samedi 25 janvier 2020

Welcome to the new Roaring Twenties - Bilan de nos fêtes sous le sceau des Années Folles et de l'Honorable Miss Fisher...


  Après quelques articles de prolongation afin de publier (presque) tout ce que nous voulions partager avec vous à l'occasion des fêtes hivernales, le temps est venu de clôturer notre participation au challenge Christmas Time de Mya Rosa et de faire notre bilan.

  Nous avons ainsi eu la joie de partager ces festivités en compagnie de l'honorable Miss Phryne Fisher, détective de son état (l'Australie) et icône (fictive) des Années Folles, dont nous fêtons le centenaire. Eh oui, chers amis : il y a cent ans commençaient les tonitruantes années 20, décennie des Fitzgerald, de Louise Brooks, du surréalisme, du jazz, des cocktails... bref, toute une imagerie qui continue de fasciner, de faire écrire et de faire danser. Espérons que ces nouvelles années 20 qui nous attendent emprunte un peu de la joie des précédentes.


  Après notre article d'introduction pour poser le décor, nous avons consacré plusieurs chroniques à Miss Fisher, côté littérature (deux tomes de la série) et côté écran (télévision et cinéma) :

A question of death - fantastique recueil de nouvelles et de goodies, par K.Greenwood.
Murder in the dark - roman de K.Greenwood : Miss Fisher fête Noël, le nouvel an, et résout des meurtres.

Les dernières news concernant le film à venir (nouvelle bande-annonce, photos, première mondiale).

L'anniversaire de Miss Fisher - avec un message personnel de K.Greenwood!


Lectures criminelles?

  Nous sommes restés dans les ambiances fêtes de Noël et actes criminels avec une nouvelle inédite de saison d'Agatha Raisin enquête:


  Nous avons complété ces articles vintage et polarisant de lectures d'albums jeunesse à l'ambiance hivernale rafraichissante :


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  Mis en appétit par nos doctes rédactions, nous avons fait un détour par la cuisine, toujours en compagnie de l'honorable Miss Fisher. Ces gourmandises littéraires, glanées au fil de nos lectures des romans de Kerry Greenwood ou du visionnage de la série, nous ont inspiré ces vrais recettes, cuisinées, mises en scènes et photographiées avec le plus grand soin pour votre plaisir, mais toujours éclairées d'anecdotes culturelles (que serait la nourriture du ventre sans celle de l'esprit?)...


Petit-déjeuner :


Cocktails :


 En-cas, apéritifs dinatoires et buffets :


Entrées :


Plats :


Veillées :


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  Comme tous les ans, nous vous avons également souhaité nos meilleurs vœux à l'occasion de notre traditionnel article d'entre-deux fêtes, aussi le moment de vous dévoiler notre décoration thématique annuelle du terrier cette fois-ci rhabillé à la mode Phryne Fisher! Nous nous sommes réappropriés les couleurs de son salon et les lignes géométriques Art-Déco clefs de la décennie 1920, que nous avons alliées à une décoration tout ce qu'il y a de plus vintage, parsemée de nombreux clins d’œil à Phryne.

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  Ces vacances, bien qu'en grande partie égayées par nos festivités "made in Phryne", ont été quelque peu mouvementées par de mauvais imprévus. Un très vilain virus a en effet conduit votre humble serviteur a l'hôpital (à croire que ça devient une habitude) avant de le clouer au lit pendant plusieurs jours. Dans de telles conditions, autant dire que le réveillon du 24 décembre était fortement remis en question. Incapable de quitter le Terrier, c'est donc un mini dîner de dernière minute qui s'est improvisé sur place ; je n'avais pas l'énergie pour une grande tablée mais refusais de faire l'impasse sur le 24 (flûte, c'est Noël, quoi), aussi ai-je sorti des cartons et des tiroirs de quoi improviser une table d'inspiration Années Folles (avec de très jolis verres Art Déco fraîchement offert – je vous en reparle un peu plus loin – même si je n'ai rien pu avaler d'autre que de l'eau et du jus de pomme).





   Le repas restait malgré tout très festif, puisque composé pour 50 pour cent des plats prévus pour le réveillon initial. Le menu se composait de délicieux filets de poulet farcis (aux cornichons, jambon, moutarde et cheddar) accompagné d'une purée de patates douces aux épices, et d'un pudding. Pas n'importe quel pudding, cependant, puisqu'il s'agit de la recette de chez Meert, tirée de leur livre de cuisine (à base de brioche, de raisins secs, d'écorces d'orange confite, et de crème pâtissière)...



  C'était donc relativement simple à défaut d'être frugal et non dénué de style malgré tout (comme je l'ai dit plus haut, oui, j'avais 39 de température, mais flûte, c'était Noël). Heureusement que l'esprit de Phryne était avec nous pour égayer un peu nos fêtes attristées par la grippe ( espagnole? On rappelle qu'elle avait décimé des tas de gens au sortir de la Grande Guerre, juste avant que ne commencent les Années Folles... me voilà bien récompensé d'avoir voulu tout faire à la mode de cette époque là ^_^ !). Bref, pendant que certains buvaient du champagne et des cocktails, je tournais au jus de fruit et au paracétamol... Cheers!



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  C'est donc tout fébrile mais quand même tout joyeux que j'ai déballé mes cadeaux de ce Noël, posés cette année non pas au pied du sapin mais aux pieds de Phryne. Jugez par vous-mêmes :


  Parmi les nombreux présents, j'ai reçu non pas un mais TROIS calendrier 2020 (un magnifique sur le thème Alice au pays des merveilles, un délicieusement vintage avec des publicités rétros, et un dernier joliment graphique illustré de citations) ainsi qu'un agenda perpétuel sur le thème des oxymores.


  Côté cuisine, j'ai reçu une très jolie boite vintage pour ranger mes tablettes de chocolat, du sel parfumé, de la tisane de Noël, un mug du collègue parfait (ah, il était temps qu'on reconnaisse mon talent), une seringue à pâtisserie de pro et, comble du chic, un set de torchons ( "cotton tea towels" – ça sonne tellement mieux en english ) brodés sur le thème d'Alice au pays des merveilles en provenance directe du Musée Victoria & Albert de Londres. Une amie qui savait que je recherchais des coupes à champagne de style Art Déco pour illustrer mes publications bloguesques m'a trouvé de magnifiques verres à pieds à motifs géométriques tout à fais dans l'esprit de ce que je désespérais dénicher un jour (vous avez pu les croiser au détour de certaines Gourmandises littéraires dernièrement publiées). Je les ai complétés quelques temps plus tard grâce à une carte cadeau d'un ensemble de verres à cocktails qui a aussi été bien utilisé ces derniers temps.


  Enfin, côté librairie / papeterie, j'ai eu une BD sur la vie de Voltaire, le roman Ottoline goes to school (du talentueux C.Riddell) ainsi que l'édition complète récemment parue des reportages de Nellie Blye, la pionnière du journalisme d'investigation (j'adore cette femme).Un chèque cadeau m'a permis de m'offrir le second tome de la série Au service secret de Marie-Antoinette (du génial Frédéric Lenormand) et l'intégral des deux premiers opus de la série des enquêtes de Lizzie Martin d'Ann Granger, que je n'avais pas eu l'occasion d'acquérir à leur parution initiale. Ces lectures on ne peut plus alléchantes à venir on été complétées d'un superbe agenda 2020 Paperblanks en hommage à Shakespeare (à droite) et d'un carnet grand format à l'effigie de Neverland ( à gauche ; cliquez sur l'image pour l'agrandir, vous verrez la silhouette de Peter Pan en petit) pour y écrire de futurs romans et nouvelles qui, on l'espère, iront ceux-là jusqu'en finale de concours littéraires à venir...



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  Pas de réveillon de la St Sylvestre pour moi cette fois-ci non plus : tout juste remis de mon gros virus, je n'avais pas le courage d'aller danser le Charleston jusqu'à des heures indues, même dans le plus renommés des clubs de jazz de la région. Bon, foutu pour foutu, cela me consolait en fait qu'il n'y a pas de club de jazz dans la région ; une virée parisienne était par ailleurs prévue pour se retrouver entre Fantôphiles à l'occasion d'une représentation de La souricière d'Agatha Christie, laquelle devait être suivie d'un verre dans un de ces speakeasies comme Paris en compte désormais de nombreux recréés en clin d’œil aux Années Folles, cachés derrières des portes de frigo factices ou des cabines téléphoniques vintage. Mais ni ma santé ni la SNCF ne semblaient l'entendre de cette oreille : entre la crève et la grève, tous nos jolis projets sont tombés à l'eau...

(Je ne sais pas quel est ce sport, mais je veux bien m'y essayer un jour!)

  Ces dernières semaines ont cependant été égayées par de bonnes nouvelles, la plus gratifiante étant l'anniversaire de Phryne Fisher le 13 janvier dernier. Pour fêter la date de naissance fictive de son personnage, Kerry Greenwood avait invité ses lecteurs à partager avec elle leurs plus belles photos de fête en l'honneur de Phryne, pour publier les plus réussies sur sa page facebook. Comme raconté dans mon article à ce sujet, j'ai eu la chance de voir ma décoration de Noël, mon blog et une de mes illustrations de Phryne relayés par K.Greenwood sur son fil d'actualités, avec un adorable message. Je lui avais également envoyé un exemplaire de ma carte de vœux home made, puisque je les conçois tous les ans en lien avec le thème choisi pour les fêtes :


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  Mais voilà que nos festivités touchent à leur fin. Je remercie encore Mya Rosa pour son organisation du Challenge Christmas Time, toujours l'occasion de partager dans la chaleur et la fantaisie nos articles de saison. J'ai passé de très agréables semaines en sa compagnie et avec celle des blogueurs qui ont participé. Ah, et la compagnie de Phryne, toute fictive qu'elle soit, était également des plus inspirantes et j'ai ôté à regret la décoration de cette année. Je réfléchis déjà au thème de l'an prochain car si je n'ai pas arrêté mon choix, plusieurs idées très différentes mais toutes très enthousiasmantes se bousculent dans ma tête. 


  Pour ceux qui, comme moi, on déjà hâte de retrouver Phryne, je leur réserve encore quelques Gourmandises littéraires dans les prochaines semaines, histoire de patienter jusqu'au film Miss Fisher and the crypt of tears, qui marquera nos retrouvailles après qu'on ait quitté Miss Fisher et Jack. Nous aurons enfin ce qui se passe après cette scène ( attention, spoiler pour ceux qui n'ont pas fini de regarder la série):


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  Miss Fisher se joint à moi pour vous souhaiter, à nouveau, une très belle année 2020. On vous dit à très très vite!


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Gourmandise littéraire : Nerine.


  Poursuivons dans l'ambiance festive des Années Folles, faisons durer encore un peu le plaisir de la compagnie de l'honorable Miss Fisher, dansons et... buvons encore quelques cocktails! Comme nous avons déjà eu l'occasion d'en parler, il en coule à flots à l'occasion de la "Dernière Grande Fête" de 1928 à laquelle participe Phryne à Werribee Mansion dans Murder in the dark. Un chapiteau, dressé dans le parc du célèbre manoir australien, a même été entièrement destiné aux rafraîchissement, à quelques mètres de celui réservé à la musique.

  Phryne y retrouve une vieille connaissance : la chanteuse de jazz Nerine, rencontrée quelques temps plus tôt au cours de l'intrigue de Crime au moulin vert. Embauchée par les jumeaux Templar – hôtes et organisateur – pour assurer l'ambiance musicale de la soirée, Nerine fait danser les invités grâce à sa voix unique et à son groupe plein d'énergie. Le soir de la Saint Sylvestre, la chanteuse propose à Miss Fisher et à son cavalier de boire un Nerine, un cocktail inventé en son honneur par ses partenaires musiciens...


"— Venez prendre un verre avec moi, mes agneaux, proposa Nerine.
— C'est un nouveau cocktail inventé en son honneur, précisa Tommy.
— A base de menthe, de sucre, de bourbon et de jus d'ananas, et c'est dé-li-cieux, dit Nerine d'une voix sensuelle.
— Et baptisé un Nerine, conclut Tabitha. A la vôtre!
— Cul sec, dit Nicholas (...).
  Il trouva le Nerine délicieusement acide.
— Je dois y aller, leur dit Nerine. Profitez de la musique : vous n'avez jamais entendu un concert comme celui auquel vous allez assistez ce soir!".

Murder in the dark, K.Greenwood, chapitre 19, Constable (2018).

  Nous vous avons déjà raconté l'histoire des cocktails et leur importance au cours de la décennie des Roaring Twenties. Pour ceux qui auraient loupé les derniers épisodes ou qui auraient manqué d'attention, vous pouvez retrouver nos précisions historiques dans nos précédents articles sur le Nursery Fizz et sur le White lady, deux authentiques cocktails des années 20 croisés dans l'univers de Phryne Fisher. 

 Nerine dans la série Miss Fisher enquête!

  Attardons-nous cette fois plus particulièrement sur le Nerine. Comme le laisse entendre cet extrait, il ne s'agit pas d'un cocktail réel mais d'une totale invention de Kerry Greenwood pour les besoins de son roman. Cela n'empêche en rien de le réaliser si vous avez les bons ingrédients et un shaker : l'avantage des cocktails, c'est que quoi qu'on y mélange, c'est rarement mauvais! Ceci dit, même si Kerry Greenwood nous donne la composition du Nerine, nous ne disposons d'aucune précision sur les quantités ; or, c'est là que se joue toute la réussite de la recette. Afin d'obtenir le meilleur des résultats, nous avons recherché les cocktails similaires pour nous en inspirer...

  Les ingrédients de base de cette boisson sont le jus d'ananas et le bourbon, qu'il n'est pas rare de croiser dans la composition de cocktails classiques déjà existants. Le bourbon est un whisky américain fabriqué pour moitié à partir de maïs ; son nom vient du comté de Bourbon (Kentucky), celui-là même hérité de Louis XIV, roi français de la famille de Bourbon (le comté avait été baptisé en son honneur après que la France soit venue en aide aux colons américains dans leur conflit pour l'indépendance contre les Anglais).


  Parmi les nombreux cocktails comprenant du bourbon, nous pouvons citer, entre autres, l'Arcadia, le Boston Sour, le Bittersweet, l'Algonquin, ou encore le Royal Julep. Ce sont ces deux derniers qui peuvent nous aider à élaborer une recette équilibrée pour ce Nerine : l'Algonquin parce qu'il se compose principalement de jus d'ananas et de bourbon, et le Royal Julep parce qu'il est préparé à base de bourbon, de menthe et de sucre. Le Royal Julep n'est par ailleurs pas sans nous faire penser au Mint Julep, cocktail à base de menthe fraîche rendu célèbre par Gatsby le Magnifique, dont raffole Nerine dans Murder in the dark (Phryne la croise toujours avec un verre de Mint Julep à la main). Il n'est pas impossible que son goût prononcé pour le Julep ait motivé l'ajout de menthe à la composition de son Nerine...

Ingrédients (pour une personne):

- 4 cl de bourbon
- 3 cl de jus d'ananas
- 3 feuilles de menthe
- 1 cuillère à café de sucre

A vos shakers!

- Mettre les feuilles de menthe dans le shaker puis ajouter les autres ingrédients.
- Secouer vigoureusement.
- Servir sans attendre.



A boire à toute heure du jour ou de la nuit, du moment que c'est sur un air de jazz!

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jeudi 23 janvier 2020

Miss Fisher and the crypt of tears : dernière bande-annonce et dernières news!


  Tic-tac, tic-tac... le temps passe et la sortie de Miss Fisher and the crypt of tears approche! Alors que nous lui avons consacré tout spécialement nos fêtes de fin d'année, les news et infos abondent dans l'autre hémisphère et de l'autre côté de l'Atlantique! Étant moi-même producteur du film – oui, enfin, à très petite échelle, mais rappelons que le financement de cette suite cinématographique de la série a été possible grâce à un crowdfunfing et que j'ai à ce titre cédé quelques billets pour participer, comme des centaines d'autres fans à travers le monde, à l'aboutissement du projet – j'ai reçu mon invitation pour l'avant-première privée, réservée aux contributeurs. Génial, n'est-ce pas? Oui, tout ça c'est très bien, mais on ne m'offrait pas le billet d'avion pour l'Australie, donc je n'ai malheureusement pu bénéficier de cette place de cinéma prestige pour voir le film avant tout le monde...

Invitation pour la projection privée (ci-dessus).

  Pour patienter, il ne me restait donc que ces quelques clichés de promo issus du tournage dans le désert marocain et diffusés au compte-goutte sur la toile depuis le mois de septembre. Comme l'a si bien fait remarquer une amie, si l'incarnation cinématographique d'Adèle Blanc-Sec frimait déjà un peu sur son dromadaire, cette Miss Fisher au comble de l'élégance et imperturbable du haut de son camélidé, c'est du lourd!

  
  Par bonheur, passée cette projection privée, nous avons enfin pu en voir plus. Outre une première affiche officielle saturée de style (en tête d'article) au slogan accrocheur ("Si glamour, c'est criminel") dévoilée quelques jours à peine après l'avant-première, une bande-annonce longue a été diffusée à partir de mi-décembre. La musique jamesbondienne en diable, la même que pour le tout premier teaser, est intitulée Nothing but diamonds par le groupe Atomic Overture. 


  On a également appris quelques éléments supplémentaires grâce au dernier synopsis publié sur le web, plus complet de quelques détails que les moutures précedentes relayées jusqu'ici : 

  L'intrigue commence à Jérusalem, où Phryne se trouve pour sauver d'une condamnation injustifiée Shirin Abbas (Izabella Yena), une jeune bédouine emprisonnée à tord et traumatisée par le massacre de son village pendant la Première Guerre mondiale. La détective l'aide à s'évader et s'envole avec elle pour Londres, où elles trouvent toutes les deux refuge dans le manoir de Lord et Lady Lofthouse (Daniel Lapaine et Jacqueline McKenzie), où réside également le frère cadet de Lord Lofthouse, Jonathan (Rupert Penry-Jones), des amis de la famille Fisher. Phryne promet à Shirin de l'aider à résoudre le mystère qui entoure le massacre de son village et à réclamer que justice soit faite. Les frères Lofthouse, anciens combattants, seraient impliqués dans le saccage du village de Shirin mais nient les faits. L'affaire aurait pu s'arrêter là mais prend un autre tournant lorsque l'inspecteur Robinson, qui rejoint Phryne, est témoin avec la détective du meurtre d'un déserteur de l'armée ; la victime leur confie juste avant de mourir un médaillon contenant un mystérieux message crypté qui les conduira à poursuivre leurs investigations à Jérusalem...


  Ce résumé et les bribes que l'on peut glaner à travers la superbe bande-annonce nous permettent de dégager quelques informations et d'imaginer les possibles pistes qu'explorera le film. Cette nouvelle vidéo nous confirme le magnifique décor du manoir Werribee, que l'on connait pour avoir servi de cadre à l'adaptation télévisée de Pique-nique à Hanging Rock, mais qui est aussi le décor de Murder in the dark, le roman de la saga Miss Fisher mysteries se déroulant à Noël, récemment chroniqué. Il semble, de plus, que la superbe bâtisse accueille une réception on ne peut plus chic, à laquelle l'inspecteur Robinson rejoint Miss Fisher avec un paquet cadeau. Simple présent de retrouvailles ou cadeau de Noël




  Le scénario ferait-il quelques clins d’œil à Murder in the dark? Nous ne disposons d'aucune preuve pouvant corroborer nos suppositions, d'autant que le combat d'escrime avec Lord Lofthouse, filmé dans le superbe escalier de Werribee Mansion, semble en même temps indiquer que la scène se passe dans le manoir londonien des Lofthouse. Idem pour la scène de retrouvailles avec Jack, sensée se dérouler en Angleterre, où Miss Fisher lui avait fait promettre de le rejoindre à la fin de la saison 3. Essayerait-on de nous faire passer Werribee Mansion pour une demeure londonienne? Ce serait criminel pour le patrimoine australien mais tout semble pourtant l'indiquer ( un tour de passe-passe courant au cinéma, notamment pour les décors historiques : combien de productions anglaises racontant des scènes versaillaises n'ont-elles pas poser leurs caméra dans des châteaux gallois qu'on nous faisait alors passer pour la demeure du Roi Soleil?!).

  
    Ceci dit, l'équipe s'est bien déplacée à Londres pour le tournage de plusieurs scènes. Miss Fisher et Jack Robinson retenus sur le sol britannique dans le cadre de l'enquête, discutent sur un pont qui laisse entrevoir un paysage tout londonien : on jurerait apercevoir un bout du Tower Bridge au-dessus de la Tamise...




  Le goût pour l'orientalisme propre aux années 1920 est très présent dans cette bande-annonce visuellement époustouflante. Quelques scènes que l'on croirait filmées dans la vieille réserve d'un musée nous laisse entrevoir une statue de Bastet qui n'est pas sans rappeler l'atmosphère égyptienne de la fin de la première saison...



  Mais bien sûr, ce qui est le plus impressionnant dans ces images, ce sont les scènes tournées en plein désert. L'inspiration jamesbondienne vient se recouper là avec un petit côté Indiana Jones (le film A la poursuite du diamant vertRomancing the stone en V.O. – est également cité dans les inspirations) par ailleurs revendiqué par Deb Cox et Fiona Eagger, les créatrices et scénaristes du film. Voyage à dos de dromadaires sous un soleil de plomb, crypte dissimulée sous le sable et éboulements dans des conduits souterrains... Faut-il préciser à quel point tout ce romanesque est prometteur?




  Ah, on oublierait presque la petite anecdote : comme elle l'a déjà fait dans la série, Kerry Greenwood apparait en caméo avec son compagnon dans le film. On les aperçoit tous les deux, assis à une table de la grande salle de réception de Werribee Mansion, au début de la bande-annonce :



    Cet ultime trailer est donc une réussite en tout point, un aperçu très attrayant de ce que sera ce film qui, on l'espère, marquera le premier chapitre d'une trilogie, comme les deux créatrices l'ont envisagé à la genèse du projet. Un projet dont ces extraits des plus alléchants reflètent l'important travail de pré et de post-production. En effet, des révélations ont également été faites à ce sujet dans les derniers communiqués de presse publiés sur le net.

  On a ainsi appris que plus de 400 effets spéciaux ont été conçus pour la version définitive du film, de même qu'un soin important a été apporté aux costumes. On a cependant eu la surprise de ne pas retrouver la talentueuse styliste Marion Boyce à la création : elle a été remplacée par Margot Wilson, qui a par ailleurs travaillé avec elle aux costumes du film Haute-Couture (adapté du roman australien Vengeance haute-couture de R.Ham) en 2015. Margot Wilson a créé une quinzaine de tenues rien que pour Phryne, dont certaines étaient un véritable défi en terme de conception puisqu'elles devaient allier l'élégance des années 20 et le  côté pratique nécessaire aux exigences physiques du personnage (dont une scène où la détective saute d'une falaise pour atterrir sur le toit d'un train et une autre où elle passe à travers une fenêtre avant de partir à moto dans le désert).


  Too much, Phryne? Rien, en tout cas, qui soit contradictoire avec ce qu'on sait de l'héroïne. Comme cela avait été évoqué dans un de nos précédents articles, ce film met en avant le tempérament d'aventurière de Miss Fisher, qui préexiste à ses compétences de détective mais que le cadre de ses enquêtes melbournaises ne permettaient pas jusqu'ici de démontrer. Miss Fisher and the crypt of tears est l'occasion de remettre au premier plan tout ce qui fait le caractère unique de cette femme en avance sur son temps et que Kerry Greenwood et les créatrices de la série ont toujours envisagée comme une icône féministe.

"Elle peut escalader un immeuble, parler plusieurs langues étrangères, danser le tango, conduire une voiture ou piloter un avion. Elle a également été ambulancière pendant la Grande Guerre. Elle est capable de briser toutes les règles pour venir en aide à ceux qui en ont le besoin et pour défendre les droits des femmes." 
 (Fiona Eagger)




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  Après la projection privée organisée en Australie, Miss Fisher and the crypt of tears a bénéficié d'une première mondiale au Festival du film de Palm Spring le 4 janvier dernier, dont il était l'événement phare. Pour l'occasion, Essie Davis (Phryne Fisher), est apparue rayonnante au bras de Nathan Page (Jack Robinson) sur le tapis rouge.



  Tony Tilse, le réalisateur du film mais aussi des meilleurs épisodes de la série télévisée, a témoigné de son émotion au sortir de cette projection : si les premiers fans de Miss Fisher ont été conquis, les retours de spectateurs qui ne connaissaient ni les romans de Kerry Greenwood, ni l'adaptation sur le petit écran, ont été on ne peut plus enthousiastes.

  Le film sera distribué dans les salles australiennes par Roadshow : une projection exclusive aura lieu à Sydney le 20 février prochain, puis une autre trois jours plus tard à Melbourne avant d'être officiellement diffusé dans plusieurs salles à partir du 27 février. La distribution un peu particulière du film s'explique par son financement en grande partie participatif et par les nombreux sponsors qui ont permis au projet d'aboutir. Ainsi, contrairement au cheminement d'un film classique mais conformément à d'autre productions menées à bien grâce au crowdfunding, Miss Fisher and the crypt of tears ne sera visible que dans quelques salles de cinéma avant d'être rapidement disponible en VOD sur Acorn TV. La célèbre plateforme américaine (qui produit et/ou diffuse des programmes du Royaume-Unis, des Etats-Unis, du Canada, de l'Australie, mais aussi de l'Espagne) détient les droits de diffusion outre-Atlantique et a récemment annoncé la disponibilité prochaine du film à compter du 23 mars



  Et en France, me direz-vous? L'annuaire des doublages français RS-Doublage a récemment mis en ligne une fiche sur Miss Fisher and the crypt of tears, confirmant ainsi une partie du casting des voix françaises et donc laissant fortement entendre que le film serait visible prochainement dans l'hexagone. Cependant, la page en question l'a classé dans la rubrique "téléfilm : télévision/vod/dvd", ce qui laisse à penser qu'il n'y aura pas de projection en salle (logique, compte-tenu du système de financement évoqué plus haut). On peut cependant espérer une sortie en direct to dvd et peut-être aussi une diffusion sur Netflix, puisque la célèbre plateforme détient les droits de la série en France... De quoi se réjouir pour les heureux abonnés!

On ne manquera pas de vous tenir au courant des prochaines news! ;)

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