mercredi 15 juillet 2026

A Practical Magic Spring...


"Jetez toujours du sel par-dessus votre épaule gauche. Gardez du romarin à la porte de votre jardin, ajoutez du poivre à la purée. Plantez de la lavande et des roses, ça vous portera chance. Tombez amoureux chaque fois que vous le pourrez."

    On en a assez parlé au cours de la saison pour que ce soit une évidence : c'est très clairement une année Practical Magic qui s'annonce avec, comme nous l'avons évoqué dans cet article, la sortie du second film au cinéma, la réédition en France du roman original et la traduction pour la première fois de l'une de ses suites. Autant vous dire qu'au Terrier, on s'est plongé dans l'ambiance depuis quelques mois, bien avant que l'instagramosphère inonde la toile de hashtag season of the witch et practical magic summer – le fan de la première heure d'Alice Hoffman que nous sommes, un rien pédant, aurait envie d'ajouter "La mode ? Nous ne la suivons pas, nous la faisons", mais ce serait sans doute un peu excessif, même de notre part ^^. Donc contentons-nous de notre traditionnel récapitulatif de printemps, pendant qu'on relit les livres d'Alice Hoffman ainsi que tout ce que notre bibliothèque compte de romans de magic realism, et qu'on s'abreuve jusqu'à plus soif de Margarita de Minuit.
 
 
Escapades :
 
 
    L'escapade la plus importante de ce printemps a bien sûr été notre participation aux toutes premières journées Jane Austen de France, organisées par la récente société hexagonale Jane Austen, dont notre amie Claire Saim est la coprésidente. Les festivités se tenaient dans le cadre idyllique du collège franco-britannique, en plein cœur de la cité universitaire de Paris : un ensemble de résidences pensées pour les étudiants de l'international dans l'esprit de leurs pays d'appartenance, réunissant au cœur d'un même parc bâtisse Tudor et pagode chinoise. 
 
 
    Mais revenons-en aux journées Jane Austen : au croisement de la recherche universitaire et de la pop culture, cet événement a réuni de nombreux lecteurs et aficionados divers, venus assister aux conférences, s'essayer aux danses historiques, acheter goodies et souvenirs, ou encore siroter un thé créé en l'honneur de la femme de lettres. Votre humble serviteur a même eu le grand honneur d'être convié à animer la table ronde avec Fabrice Colin et Nathalie Novi, respectivement auteur et illustratrice du Musée imaginaire de Jane Austen, aux côtés de Claire Saim herself.
 
 
 
 
    Outre le plaisir que nous avons eu à écouter les autrices, auteurs et artistes présents, à nous goinfrer de scones et à dévaliser les stands de présents à offrir à nos ami(e)s, nous avons pleinement profité du cadre et avons arpenté en long, en large et en travers la cité universitaire afin de mitrailler de photos ses fantaisies architecturales et visiter tout ce qui était visitable (soit le bâtiment principal, le seul véritablement ouvert au public, mais disposant de tout un espace patrimonial dédié à l'histoire du lieu, fascinant). Un décor particulièrement romanesque dont on s'étonne qu'il n'ait pas été davantage le théâtre de livres, de séries ou de films !



 
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Cadeaux & acquisitions :
 
 
 
     Coup du sort, malédiction ou heureux hasard : notre PAL continue de se remplir comme par magie, et ce alors que notre bibliothèque est encore loin (très loin) d'être terminée. Mai étant le mois de notre (non) anniversaire, nous ne sommes pas responsable de ces (nombreuses) acquisitions, pour la plupart des cadeaux offerts par des amis. Nous commençons avec ce florilège de présents de Claire/Jane Austen lost in France, servi dans ce très joli sac à motifs Art Déco : un carnet à l'effigie d'une ancienne réclame des frères Lumière, le Frankenstein édité par Toussaint Louverture, Un printemps avec Arsène Lupin, des marque-pages autocollants à l’effigie de grands auteurs anglo-saxons, et une bougie parfumée (pour changer du thé, a-t-elle dit ;) ).
 

    Pouchky/Ficelle ne nous a pas oublié non plus, avec son petit colis printanier : du chocolat chic (très chic, du genre de ceux dont même l'emballage est élégant), une carte automnale pour rafraîchir l'air caniculaire, du thé et cet adorable carnet de saison à la couverture toilée – parce que les carnets, c'est comme les livres : on n'en a jamais assez.


    En parlant de livres, justement, un ami nous a offert ce génialissime bouquin de recettes – oui, on en a déjà des tas, mais c'est un peu comme les carnets chez nous ou comme le poivre dans la purée chez les Owens : on n'en a jamais trop. La plus-value de celui-ci tient dans son thème : les épices. Il s'ouvre sur les fiches détaillées de chacune d'entre elles ainsi que sur les mélanges les plus couramment utilisés en gastronomie, avant de proposer de nombreuses recettes, particulièrement originales pour leur grande majorité. On a commencé à le tester et on n'est absolument pas déçu
 
     Toujours au rayon livres, nos partenaires éditeurs nous ont fait parvenir la réédition chez Verso des Ensorceleuses (dont on vous a parlé ici), le dernier tome des Journaux pas si intimes de Marion (par notre amie et co-autrice Faustina), ainsi qu'Hécate la sorcière, tout récemment paru au Rayon Imaginaire. Pour faire bonne mesure, nous avons tout de même mis la main au porte-monnaie pour quelques achats (oui, tous de la plus haute importance, évidemment) : deux albums de photos anciennes sur La Ciotat et Évian à la Belle Époque pour les besoins de futurs projets d'écriture (la mention de "Belle Époque" devrait suffire à vous indiquer de quoi il retourne). Pour les mêmes raisons, nous avons acquis Lyon, capitale du crime, nouveauté à la fois très technique, scientifique, et romanesque (un indice de plus ; si vous ne comprenez toujours pas de quoi il s'agit, même la médecine légale ne peut plus rien pour vous). Enfin, nous nous sommes fait plaisir avec Les secrets du Chocolat, de Joanne Harris, préquel qu'on a hâte de découvrir du best-seller Chocolat, un de nos romans favoris.

 
    Et pour finir, hors livres et littérature, nos collègues nous ont offert cette jolie sélection de thés sur le thème de Versailles et cette très élégante pochette en similicuir pour – comble du chic – transporter ses petits sachets de thé de la plus distinguée manière qui soit !
 
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Popotes et casseroles :
 
 
 
    Le retour du soleil et le jardin qui se pare de belles couleurs nous ont poussé vers la cuisine (bon, ça et aussi la nécessité de nourrir les invités venus séjourner au Terrier). Les fraises sont revenues en nombre malgré la canicule, un peu plus petites que l'an dernier en raison du manque d'eau, mais en nombre tout de même. Impossible de ne pas en perdre, parce qu'impossible de suivre le rythme, mais on a malgré tout fait honneur aux récoltes avec quelques kilos de confiture, de la glace et le traditionnel crumble ! Toujours au rayon du sucré, un goûter post-travaux dans la bibliothèque a été l'occasion de refaire la fournée de notre irrésistible (si, si) recette de muffins aux myrtilles    
 
 

    Côté salé, le printemps s'est accompagné des immanquables de la saison : la salade de lentilles Van Loo et le pain au thon, qui ont toujours un succès fou auprès des invités. Parmi les nouveautés, on s'est inspiré d'une salade mangée dans une boulangerie végétarienne à Paris pour recréer leur recette de carottes râpées au fenouil (désormais adoptée) et nous avons testé un premier plat du livre de cuisine aux épices : les patates douces à la cardamome (adoptées elles aussi).


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Bricoles et fariboles :


    L'an dernier à la même époque, on vous avait parlé du projet artistique et culturel mené au travail, récit familial et fantasmagorique réunissant petite et grande Histoire, créations visuelles et questionnement sur la nature de la monstruosité. Heurs et Malheurs de l'étrange famille Dyscornu, au croisement du transgénérationnel et de la bibliothérapie, avait été une médiation incroyable en même temps qu'un support d'élaboration particulièrement fort pour mettre en mots le vécu familial, dans ses transmissions comme dans ses non-dits. Cette année, c'est d'autres enjeux qu'il a été question : le besoin identifié se situait davantage autour des difficultés liées à la lecture, notamment l'accès à l'implicite et la compréhension des inférences. Pour mettre au travail une approche sensorielle, voire synesthésique, du livre, nous avons proposé de passer par un média bien spécifique : la fiction audio, également connue sous le nom de théâtre radiophonique ou, plus récemment, de podcast fiction.


    A la différence du livre audio, la fiction audio est comparable à un film sans les images : pas ou peu de narration, mais des dialogues et tout un ensemble de bruitages qui permettent de comprendre la scène grâce à une ambiance acoustique la plus évocatrice possible, le tout accompagné de codes empruntés au cinéma ou aux séries (musique d'ambiance, générique de début et de fin, etc.) Ce média particulièrement immersif a été présenté à nos loustics grâce aux fictions audio disponibles en podcast sur Radio France, et tout un travail de création a été mené cette année pour les faire adapter en feuilleton sonore le tome 1 de la saga jeunesse Nécropolis de Fabrice Colin. Et pour nous guider dans cette aventure, c'est le romancier himself qui nous a rejoints : non content d'être l'auteur du roman original, Fabrice Colin est aussi scénariste de pièces radiophoniques et connaissait donc tous les codes à maîtriser pour ce travail de réalisation.


    Après un an de lecture, adaptation, écriture, interprétation, enregistrement et montage, nos petits monstres, qui ont été tour à tour scénaristes, metteurs en scène et comédiens (et même graphistes, car ils sont aussi à l'origine du visuel, inspiré des designs de pièces radiophoniques de Radio France, ici conçu intégralement avec du canson découpé !), ont présenté le premier épisode à l'occasion de plusieurs restitutions face à un public composé tantôt de familles, de partenaires et de scolaires. Ces derniers ont pu remporter un CD dédicacé pour écouter chez eux les trois épisodes complets adaptés du premier opus. On est très très très fier d'avoir accompagné nos grands dadais dans ce projet d'un genre nouveau, une fois encore particulièrement porteur !
 
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Great news !
 

    Nous n'avons pas encore eu le temps d'y consacrer un article spécifique (cela viendra), mais le deuxième tome des Enquêtes des sœurs Lumière est paru le 27 mai dernier ! Il y est question de spiritisme, de pompes funèbres et de prestidigitation. On vous en reparle plus longuement très bientôt, mais on sait que vous êtes déjà nombreuses et nombreux à avoir accueilli ce nouvel opus sur vos étagères et on vous en remercie très chaleureusement !
 
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    Voilà pour le bilan de ce printemps caniculaire. Au programme de cet été, maintenant : de l'écriture, un séjour de recherches, des travaux et tout un livre de recettes aux épices à tester. On se retrouve en septembre pour faire le point ?
 

jeudi 2 juillet 2026

Les Ensorceleuses - Alice Hoffman.

Practical Magic
, Putnam Adult, 1995 - Drôles de meurtres en Famille, Éditions Flammarion (trad. de M.O. Fortier-Masek), 1996 - Les Ensorceleuses, Éditions Flammarion, 1999 - Editions J'ai lu, 1999 - Les Ensorceleuses, Éditions du Seuil, label Verso (trad. de F. Le Roy), 2026.

    Depuis plus de deux siècles, les femmes Owens portent le poids d’une rumeur tenace : dans leur petite ville du Massachusetts, on les tient responsables de tout ce qui tourne mal. Gillian et Sally ont grandi avec cette réputation. Trop libres, trop différentes, entourées d’un parfum de magie que les autres redoutent, elles ont toujours été mises à l’écart.
    Leur seule envie : fuir. Alors Sally se marie, et Gillian disparaît. Mais on n’échappe ni à ses racines ni aux liens du sang.
    Les années passent, jusqu’au jour où un drame les ramène l’une à l’autre, comme guidées par une force invisible. Car malgré les silences, les blessures et les choix qui les ont éloignées, un lien indestructible, presque surnaturel, demeure entre les deux sœurs.
 
Le roman culte qui a inspiré le film tout aussi culte Les Ensorceleuses, avec Sandra Bullock et Nicole Kidman (1999).
 
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    Il y a des univers auxquels on revient toujours – ou qu'on ne quitte jamais, c'est selon. Practical Magic est de ceux-là. Ceux qui nous connaissent et qui nous suivent de longue date le savent : on a parlé de nombreuses fois du roman (dans sa première traduction ICI), du film (ICI), ou encore des suites et des préquels qui leur ont succédé (à vous de retrouver les articles correspondants). On a même reproduit une grande partie des recettes croisées au détour des pages, dans l'idée de goûter encore un peu plus à cet univers, en bon bovaryste que nous sommes.
 

    Pour tous, Les Ensorceleuses, c'est cette comédie fantastique inclassable et un peu bizarre des années 90 : à l'aube de leur succès, l'incandescente Nicole Kidman et la douce Sandra Bullock y campaient les sœurs Owens, maudites en amour depuis que celui-là entraîne immanquablement la mort des hommes qu'elles ont la faiblesse d'aimer. On se souvient de leurs tantes un peu fantasques, fagotées comme des Mary Poppins qui écouteraient du Stevie Nicks. On se souvient de leur maison – et quelle maison ! On se souvient de la margarita de minuit. On se souvient de cet homme qu'elles empoisonnent, transportent en Oldsmobile et enterrent sous le rosier du jardin, et dont les bottes sortent de terre comme pour les narguer. A la fois malicieux, drôle, macabre et parfois même émouvant, ce cocktail de saveurs qui avait fait un flop à sa sortie a eu l'excellente idée de devenir culte avec le temps.
 

    Mais qui savait que le film était tiré d'un livre, qui plus est best-seller aux États-Unis ? Qui savait, alors que toute la communauté instagram s'emballe déjà derrière le trope "cosy fantasy", que le roman se réclamait de ce registre bien particulier qu'est le magic realism (lequel n'est, désolé de vous décevoir, ni cosy, ni fantasy) ? Qui savait que cette histoire, loin d'être une comédie, était une puissante évocation des croyances, superstitions, et du pouvoir qu'on leur accorde, le tout entrecoupé de réflexions sur le deuil, la transmission et l'amour ? En vérité assez éloigné de son adaptation, le matériau littéraire d'origine n'en est pas moins fascinant.
 

    Alice Hoffman, conteuse au sens unique de la narration, parvient à nous faire croire à cette tension persistante entre l'âpreté de l'existence d'un côté et l'étincelle d'étrangeté qui s'y glisse parfois de l'autre. Elle nous confronte à toutes les formes de rupture que l'on peut connaitre dans une vie et à leur caractère inéluctable, tout en rendant réels, palpables – oserions-nous dire crédibles ? – les signes du destin qui se lisent dans le vol des moineaux et dans les différentes phases de la lune. Pour ce faire, elle n'hésite pas à malmener ses personnages et, même, à nous les rendre antipathiques par instant si cela les rend aussi plus vrais. Contrairement à ce que le film de 1998 pourrait laisser croire, Alice Hoffman ne cherche pas à nous servir un univers séduisant, convenu et rassurant – non, une fois encore, rien ici n'est cosy, rien n'y est simple. Elle s'amuse même à nous mettre mal à l'aise et à nous déstabiliser quand cela lui chante. A sa manière, l'ouvrage n'en est que plus réussi : il est de ceux, pour citer le poète, qui mordent et qui piquent. De ceux qui se laissent apprécier pour peu qu'on ne refuse pas d'être un peu remué.
 

    Ce conte noir et baroque est ici servi dans une toute nouvelle traduction de Fabien Le Roy, qui parvient à restituer la langue ensorcelante de la romancière américaine tout en dynamisant les dialogues et en leur insufflant l'énergie et la modernité dont ils avaient besoin. On regrette peut-être quelques confusions ici ou là (l'horloge de la mort, nom vernaculaire de la vrillette, dont la légende dit que le son caractéristique annonce la mort de l'être aimé, est ici devenue un "gros coléoptère"), mais c'est probablement pinailler.  Ne nous en voulez pas trop : on l'a tellement lu et relu, ce texte, qu'on en connait des passages entiers par cœur, en anglais comme en français. Eh oui, Practical Magic, c'est un peu notre livre totem, un texte jusque-là méconnu qu'on aimait chérir secrètement. A partir de ce jour, il nous appartiendra certainement un peu moins, mais réjouissons-nous qu'il puisse être enfin redécouvert.
 

En bref : Bien plus sombre que l'adaptation qui l'a fait connaître, le roman original des Ensorceleuses est un pur produit de réalisme magique : le cœur y balance entre superstition et conviction, hasard et destin, fantômes et mirages. Le style, impeccable, saisit le lecteur par son pouvoir d'évocation, preuve s'il en est que derrière un film de pop culture se cache parfois une très belle œuvre de littérature, à la fois complexe et surprenante.
 
 
Merci à Verso pour cette lecture ! 

dimanche 28 juin 2026

House of windows - John Langan.

Night Shade Books, 2009 - Editions J'ai Lu (trad. de T. Eliroff), 2025.
 
 
    « Tout le monde me demande ce qui, selon moi, est arrivé à Roger, disait Veronica Croydon, et si je ne donne pas de réponse immédiate, on s’empresse de m’en proposer une. Mais personne ne comprendrait. Enfin, personne ne me croirait. Reste un peu, et je vais te dire ce qui s’est passé. »

    La disparition de Roger Croydon, éminent universitaire spécialiste de Dickens, attise toutes les curiosités. Un mystère qui mène inexorablement à la demeure du couple, Belvedere House, et à son armée de fenêtres, baignées de lueurs étranges…
 
***
 
 
    On avait repéré il y a quelque temps déjà The Fisherman, second roman de l'auteur – mais publié en premier dans l'Hexagone – à la couverture argentée qui évoquait les superbes éditions françaises de la saga Blackwater de Michael McDowell. La ressemblance n'était certainement pas un hasard, tant les deux romanciers sont souvent comparés l'un avec l'autre, ou du moins évoqués comme se situant dans une même mouvance littéraire. C'est avec le premier roman de l'auteur – mais donc publié en deuxième en France, si vous suivez – que l'on décidait de découvrir John Langan. Il faut dire que la thématique de la maison dans le roman d'horreur (mais aussi dans la littérature en général) nous a toujours fascinés : de La maison hantée de Shirley Jackson à la maison vivante de Le blanc va aux sorcières d'Helen Oyeyemi en passant par la maison labyrinthe de La maison des feuilles de Mark Z. Danielewski, il nous est impossible de refuser une histoire ou la maison tient le rôle principal.
 
 
"— Je ne veux pas que vous vous mépreniez sur mes paroles, mais les morts sont terrifiants. Je ne parle pas de draps blancs qui flottent tout seuls. Je parle de deuils qui s'imposent à nous. Ils sont avides. Il sont toujours affamés. Ils prennent tout ce que vous avez à leur donner, et ça ne suffit pas. Ça ne suffira jamais (...). Vous ne pouvez pas rendre les morts heureux. Il est impossible de parvenir à une quelconque compréhension mystique des défunts. Cela n'arrive que dans les films et dans les mauvais livres d'ésotérisme. Pardon de vous parler de métaphore, mais j'espère être claire. Vous devez laisser les morts où ils sont et vous occuper de votre vie.
— Et si les morts refusent que vous le fassiez ?
— C'est pour ça que nous avons la thérapie.

    Mais ici, ce rôle reste difficile à cerner et cette "maison aux fenêtres" joue à cache-cache avec le lecteur : en cela, House of Windows est de ces lectures qui se méritent et qui demandent des efforts tant de concentration que de persévérance – tenons-en pour preuve les avis mitigés que l'on peut lire sur internet de part et d'autre de l'Atlantique, en parallèle d'une presse littéraire qui encense l'ouvrage. Nous avons depuis longtemps la certitude que c'est dans les livres qui ne font pas l'unanimité que l'on déniche des pépites : ceux qui font consensus nous paraissent le plus souvent prévisibles, convenus et plats, au mieux tout juste "sympathiques". Dans sa préface, l'auteur raconte la genèse du roman et les longues heures d'insomnie passées dans la buanderie de sa minuscule maison à écrire cette histoire, tout d'abord une novella dont la densité n'a eu de cesse de croître pour devenir ce très joli pavé de près de 600 pages ; un texte qui, avant les lecteurs, a laissé de nombreuses maisons d'édition perplexes. Et pour cause, comme il le dit si bien, les éditeurs de fantastique le trouvait trop littéraire, et les éditeurs littéraires, trop fantastique. Il est vrai qu'on pourrait s'imaginer avoir affaire à de la littérature de gare ou une sorte de série B (de qualité, mais une série B quand même), bref, un livre horrifique réussi mais oubliable. Il n'en est rien : il suffit de quelques pages pour comprendre qu'on tient là une véritable œuvre de littérature, bien plus complexe qu'il n'y paraît.
 
 Trailer diffusé en France pour la sortie du roman.
 
"C'était même carrément étrange – une de ces occasions où tu te sens frôler des puissances et des intentions plus grandes que les tiennes. Ce n'était pas tant que la vie imite l'art, plutôt que la vie et l'art convergent tous les deux vers une troisième chose – je ne sais pas comment l'appeler.
 
    Histoire dans l'histoire (à la façon des récits de fantômes d'antan, ce qui est évidemment loin d'être anodin), House of windows commence à travers les yeux d'un jeune universitaire qui passe un séjour entre collègues dans une maison du cap Cod. Avec eux se trouve Veronica Croydon, jeune veuve de Roger Croydon, éminent professeur spécialiste de Dickens qui avait choisi sa seconde épouse parmi ses étudiantes – une amourette que personne ne se serait imaginé prendre au sérieux si la relation, au lieu de s'arrêter à un soir, ne s'était poursuivie jusqu'au mariage. Mystérieusement disparu quelque temps plus tôt, Roger Croydon a laissé derrière lui de nombreuses questions et un voile de mystère qui refuse de se dissiper. Alors quand Véronica propose au narrateur de lui confier ce qui, selon elle, est arrivé à Roger, il est impossible pour le jeune homme, par ailleurs lui-même féru de littérature, de refuser ce qu'elle s'apprête à lui confier : une histoire. Veronica prend alors les rênes de la narration, en commençant par le début : sa rencontre avec Roger, leur mariage, les regards en coin, les jalousies, les rumeurs et, surtout, les nombreuses tensions avec Ted, fils unique de Roger, parti combattre en Irak et mort au champ d'honneur. D'après Veronica, c'est à partir de là que Roger est vraiment mort. C'est à partir de là que les événements étranges se sont succédé. C'est à partir de là que la maison qu'ils habitaient, splendide demeure historique, est devenue le théâtre d'incidents défiant l'entendement. Tandis que Roger voulait se convaincre que son fils cherchait à communiquer avec lui depuis l'au-delà, sombrant dans les théories les plus abracadabrantesques, Veronica avait décidé de méditer la question à l'inverse : et s'il s'agissait plutôt d'assouvir une vengeance ? Et si la maison, pour quelque raison occulte que ce soit, était le réceptacle parfait pour faire payer à Roger ce que seule Veronica savait ? Car peu de temps avant la mort de Ted, elle avait vu Roger renier son fils dans une confrontation à la violence inouïe. Alors Veronica enquête, questionne, investigue... d'autant qu'elle est la seule victime des attaques spectrales de la maison et l'unique témoin de ces étranges changements de paysages qui semblent s'opérer par-delà ses fenêtres...
 
 John Langan
 
"Je ne pouvais pas m'empêcher que ça devait être formidable de s'identifier à un auteur au point que son œuvre devient une sorte de foyer. Enfin, jusqu'à ce que les murs se rapprochent, que les fenêtres se couvrent de sang et que tu te retrouves dans une autre histoire que celle que tu avais prévue."
 
    Ouvrage inclassable dans lequel on se perd comme dans un labyrinthe aux multiples passages secrets et double-fonds, House of Windows est un texte particulièrement déstabilisant. Ne donnant jamais de solution trop rapidement (ni de solution tout court, d'ailleurs), le livre contraint le lecteur à poursuivre, encore et encore, sa progression erratique dans les méandres de cette maison aux surprises plus déroutantes les unes que les autres. Réduire le livre de John Langan à une histoire de maison hantée serait limiter le roman à un motif archétypal qu'il dépasse de très loin, même si c'est au profit d'un enchevêtrement historico-artistico-occulto-psychologico-littéraire aussi confusant que séduisant. Pour apprécier House of windows, il faut accepter de ne pas avoir le contrôle et, tout comme le personnage de Veronica, de suivre les multiples pistes possibles (à défaut du plausible) pour tenter de comprendre les apparitions (ou les dissociations) à l'oeuvre.
 

 "Nous essayons continuellement d'inventer un récit qui donne du sens à nos vies. A l'époque, j'avais perçu cette affirmation comme une platitude de plus, mais depuis quelques semaines, je ne cessais d'y revenir. C'est la base de la psychanalyse, non ? Au lieu d'appeler cela "guérison par la parole", on ferait mieux de parler de "guérison par la narration". Dickens tente d'accepter les traumatismes de son enfance et ses ambivalences adultes en les écrivant encore et encore. Hawthorne essaie de s'affranchir  de son héritage puritain dans la plupart de ses nouvelles. Chaque fois qu'il t'arrive quelque chose – quelque chose de grave –, tu crées une histoire pour l'appréhender, le définir, sinon le contenir. C'était exactement ce que j'avais fait – simplement, là où des gens imaginaient des histoires écrites par Anne Tyler, les miennes l'étaient par Anne Rice."
 
    On a aussi pensé (quoique dans un registre différent) à Possession, d'A. S. Byatt, où la dimension universitaire omniprésente apportait une densité toute particulière à l'intrigue. Il en est de même ici : l'univers étudiant et la recherche littéraire, plus qu'un contexte ou un environnement décoratif, occupent une place prépondérante. Dickens, dont le personnage de Roger est un fervent admirateur, semble hanter ce roman bien au-delà de l'anecdote narrative, et plus encore lorsqu'on apprend à travers les recherches des protagonistes l'importance que l'occulte avait dans sa vie (intérêt par ailleurs véridique, ainsi que vous le confirmeront quelques rapides recherches sur la toile). Pour autant, entre la vengeance d'outre-tombe et l'hallucination collective provoquée par la culpabilité paternelle, de multiples interprétations restent possibles. John Langan nous les fait toutes explorer au fil de son roman, dans une ambiance de casse-tête apocalyptique sous substance. Il n'est d'ailleurs pas certain que vous aurez une solution définitive au bout du compte, mais comme l'a dit un grand sage : les questions sont plus importantes que les réponses.
 

"J'ai passé des heures à ruminer sur le destin de Roger, à spéculer, à élaborer des scénarios que j'estimais plausibles – encore que, dans un cas comme celui-ci, peut-on vraiment parler de plausibilité ? Mauvais choix, ce mot. Ce que tu veux, c'est une fin satisfaisante, autrement dit une fiction. Dans la vraie vie, il est rare qu'on obtienne une conclusion à la hauteur du récit, pas vrai ?"
 
En bref : Œuvre qui se réclame autant de la grande littérature que de l'horrifique, House of windows, sorte d'ovni aussi séduisant que déstabilisant, est avant tout une réflexion sur le deuil et la culpabilité. L'ensemble est servi dans un écrin au style impeccable, à la psychologie tortueuse et à la complexité vertigineuse. Une prose hallucinée qui fourmille de références classiques et qui en déroutera certainement plus d'un.

vendredi 26 juin 2026

The Book of Magic - Alice Hoffman.

Simon & Schuster, 2021.
 
    Depuis des siècles, la famille Owens est maudite en amour. Quand la douce Jet Owens entend le tic-tac du scarabée horloge de la mort, elle sait qu'elle n'a plus beaucoup de temps devant elle. Il se trouve qu'elle vient tout juste de découvrir comment mettre fin à la malédiction, mais il ne lui reste que sept jours à vivre.
    Ignorante de l'héritage occulte de sa famille et de ce qu'il implique, l'une des jeunes filles Owens tombe amoureuse. La malédiction frappe à nouveau et son petit-ami se retrouve brutalement entre la vie et la mort, catastrophe qui vient faire violence à trois générations de femmes Owens. Celles-ci sont alors contraintes de s'aventurer là où tout à commencé et de recourir à leurs dons pour briser le sort qui pèse sur leur destinée. Mais ce faisant, ne risquent-elles pas de détruire tout ce que leur famille avait si ardemment défendu jusque-là ? 
    Jusqu'où faut-il être prêt à aller pour changer son destin ?
 
Une superbe et inoubliable conclusion à la saga des Ensorceleuses 
 
***
 
    Plus que jamais il était temps de terminer ce livre et de lui consacrer un article : The Book of Magic, encore inédit en France (mais plus pour très longtemps), vient clore le cycle d'Alice Hoffman initié en 1995 avec Practical Magic, plus connu dans l'Hexagone sous le nom des Ensorceleuses. A l'époque one shot pour lequel elle ne prévoyait pas de suites, Practical Magic est rapidement devenu best-seller aux États-Unis, où son adaptation au cinéma quelques années plus tard a aujourd'hui acquis le statut de film culte. Lorsque l'autrice avait annoncé revenir à l'univers des Ensorceleuses en 2016, tout le monde s'était imaginé retrouver Sally et Gillian Owens, les protagonistes du roman. Alice Hoffman avait provoqué la surprise en offrant à ses lecteurs non pas une suite, mais un préquel centré sur la jeunesse des tantes Owens, Jet et Frances, que le film avait rendu ô combien sympathiques. Puis la romancière avait continué de remonter le temps, consacrant trois ans plus tard un roman à Maria, l'ancêtre des Owens, dans le contexte des chasses aux Sorcières du XVIIe siècle. C'est finalement en 2021 qu'elle revenait à Sally et Gillian, ses deux héroïnes originales, avec The Book of Magic, selon un cheminement narrativement cohérent où les différents fils du temps se rejoignaient avec une implacable justesse. Commencée il y a trois ans, notre lecture avait été interrompue par les aléas du quotidien ; la sortie au cinéma des Ensorceleuses 2, directement adapté de ce titre, en septembre prochain nous a poussés à reprendre le livre depuis le début pour dire adieu aux sœurs Owens comme il se doit.
 
"Sally faisait les cent pas. Elle savait reconnaître un signe de mauvais augure quand elle en voyait un. Un chat sur la route. Un nuage en forme de nœud coulant. Une enfant qui se sentait trahie par sa propre mère. La pleine lune s'élevant dans le ciel."
 
    Nous retrouvons donc ici les Owens quelque temps après les événements survenus dans Les Ensorceleuses. Les filles de Sally ont grandi : Antonia, célibataire, attend un enfant, et Kylie a pris conscience des sentiments qu'elle éprouve pour son meilleur ami Gideon. Mais l'amour, chez les Owens, n'est source que de malheurs. Alors quand la malédiction frappe à nouveau et que le jeune homme se retrouve dans un profond coma, Kylie décide de fuir les États-Unis à la recherche de réponses. Elle découvre par hasard un vieux grimoire, trouvé dans une cache secrète de la bibliothèque de la ville par tante Jet peu de temps avant sa mort. Le livre, recueil de magie noire, invite la jeune fille à s'envoler pour l'Angleterre, où son ancêtre Maria Owens est née plus de 300 ans plus tôt. Craignant qu'elle ne s'aventure sur le chemin des Arts Profanes, Sally, Gillian et Tante Frances s'envolent pour l'Europe afin de la retrouver. De son côté, Kylie rencontre Tom Lockland, un mystérieux jeune homme fasciné par l'occulte, qui lui promet de l'aider à vaincre la malédiction qui pèse sur les Owens. A moins que ses intentions réelles soient moins honorables...
 

"L'idée qu'il puisse y avoir à la bibliothèque un livre qu'elle ne connaissait pas rendait Sally nerveuse, car elle était persuadée d'être au fait de tout ce que contenait leur fonds. C'était ridicule : quel mal pouvait bien causer un simple livre ? Quel pouvoir pouvait-il avoir ? C'est alors que Sally se mit à courir, parce qu'elle avait la réponse à ces questions. Les mots étaient tout, les histoires étaient bien plus puissantes que n'importe quelle arme, et les livres changeaient des vies." 
 
    Dernier ouvrage consacré aux Owens, The Book of Magic est donc une suite directe de Practical Magic, mais fait surtout écho aux événements racontés dans Magic Lessons et aux origines de la malédiction familiale. Le grimoire au centre de l'intrigue, The book of raven, avait en effet été caché par Maria Owens elle-même dans ce précédent opus, avant qu'on ne le redécouvre ici dans l'un des murs de la bibliothèque de la ville. A la façon des préquels écrits par l'autrice, cet ultime titre se situe davantage dans l'univers du film adapté du roman d'Alice Hoffman que dans celui de son propre livre. Aussi y retrouve-t-on des éléments caractéristiques du scénario écrit pour le long-métrage de Griffin Dunne, à l'image de la malédiction jetée par Maria sur sa descendance et de quelques phrases ou expressions iconiques tirées du film.
 

"Vous pouvez passer votre vie entière sans voir ce que vous avez sous votre nez. Car voir et ouvrir les yeux sont deux choses très différentes ; c'est ce que vous ressentez au plus profond de vous qui compte, ce que vous savez sans qu'on ait eu à vous le dire."
 
    Mais ici, la malédiction n'est toujours pas vaincue et le second mari de Sally est décédé quelques années plus tôt, la laissant dans une tristesse infinie qui nous fait retrouver le personnage tel qu'Alice Hoffman l'avait dessiné dans Les Ensorceleuses version papier – c'est à dire beaucoup plus mélancolique et réservé que dans l'adaptation à l'écran. Gillian, forte de ses expériences, est quant à elle devenue plus sage et plus mûre que l'indomptable jeune femme qu'elle était. Les tantes, enfin, sont très proches de leurs modèles cinématographiques (tout comme elles l'étaient dans The Rules of Magic, le préquel qui leur était consacré), avec des personnalités très contrastées et un charisme qui les rend particulièrement attachantes.
 

"Faites un vœu et payez-en le prix. Commettez la moindre erreur et elle vous hantera. Aimez qui vous
voudrez. Rappelez-vous que les mots sont essentiels. Ne trahissez jamais votre parole." 
 
   Opus de la maturité qui vient montrer les conséquences de la perte et du deuil sur la famille Owens, ce dernier tome est aussi davantage du côté du magique que du côté réalisme, faisant basculer un peu plus ce cycle dans le fantastique. Les superstitions et croyances supposées d'autrefois ont très distinctement cédé la place aux sortilèges et aux incantations, ce qui positionne à notre sens ce dernier tome un cran en dessous des autres, bien qu'on ait pris un grand plaisir à le lire. Le style de l'autrice, en effet, est toujours d'une égale qualité, ensorcelant et incantatoire à souhait, parsemé d'évocations aussi poétiques que symboliques (Sally qui a perdu la faculté de percevoir la couleur rouge depuis qu'elle ne croit plus en l'amour, les tenues blanches qu'on se doit de porter les jours de deuil, la tarte aux pommes qu'il est recommandé de cuisiner pour en appeler au retour d'une fille disparue...).
 

"Qu'elles soient seules ou séparées, qu'elles soient dans le besoin ou face à de gros problèmes, qu'elles recherchent la connaissance, un visage ami, ou simplement un téléphone pour appeler la maison, elles pouvaient trouver tout cela dans une bibliothèque."
 
    En confrontant les Owens à leurs origines et à des secrets de familles ancestraux après trois tomes traversant les générations, Alice Hoffman montre ici la nécessité de la transmission et l'éclairage que les événements du passé apportent sur les événements du présent. L'univers des Ensorceleuses dépasse donc ici le cadre de la simple fiction en se faisant récit familial et transgénérationnel. L'autrice double cette parabole d'un véritable hommage aux pouvoirs de la littérature et à l'importance des bibliothèques, citant au fil des pages de nombreux classiques des lettres américaines, de Ray Bradbury à Emily Dickinson, et rappelant ainsi que les mots, quels qu'ils soient et d'où qu'ils viennent, sont toujours une forme de magie.
 

"Quelle chance elles avaient eue d'être élevées par des femmes qui leur avaient transmis ce qu'il y avait de plus important au monde. Lisez autant de livres que vous le pouvez. Préférez toujours le courage à la prudence. Prenez le temps d'aller à la bibliothèque. Cherchez la lumière dans les ténèbres. Ayez confiance en vous. Retenez que l'amour est ce qui compte le plus." 
 
En bref : Dernier chapitre de la saga des Ensorceleuses, The Book of Magic nous fait retrouver les personnages de Sally et Gillian Owens quelques années après les événements du premier livre, dans un univers enrichi de ce que le lecteur a appris des préquels et des nombreux secrets de famille des Owens. Plus fantastique que les précédents titres du cycle d'Alice Hoffman, cet ultime roman se veut un hommage au pouvoir des livres et des histoires, mais surtout une métaphore joliment élaborée de l'importance de la transmission familiale. S'il n'est à notre sens pas le meilleur des quatre tomes consacrés aux Owens, il nous permet de leur faire nos adieux dans l'émotion... en attendant de les retrouver à l'écran en septembre prochain !
 
 
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