dimanche 4 décembre 2016

That time of yellow leaves...



That time when yellow leaves, or none, or few, do hang...
(W.Shakespeare, à propos de l'Automne).

Ma cheminée a revêtu son manteau d'Automne... Manteau de cheminée, haha! Bon, je sors...

***
 
Sorties et promenades...

  L'automne n'est pas tout à fait terminé que l'hiver s'installe déjà au-dehors de mon terrier. Finie la douceur extérieure pendant les ballades sur des tapis de feuilles d'or : sous mes fenêtre ce n'est que brouillard et givre. La nature s'endort tout doucement tandis que les cheminées se rallument et que les chaudières se ravivent. Les radiateurs émergent de leur coma et l'on étrenne avec joie la collection d'écharpes qui a attendu tout ce temps dans l'armoire. La belle conclusion d'un Automne comme les célébrait Shakespeare (auquel les intitulés d'articles saisonniers continuent de rendre hommage pour ses 400 ans, vous aurez remarqué ;) ). Pourtant, cela avait plutôt mal commençaé : après des chaleurs quasi-caniculaires (non, disons bien estivales, jusque fin septembre) et la présence d'un beau soleil, nous nous sommes tous levés un matin sous des trombes de pluie pour constater que quinze bons degrés s'étaient envolés du thermomètre.
  Brrrh.
  Fort heureusement, j'avais de quoi faire contre mauvaise fortune bon cœur, puisque mon Automne commençait par... une invitation à l'avant-première parisienne de Vert Emeraude, dernier film adapté de la saga Rouge Rubis de Kerstin Gieir, une des lectures fantastiques les plus divertissantes que j'ai lu ces dernières années (et dont je vous ai nécessairement rebattu des oreilles si vous êtes un lecteur habitué ^^'). Bref : un cinéma sur les Champs Elysées, un billet d'entrée nominatif, un tapis rouge et les deux actrices principales présentes à la projection : Maria Ehrich et Laura Berlin (respectivement Gwen et Charlotte). Bon, ça c'est pour la frime, parce qu'en fait, il a tombé des cordes et comme je m'étais fraichement fait voler mon parapluie dans le train, je suis arrivé dégoulinant, le blazer ruisselant et le nœud papillon détrempé (et en plus, je me suis vu dans le reportage internet filmé pour l’occasion...). Malgré ces rebondissements ... euh... humides, c'était un événement très sympathique et j'ai trouvé plutôt amusant de me trouver à quelques mètres des deux actrices principales, interviewées sur scène avant le film, suivi d'une séance de dédicaces.


  Après ces joyeuses mondanités, Dame Nature a eu la gentillesse de dévoiler le ciel et de couper court aux arrosages intempestifs. Profitant de ces quelques semaines d’accalmie, j'ai filé rejoindre ma jolie campagne entièrement rhabillée de teintes mordorées, élargissant mes ballades jusqu'à un petit village dont l'atmosphère me fascine depuis l'enfance, tant l'ambiance qui y règne se prêterait à une histoire mystérieuse à l'Anglaise... Un étrange et poétique petit bourg caché dans un vallon en pleine forêt, qui avait même taquiné la muse des plus grands, puisque Michek Serrault lui-même avait insisté pour venir y tourner un de ces derniers films (si si, c'est un peu la petite gloire locale même si, contre toute attente, l'événement avait réussi à rester étonnamment discret à l'époque!). Bref, trêve de bavardage, je vous invite à faire quelques pas en ma compagnie :


 Un cimetière abandonné et les grilles d'un château mystérieux...

 Une forêt enchanteresse...

 Et un cercle de fées... (oui, et des nouvelles chaussures, aussi...)

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Des popotes et des casseroles...

  Après ces ballades au grand air, rien de tel que passer du temps aux fourneaux pour se réchauffer. Au programme de cet Automne, il y a eu de l'impro, ou comment recycler les restes du Snapdragon (pour ceux qui ignorent de quoi il s'agit, c'est ICI) : si j'avais bien mis le feu aux raisins imbibés de rhum, je m'étais bien gardé d'y mettre les doigts... préférant les recycler dans un cake aux raisins moins dangereux pour mes mimines. Puis il y a eu des essais : façon cuisine macrobiotique avec un flan de courgette à l'Amarante, et façon pâtisserie américaine avec des Hello Dollies (j'avais goûté chez une amie foodista qui m'avait donné quelques tuyaux pour confectionner ces petits biscuits carrés à base de sablés, de chocolat, et de lait concentré).



    Le jardin de Grand-Père et Grand-Mère Lapins débordant de cucurbitacées, je n'allais quand même pas bouder mes courges et autres potirons adorés. J'ai donc inauguré la saison avec un cake anglais butternut-pommes-flocons d'avoine délicieusement surprenant (à la texture juste mouillée comme il faut, et qui évoquait un peu un carrot-cake), puis une recette de Pippa Middleton (oh oui, je sais, c'est son nom écrit sur la couverture et probablement qu'elle n'a utilisé des ustensiles de cuisine uniquement pour poser sur les photos intérieures mais... il n'empêche que son bouquin est extra!) de lasagnes butternut et mozarrella. Du même livre également, un classique simplissime de la cuisine anglaise : la poêlée de choux de Bruxelles aux châtaignes et au bacon. Et pour accompagner le tout, un pain de saison aux noisettes, graines de potirons et mélasse.

 Les lasagnes et leurs étages hyper-calibrés



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Goodies, bricolages et loisirs fantaisistes...


  Au rayon des goodies et des cadeaux reçus, Clochette m'a encore une fois bien gâté, avec cette sublime tasse Alice & the Mad Hatter, et ce très joli carnet façon passeport pour Neverland ; encore un carnet trop joli pour être utilisé qui va rejoindre la collection des autres carnets trop jolis pour être utilisés. D'autant qu'elle venait déjà de m'en envoyer deux très "victoriens", magnifiques, dans un paquet contenant d'autres trésors rapportés un récent voyages à Londres.


  Sinon, pas beaucoup de bricolages pour ma part ces temps derniers, mais un mini-colis d'Automne pour Pouchky/Ficelle (on ne déroge pas à la tradition!) : Autour du Nous avons toujours habité le château de S.Jackson, une préparation home made pour pain de seigle envoyée en "bread in jar", un thé bio d'Halloween, des dessous de verres façon planches énigmatiques, et tout un tas de bricoleries d'allure baroque.


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  Voilà... ce fut un Automne des plus agréables! Lumineux et fantaisiste comme je les aime, la meilleure transition vers l'hiver et les fêtes de Noël! Alors avant les premières neiges, profitons encore des tapis de feuilles dorées pour les faire craquer sous nos pieds et pendant que le thé à l'érable infuse dans la théière...

samedi 3 décembre 2016

Les animaux fantastiques - Un film de David Yates d'après J.K.Rowling


Les animaux fantastiques
(Fantastic Beasts)
Un film de David Yates,
d'après et scénarisé par J.K.Rowling,
Avec : Eddie Redmayne, Katherin Waterson, Dan Fogler, Colin Farrell...

  Le film "Les Animaux Fantastiques" s'ouvre en 1926 alors que Newt Scamander vient juste de terminer son tour du monde qui avait pour but de trouver et de réaliser une collection de créatures magiques. Arrivé à New York pour une brève escale, il aurait pu en repartir sans incident… C’est sans compter sur un No-Maj (le terme américain pour Moldu) nommé Jacob , une valise magique égarée, et l’évasion de certains des animaux fantastiques de Newt, qui pourraient semer le trouble dans le monde magique et le monde moldu.
(source : Potterveille.com)

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  S'il est bien un univers dont on ne se lasse pas, c'est le Wizarding World de J.K.Rowling, que l'imagination prolifique de l'auteure et sa plume talentueuse ramènent régulièrement à Poudlard. Alors que le huitième film avait laissé des millions de Potterheads orphelins, le site Pottermore puis la pièce de théâtre avaient offert quelques réjouissantes continuités aux admirateurs du sorcier à lunettes. Dès que le projet d'adapter les animaux fantastiques (en fait un bestiaire cité dans les manuels de Poudlard, écrit par Rowling et publié en 2001 au profit d'associations caritatives) s'est répendu, les fans se sont sentis revivre... Et encore plus lorsque J.K.Rowling elle-même fut annoncée au scénario : elle expliqua en effet qu'elle s'était déjà tellement représentée et appropriée le personnage principal de Norbert Dragonneau (le vrai/faux auteur du Bestiaire de Poudlard, aventurier et magicozoologiste), qu'elle ne se sentait pas de le céder à un autre scénariste.


  Voilà comment, après cinq ans sans le rendez-vous cinématographique quasi-annuel potterien, je me retrouvais, aussi enthousiaste qu'à mes dix ans du premier film, à la projection de ces Animaux fantastiques. Dès les premières images, les notes du célèbre thème musical de J.Williams nous rappellent ce que nous venons voir, avant qu'on se trouve propulsés dans un univers visuel et historique totalement nouveau. Exit l'Angleterre contemporaine rétro-gothique, Bonjour le New York jazzy des années 1920. Dans cette sublime cité Art Déco partagée entre puissance politique et monde ouvrier, coexiste un univers magique secret dont l'anonymat est mis à mal par des manifestations surnaturelles destructrices incontrôlées dans toute la ville. Tandis que le MACUSA (équivalent américain du Ministère de la magie britannique ) tente de réguler les preuves de l'existence de la sorcellerie et que les forces politiques en font un tremplin dans leurs campagnes, un groupuscule sectaire et extrémiste mené par l'austère Marie-Lou Bellebosse appelle les populations à une nouvelle chasse aux sorcières. C'est dans ce contexte trouble que le magicozoologiqte Norbert Dragonneau arrive à New York, la valise sans fond débordant de créatures magiques dans l'étude et la protection desquelles il s'est spécialisé...

Non non, ce n'est pas un épisode de Miss Fisher.

  Évidemment, on aurait pu s'attendre à quelque chose de purement commercial et/ou sombrer d'emblée dans la critique facile (Parce qu'il est de bon ton de cracher sur une franchise qui marche, et ce même si le produit est de qualité). Belle erreur, car ce film est un divertissement des plus réussi, où l'on distingue clairement l'écriture de J.K.Rowling! Ni une suite, ni une prequelle, ce film est une "extension" de l'univers qu'elle a créé dans Harry Potter : la preuve supplémentaire qu'elle a réussi à penser un monde dont les tenants et aboutissants, les codes, l'histoire et l'évolution, dépassent de loin le cadre de la saga du sorcier à la cicatrice. Grâce à quelque clins d’œil (juste ce qu'il faut), ce spin-off fignolé jusqu'au détail existe pour lui-même, bien au-delà de sa filiation avec Harry Potter.


  L'univers de la sorcellerie tel que pensé par Rowling s'accorde comme par enchantement aux trépidantes "Années folles" et à la culture américaine. Le siège du MACUSA, secrètement installé sous les arcades gothiques du Woolworth Building, ressemble à une interprétation poudlardienne de la bourse de Wall Street, avec cet immense cadran qui indique en temps et heure les infractions au code de la magie et rythme cette petite fourmilière.
  La ville, magnifiée par ses lignes art-déco rutilantes, semble échappée d'un comics rétro-futuriste et offre un décor de choix pour une chasse aux créatures fantastiques sur les toits des buildings. Entre les références, les détournements historiques ou les audaces esthétiques, le spectateur est conquis par ce nouveau cadre décor.


  Attardons-nous à présent sur les protagonistes, dont on notera qu'ils sont tous ... adultes! Même s'ils ont gardé une âme d'enfant évidente, le quatuor de cette nouvelle histoire propose une intéressante galerie de personnages qui, si elle est quelquefois un peu caricaturale, à le mérite d'être à mille lieues du trio de la saga souche. Porpentine Goldstein, jouée par Katherine Waterston, pourrait paraître bien vite barbante si elle ne révélait pas progressivement un caractère et une volonté très attachants. Sa sœur Queenie, son extrême opposée, rappelle NECESSAIREMENT la féminine Sugar jouée par M.Monroe dans Certains l'aiment chaud, toute en minauderie et en fragilité. Eddie Redmayne, dont les éternels rôles de jeunes premiers m'agaçaient un peu (mais je n'ai pas encore vu Une incroyable histoire du temps et Danish Girl, il est vrai...), campe un outsider amusant à la timidité barrée mais dont le côté asocial nous met quand même un peu mal à l'aise (j'aurais préféré un jeu plus subtil, à la façon de la timidité doucement candide de Ned le pâtissier dans Pushing Daisies, qui nous l'aurait rendu plus sympathique).
  Pour les rôles secondaires, Colin Farrell est très convaincant en ministre obstiné et mystérieux ( en plus ne nous révéler une surprise de taille en fin de film... alors ne vous faîtes pas spoiler!), mais j'ai surtout adoré le jeu glacial de Samantha Morton en Marie-Lou Bellebosse, elle que je ne connaissais que dans le rôle titre d'une vieille adaptation télévisée de Jane Eyre.
 

  Un autre point à aborder et qui m'a particulièrement plu, c'est que cette histoire est magnifiée par l'écriture de J.K.Rowling, et c'est précisément en cela que cette production se distingue d'un film purement commercial : on retrouve la sensibilité propre à l'auteure et des thèmes qui lui sont chers. En plus d'aborder la différence, l'insoumission face à l'oppression du pouvoir en place, et la douloureuse complexité du passage vers l'adolescence, il y a aussi toute une réflexion métaphorique certes, mais furieusement à propos. En effet, impossible de ne pas  faire le lien avec ces sujets très actuels que sont l'obscurantisme ou le fanatisme. En cela, et aussi peut-être à cause de quelques scènes qui pourraient heurter les plus jeunes, on perçoit clairement ce film comme un divertissement éclairé qui s'adresserait aux fans de la première heure aujourd'hui jeunes adultes plutôt qu'à de jeunes spectateurs. Une preuve de plus de l'universalité et du caractère trans-générationnel d'un univers qui fait encore et toujours mouche.

 L'univers publicitaire des Années Folles, revu à la sauce sorcellerie pour le film.

  En bref : J.K.Rowling se renouvelle une fois encore tout en poursuivant d'explorer le même univers... pourtant si différent tout en restant si familier au lecteur/spectateur. Ce film, véritable divertissement éclairé et esthétique convaincra les fans de la première heure comme il pourra séduire les autres.

samedi 12 novembre 2016

Challenge Halloween 2016 : Bilan et fin du voyage!



  Cette fois, c'est sûr.  Après presque deux semaines à jouer les prolongations, le challenge Halloween de Lou & Hilde édition 2016 touche à sa fin! Je remercie vivement nos deux hôtesses pour leur invitation à ces pérégrinations littéraires à la sauce anglaise, et le fourmillement des échanges, tous plus chaleureux les uns que les autres, que cela aura permis. Je m'étais promis, un jour, de faire un challenge dont j'honorerais tous les rendez-vous thématiques annoncés par le calendrier de départ : c'est chose faite! Et j'y ai même ajouté quelques lectures supplémentaires, remplissant ma propre liste annoncée dans le billet de lancement.

BOUH!

  Je suis ravi d'avoir rencontré les différents participants et découvert leurs univers, ainsi que d'avoir rallongé ma wish list de plusieurs titres qui satisferont mes envies de frissonner à venir. A une époque ou l'impact d'Halloween se délite chaque année un peu plus dans l'hexagone (à ma grande tristesse, d'ailleurs : enfant, c'était un plaisir d'admirer les décorations des vitrines et des magasins, tandis qu'aujourd'hui, c'est à peine si on voit une citrouille pointer le bout de son nez), ce challenge m'a replongé dans l'atmosphère d'antan et a ressuscité l'enthousiasme de mes dix ans. Un événement à reconduire l'an prochain dans mon planning, assurément! J'ai déjà hâte!

  D'ailleurs, après l'Angleterre, pourquoi ne pas se rendre aux Etats Unis? A nous Salem, Sleepy Hollow, les Harvest feast et la littérature gothique américaine... Une idée à soumettre aux deux charmantes organisatrice, non? ;)

  En attendant, vous pouvez retrouver le récap' complet de tous les articles du challenge ICI. Pour finir en beauté, je vous propose maintenant quelques dernières images pour prolonger l'aventure horrifique britannique depuis votre écran, à savoir des curiosités anglaises qui ont fait parlé d'elles dans la presse...

Les fantômes du Stuart Hotel de Liverpool,
aperçu cette année sur le street view de googlemap.


Le fantome d'Henry VIII,
que les caméra de surveillance ont surpris jouant avec les portes d'Hampton Court.

Ou encore le cas moins connu mais tout aussi effrayant de Madame Violette,
élue deux fois femme la plus effrayante de son époque, au centre d'un étrange fait divers de vampirisme à Edimbourg (une image d'illustration que j'ai d'ailleurs souvent utilisé avant de découvrir son origine...).

...Et si les monstres et les fantômes n'étaient pas que dans nos lectures?

Su ce, bonne nuit et à l'année prochaine! huhuhu!




vendredi 11 novembre 2016

Hyde - Daniel Levine

Houghton Mifflin Harcourt, 2014 - Editions Fayard (trad. de A.Rabinovitch), 2016.

  Hyde est au pied du mur. Enfermé dans le cabinet du docteur Jekyll, il compte les heures avant son inévitable arrestation. Quatre jours s’écoulent, pendant lesquels il entreprend de raconter l’histoire de sa brève et prodigieuse existence.
  Venu à la vie grâce à d’étranges potions, Hyde ignore quand et pour combien de temps il aura le contrôle du « corps ». Lorsqu’il est en sommeil, il observe la vie de Jekyll dans la haute société, emprisonné dans son esprit. Bientôt, leur existence mutuelle est menacée, non seulement par la science instable dont il est le fruit, mais aussi par un mystérieux harceleur qui obsède Hyde. Des jeunes filles disparaissent, un meurtre est commis. Qui se cache dans l’ombre pour le surveiller ? Dans le brouillard de cette conscience partagée, Hyde peut-il être sûr de ne pas être l’auteur de ces crimes ?

À travers cette réécriture virtuose de
L’Étrange Cas du docteur Jekyll et de M. Hyde racontée du point de vue de Hyde, Daniel Levine apporte un nouvel éclairage au classique de Stevenson.

*** 

  Ceux qui me suivent depuis quelques temps déjà savent qu'une réécriture attise toujours ma curiosité littéraire. Aussi, après le très bon et intimiste Mary Reilly, relecture du Dr Jekyll et Mr Hyde, enchaîner sur ce roman proposé en partenariat par les éditions Fayard sonnait comme la meilleure des façons pour terminer le challenge Halloween de Lou et Hilde.


  Londres, dans le cabinet du Dr Jekyll, nous assistons à la naissance de Hyde ; à la suite d'un an de recherches et d'expérimentations au chevet d'un patient français souffrant de multiples personnalités, Jekyll a réussi à mettre au point une drogue divisant les divers visages qui habitent un même individu. L'utilisant sur lui-même, il fait naître un double petit et difforme, tout l'inverse de son avenante personne. Hyde, qui sommeillait depuis l'enfance dans l'inconscient du bon docteur, nous raconte cette "mise au monde", et la vie alternative qu'il mène à celle de Jekyll. Les déambulations nocturnes dans les quartiers mal-famés de Londres, l'achat d'une vieille demeure décrépite, l'embauche d'une domestique, et même l'amour -oui, car il se pourrait que ce soit ça- pour une jeune prostituée rencontrée au hasard d'une maison close. Hyde nous raconte tout cela, même lorsque Jekyll reprend le contrôle de leur corps et qu'il est en sommeil dans son inconscient. Comme depuis l'arrière scène, il assiste aux faits et gestes de leur enveloppe commune. Mais, petit à petit, un grain de sable semble se glisser dans cette machine bien huilée : Hyde émerge régulièrement d'absences pendant lesquelles des choses affreuses se seraient déroulées, et reçoit bientôt des lettres anonymes d'un dénommé Mr Seek. Puis, des rencontres étranges, un enchaînement de faits qui semblent tous calculés par une tierce personne, et, il faut le dire, le tempérament agressif de Hyde se recoupent avec une série de meurtres et d'événements tragiques à la Une des journaux...


  Lorsqu'un auteur s'attaque à la réécriture d'un récit classique, il y a toujours plusieurs risques : la redite inutile (soit une relecture qui n'apporte strictement rien à l’œuvre originale), ou pire encore, une trahison totale par rapport récit souche. L'immersion dans ce Hyde m'a fait passer par plusieurs états jusqu'à la conclusion, me ménageant une pause à la mi-lecture le temps de murir ma réflexion.

  Penchons nous tout d'abord sur une qualité certaine, qui saute aux yeux dès les premières lignes : l'écriture. La plume fouillée et viscérale de Daniel Levine est tout bonnement prodigieuse, et nous rappelle celle de Patrick Suskind pour le Parfum : à travers la narration très sensorielle d'Edward Hyde qui "nait" et s'ouvre aux ruelles du Londres victorien, c'est une redécouverte des bas-fonds à travers des couleurs, des odeurs et des sensations que l'auteur parvient à nous faire passer avec un talent prodigieux. L'impact sur nos émotions de lecteur est d'autant plus fort et l'on ressent tantôt douleur, dégout, ou même appétit.Voilà longtemps qu'il n'avait pas été donné à lire une telle maîtrise des figures de style, notamment de la comparaison, que Levine pousse à son paroxysme pour nous faire vivre une époque avec autant de réalisme.


  Retournons-en maintenant à l'histoire, qui nous laisse vite perplexe, il faut l'admettre : on découvre un Hyde, certes loin d'être un enfant de cœur, mais aussi très loin du meurtrier sanglant et dérangé raconté par Utterson dans le récit original de Stevenson. La version de Levine induirait donc une erreur de jugement, une appréciation erronée des faits et donc de la véritable personnalité de Hyde telle que présentée dans le récit souche. Soit, la chose est plausible : rappelons que dans le roman de départ, tout est affaire de faits divers rapportés et soumis à l'avis d'une connaissance du Dr Jekyll. Mais il est vrai que toucher à une personnalité aussi symbolique et assimilée par la culture populaire rend cette nouvelle interprétation difficile à intégrer. N'est-il pas vain de vouloir dépoussiérer ce bon vieux Jekyll & Hyde? C'est peut-être ce sentiment de perplexité qui nécessitera de faire une pause dans la lecture, le temps de s'imposer un recul nécessaire, pour mieux y replonger avec attention et s'ouvrir à l'excellente continuité qu'on y trouvera...

 Illustrations de D.Levine.

  Car non content de nous servir une prose de qualité, Daniel Levine va finalement très loin dans la réflexion de son récit: s'il égratigne un peu la dualité mythique -mythologique, même- Jekyll/Hyde, qui a si bien inspiré la psychothérapie, c'est pour mieux renvoyer à ce domaine psychologique. Car les personnalités les plus torturées ne se limitent pas à une simple opposition bien et mal, et à la confrontation ou alternance de deux visages antonymes. En se référant au triptyque bien rodé du "ça", "moi", et "surmoi", et en accordant jusqu'au détail sa version à la trame de Stevenson, Levine vient l'enrichir d'un éclairage psychologique d'autant plus fin qu'il est bigrement intelligent. D'une première opinion dubitative, ce roman qui bouscule nos pré-requis littéraires nous laisse finalement une impression extrêmement positive!

" Je m’arrêtai devant la vitrine d’une boutique de prêteur sur gages, mon attention retenue par une série de poupées en bois peint. Toutes contenues à l’intérieur de la plus grande poupée oblongue, elles avaient été conçues de façon à s’emboîter les unes dans les autres, mais dans la vitrine elles étaient disposées sur une rangée, une dizaine au moins, portant toutes un foulard de paysanne russe, de la plus grande à la plus petite, qui avait la taille d’une balle. Cet étalage me déstabilisa. Ce pantin et ses innombrables copies encastrées à l’intérieur."


En bref : Une relecture à l'écriture sensorielle ébouriffante qui pourra laisser perplexes les grands lecteurs de Stevenson, avant de les ouvrir à une interprétation psychologique détonante et, finalement, des plus pertinentes. Une histoire sinueuse et diabolique menée avec maestria. 

Un grand merci à Net Galley et aux éditions Fayard pour cette découverte.

Et pour aller plus loin:

mercredi 9 novembre 2016

Alfie Bloom et le voleur de talisman (Alfie Bloom #2) - Gabrielle Kent

Alfie Bloom and the Talisman thief, Scholastic, 2016 - Editions Michel Lafon (trad. de C.Laumonier), 2016.

Être propriétaire d’un château vieux de plusieurs siècles n’est pas de tout repos ! Alors qu’Alfie Bloom vient à peine de découvrir son fantastique héritage, il doit de nouveau affronter le danger : Ashford, le majordome aux étranges pouvoirs, a disparu, et le château de Hexbridge subit le siège d’une armée d’elfes malveillants. Alfie n’a plus qu’une solution… utiliser un peu de la magie sauvage qui lui a été léguée. Mais parviendra-t-il à maîtriser cette magie séculaire qui peut, aussi, se révéler très destructrice ?

  Designer de jeux vidéo pendant une dizaine d’années, GABRIELLE KENT est désormais professeur et directrice de la section jeux vidéo à l’université de Teesside en Angleterre. Elle est également la fondatrice et la programmatrice d’Animex, le Festival international d’animation, de comics et de jeux vidéo. Alfie Bloom est sa première série, aussi prenante et addictive que le meilleur jeu ! 

***

  Après le très sympathique tome 1 d'Alfie Bloom, il m'était difficile de refuser le partenariat du second opus, et ainsi poursuivre les aventures de l'apprenti druide.





  Dans le premier tome, Alfie et son père avaient hérité d'un gigantesque château perdu dans la campagne anglaise, avant d'apprendre que ce palais regorgeant de trésors magiques lui avait été légué par un ancêtre druide du nom d'Orin. Protégé et aidé par une agence notariale paranormale ainsi que ses amis, Alfie avait eu à défendre le village et le talisman hérité d'Orin de la convoitise d'une créature malfaisante... Maintenant sain et sauf, le jeune garçon et ses camarades poursuivent leur petit train train et préparent la grande fête de Beltaine qui a lieu tous les ans au village. Mais une nouvelle menace se prépare : une armée d'elfes traverse un portail situé dans le chêne du château et attaque la famille d'Alfie. Son majordome kidnappé, le jeune garçon s'en remet à Caspian Bone, son notaire, qui lui apprend de nouveaux secrets concernant son héritage magique : Cet assaut était mené par la reine des elfes, autrefois propriétaire de la pierre enchâssée dans le talisman d'Orin. Et sa Majesté est prête à tout pour la récupérer...


 Concept Art par les étudiants de G.Kent : Alfie par C.Millett, et la reine des elfes par L.Pernilla.

  C'est avec un vrai plaisir que j'ai retrouvé l'univers d'Alfie Bloom, toujours si bien raconté par la prometteuse Gabrielle Kent, qui signe avec cette suite son second roman. Toute fraîche dans la profession d'auteure, elle n'en maîtrise pas moins l'imagination et le talent nécessaire. En partie influencée par son métier premier de conceptrice et scénariste de jeu vidéo, elle parvient ici à n'en tirer que les éléments strictement nécessaires et profitable à son histoire, évitant ainsi de trop multiples quêtes et défis propres au déroulement d'un jeu vidéo (et qui parsemaient peut-être un peu trop son premier opus). G.Kent gagne donc en style autant qu'en habileté dans la construction et la narration de ce deuxième volume.

 G.Kent.

  Côté histoire, on retrouve avec satisfaction une ambiance dans la pure lignée du précédent tome, à savoir inspirée d'un folklore anglais qu'il fait toujours bon explorer dans la littérature jeunesse : Hexbridge, cette charmante petite bourgade, vit au rythme de fêtes héritées des cultes païens et après Samain (Halloween), c'est cette fois avec le festival de Beltaine (associé à l'ancien sabbat du même nom) que s'ouvre ce roman. Géant de paille que l'on brûle en place publique, chants, danses, cuisines, traditions... Cette plongée dans la culture ancestrale britannique prépare à merveille le terrain à l'arrivée des elfes, que l'on redécouvre dans le pure style d'un roman de Tolkien ou de C.S.Lewis.

 Coch Castle, qui a inspiré le château d'Orin et a fait naître l'histoire d'Alfie dans l'imagination de l'auteure.

  Je me suis aussi régalé des visites du château d'Orin, toujours décrit avec de savoureux détails et qui semble fourmiller de secrets. D'ailleurs, pour les curieux qui se posent des questions sur les sources d'inspiration de l'auteure, elle les a trouvées dans le réel château de Coch, situé au Pays de Galles. Ce superbe bâtiment médiéval rénové au XIXème dans un style gothique victorien dégage une réelle féérie, un désir assumé de l'architecte. A regarder les photographies, on y reconnait de suite les descriptions de Gabrielle Kent, jusqu'à la cour intérieure du château et au lac voisin. Quant au village d'Hexbridge, si le nom lui a été soufflé par les villes de Corbridge et Hexham, ce sont surtout les petits bourgs de Helmsley et Alnwick qui l'ont influencée, et ce depuis les excursions scolaires qu'elle y avait fait alors enfant. Ce sont en effet deux exemples parfaits de villages qui continuent de vivre au rythme de fêtes traditionnelles issues de la culture païenne... A noter en vue une excursions outre-Manche!


Les intérieurs du château de Coch, où l'on imagine sans peine Alfie habiter... et nous aussi!


En bref : Un second roman qui se laisse lire avec plaisir, et dans lequel l'auteure nous transmet réellement l’enthousiasme qu'elle a eu à imaginer son histoire. Le style et la construction gagnent en finesse, ce qui rend d'autant plus agréables ces retrouvailles avec un héro très attachant.


 Un grand merci à Michel Lafon pour ce partenariat!

jeudi 3 novembre 2016

Rebecca - Daphné du Maurier

Victor Gollancz, 1938 - Editions Albin Michel (trad. de D.Van Moppès), 1939 - Editions Albin Michel (nouvelle trad.de A.Neuhoff), 2015 - Editions Le livre de poche.

  Dès les premières heures à Manderley, somptueuse demeure de l'ouest de l'Angleterre, le souvenir de celle qu'elle a remplacée s'impose à la jeune femme que vient d'épouser Maxim de Winter. Rebecca, morte noyée, continue d'exercer sur tous une influence à la limite du morbide. La nouvelle madame de Winter, timide, effacée, inexpérimentée, se débat de son mieux contre l'angoisse qui l'envahit, mais la lutte contre le fantôme de Rebecca est par trop inégale. 

  Daphné Du maurier, dans Rebecca, qui est sans doute le roman le plus caractéristique de son talent, fascine le lecteur et l'entraîne à la découverte d'inquiétantes réalités sans quitter le domaine familier de la vie quotidienne. 

***

  Voilà un roman que je tenais à inclure dans les prolongations du challenge Halloween : relu pour l'occasion, Rebecca est de ces ouvrages qui nous saisissent et nous emprisonnent. Découvert il y a quelques années, J'aime y remettre le nez de temps à autres, parce que l'ambiance s'y prête. Aussi n'ai-je pas résister à refaire ce petit tour à Manderley en ces sombres et romanesques temps automnaux...


"J'ai rêvé la nuit dernière que je retournais à Manderley..."

  L'histoire commence dans le Sud de la France : la narratrice (dont on ignore le nom), jeune orpheline docile et effacée issue d'un milieu humble, est demoiselle de compagnie en apprentissage de l'excentrique Mrs Van Hooper. Suivant sa fantasque et insupportable maîtresse au fil des hôtels de luxe qu'écume cette dernière pour remplir son carnet d'adresses, elle n'imaginait pas attirer l'attention du veuf le plus convoité de la noblesse anglaise, le propriétaire de non moins connu domaine de Manderley : Maxim de Winter. Contre toute attente, le solitaire mais charmant gentleman s'attache à la jeune et inexpérimentée jeune femme, et lui demande le mariage. Toute l'histoire tient du conte de fée, mais la fable merveilleuse s'arrête ici. Après leur voyage de noces, Maxim et sa nouvelle Mrs de Winter regagnent le domaine familial, le grand manoir de Manderley. Là, propulsée dans un monde qu'elle ne connait pas, la jeune épouse doit s'adapter aux codes d'une toute autre classe sociale que la sienne... Une entreprise d'autant plus malaisée qu'elle succède à Rebecca, la première épouse défunte dont les murs même du manoir semblent avoir gardé la mémoire. Un foulard abandonné, une robe oubliée dans une penderie, un parfum flottant dans l'air, une lettre de sa main restée inachevée... tout, partout dans cette maison, crie le nom de Rebecca et semble attester de sa présence. Une présence qu'entretient la gouvernante, l'hostile et glaciale Mrs Danvers, qui n'a de cesse de rappeler à la nouvelle Mrs de Winter qu'elle ne fait pas le poids face à sa devancière, et qu'elle n'a pas sa place ici... Angoissée, tétanisée, la pauvre jeune fille se laisse dévorer par l'ombre malfaisante de Rebecca, dont on se demande si elle est vraiment morte... ou dans quelles conditions...


  Associé depuis plusieurs décennies au nom d'Hitchcock, Rebecca n'a pas attendu d'être adapté par le maitre du suspense pour s'enorgueillir d'un intérêt littéraire. Pourtant, les critiques n'ont pas ménagé Daphné du Maurier à la sortie du livre, lui reprochant son retour inutile au genre gothique... mais fort heureusement la critique elle-même se rallia très vite à l'enthousiasme des lecteurs, qui arguaient déjà que Rebecca n'était pas un simple roman de gare. Tous les âges et toutes les générations se sont vite laissés convaincre, conduisant rapidement à une adaptation sur les planches puis à la version cinématographique. Mais pourquoi une telle unanimité? Pourquoi, encore aujourd'hui, une telle renommée?


  Il y a dans le fond et la forme de ce roman une réelle psychologie, tant l'écriture impacte sur notre inconscient. Tout d'abord, loin de la romance à l'eau de rose que laisserait suggérer son titre féminin, Rebecca impose dès sa couverture le nom d'une absente. Une morte. On ne la croise pas, on ne voit même jamais une photographie d'elle, mais elle est pourtant sensiblement présente. Son empreinte est partout et elle semble même transpirer, dégouliner des pages. Sa sensualité de jadis pèse sur l'histoire comme une chape de plomb, un spectre dérangeant et malsain. Face à elle, une héroïne sans nom : jeune, timorée, angoissée, peu sûre d'elle-même, malléable et même manipulable, (fade, peut-être?). Elle en serait presque agaçante, cette fille si complexée. Et pourtant, ce je anxieux, romanesque et fragile qui se projette et se perd dans toutes les conjectures possibles face aux effrayantes issues que lui laisse chaque interaction ou réaction, ce je devient, insidieusement, celui du lecteur. En symbiose avec la narratrice, il devient tout aussi impressionnable et se retrouve lui-même prisonnier des corridors sombres de Manderley, entre les griffes de Mrs Danvers.


 "Si seulement on pouvait inventer quelque chose, dis-je vivement, qui conserve un souvenir dans un flacon, comme un parfum, et qui ne s'évapore, ne s'affadisse jamais. Quand on en aurait envie, on pourrait déboucher le flacon et on revivrait l'instant passé."

  Dès lors, on s'abandonne avec une délectation presque coupable à cette histoire de fantôme où la mémoire conservée d'une défunte en ses murs se fait plus effrayante encore qu'un esprit sortant de la tombe. Cette mémoire, égrainant des indices comme le petit Poucet ses cailloux, nous invite à remonter sa piste sans désir de retour. Et ce même si l'on sait l'issue fatidique.
  Un effet puissant mais tellement inattendu lorsqu'on feuillette les pages : l'écriture parait tellement proprette, tellement soutenue, presque trop sage, qu'on ne s'attend pas à sombrer dans une telle noirceur. A grand coups de phrases exquises, Daphné du Maurier, d'un style toujours impeccable et rutilant, parvient à évoquer les aspirations et les passions les plus noires : derrière son phrasé charmant enflent une sexualité dérangeante, des personnalités provocantes, et un mal insidieux. Tout est à la fois sous-jacent et tellement omniprésent. A l'image de Rebecca elle-même, en fait.


D.du Maurier.

"L'âme adulte peut mentir avec une conscience tranquille et un air joyeux, mais en ce temps-là, une ruse minime écorchait la langue."

  Avec ce chef-d’œuvre incontesté, Daphné du Maurier, femme très ambiguë, a certainement mis beaucoup plus d'elle dans ce livre que dans n'importe quel autre. Elle réutilise à merveille les codes du gothique à la Brontë mais en les agençant différemment, et s'inspire à la fois des intrigues sociales à la Jane Austen, qu'elle cite des ses grandes influences (un aspect que l'on retrouve dans la vide domestique et domaniale mixant les classes sociales, rythmée des inter-relations et sentiments de ses protagonistes). Au croisement de ces inspirations, Daphné du Maurier signe un thriller psychologique qui a marqué son époque et continue de fasciner, sans jamais pâtir ses années : un récit équivoque et entêtant.

Rebecca dans sa version théâtrale, avec M.Rutherford en Mrs Danvers.

" J'aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte"

En bref : Une intrigue profondément psychologique, un conte sombre hérité du gothique mais magnifié par l'écriture toute en ambiguïté d'une grande auteure. Une histoire de fantôme d'un nouveau genre, intemporelle et capiteuse.


Et pour aller plus loin...