaincre par les méthodes pourtant peu conventionnelles de la détective à la fin du tome 1!) et on se délecte de ses charmants intermèdes avec notre héroïne...
La Central Flying School de Merlbourne, école d'aviation australienne réputée où Phryne mène l'enquête...

  En bref: K.Greenwood nous sert cette fois une intrigue d'une bien meilleure qualité encore que dans Cocaïne et tralala. Elle fait une fois encore vivre les Année folles avec la minutie d'un historien, et nous donne l'impression de rouler à cent à l'heure aux côté de la scandaleuse et libérée Miss Fisher dans son Hispano-Suiza! Juste décoiffant!




Pour aller plus loin...

vendredi 29 août 2014

Du printemps de tous les changements à l'été pour creuser son terrier...


Mr Rabbit (par Coco de Paris pour Etsy.com)

*Ahem ahem* Chers lecteurs, chers blogueurs,

Illustration de M.SENDACK
  Vous l'aurez sans doute remarqué, cette saison estivale a été moins fournies en articles et chroniques que de coutume, hiatus en intermittence qui risque de se poursuivre encore quelque semaines, pour de nobles raisons toutefois! En effet, dans le dernier article de blabla du mois du Mai, j'avais annoncé la bonne nouvelle d'un CDI, m'offrant par là même une situation stable et ouvrant à la recherche d'un terrier tout à moi! La fin d'année professionnelle étant très mouvementée, je n'ai eu que peu de temps pour alimenter dignement books-tea-pie, tout en recherche que j'étais d'un chez-moi où poser mes valises ; si j'ai été si absent cet été, c'est que je l'ai en grande partie consacré à mon installation! Et oui, votre humble serviteur a trouvé son terrier! Dans la foulée, il s'avère que Mum-Rabbit quitte également la maison familiale, qu'il faut encore vider avant de céder au marché de l'immobilier. Alors que mon emménagement est à peine commencé, il y a donc encore pas mal de travail de tri à faire ou même de meubles customiser à terminer, qui expliqueront ma présence toute relative au cours des prochains mois.

Votre humble serviteur, occupé à installer et déballer son joyeux bazar dans son terrier... (dessin de Cousinette, alias the British Countess ).

   Heureusement, mon nouvel ami et alter-égo au pelage bleu est là pour me soutenir en ces moment de grand bouleversement... Car j'ai l'honneur de vous présenter la mascotte officielle du blog et par extension de mon terrier, mon deamon en quelques sortes :... 

Mr Rabbit, Pedro Pan :
 (qui a peur de finir en civet dans la gazinière...)

  Néanmoins, l'été n'en a pas moins été riche en occupations épicuriennes ou même, à défaut d'avoir le temps nécessaire pour toutes les lire, d'acquisitions livresques en guise de compensation (on ne se refait décidément pas!). Une journée pluvieuse a été l'occasion de retrouver ma chère Clochette-Tinker Bell dans notre petit troquet favori pour un délicieux Macchiato et l'échange habituel de cadeaux. Une fois encore, ma douce fée m'a comblé d'un joyeux fourre-tout multiculturel composé au fil de ses derniers voyages...

 Journée Vintage & Bohème avec TinkerBell... et un Pedro Rabbit bien gâté!

  Du côté des joies picaresques :  Petit melting-pot d'images culinaires, parce qu'après avoir porté des cartons, on a faim! Et qu'une journée passée dans le tri et le déménagement ne doit pas être l'excuse pour s'adonner à la malbouffe, non non non! Dans le désordre nous avons donc mes toutes premières gougères ainsi que les mélanges de crudités -rapides mais sains- qui embellissent toute table d'été qui se respecte, une quiche légumes grillés-féta copiée de l'un de mes restaurants favoris, ou encore le traditionnel flan de courgette au chèvre estival!


   Et parce qu'il faut bien baptiser son nouveau terrier d'ondes positives (et inaugurer le sublime lutrin de cuisine aussi =D ), quoi de mieux que de fêter son installation en popotant dans son chez soi? Au menu de la semaine, carottes caramélisées au miel en papillote et, surtout, la recette issue du sublime livre American Pie de Marc Grossman, la Vegan tomato pie!


   Bon, tout ça c'est bien beau mais il faut bien aussi s'offrir quelques nourritures pour l'esprit, non? Bilan des acquisitions en images! En plus de La Malvenue offerte par TinkerBell, j'ai pu glaner de-ci de-là quelques ajouts pour ma Bibliothèque:
Côté occas':
-Cue for Treason, classique jeunesse anglais qui m'a été soufflé par 1001 livres qu'il faut avoir lu pour  grandir ; un polar elizabethain qui ressemble fort à Shakespeare in Love ou encore l'intrigue du tome 3 de La Maison du Magicien de Mary Hooper, à savoir une aventure dans le milieu du théâtre Shakespearien où les jeunes filles se travestissent en acteurs et où la trahison est de rigueur! Probablement le roman qui a lancé la mode et a été une grande source d'inspiration malgré son demi-siècle bien passé!
-Le tableau de l'apothicaire, pour ma petite collec' d' "énigmes artistiques".
-Le voleur de morts, un thriller à cheval sur deux époques comme je les aime;
-Mad Men, un art de vivre : magnifique album pour une explosion d'images vintage en technicolor;
Côté nouveautés:
-The Beast Within, l'histoire de la Belle et la Bête de Disney racontée du point de vue de la Bête, enfin arrivé à la maison après plusieurs mois de pré-commande!
-Un album de la Belle et la Bête (justement...) magnifiquement illustré, aux couleurs sépia et à l'atmosphère qui évoque le style visuel des films de Guillermo del Toro.
-Deux livres de popote : Les grands classiques, mais surtout Mon carnet de cuisine, le subliiiiiiime livre de cuisine de Gwyneth Paltrow, mine d'or de recettes veggies et originales tout en étant d'une sobriété et d'une simplicité ressourçantes!
-Peter Pan, la BD de Loisel acquise avec du retard pour la "Lecture Peter-Panesque annuelle".
-La ligue des Gentlemen extraordinaires, Le dossier noir, pour ajouter à ma collection de cette BD atypique et originale à plus d'un titre!
-Et enfin, ma bulle d'air annuelle, mon anti-déprim' de chaque rentrée : Le tout nouveau tome des Chroniques d'Edimbourg, L'insoutenable légèreté des scones.



  Maintenant, il s'agit de se plonger dans les pages entre deux cartons et de se lancer dans les chroniques entre deux coups de peinture aux meubles! Sans compter que j'aurais probablement prochainement de bonnes nouvelles quant à d'éventuels partenariats avec une médiathèque locales, mais aussi un possible changement de décoration du blog! Eh oui : du changement de terrier à celui du wallpaper de books-tea-pie, il n'y a qu'un pas!
Mais...
Minute...
Quoi?
La rentrée? Le travail? Flute, déjà!?

Vite, j'y cours!

mardi 19 août 2014

Gourmandise littéraire : Les poireaux vinaigrette(s) à la mode John Steed.



  Dans son roman Chapeau Melon et Bottes de cuir - Canards Mortels, adapté de la célèbre série où il jouait le rôle de J.Steed, Patrick McNee nous régalait avec un humour so British inimitable d'une aventure d'espionnage doublée d’anecdotes culinaires délicieuses, portées par les joutes verbales de ses héros. Aujourd'hui, en exclusivité pour les gourmandises littéraires, je vous propose donc une des recettes qui fait débat dès le premier chapitre!

***

  Un dîner en tête à tête est souvent préambule à une enquête des plus dangereuses! C'est ainsi que commence la nouvelle aventure de notre duo favori d'agents secrets, alors que Steed a innocemment invité Mrs Peel à La Cathédrale d'Ely, une auberge réputée mais à la clientèle très select perdue en pleine campagne anglaise. Dès consultation de la carte, voilà notre héros au chapeau parti en pleine dissertation sur les poireaux vinaigrette...

" Le secret, avec une bonne vinaigrette, dit John Steed, c'est d'être tout à fait personnelle : il n'est pas possible d'en faire une formule. C'est le mélange particulier d'huile, de vinaigre, de sel, de poivre et de moutarde, qui compte. Ajouter des câpres, des cornichons, du persil ou je ne sais quoi, c'est à la portée de n'importe quel imbécile.

  Assise en face de lui, Emma Peel souriait avec indulgence par-dessus son verre de suze. "Brillat-Savarin ne serait peut-être pas d'accord avec vous  et De Nobrega contesterait certainement la moutarde (...). Je vois qu'ils ont des poireaux en vinaigrette, dit-elle. Après votre conférence, aucune femme qui se respecte ne pourrait leur résister."

Chapeau Melon et Bottes de Cuir : Canards Mortels, Patrick McNee, éditions Huitième Art, 1996.


Ingrédients (pour 4 personnes):

-1 kg de poireaux

 -Pour la vinaigrette aux cornichons:
  -Cinq cuillères à soupe d'huile neutre
  -Deux cuillères à soupe de vinaigre balsamique blanc
  -Une cuillère à soupe de moutarde à l'ancienne
  -Une cuillère à soupe d'échalotes émincées
  -Quantité souhaitée de cornichons aigre-doux détaillés en rondelles

 -Pour la vinaigrette aux câpres:
  -Cinq cuillères à soupe d'huile neutre
  -Deux cuillères à soupe de vinaigre balsamique blanc
  -Une cuillère à soupe de moutarde
  -Une cuillère à soupe d’échalotes émincées
  -Quantité souhaitée de câpres capucine

 -Pour la sauce au yaourt et au persil:
  -Un yaourt nature
  -Une cuillère à soupe de moutarde
  -Deux cuillères à soupe de vinaigre de cidre
  -Quatre cuillères à soupe d'huile neutre
  -Quantité souhaitée de persil haché.


A vos tabliers!

-Couper les racines et retirer les parties trop abimées, voire les extrémités trop vertes. Passer le tout sous le robinet pour  éliminer toute trace de terre ou de saleté.
-Lier les bottes entre elles avec une ficelle de cuisine.
-Faire bouillir une grande marmite d'eau salée, y plonger les poireaux puis laisser cuire 20 minutes.
-Pendant la cuisson, préparer la vinaigrette de votre choix (ou toutes les trois, pour plus de plaisir!) en mélangeant les ingrédients et en les émulsionnant énergiquement à la fourchette pour s'assurer de la prise de la sauce. 
-Une fois les poireaux bien fondants, les ôter de la marmitte et les rincer sous l'eau froide avant de les égoutter.

-Servir les poireaux tièdes ou froids, arrosés de la vinaigrette de votre choix ou du choix de vos invités! 


Et bon appét... ah, non, désolé...
We're needed!

samedi 16 août 2014

"Rouge Rubis - le film" arrive enfin en France!

  Souvenez-vous : Il y a quelques années, je tombais par hasard sur un exemplaire du roman young adult Rouge Rubis (Rubinrot), premier tome d'une saga allemande, abandonné dans une poubelle (!). Profitant de l'occasion pour découvrir le roman en question, j'avais alors été très agréablement surpris par l'histoire loin d'être une dernière-née de la mode bit-litt. Ce premier roman, racontant avec humour et fantaisie une passionnante aventure de voyages dans le temps, de société secrète, et d'alchimie, s'était donc avéré être une gourmandise fort agréable et, ma foi, très sympathique.


  Quelques temps plus tard, une maison de production allemande avait adapté le roman en film, sorti sur les écrans germaniques au printemps 2013 mais jusqu'ici inédit en France malgré les nombreux fans. Alors que nous pensions tous l'aventure sans lendemain pour nous autres habitants de l'hexagone, la société de distribution française Condor Entertainment a annoncé il y a quelques mois la sortie, fin Septembre prochain, du film en VF en direct-to-dvd

  Si l'événement semblait alors manquer de publicité, il suffisait en revanche à réjouir les lecteurs de la première heure, qui n'étaient pas au bout de leurs surprises... Car petit à petit, Condor Entertainment a réellement plébiscité cette sortie, à grand renfort de publicité, en collaboration avec la maison d'édition Milan (qui publie l'ouvrage) et les réseaux sociaux. Une affiche toute spéciale pour la France a ainsi été créée, de même qu'une réédition du roman aux images du film est prévue simultanément à la sortie.

Affiche allemande du film, ainsi que la version spécialement conçue pour l'hexagone.

  Que demander de plus, me direz-vous? Début septembre, l'arrivée en France de Rouge Rubis sera commémorée par une série d'avant-premières dans de grandes salles de cinéma françaises, en présence des acteurs principaux. A noter qu'en Allemagne, la sortie du film adapté du second volet Bleu Saphir, suit son cours, également à grand renfort de publicité également. Par bonheur, Condor Entertainment compte bien poursuivre l'aventure et a d'ores et déjà annoncé une sortie vf du deuxième opus dans les salles obscures pour printemps 2015. Enjoy!

 Affiches originales du second volet...

  En attendant les avant-premières du 6 Septembre et le dvd dans la foulée, on se regarde en boucle la bande-annonce française:

Alors, vos impressions? On se retrouve une fois le film sur nos écrans pour s'en dire plus! =D

dimanche 3 août 2014

Le pays des contes, tome2 : Le retour de l'enchanteresse - Chris Colfer.


The Land of Stories, book 2 : the Enchantress returns, Little, Brown Young Readers, 2013 - Trad. par Cyril Laumonier, Editions Michel Lafon, 2014.

  Le Pays des contes n’est plus l’endroit enchanté qu’Alex et Conner ont visité il y a un an. Le monde féerique vit désormais dans la peur : l’Enchanteresse maléfique est de retour ! Lorsque ses mauvais sorts atteignent la Terre et que leur mère est enlevée, les jumeaux doivent retourner au Pays des contes. 

  Aidés du Petit Chaperon rouge, des bandits Jack et Boucle d’or ainsi que du prince Grenouille, ils se lancent à la recherche de la seule arme capable de vaincre la terrible magicienne. Mais cette arme pourrait bien se trouver chez les ennemis les plus redoutés des royaumes, de la sorcière des Mers à la belle-mère de Cendrillon, en passant par la Reine des neiges…

***

   Rappelez vous : il y a quelques temps, j'avais chroniqué le tome 1 de la nouvelle saga Le pays des contes, roman jeunesse écrit par le jeune artiste Chris Colfer, star bien connue de la série Glee. Si l'opus inaugural, "Le sortilège perdu", m'avait paru quelque peu simpliste et empruntait des sentiers déjà bien battus dans le genre des relectures de contes de fées qui pullulent actuellement (il y avait d'ailleurs de trop nombreux points communs avec la mini-série Le dixième royaume pour que ce ne soit qu'un hasard), le roman n'en était pas moins très agréable et magique à souhait. Aussi n'ai-je pas hésiter à sauter sur l'occasion lorsque les éditions Michel Lafon ont proposé de le faire découvrir en avant-première dans le cadre de leurs partenariat, impatient que j'étais de voir si C.Colfer réussirait à imaginer une suite originale...

Chris Colfer, star de Glee mais aussi jeune auteur prometteur...

  Un an s'est écoulé depuis que les jumeaux Alec et Conner ont découvert le secret de famille qui les unissait au monde des Contes de fées et qu'ils ont libéré ce dernier de l'emprise de la Méchante Reine. Alors qu'ils ont repris un train de vie normal, voilà que la magie fait brusquement irruption lorsque leur mère, Charlotte, est kidnappée par Ezmia, l'enchanteresse qui jeta en son temps le sort du sommeil à la Belle au Bois Dormant. Assignés à résidence par leur grand-mère et le Conseil des fées, les jumeaux refusent cependant de rester inactifs et rejoignent le monde des contes pour sauver leur mère. Là-bas, l'Enchanteresse a totalement pris le pouvoir et s'attache à ravager tous les Royaumes. Un seul objet peut l'arrêter : le Sceptre Splendide, un artefact magique, à composer à partir des biens les plus précieux des Grands Méchants les plus détestés des Contes de fées. Pour Alex et Conner, une nouvelle quête s'impose : aidés dans cette collecte périlleuse par leurs amis fabuleux, ils embarquent à bord du Mère-Grand, le dirigeable de la Reine Petit Chaperon Rouge, pour partir à l'aventure!

Couverture de l'édition originale américaine, illustrée par B.Dorman.

  Si l'histoire se construit de nouveau autour d'une quête d'objets magiques, j'ai vite réalisé avec plaisir que C.Colfer ne tombe pas dans une redite du Sortilège perdu : plus dense, plus drôle, plus palpitant, et aussi plus émouvant, le retour de l'enchanteresse est marqué du sceau de l'originalité et de la surprise! Cette nouvelle intrigue s'avère en effet bien moins convenue et montre que l'auteur a vraiment réussi à rebondir, dans la continuité d'un tome 1 où il avait eu à prendre peu à peu ses marques en tant que jeune écrivain.

  Tout en continuant à s'inscrire dans la mode de relecture des contes, il réussit cette fois à ne pas nous raconter du "déjà vu/lu" pour se construire sa propre mythologie. C.Colfer fait preuve d'une imagination débordante : il s'amuse des références, se joue du folklore et établit pour notre plus grand plaisir des connexions d'une grande originalité entre les contes (on découvrira ainsi le passé commun de la Belle au Bois Dormant à la Belle de La Belle et la Bête, ou encre le lien de parenté entre 7 nains bien connus et l'horrible Rumpelstilskin!). La nouvelle quête qu'il nous raconte nous offre une tournée trépidante des Grands Méchants, permettant parfois de les découvrir sous un jour nouveau. Si j'ai été quelque peu déçu de l'interprétation d'un Rumpelstilskin plutôt poltron, j'ai adoré la visite chez la Sorcière des Mers -terrifiante!- et surtout, chez la Belle-Mère de Cendrillon!

 Illustrations originales de B.Dorman.

  C.Colfer prend un plaisir communicatif à s'amuser avec les personnage, et cette fois aussi bien que M.Buckley avec sa saga des Soeurs Grimm. On retrouve avec joie Grenouille, Boucle d'Or, Jack et, surtout, son Altesse Petit Chaperon Rouge (qu'on adore détester) qui a droit à une place toute méritée dans l'aventure. Osant les pasticher sans les ridiculiser, le jeune auteur nous fait cadeau de passages drolatiques à souhait! L'ensemble bénéficie encore une fois d'une édition soignée : la couverture pétillante de D.Gibson est juste magnifique, tandis que les illustrations originales signées de B.Dorman sont plus enchanteresses que jamais...

En bref: un second roman magique plein de rebondissements qui réussit le pari de faire mieux que le premier opus. C.Colfer gagne en qualité et en audace narratives et, mieux encore, il parvient à le faire avec émotion, sans rien perdre de la flamme vivante de l'enfance qui viendra émerveiller le jeune lecteur.

Un grand merci aux éditions Michel Lafon
(et à Camille G. ;-) !) pour ce partenariat!

Pour aller plus loin...

vendredi 1 août 2014

Cat's Eye #2 - Tsukasa Hojo.

Shueisha inc., 1981 - Editions Tonkam, collection "Tsuki poche", 1998 - Editions Panini manga, 2008.

 Cette fois, le trio cherche à s'approprier l'autoportrait de Michaël Heintz, collectionneur et artiste qui n'est autre que le père des trois sœurs. Ce dernier a disparu dans d'étranges circonstances... Or, Hitomi et Rui apprennent que Michaël Heintz pourrait être toujours en vie...

  Contient les épisodes 14 à 28 :  14. La déesse de la guerre ; 15. Quand l'aigle fond sur sa proie ! ; 16. La horde sauvage ; 17. Entre chien et chat ; 18. Cat's eye est une femme ; 19. Si le temps pouvait s'arrêter ; 20. Rien que dix minutes ; 21. Un gêneur gênant ; 22. Touche pas à mon journal ! ; 23. Copies doubles ; 24. Une visite inattendue ; 25. La mini-tornade ; 26. L'apprenti-cambrioleur ; 27. Dos à dos ; 28. Souvenirs perdus.

***



  Après un premier opus addictif de ce grand classique de la BD japonaise, je poursuis mon immersion dans l'univers manga avec ce second volume de Cat's Eye, version première édition. Si cette édition chez Tonkam est aujourd'hui épuisée, pas de panique : sachez que vous pouvez retrouver ces épisodes 14 à 28 répartis sur les tomes 2 et 3 de la réédition Deluxe par Panini Books.



Les volumes 2 et 3 de la réédition chez Panini, pour retrouver les épisodes 14 à 28...

  Le dénouement du premier volume sonnait comme un réel "season final" de série télévisée, chargé de révélations et nous laissant dans un état d'impatience proche de la crise d'hystérie. En démarrant sur les chapeaux de roue, cette suite ne nous laisse aucun répit et s'avère moins répétitive dans la construction des différents épisodes. Cette fois T.Hojo diversifie la narration et le déroulement de ses aventures : il ne se contente plus d'un enchainement de vols et de cambriolages mais introduit de nouveaux personnages et de nouvelles péripéties qui contribuent à instaurer une mythologie propre à son univers.

  Entre le "Rat" (un cambrioleur tantôt concurrent, tantôt allié des Cat's Eyes) et la confrérie de marchands/trafiquants d'Art qui ne semble pas sans lien avec la disparition de leur père, les sœurs Kisugi n'auront pas l'occasion de chômer! Les épisodes de hauts vols alterneront ainsi avec d'autres plus axés sur leur enquête pour retrouver sa trace, ou encre d'autres plus intimistes consacrés aux relations (amicales, amoureuses...) entre les différents personnages. Ces derniers apportent parfois une pause rafraîchissante dans ce passionnant mais effréné embrouillamini policier.

 Entre "Le Rat", un nouveau cambrioleur redoutable, les complications sentimentales, et leur enquête pour retrouver leur père, le trio n'a pas fini d'en voir!

  Enfin, l'auteur se permet même quelques nouveautés narratives : annotant certaines vignettes de commentaires drôlatiques sur l'expression de tel ou tel personnage, il introduit de cette façon des petites touche d'humour décalées mais toujours bienvenues! En bonus, il nous offre également quelques goodies de mangaka en décimant ça et là, entre deux épisodes, des planches gribouillées du temps de sa jeunesse. Toujours ponctués de notes et d'explications annexes, ces petits bonus intimistes instaurent  une proximité chaleureuse avec Tsukasa Hojo, presque émouvante! Côté dessin, évidemment, il n'y a rien à dire : fluide et animé, le coup de crayon du mangaka est égal à lui même, félin et sexy sans oublier d'être élégant, toujours aussi maîtrisé et agréable à nos yeux de lecteurs passionnés...



En bref: Un second volume tout aussi génial que le premier pour ce grand classique du manga. Visuel toujours aussi impeccable, servi par des aventures aux rebondissements toujours plus originaux... la mythologie Cat's Eye s'instaure peu à peu et passionne davantage les lecteurs à chaque nouvel épisode. Suspense, aventure, sentiments... du vrai Page-turner book fait BD!

 -Et pour aller plus loin...