mardi 27 septembre 2016

A sunny summer daydream.


  A l'heure où la rentrée est plus que jamais d'actualité, on reprend progressivement le chemin de l'école en laissant derrière nous les souvenirs d'un été bien rempli. Pas de doute, un billet saisonnier s'impose! A défaut d'avoir pu assister à une représentation de A midsummer Night Dream, mis en scène à quelques kilomètres de chez moi par un théâtre de renom pour les 400 ans de Shakespeare, j'ai tout de même trouvé de quoi m'occuper pendant ces quelques semaines de parenthèse estivale.


  Mon téléphone portable ayant atteint ses deux ans d'espérance de vie maximum (ces choses là ont vraiment une durée d'existence de plus en plus limitée), je l'ai laissé agoniser dans un coin, histoire qu'il vive ses dernières heures pendant que je m'offrais quelques pérégrinations coupées de tout contact extérieur. Eh bien ce n'était pas désagréable, loin de là.



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Un saut à la cour des Lumières:

  Après avoir suivi la trace d'Emilie du Châtelet à Cirey sur Blaise en mai dernier, j'ai poursuivi mes investigations très XVIIIème siècle en allant jeter un œil au château du Roi Stanislas à Lunéville.


  Si l'intérieur du château n'égale pas ses cousins de Versailles ou de Vaux-le-Vicomte (Lunéville étant vide de mobilier depuis la mort de Stanislas) et qu'il ne reste plus rien des pavillons et autres constructions éphémères imaginées à l'époque, l'endroit n'en reste pas moins habité d'une âme furieusement romanesque. La bâtisse en elle-même est magnifique, les jardins à la française, quoi que simples, sont romantiques en diable, et l'on se laisse aller à arpenter les couloirs de marbre en rêvant de fantômes en costumes et perruques poudrées. 


  Touché par plusieurs incendies au fil des siècles (au point que la légende d'une malédiction est née), le dernier feu qui a ravagé toute une aile du château a amené à de nombreux travaux de restauration, pour certains encore en cours. J'ai pu admirer la vase chapelle, entièrement restaurée mais dont l'allure actuelle évoque davantage une gigantesque salle de conférence, derrière laquelle subsiste néanmoins une étroite et délicieuse sacristie. Ah! et tous ces grands escaliers étourdissants de splendeur, moi, ça me rend tout chose ^_^...



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Vacances romaines piémontaises:


  Oui, l'autre grande épopée de cet été, c'était le retour en Italie. Après trois années de suite sans pouvoir y retourner (j'y avais fait un premier saut en 2013), je m'étais promis de ne pas reporter un an de plus ce voyage. Ce fut comme toujours un plaisir d'y retrouver les mêmes amis, de redécouvrir les paysages dépaysants (collines verdoyantes à perte de vue, petits villages perdus et tours médiévales) et l'architecture élégante des villes, dont Turin, où nous avons passé une journée (j'envisage d'y retourner l'an prochain, et espère bien visiter le musée égyptien, devant lequel je n'ai fait que passer). 


  Je me suis de nouveau régalé du baroque hypnotique des églises, des arcades interminables, et de la saveurs du VRAI Capuccino. Je suis entré dans le Mole et me suis découvert le vertige en montant jusqu'au point de vue (pour ma défense : l'ascenseur tout en verre montait depuis le sous-sol jusqu'au dôme... je n'ai jamais approché le plafond d'une coupole d'aussi près... ^^').


  Je me suis aussi baladé dans un charmant petit quartier médiéval aux allures de village Disney féérique. Probablement -certainement, même- une reconstitution, mais fort bien réalisée, et dans laquelle on se laisse sans effort imaginer des cortèges entiers de nobliaux et nobles gens vaquer à leurs occupations moyenâgeuses.


  Nous avons également fait quelques sauts dans les petites villes environnantes ; encore et toujours des arcades (je ne m'en lasse pas) où l'on mesure la traversée du temps grâce aux devantures encore frappées d'anciennes enseignes, une cité thermale avec des sources bouillantes aux multiples vertus ( et le pari de maintenir sa main plus de cinq seconde sous l'eau... essayez et vous saurez ce que vit un homard une fois passé à la casserole), et des petits châteaux ouverts exceptionnellement mais où la décoration très romantique nous invite à nous installer pour quelques temps... (ce joli chandelier baroque et cette lucarne à barreaux ont quelque chose de décidément plus anglais qu'italien, mais bon...).


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Des popotes et casseroles:

  Oui, d'accord, j'ai bougé, mais tout de même : j'ai aussi passé assez de temps en cuisine pour garnir la partie "popote et casserole" du traditionnel post saisonnier. Quoi de neuf au menu? Alors, j'ai tout d'abord voulu rentabiliser un récent cadeau : pas un robot pâtissier, non, mais un livre de recettes inspiré des plats favoris de la marquise de Pompadour. J'ai fait simple mais original avec un premier essai, à savoir la salade de lentilles à la Van Loo (du nom de l'artiste qui aimait peindre la Pompadour dans des mises en scène orientalisantes ; vous aurez donc deviné que cette recette très XVIIIème siècle était rehaussée de quelques épices indiennes). J'ai continué l'exploration culinaire avec une autre recette vintage que ma grand-mère servait régulièrement à sa table, mais qui avait déjà énormément de succès dans la gastronomie du XVIIIème siècle (on notera que depuis Cirey et Lunéville, j'explore les saveurs du grand siècle des Lumières avec intérêt, oui, oui, oui) : les aspics (ou autrement dit, les œufs en gelée). 
  Maintenant, voyageons un peu avec la gastronomie américaine et ses oat pancakes, puis la gastronomie italienne avec ce cappuccino home made (depuis le temps que je m'étais promis de me dégoter un VRAI mousseur à lait manuel, afin de me préparer des boissons dignes de chez Starb*cks... je ne suis pas déçu de mon acquisition, ni du résultat).


  Du côté des recettes plus consistantes, un jour de pluie et de froid soudain a été l'occasion de réaliser (enfin) une recette du livre de Gwyneth Paltrow (que j'ai depuis trois ans et que je me contentais de lire en salivant) : la salade niçoise chaude, avec les premiers haricots verts frais du jardin familial (réchauffés au four avec épices, tomates confites et œufs cocotte), un régal! La venue de Clochette/Tinker Bell au terrier m'a incité à lui concocter le tout premier plat que je me suis risqué à faire, alors âgé de 14 ans : les tomates farcies au boulgour et au chèvre, avant que je n'essaie quelques jours plus tard une autre recette de farci végétarien : les aubergines à la bonifacienne. Enfin, ultime coup d'essai de l'été : je me suis lancé dans la préparation de mes tous premiers steaks végétariens, à base de haricots rouges ; si leur forme évoque plutôt des pancakes, le goût y était et j'ai bien envie de tester d'autres variantes!



  Pour finir, pas vraiment une recette mais une boisson que je voulais goûter depuis longtemps déjà (la faute au Dracula de F.F.Coppola) : l’absinthe. Clochette/Tinker Bell, Fée verte en titre, était donc la plus indiquée pour tenter l'expérience avec moi et nous avons trinqué au cours d'une soirée des plus victoriennes. (Bon, c'était surtout joli parce que question saveurs, je ne suis pas fan de l'anis et j'ai eu du mal à identifier un autre goût...)



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Un été gâté:


  Quand on ne m'envoie pas des colis plein de jolies choses, on me les remet en mains propres. Pouchky/Ficelle, retrouvée le temps des vacances italiennes, ne m'a pas oublié, avec ce carnet d'inspiration années folles. Il a rejoint la collection des carnets trop jolis pour être utilisés... cela devient un vrai problème car mon secrétaire en déborde T_T. 
  Bien évidemment, Clochette, qui a donc passé quelques jours au terrier, n'est pas venue les mains vides non plus. C'est les bras chargés de cet énorme cabas Marks & Spencer qu'elle est arrivée, le sac débordant de bricoles diverses : Lemon Curd et Golden Sirup (utilisé dans les 24 heures sur les oat pancakes), une jolie boite imprimée façon old news paper, du thé à la crème de Bailey, une bougie vegan home made, des sachets d'earl grey de qualité pour emmener au boulot, et les habituels flyers à collectionner... (le très joli sac a rejoint la collection de sacs et cabas réutilisables... et trop beaux pour être trop utilisés. Bon, d'accord, je sais, j'ai un grave problème mais j'assume totalement...^_^).


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Un été gâteux - Bricoles et fariboles:


  Mes menottes ont profité des journées à buller pour reprendre leurs petites activités de loisirs créatifs. J'ai ressorti les aquarelles et entamé une nouvelle bande-dessinée de Fantômette, en couleurs cette fois (une amie m'a convaincu de prochainement mettre en ligne la toute première, dont j'avais décimé quelques extraits au fil des articles saisonniers de l'an dernier). Le costume de sacre devrait aiguiller les nostalgiques de la bib' rose et autres fantophiles quant au tome qui m'a inspiré... ;)

  Toujours du côté de l'héroïne à pompon : j'avais depuis très longtemps promis à cette même amie des boucles d'oreille à l'effigie de la justicière masquée... après plusieurs hésitations quant à la forme à leur donner face à la difficulté du travail (abstraite ou pas?), je me suis lancé dans quelque chose de ... euh... eh bien de très petit et très minutieux. Encore une de ces créations que je ne ferai qu'en exemplaire unique mais je suis assez satisfait du résultat.
  Moins minutieux mais un autre bricolage auquel j'aime m'adonner en vue d'offrir : la customisation de carnets, avec un petit calepin de notes dans l'esprit des Lumières  (imprimé issu de l'Encyclopédie), et un carnet de recettes au style très gourmand offert à Clochette.


  N'oublions pas le traditionnel coffret envoyé à Pouchky/Ficelle (pour lequel je prends décidément de plus en plus de retard >_<), cet été avec un thème Alice in Wonderland.



  Une énorme boite rhabillée qui s'ouvre entièrement façon corolle, contenant quelques bricoles issues de l'univers wonderlandien. Au milieu de cet écrin de papiers peints très anglais fanés par le temps, on trouvera une bouillotte chat de chester à chauffer au micro-onde (home-made, avec l'aide de Mum Rabbit), un agenda à spirale customisé Alice (oui, j'ai démonté la couverture d'origine et recréé une couverture plastifiée et perforée...), et un coffret de bijoux spécialement créés pour l'occasion (bague rose de la reine -blanches pour moitié peintes en rouge - ou encore un sautoir tea-time et un collier Mad Hatter hat). N'oublions pas non plus une théière/arrosoir digne des jardiniers de la Reine de Cœur, un carnet flamant rose pour noter ses scores au croquet, et une horloge molle qui évoque autant Dali que l'affiche du récent film disney Alice à travers le miroir (voir ici) . Bon, maintenant j'ai intérêt à aller poster le tout fissa, sinon mon article va spoiler Pouch'/Ficelle...






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 Acquisitions:


  Enfin, du côté des acquisitions livresques, cadeaux et découvertes chez les bouquinistes ont rempli ma bibliothèque de quelques nouveautés. J'ai ainsi dégoté Morwenna, un étrange roman dont le résumé me faisait de l'oeil depuis très longtemps, plébiscité par Neil Gaiman. Vera, un roman évoquant furieusement le Rebecca de Daphné du Maurier mais publié avec dix ans d'avance, ou encore le très alléchant apothicaire de Londres
  La fin de l'aventure Rouge Rubis approchant avec l'adaptation de l'ultime volet m'a fait regretter les voyages dans le temps. Afin de poursuivre dans cette veine, je me suis offert Le passage des Lumières, une saga jeunesse qui pourra peut-être assurer la suite et adoucir la frustration de voir se clore la saga de Kerstin Gier. 
  Dans un tout autre genre, j'ai déniché le roman Laura, un thriller ésotérique mêlant meurtres, univers du tarot divinatoire et égyptomanie (cet ouvrage avait d'ailleurs inspiré une saga de l'été au début des années 2000) ainsi que Le goût des souvenirs, la suite de magnifique roman l'école des saveurs. Dans le même genre de lecture gourmande, mum Rabbit m'a récemment offert la petite boulangerie du bout du monde, que j'ai hâte de commencer.


  Oh, et toujours dans cette idée de littérature & gourmandises, je n'ai pu me retenir de commander le livre de recettes inspiré de la saga Outlander. Ma lecture du premier tome de Diana Gabaldon et le visionnage de la série m'avaient laissé affamé à l'évocation de galettes d'avoine et autres plats traditionnels de l'Ecosse, aussi cet ouvrage était le meilleur remède...

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  Après ces quelques souvenirs d'un été ensoleillé, voilà déjà que le ciel s'obscurcit et que le vent se lève... les premiers brouillards s'installent et l'humidité se fait chaque jour plus présente. L'atmosphère extérieur pourrait presque attrister, faire grimacer, mais on se console en se disant que, oui, c'est la rentrée, oui, c'est l'Automne, mais c'est aussi synonyme de nouvelles couleurs, de nouvelles odeurs et, bientôt... d'Halloween =D. Alors rendez-vous à la saison prochaine!


mardi 13 septembre 2016

Today is Roald Dahl Day : Happy Birthdahl!



  Peu de gens le savent mais aujourd'hui, tout l'univers littéraire anglo-saxon est en ébullition. La raison? En ce Mardi 13 Septembre 2016, Le grand auteur Roald Dahl aurait eu...

100 ans!



  Si l'événement s'est vu célébré dans l'hexagone en partie grâce au film du BGG (que je n'ai, cependant, toujours pas osé voir et donc pas chroniqué non plus...) et à quelques éditions et rééditions anniversaire, c'est surtout outre-Manche et outre-Atlantique que Roald Dahl verra son anniversaire fêté comme il se doit. 

  Rappelons en effet que Roald Dahl, nés de parents norvégiens vivant au Pays de Galles, est devenu le plus grand auteur jeunesse du XXème siècle britannique, un succès comparable à celui rencontré quelques décennies plus tard par J.K.Rowling, qui ne dément d'ailleurs pas avoir puisé de nombreux éléments chez son aîné.

Roald Dahl et Sophie, l'héroïne du BGG.

  Ce qui fait le succès de Roald Dahl? C'est de s'inscrire d'une façon furieusement moderne et émouvante dans la lignée du conte traditionnelle : écrire des histoires qui vont toucher le jeune lecteur au plus profond de son intimité et de son inconscient, l'aidant à affronter ses peurs les plus secrètes par le biais de la fiction. En créant notamment des méchants charismatiques et résolument horribles qui se font dignes successeurs des sorcières et grands méchants loups dévoreurs des fables d'antan, il aide l'enfant à se confronter à ses angoisses les plus secrètes, dépénalisant certains éléments particulièrement effrayants (et encore plus lorsqu'on prend du recul sur la lecture et qu'on les sort de leur contexte, même à l'âge adulte!) en les tournant en ridicule. L'humour, tantôt grinçant, tantôt fantaisiste et poétique, est l'arme dont Dahl se pare pour vaincre les pire vilénies que l'univers froid des adultes impose à ses héros, souvent issus d'une enfance triste et miséreuse.


  Jamais un auteur n'aura à ce point permis l'identification du lecteur et l'effet cathartique de la lecture. Jamais aucun n'aura réussi à le faire avec autant de malice, de drôlerie, et en même temps d'émotion ( car oui, la larme nous guette toujours). Roald Dahl avait cerné l'enfance vraie, pleine de bruit, de rire et de fureur, celle-là même des lost boys, les enfants perdus de James Barrie. Peut-être aussi parce qu'il avait beaucoup souffert durant sa longue vie, et gardait de sa jeunesse, de cet âge d'or, l'énergie pour toujours avancer avec cette étincelle de candeur et d'espoir de ses jeunes années, et donc savait en parler mieux que quiconque.

  A l'occasion de ce 100ème anniversaire, de multiples événements auront lieu dans toutes les librairies des Etats-Unis et un grand festival sera organisé en fin de semaine à Cardiff. Sans oublier les nombreuses animations au musée Dahl, ainsi que celles programmées par les associations de bienfaisance qu'il avait fondées.



  Alors à défaut de pouvoir participer à tous ces événements qu'il mérite au centième, et tout simplement parce que j'ai grandi et continue de vivre avec ses livres, je tenais, moi aussi, à lui souhaiter...


...Un Joyeux centième anniversaire.

 

samedi 3 septembre 2016

Un coupable presque parfait (Les enquêtes trépidantes du club Wells & Wong #1) - Robin Stevens.

Murder most unladylike (Wells & Wong #1), Corgi, 2014 - Editions Flammarion jeunesse (trad. de F.Fiore), 2016.

– Tu es sûre que nous ne devrions pas plutôt prévenir la police ?
– Ne dis pas de sottises. Nous n’avons aucune preuve. Pas même un cadavre. On se moquerait de nous. Non, nous devons résoudre cette affaire toutes seules.

  Lorsque Daisy Wells et Hazel Wong fondent leur agence de détectives privés, elles espèrent débusquer une enquête digne de ce nom. Tout bascule subitement le jour où Hazel découvre la prof de sciences étendue dans le gymnase. Le temps d’aller chercher Daisy, le corps a disparu. Dès lors, il ne s’agit plus seulement d’un crime à résoudre mais d’un crime à prouver, et ce, avant que le coupable ne frappe de nouveau. Chaque minute compte lorsque tout indique que le meurtrier est là, coincé à vos côtés, dans l’école où vous vivez. 

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  Voilà plus d'un an qu'une amie me parlait de ce roman, m'assurant qu'il ne pouvait que me plaire. La raison? Des éléments qui m'enthousiasment tout particulièrement, et dont on me sait fervent adorateur : une histoire en huis-clos dans un internat anglais, les années 30 comme toile de fond, et une intrigue à la Agatha Christie. En quelques mots accrocheurs : "Meurtre dans un pensionnat anglais". Bref, quoi de plus tentant pour cette rentrée littéraire?

couvertures des éditions anglaise et américaine.

  Pensionnat de Deepdean, année 1934. Hazel, jeune collégienne d'origine asiatique, s'est liée d'amitié avec l'imperturbable et flegmatique Daisy. La jeune anglaise, d'une rare intelligence, s'adonne à diverses passions avec un dilettantisme acharné, entrainant sa nouvelle amie dans ses fantaisies. Aussi, lorsque Hazel découvre par hasard le cadavre de leur professeure de sciences, Daisy décide de se lancer dans une enquête pour le compte de leur récent "club de détective". A la façon d'Holmes et Watson, Daisy fait fonctionner ses cellule grises tandis qu'Hazel prend des notes et raconte leurs investigations. Très vite, il apparait que chaque professeur a une raison d'être le meurtrier et tandis que l'affaire se corse, elle devient aussi de plus en plus dangereuse...

Carte de Deepdean

  Que vous dire de cette lecture, si ce n'est que du bon? Certes, l'ouvrage aurait pour commencer mérité d'un titre plus proche de l'original, ne serait-ce que pour respecter l'esprit du roman (Murder most unladylike, que l'on aurait pu traduire par Un meurtre peu distingué, un intitulé à lui seul si décalé...). Mais nous saurons oublier ce petit bémol pour nous attacher à l'histoire, excellemment bien construite et complexe à souhait, contrairement à ce qu'on pourrait craindre d'un roman jeunesse. En effet, loin de sous-estimer son lectorat, Robin Stevens n'hésite pas à mettre au centre de son intrigue un véritable meurtre, et non pas seulement un vol ou une disparition comme s'y cantonnent souvent les romans policiers à destination de la jeunesse. L'enquête elle-même, si elle semble démarrer très rapidement et un peu trop facilement, ne tarde pas à devenir plus ardue et satisfera les passionnés du genres.

 Les filles de Deepdean?

  Dès lors, qualités de l'intrigue et atmosphères confondues, on ne peut effectivement que songer à Agatha Christie, et particulièrement au roman Le chat et les pigeons, qui se déroule dans un pensionnat de jeunes filles très "comme il faut". J'ai également pensé aux Enquêtes des soeurs Parkers, série oubliée de la bibliothèque verte écrite par l'auteure d'Alice détective/Nancy Drew, et qui prenait là aussi place dans un pensionnat de jeunes filles. Cette plongée dans l'univers des écoles anglaises est des plus exaltantes et l'on s'amuse de cet univers si particulier ainsi que des coutumes qui y sont rattachées : le rythme d'internat réglé comme une horloge, les fêtes nocturnes dans les dortoirs, les sermons matinaux, les lunch-box cachées sous le matelas, les préfets, les "castes" qui se forment... bref, une petite fourmilière délicieusement vintage qu'on adooooore voir ébranlée d'un bon meurtre bien sanglant!


  Pour autant, rien de trop sombre dans cette histoire qui, esprit british oblige, fait la part belle à l'humour, ici grâce à ses deux héroïnes. La narratrice, Hazel, gauche et souvent drôle malgré-elle, permet l'identification du lecteur et nous apporte de belles tranches de rire même dans les moments les plus dramatiques. Cependant, j'émets encore quelques réserves en ce qui concerne Daisy, dont la personnalité la rend difficilement crédible. A l'image d'un Sherlock Holmes ou d'un Poirot, il semble que Robin Stevens ait souhaité faire d'elle une de ces figures d'enquêteurs qui vivent et évoluent avec cet étrange décalage par rapport à leur environnement, et que l'esprit analytique rend imperturbable même dans les circonstances les plus tragiques. Ce que Alan Bradley avait par exemple réussit avec brio avec Flavia de Luce, sa jeune détective surdouée, flegmatique, ironique et parfois même caustique à souhait mais en même temps profondément aboutie et même attachante, Robin Stevens n'y arrive pas avec la même finesse. Sa Daisy nous semble très lointaine, un peu floue, et le lecteur pourra se la représenter difficilement, ce qu'on espère voir évoluer avec les futurs tomes de cette série prometteuse.


  En bref : Si les personnages ne sont pas tous aboutis, ce roman policier très old school bénéficie d'une intrigue rondement menée, que le cadre de l'internat à l'ancienne rend d'autant plus attrayante. Drôle et exaltant, un premier tome qui rend un bel hommage à Agatha Christie. On a hâte de lire les suivant!


Un grand merci à Flammarion pour cette pépite!



Et pour aller plus loin...