mardi 23 décembre 2014

Un premier Automne au Terrier...






  Oyez, Oyez braves gens,

   le nouveau post traditionnel saisonnier est arrivé! Avec le commencement de l'Hiver le weekend dernier, l'heure est venue de faire l'habituel petit retour sur l'Automne qui s'est écoulé : le tout premier passé dans mon nouveau terrier! Eh oui, plus de saule pleureur pour marquer les changements de cycle et tout un univers à se recréer suite à l'emménagement en fin d'été... au programme : Tapis de feuilles, murs de brouillard, et pommes empoisonnées...





Tapis de feuilles mortes et murs de brume...


  Car il faut le dire, mon nouveau chez moi pourrait se situer en plein Whitechapel du XIXème qu'il n'y aurait pas plus de brouillard! J'ai pu profiter, à l'occasion de cet Halloween 2014, d'une ambiance que mon imagination (jamais) trop enthousiaste et un peu barrée ne pouvait qu'assimiler à Conan Doyle et Dickens. Au détour de promenades dans une purée de pois à couper au couteau (imaginez -véridique!- un réel rideau complètement opaque toujours placé à un mètre de distance!), je me suis délecté du plateau de mon nouveau petit village, entre ruines médiévales et silences fantomatiques on ne peu plus appropriés. Feuilles écarlates, passages étroits s'engouffrant entre des arbres tortueusement burtoniens, cimetières aux allures de cités mortuaires victoriennes... Non vraiment, ce n'était pas une mauvaise chose d'avoir une panne de voiture pour me bloquer ici cet Automne!



L'occasion de popoter et bricoler... thème transversal : cucurbitacées et pommes empoisonnées!


Risotto d'épeautre au potimarron. On notera en même temps les casseroles vintage et cette sublime balance, 
enfin acquise après s'être faite ardemment désirée depuis de nombreuses années de rêveries culinaires...

  En effet : coincé comme dans un huit-clos Agathachristien à Saint Merry-Mead à la suite de soucis automobiles, ne restait plus qu'à occuper la saison d'Halloween en mettant à profit les idées culinaires et le contenu du garde-manger. Le placard rempli de courges de toutes sortes fournies par le potager de Daddy, votre humble serviteur lapin dévoreur de livres et de verdure a trouvé à détourner potirons, citrouilles et potimarrons sous leurs différentes formes (sans oublier de conserver les graines, pour d'éventuelles recettes!). Au menu : Risotto de petit épeautre au potimarron rôti, pizza potimarron-chèvre, ou encore gratin de fenouil et potiron... Côté sucré, je me suis essayé aux muffins au chocolat Milka et à la confection de tablettes de chocolats de dégustation, garnies de différents ingrédients gourmands : noisettes/raisins secs, ou encore amandes/cranberries =P

 
 Gratin fenouil/potiron, muffins au milka, pizza potimarron-chèvre frais...

 ...graines de courges, et tablettes de chocolat de dégustation home made.


  Pour ce qui est du bricolage, j'ai passé une bonne partie de la saison à confectionner le traditionnel colis d'Halloween de la génialissime et pétillante Pouchky/FicelleForever! Le thème de cette année : Wicked Spindle & Poisonned Apple ; Quenouilles ensorcelées et pommes empoisonnées (ou : Deux Grandes Figures de la Vilénie faite femme). Vous aurez deviné qu'ils s'agissait de mettre à l'honneur ces deux grandes "Méchantes" que sont La Reine de Blanche-Neige et la Sorcière de La Belle au Bois Dormant. De quoi nourrir la créativité :

 Mais que contient ce colis hautement maléfique?
 Du thé pomme/églantier, des bonbons artisanaux à la myrtille, une tablette de chocolat maison,
un compagnon emplumé, une pomme empoisonnée, le véritable coffret de la Méchante Reine,
des lunettes de soleil dignes d'une Méchante des temps modernes, le roman Fairest of all, des
paperdolls à monter soi-même, quelques films on ne peu plus appropriés au thème...

 Et dans le coffret? Le cœur de Blanche-Neige? 
Non, rien d'aussi sanglant, mais ces quelques bijoux faits mains...


La voiture est réparée? C'est l'occasion de bouger et de faire le plein pour sa bibli...


  Et pour cela, quoi de mieux que de s'offrir un petit tour des différents salons du livre? Le salon jeunesse de Troyes, le salon du livre de Chaumont ou encore celui jeunesse de Montreuil : un joli petit périple pour de chouettes rencontres (Cher Eric Boisset, je te salue bien bas et bien chaleureusement ;) ) mais aussi retrouvailles : Les membres de l'Autre Moitié du Ciel à Chaumont, ou encore l'occasion d'aller faire un coucou à Fofo, amie fantôphile et personnalité littéraire de grande qualité.
  Et puis bien évidemment, on allait pas revenir les mains vides! Petit tour des acquisitions glanées au détour des salons, librairies ou cadeaux cet Automne. Du salon de Troyes : Un Rouge Rubis à offrir à Lou, La Messagère de l'au-delà de M.Hooper, J'ai laissé mon coeur dans les brumes d'Edimbourg, qui m'avait follement tenté depuis que présenté par MyaRosa, idem pour la fille du marais . Rapporté du salon de Montreuil : Le dernier de B.Lacombe, Marie-Antoinette (et son sac assorti en cadeau!), La peur du louvres, une "BD dont vous êtes le héros" de Y.Pommeaux (un auteur/bédéiste qui a illuminé mon enfance au temps où j'étais abonné à Astrapi), la BD des Orangers de Versailles d'après A.Pietri, Le val de la morte embrassée, de M.Honaker (qu'il me tardait de retrouver après l'avoir découvert avec Carabosse), ainsi que le second tome des Charmettes, dédicacé pour le Noël de Lou. Charmettes, d'ailleurs, dont j'avais apporté mon propre exemplaire du troisième tome afin de le faire celui-là aussi estampiller de la main de l'auteur ;). 
  Du côté des acquisitions "hors salon", nous avons les (trop nombreux) cadeaux de (la très généreuse) Fofo *_* :  Comme un roman de D.Pennac (acheté entre deux RER et à quelques minutes de repartir en train, offert de façon anecdotique à la fin d'un weekend parisien marqué de papotages livresques), les trois derniers tomes de Lily, de H.Webb, ainsi que les deux premiers de la toute nouvelle série de la même auteure, Maisie Hitchins (ou les gentilles enquêtes d'une gamine pleine d'imagination en plein cœur du Londres victorien) =P. Enfin bref, me voilà gâté! =D.
  Terminons avec les divers autres achats de la saison : le Lily Goth de C.Riddell, et toute sa série des Appoline dans la foulée(Benh oui, forcément, je n'allais pas faire les choses à moitié...*ahem*). Côté sorcellerie, je me suis ré-ga-lé de l'ultime tome du Livre perdu des sortilèges : Le nœud de la Sorcière, de D.Harkness, avant de tenter une nouveauté jeunesse d'origine allemande, Les Sorcières d'Astria. Enfin, n'oublions pas la dernière trouvaille en date pour l'étagère collector "Chapeau Melon & Bottes de cuir", à savoir un nouveau comic-book en trois albums inspiré de la série télé, Steed & Mrs Peel, we're needed... Forcément, il était difficile de résister bien longtemps ^_^'.



  Alors comme on s'en doute, tout cela vient compléter une PAL déjà bien trop haute et ce malgré mes bonnes résolutions d'être plus raisonnable... Mais, oh, zut après tout, ce n'est pas comme si je vendais mon âme au diable dans des achats futiles (*cherche-t-il à se convaincre*), pas vrai? De la nourriture pour l'esprit, vous dis-je, si ce n'est de la bonne distraction en perspective pour affronter l'hiver! Alors hop, on relance la chaudière, on sort les snoods de la commode et on remonte les décorations de la cave. On s'installe au chaud au pied du (faux) sapin, on se sert un bon thé aux épices et je vous donne rendez-vous d'ici quelques semaines pour l'article saisonnier récapitulatif de Noël! =P

Un arbre à citrouilles? On y croirait presque (kakis dans Paris, si, si...)

mardi 2 décembre 2014

La Trahison (La Maison du Magicien #3) - Mary Hooper.

 The Betrayal, Bloomsbury Publishing, 2009 - Editions Gallimard Jeunesse, trad. de Bee Formentelli, 2011.

   Londres! Lucy, envoyée en éclaireuse préparer la venue du magicien et de sa famille, découvre tout excitée la capitale. elle profite même de cette liberté pour rejoindre une troupe de comédiens. Près du palais, la jeune fille croise son ami Tomas, en charmante compagnie. Lucy est peut-être jalouse, mais l'intérêt de l'intrigante dame d'honneur pour les bijoux de Sa Majesté Elizabeth 1re est plus que suspect. Une enquête s'impose... 


  Après La Maison du magicien et Espionne de Sa Majesté, retrouvez l'intrépide Lucy dans le dernier tome de la trilogie. Une histoire captivante, à l'atmosphère pleine de charme, mêlant intrigues et sentiments.

***

  Toujours très friand d'intrigues élisabéthaines, je n'ai pas attendu bien longtemps avant de poursuivre la saga entamée avec La maison du Magicien, puis Espionne de sa Majesté. Cet ultime opus sonne donc la fin du cycle trépident dont je n'ai cessé de vous vanter les nombreuses qualités cette année, un tome final qui ne manque pas de piquant!
  Car c'est là une apothéose que l'auteure nous offre, elle qui aura marqué sa trilogie d'une gradation sur tous les points, tant stylistiques que scénaristiques. En effet, le premier tome, très court, nous introduisait dans le milieu strictement domestique de l'époque et la présence de la Reine était encore bien lointaine. Le second opus, celui-là, était un cran au-dessus : la trame, plus palpitante et plus riche encore historiquement, faisait introduire progressivement l’héroïne dans le milieu de la noblesse de par son statut de psoeudo-espionne. Et enfin, cet ultime chapitre, qui vient achever à merveille la progression instaurée puisque Lucy est cette fois au cœur même de l'histoire, de la Cour et du bouillonnement du Londres Élisabéthain!

 Le Londres bouillonnant du règne élisabéthain.

  Choisissant la Capitale et la Cour du palais de Whitehall comme cadres de son intrigue, Mary Hooper ne laisse aucun répit à son lecteur et l'entraine avec sa jeune protagoniste à la rencontre des multiples visages de cet univers : L'Angleterre royale d'un côté, avec ses codes et ses banquets, et l'Angleterre théâtrale et artistique de l'autre, avec ses premiers spectacles de rue et l'avènement du théâtre shakespearien. Une fois encore, ce décor foisonnant est sujet à retracer toute une réalité sociale, à laquelle le jeune (comme le plus âgé, d'ailleurs) lecteur se voit initié sans s'en même le réaliser, accédant ainsi à une foule de connaissances.
 Le riche décor du palais de Whitehall.

  Le statut de la femme est par ailleurs toujours largement exploité et étudié : Cette dernière n'ayant pas le droit de jouer sur scène à l'époque, Lucy s'infiltre au sein d'une troupe en se travestissant en jeune homme, ressort scénaristique qui rappellera aux cinéphiles l'excellent Shakespeare in love, mais qui évoque aussi un très célèbre roman jeunesse anglais : Clue for Treason. Ce classique raconte la palpitante aventure d'un jeune garçon et d'une jeune fille travestie pour intégrer une troupe de théâtre élisabéthain qui tentent tous deux de déjouer un complot contre la Reine Vierge! A n'en pas douter, Mary Hooper opère certainement là un clin d’œil à cet immanquable de la littérature d'Outre-Manche.
Le début du théâtre de rue à l'ère élisabéthaine.
  Côté historique, cet ultime tome est encore plus fouillé et on se retrouve au cœur même des événements phares du règne d'Elizabeth! Si les dates n'avaient jamais été très précises jusqu'ici, le banquet au cours duquel est annoncé l'exécution de Marie Stuart nous permet de situer l'intrigue en 1588, Âge d'Or bouillonnant de la Virgin Queen. L'omniprésence de la Cour nous rend par ailleurs plus proche que jamais de ses hautes figures ; aussi trépigne-t-on de joie dès que l'on croise Sir Francis Drake ou encore le fameux Robert Dudley au détour d'un corridor! Les événements retracés m'ont ainsi particulièrement renvoyé à ceux racontés dans le très esthétique film Elizabeth, l'âge d'or avec Cate Blanchett : chaque nouvelle page lue me renvoyait à son atmosphère médiévale léchée et capiteuse si délectable!

L'exécution de Marie Stuart.

  Enfin, l'intrigue, palpitante et plus audacieuse que les deux opus précédents, nous entraine dans l'univers plein de faux semblants et de sournoiserie de la noblesse, ses complots et ses rumeurs, tout en laissant la part belle au romanesque grâce à l'approche intimiste et la narration faite par la douce Lucy elle-même.


  En bref: Un ultime tome qui sonne comme une apothéose pour cette trilogie : complots de Cour, réalismes historique et social, romanesque, aventure... tout y est culturellement et littérairement parlant. Un bijou de littérature jeunesse!



Pour aller plus loin: 

jeudi 27 novembre 2014

Un weekend prometteur : Pedro Rabbit monte à Montreuil!

Pas besoin d'en écrire des tonnes, juste un bref billet de blabla pour faire tenir mon impatience:

Demain, une fois la journée de travail terminée, ce sera direction Montreuil! Pourquoi? Bah, on se le demande! =P


samedi 15 novembre 2014

Le treizième conte - Diane Setterfield.

The thirteenth tale, Atria Books, 2006 - Éditions Plon (traduction de Claude et Jean Demanuelli), 2006 - Éditions France-Loisirs, 2006 - Éditions Pocket, 2007, 2008, 2011.

  Vida Winter, auteur de best-sellers vivant à l'écart du monde, s'est inventé plusieurs vies à travers des histoires toutes plus étranges les unes que les autres et toutes sorties de son imagination. Aujourd'hui âgée et malade, elle souhaite enfin lever le voile sur l'extraordinaire existence qui fut la sienne. Sa lettre à sa biographe Margaret Lea est une injonction : elle l'invite à un voyage dans son passé, à la découverte de ses secrets. Margaret succombe à la séduction de Vida mais, en tant que biographe, elle doit traiter des faits, non de l'imaginaire ; et elle ne croit pas au récit de Vida. Les deux femmes confrontent les fantômes qui participent de leur histoire et qui vont les aider à cerner leur propre vérité. 

  Dans la veine du célèbre Rebecca de Daphné Du Maurier, ce roman mystérieux et envoûtant est à la fois un conte gothique où il est question de maisons hantées et de sœurs jumelles au destin funeste, et une ode à la magie des livres.

   Diane Setterfield, spécialiste d'André Gide, vit à Harrogate (Yorkshire). Le Treizième Conte, son premier roman, vendu dans 34 pays, est devenu d'emblée un best-seller, en particulier aux Etats-Unis où il est entré n° 1 sur la liste du New York Times.

***
"Les mots ont un étrange pouvoir. Entre des mains expertes, manipulés avec adresse, ils vous retiennent prisonnier. S'enroulent autour de vos membre comme une toile d'araignée, et quand vous êtes ensorcelés au point de ne plus pouvoir faire un geste, ils vous transpercent la peau, s'infiltrent dans votre sang, paralysent vos pensées. Au dedans de vous, ils accomplissent leur magie."

   Découvert il y a de cela environ 6 ans, ce roman, maintes fois évoqué par delà ce blog, reste à nos yeux LE livre, LE coup de cœur, inégalable et indétrônable.

Couvertures des éditions espagnole, indonésienne, et anglaise.

"Une naissance n'est pas vraiment un début. Notre vie, à son commencement, ne nous appartient pas réellement. Elle n'est que la continuité de l'histoire de quelqu'un d'autre."

  Margaret Lea, jeune femme solitaire et secrète, partage son quotidien entre la librairie familiale et ses écrits biographiques posthumes d'hommes de lettres renommés. Aussi quelle n'est pas sa surprise lorsque l'auteure la plus célèbre de Grande Bretagne, Vida Winter, l'envoie chercher pour rédiger ses mémoires. D'autant qu'à chaque interview qu'elle ait donnée précédemment, l'écrivaine s'inventait une toute nouvelle vie, laissant planer un épais brouillard sur son existence. Quel but vise-t-elle aujourd'hui? Un coup de publicité? Vida Winter n'en a pas besoin : en tête des meilleurs ventes depuis 60 ans, la mystérieuse femme préfère éviter la foule et vit d'ailleurs recluse dans un austère manoir anglais. Mue par une étrange curiosité et un appel presque viscéral, Margaret cède et, comme sous l'effet d'un sortilège, rejoint Vida Winter. Là, la femme en réalité à l'article de la mort a décidé de confier la vérité. La vérité et ce conte inédit, ultime histoire manquant à son plus célèbre recueil de nouvelles : 13 contes de la métamorphose et du désespoir, qui ne comptait en fait que douze récits. Ce conte, c'est le sien, celui de sa naissance, de sa vie, et de sa mort. Un conte oppressant et saisissant au croisement de manoirs victoriens, de jumelles criminelles et de monstrueux secrets de famille ; une histoire de fantômes qui la hante depuis bien trop longtemps.

"Les vies humaines ne sont pas des bouts de ficelle que l'on peut démêler d'un nœud d'autres bouts semblables pour les tendre bien droit.  La famille est une toile d'araignée. Impossible d'en toucher une partie sans en faire vibrer la totalité."


  Le Treizième conte est une toile d'araignée dans laquelle le lecteur féru de littérature à l'anglaise et de classiques gothiques se laisse capturer comme une mouche. Diane Setterfield, que l'on ne peut qu'assimiler à son personnage de Vida Winter, nous happe dans une trame débordante de références : des Sœurs Brontë à Daphné Du Maurier, de Henry James à Poe sans oublier Dickens, elle nous emprisonne dans un univers fait de clairs-obscurs, de tentures poussiéreuses, de jardins anglais et d'atmosphères capiteuses. Comme Hansel et Grëtel avec la maison de pain d'épice, on s'engouffre avec une boulimie littéraire dans cette histoire étourdissante et addictive, tout en sachant qu'elle est sans retour.


"Le temps que nous nous éveillons à nous-même, nous sommes déjà des petits enfants, et notre venue au monde nous donne l'impression de s'être produite une éternité plus tôt, au début des temps. Nous sommes alors comme ceux qui arrivent en retard au théâtre : il nous faut rattraper ce retard de notre mieux et deviner le début à la lumière d'événements ultérieurs."

  Pris lui aussi dans le huis-clos du manoir au chevet de Miss Winter, le lecteur se laisse hypnotiser. On entend presque le timbre rocailleux de sa voix, le souffle bientôt éteint de sa respiration ; on perçoit le reflet écarlate de sa chevelure et le drapé cachemire de son étole... ensorcelé, groggy et prostré comme l'enfant qui attend la chute du conte avant le sommeil.  Goutte de sueur glacée qui nous transperce jusqu'à la moelle, ce roman aborde d'une plume magistrale le thème des secrets de famille et vient titiller notre perception tant psychologique que métaphysique de la chose, de manière aussi viscérale que sublime. Touchant presque à la psychogénéalogie, Le treizième conte montre qu'en fait de fantômes revenus d'entre les morts, les non-dits se muent en de réels spectres qui peuvent nous hanter sur plusieurs générations.

"Demandez à un enfant de vous raconter sa naissance, et il vous racontera une histoire. Et rien n'est plus révélateur qu'une histoire." 

 Couvertures des éditions italienne, portugaise, et de la réédition française chez pocket.

  Encensée par la critique, cette œuvre inégalée a entrainé à sa suite toute une littérature contemporaine jouant des codes classiques du gothique et du thème des secrets familiaux transgénérationnels. Si Katherine Webb et Kate Morton se sont fort bien illustrées dans cette veine, aucune n'a encore atteint l’excellence de Diane Setterfield. L'adaptation cinématographique du treizième conte, longtemps attendue par les lecteurs, s'est vue baladées de mains en mains pour ne rester qu'à l'état de projet... jusqu'en 2013. Si la publicité n'a pas résonné jusque chez nous, la BBC a bel et bien donné naissance - enfin!- à une adaptation télévisée malheureusement encore inédite dans l'hexagone.

"Il ne peut y avoir de secret dans une maison où il y a des enfants."

 Trailer du téléfilm The Thirteenth tale, adapté du roman par la BBC en 2013.


En bref: Monstrueux et sublime, déstabilisant et hypnotique, le Treizième conte est tout cela à la fois. Un pure chef-d’œuvre de littérature contemporaine qui rend justement hommage aux classiques tout en exploitant astucieusement le thème des secrets de famille. Une intrigue à tiroirs feutrée et angoissante dont on ne ressort pas indemne.




Et pour aller plus loin: