samedi 11 avril 2026

Un hiver pour aménager son Terrier...

    
    Cet intitulé d'article est, avouons-le, peu représentatif de ce dernier hiver : on ne peut pas vraiment prétendre l'avoir passé dans les travaux et les aménagements, si ce n'est en payant le plombier pour le nouveau chauffe-eau (belle surprise que l'ancien qui s'est mis à fuir au beau milieu de la nuit début janvier – fun fact : le chauffe-eau est au premier étage, sur du parquet) et l'électricien, tout occupé depuis maintenant plus d'un an à mettre à jour tout le réseau électrique. Nous ne remettrons la main à la pâte que dans les prochaines semaines, pour un chantier qui a son importance : la bibliothèque ! En attendant de vous en offrir un aperçu, petit récap' saisonnier de nos sorties, visites, achats et occupations diverses... 
 
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Escapades :
 

    Non, nous n'avons pas joué dans une nouvelle adaptation d'Hercule Poirot, pas plus que nous n'avons voyagé à bord de l'Orient-Express. Du moins, pas vraiment, même si les photos ci-dessous donnent l'impression d'avoir été prises lors d'une escale dans les pays de l'Est ou en Sibérie. Ce décor enneigé est bien celui du Terrier – enfin, plus précisément, de ses alentours : l'hiver nous a gâté d'un joli manteau blanc le temps de quelques jours, promesse de promenades à laquelle on n'a pas su résister...
 




    Mais revenons à ce décor furieusement Art-Déco : donc non, nous ne sommes pas monté à bord de l'Orient-Express, mais nous en avons vu un bel échantillon à l'occasion de l'exposition 1925-2025 : cent ans d'Art-Déco, au musée des Arts Décoratifs. Dans l'écrin absolument fou de l'aile Marsan du palais du Louvre, vestige de l'ancien palais des Tuileries, étaient rassemblés wagons du célèbre train, mobilier d'époque, accessoires, tenues, vaisselles... Un véritable voyage dans le temps consacré à une décennie que l'on considère comme l'une des plus fascinantes des points de vue culturel et esthétique.


 

 


    Un régal pour les amoureux de vintage, donc ! Même si l'on n'était pas tous venus vêtus pour la bonne époque, il ne fait aucun doute que cette exposition était faite pour notre joyeuse troupe...

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    Autre décor qui valait le détour : le château de Compiègne, visité il y a quelques semaines dans le cadre d'un nouveau projet top secret avec notre amie Faustina, elle aussi amatrice de lieux chargés d'histoire. Résidence impériale iconique du Second Empire, notamment connue pour ses Séries de Compiègne (séjours de plusieurs semaines tous les ans à l'Automne), ce palais aussi imposant que labyrinthique a conservé quelque chose de très romantique.



     Parmi les quelques curiosités qui ont retenu notre attention : un escalier beaucoup moins fastueux que les autres, au style presque industriel (en son temps certainement réservé aux domestiques) et ce mystérieux doigt (enfin, ce qu'il en reste) retrouvé il y a fort longtemps dans une cheminée et conservé depuis dans cette petite boite...
 
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Cadeaux, achats, acquisitions :
 

    Beaucoup de cadeaux Lapin offerts par Pouchky-Ficelle lors de notre dernière entrevue, mais aussi une belle rentrée d'ouvrages pour notre (future) bibliothèque, avec (c'est assez rare pour être noté) une razzia sur les bandes-dessinées, notamment les adaptations de romans jeunesse (une mode qui a la cote depuis quelques années). Nous avons ainsi acheté le tome 2 adapté de L'île du crâne : maudit Graal d'après Anthony Horowitz (sorti il y a déjà quelque temps) et deux nouveautés : une adaptation du premier opus de la saga Lockwood & co de Jonathan Stroud et une adaptation du premier tome de... Peggy Sue et les fantômes, de Serge Brussolo ! Cette série jeunesse, sortie au début des années 2000, n'a jamais été rééditée et on la croyait tombée dans l'oubli, mais il semblerait qu'elle bénéficie cette année d'une nouvelle mise en lumière... 
 
    Parmi les BD originales, ensuite, Minuit Passé de Gaëlle Geniller, dont le coup de crayon tout en finesse nous faisait de l’œil depuis quelques mois, Melancholia, une courte BD de Nicholas Gurewitch, apparemment très inspiré par l'univers d'Edward Gorey, et, enfin, L'étoile de Mo, une adorable bande-dessinée coréenne de Yeonju Choi.
    Du côté des romans, on nous a offert le très tentant L'énigme de Bletclhey Park, de Ruta Sepetys et Steve Sheinkin, on a reçu Hôtel Ambrosia, best-seller allemand de Katie Kento, le tome 5 de Tante Dimity, de Nancy Atherton, Victor Hugo vu par une ado et ses frères, de l'amie Faustina Fiore, et La maison des Hollandais de Ann Patchett. Malgré la PAL que constituait déjà l'ensemble de ces réception, on s'est offert Le dieu des bois, de Liz Moore, qui figurait sur notre wish list depuis environ un an.
 
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Popote et casseroles :
 

    Manque de temps et absence d'idées en cuisine cette saison pour innover : on a fait essentiellement des classiques, surtout ceux qui réconfortent dès lors que les températures avoisinent le zéro degré. Lasagnes épinard, butternut et mozzarella un jour, Vindaloo de lentilles corail le lendemain, Mulligatwany la semaine suivante, et Carrot Cake en dessert. 
 

    Mais, tout de même, une nouvelle recette de purée de potimarron testée en plat salé et, du côté du sucré, deux desserts qu'on n'avait pas cuisinés depuis un moment maintenant : le cake anglais pommes, butternut et flocons d'avoine, et une pumpkin pie aux épices digne d'un conte gothique de Washington Irving...




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Great News :


    On l'a évoqué tout récemment dans cet article, mais impossible de ne pas clore ce billet saisonnier en rappelant la grande nouvelle de cet hiver : la publication du premier tome des Enquêtes des sœurs Lumière, écrit à 4 mains par Faustina Fiore et votre humble serviteur. Nous avons eu l'occasion de lire de nouveaux avis ces jours derniers et ils sont toujours aussi enthousiastes ! Merci encore pour vos retours !

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    Voilà pour le compte-rendu de cet hiver passé entre palais, musées et publication livresque. On vous retrouve dans quelques mois avec, on l'espère, une bibliothèque toute neuve, prête à accueillir tous nos livres qui dorment encore dans leurs cartons... 
 

 


mercredi 8 avril 2026

Great News (mais en retard) : nos Soeurs Lumière en librairie !

 
 
    J'ai mis un certain temps avant de venir en parler ici, par superstition autant que par pudeur (le "nous" derrière lequel je me cache pour rédiger la grande majorité de mes chroniques étant un bon indicateur de mon tempérament réservé autant que de la distance avec laquelle je tente toujours de prendre la parole, y compris par écrit). 
 
    J'avais semé quelques indices ici ou là, notamment dans les articles récapitulatifs saisonniers : évoquant tantôt des voyages de recherches à Lyon, tantôt un rendez-vous dans les locaux des éditions Albin Michel, sans m'attarder davantage. Mais voilà, à maintenant trois mois passés, il est temps d'en parler de façon un peu plus officielle : Faustina Fiore (autrice déjà évoquée plusieurs fois en ces pages et amie de longue date) et moi-même avons écrit le premier opus d'une série policière historique publiée depuis peu chez Albin Michel jeunesse : Les enquêtes des sœurs Lumière !
 

     Sorti en librairie le 2 janvier 2026, ce premier tome intitulé Le disparu du train de 15h12 (je ne suis pas peu fier d'avoir eu l'idée de ce titre, quelque part entre Hitchcock et Agatha Christie) a déjà trouvé sa place dans les bibliothèques de plus de 4000 lecteurs ! L'intrigue vous propose de remonter le temps jusqu'en 1890 et de rencontrer trois illustres inconnues, les jeunes sœurs de ceux qui entreront dans l'histoire comme les célèbres inventeurs... du cinéma ! Eh oui, les frères Lumière avaient des sœurs. Des sœurs dont les manuels scolaires et les biographies ont oublié les noms, et dont (et ça, c'est un comble) les archives et photos de famille ont même oublié les visages. Des véritables Jeanne, Mélina et Francine Lumière, il ne reste quasiment rien : de fugaces apparitions au détour d'une partie de pétanque filmée à La Ciotat, une rue Jeanne Koehler où l'ainée des sœurs apparait (ou disparaît ?) sous son nom d'épouse, et quelques signatures en bas d'actes de naissance et de mariage, consultables quelque part dans les tréfonds du net.
    Et pourtant, Dieu sait qu'elles ont certainement mis la main à la pâte dans les usines Lumière, gratuitement et pour le seul honneur de leurs deux aînés. Et Dieu sait aussi qu'elles n'auront pas connu un centième des avantages dont ils auront bénéficié. Invisibilisées, il ne fait pourtant aucun doute qu'elles auraient mérité qu'on raconte leur histoire. Et à défaut de la connaître, qu'on l'imagine
 
 
    Cette idée, on la doit à une amie commune, que nous nommons en postface du livre : Anne-Elodie. Anne-Elodie, elle est apparue plus d'une fois sur ce blog sous les pseudonymes composés de "Pouchky/Ficelle" – fantophile émérite, compagne de lectures gothiques et esthète de pied en câpre (vous avez la ref', j'espère). Quant à la genèse de cette fiction, Faustina la raconte en fin de roman ; pour ma part, ça remonte au Quai du polar 2016 (autant dire au siècle dernier). Passant en tram non loin de la villa Lumière, Pouchky/Ficelle me confie une anecdote historique digne des meilleurs cold-cases...
 

    Fin XIXe, plusieurs ingénieurs sont dans la course pour inventer ce qu'on baptisera plus tard le cinéma. Alors que les Lumière ne sont pas encore de la partie, un autre scientifique du nom d'Augustin Leprince est à deux doigts de déposer le brevet qui marquerait d'une pierre blanche l'histoire des images animées. Mais voilà, alors qu'il monte à bord d'un train à destination de Paris un beau jour de septembre 1890, il n'en descend jamais et s'évapore dans la nature. On ne retrouvera jamais sa trace, pas plus que son corps, et son invention se perdra dans les méandres de l'histoire, où il se fera damer le pion par les frères Lumière à peine cinq ans plus tard.
    "Imagine, ajoute Pouchky-Ficelle, qu'on accuse les frères Lumière d'avoir voulu faire disparaître un concurrent gênant. Il faudrait que quelqu'un enquête pour les innocenter. Comme leurs petites sœurs, par exemple : personne ne se méfierait de trois jeunes filles qui furètent partout pour faire éclater la vérité !".
 
    L'idée était bonne. Très bonne. Il faudra encore quelques années avant que Faustina et moi en parlions (dans un bus – à croire que les transports en commun ont vraiment une importance dans cette histoire) et ne relevions le défi proposé par Anne-Elodie : écrire le livre qu'elle voulait lire. Chiche ? Chiche !
 
 
    Le "Sœurs Lumière project" était lancé. Il nous occupa de longues soirées, tantôt chez l'un, tantôt chez l'autre, parfois accrochés au téléphone (car, oui, nous sommes séparés par deux bonnes grosses heures... de train) pour échafauder cette intrigue tout en nous assurant de rester au plus près des faits et de la véracité historique. Le moindre détail a donc été vérifié, des horaires de train en 1890 à l'existence d'une école commerciale pour jeunes filles, en passant par les adresses de chaque personnalité mentionnée ou croisée dans le roman et du métier de chasseur de rats, sans même parler de la thèse entière que j'ai avalée pour comprendre l'architecture des trains à la Belle Époque. Vous ne comprenez pas tout ce que je vous raconte ? Pas de souci, il ne vous reste plus qu'à lire ce premier opus pour voir de quoi il retourne ! La réalité ayant beaucoup plus d'imagination que la fiction, ces recherches nous ont tendu sur un plateau tous les éléments pour mener les investigations de nos trois héroïnes à leur terme et, qui sait, peut-être résoudre réellement le mystère...
 
    Nous sommes en tout cas très honorés que ce texte ait retenu l'attention des éditions Albin Michel. Nous continuons de découvrir chaque jour de nouvelles chroniques enthousiastes et autant d'articles élogieux, dont voici un petit florilège (cliquez sur les images pour afficher les articles en grand) :
 
 
Coup de cœur de la librairie Mollat
 
 
Coup de cœur Page des Libraires
 
 
Chronique de Claire sur Onirik
 
 
Avis de Clémentine Beauvais sur Instagram
 
 
Avis de Le Grenier d'Automne sur Instagram 
 
Avis de Clottedcreamlover sur Instagram
 
 
Et les articles (et même un vlog !) des amies blogueuses : Hilde du Livroblog, My Lou Books, Mya's Books et Fondant Grignote.
 
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    Nous vous remercions pour l'accueil que vous avez réservé aux sœurs Lumière et espérerons que vous vous réjouissez à l'idée de, déjà, bientôt les retrouver. Le tome 2, Ficelles et Fantôme, sortira en librairie le 27 mai prochain. Alors, prêts à faire tourner les tables ?