lundi 22 juillet 2013

Diplomé!

  Petit article de blabla pour annoncé la nouvelle... Depuis le temps que j'ai râlé après le peu de temps libre que me laissaient mes études et ma formation en alternance, il fallait bien que je vous clavarde la joyeuse conclusion de cette épopée.


Pierre Lapin révisant d'arrache-pied pendant que Madame Lapin prépare le ravitaillement.

Car ça y est!

Trois ans, trois ans de formation, trois d'études.
Trois ans de trajets entre les diverses alternances, de locations à la petites semaines et de cohabitations inattendues.
Trois ans d'écrits, de dossiers, de rapports, d'entrainements aux épreuves certificatives.
Trois ans de stage, trois structures différentes et autant de nouveaux rythmes à reprendre à chaque nouvelle expérience.
Trois ans de rencontres, plus ou moins bonnes, plus ou moins mauvaises, parfois tristes, souvent extraordinaires, toujours enrichissantes.
Trois ans de pression, de questions, d'angoisse, puis de soulagement.
Tout ça, conclu avec un mémoire qui a nécessité neuf mois de grossess... euh, de travail.

Et tout ça pour dire que oui, ça y est, je suis diplômé! =D *Happy*


Et en plus, carotte sur le gâteau, dès la rentrée, j'attaque mon premier emploi! Tadaaa (bon, CDD en temps partiel, mais c'est un début!).

samedi 13 juillet 2013

Des larmes au Paradis - Annie Kochert

Éditions Qui vit lit, 2011 - Éditions France Loisirs, 2013.

  Une porte dérobée, deux photographies anciennes montrant une mystérieuse jeune femme… De quoi intriguer Chrystel et Samuel, installés depuis peu au manoir familial du Paradis, dans le Minervois. Le jeune couple enquête et le passé remonte à la surface.
   1900, Amandine, une jeune servante au destin tragique. Humiliée, abusée par son maître, celle-ci aura une revanche d'outre-tombe que rien ne laissait présager. Suspense et émotions sont au rendez-vous.

 
Oscillant entre deux époques différentes, Annie Kochert nous plonge avec brio dans une véritable enquête que la simple découverte de deux photographies va enclencher. Menée de nos jours, elle trouvera une réponse qui se situe bien au-delà du temps. Le lecteur se laisse séduire par cette jeune servante au destin cruel. Du suspens aux émotions les plus fortes, une kyrielle de sentiments se succède dans ce roman écrit avec un style à la fois simple et authentique à l’image de son auteur.


  Arrivé au terme de la saison chez France Loisirs, un courrier est venu rappeler qu'il fallait y choisir un ouvrage avant le prochain catalogue. Moi qui passe régulièrement chez eux, j'étais persuadé d'avoir déjà fait mon acquisition du printemps et ne m'étais pas penché plus avant sur les autres trésors de leur boutique. Ce fut l'occasion d'essayer ce roman, issu de la littérature régionale et auparavant publié aux petites éditions "Qui vit lit". Ayant été dernièrement quelque peu déçu par le ton très "roman du terroir" de Ainsi Puis-je mourir, je tendais un peu le dos, mais Des larmes au Paradis était présenté comme un vrai "coup de cœur" de France Loisirs et le résumé avait tout de prometteur. Il faut reconnaître qu'on penserait presque avoir là une alternative française aux romans de Kate Morton ( Les heures lointaines en tête de liste) ou encore aux éléments qui ont fait le succès de livres tels que l'écho de ton souvenir ou le treizième conte de Diane Setterfield : secrets de famille, manoir ancestral, réminiscences du passé... Bref, tout ce qui me ravit et que je recherche dans une lecture. Alors, Des larmes au Paradis, et si c'était bien?

Couverture de la première édition, chez "Qui vit lit".

  Parlons peu mais parlons bien (en partie parce que j'en retiens tellement peu d'éléments positifs que je veux conclure cette chronique aussi vite que possible), que ceux qui s'attendent à du Kate Morton ou du Diane Steerfield à la française passent leur chemin. On en est loin. Très loin. Que ceux qui veulent un bon roman palpitant sur les secrets de famille passent leur chemin aussi. Honnêtement, pour ma part,  l'encéphalogramme reste plat du début jusqu'à la fin.C'est difficile de rentrer dans une critique négative constructive et je n'aime pas tomber dans le lynchage gratuit (je me dis que si j'étais l'auteur, j'aimerais au moins savoir ce qui n'a pas fonctionner avec tel ou tel lecteur), je vais donc tâcher d'exprimer mes ressentis le plus simplement et objectivement possibles.

  En commençant ce roman, j'y ai vu plein d'éléments prometteurs: l'arrivée du couple dans le manoir familial, la découverte d'une pièce secrète -sorte de vieux cellier- dissimulée derrière un mur, et la trouvaille qu'ils y font: de vieilles photographies du début du siècle dernier, représentants les gens de maison et le maître du domaine de l'époque. Chose étrange: les annotations au dos des clichés et les noms qui y sont évoqués ne correspondent pas à l'histoire du manoir que Chrystelle et Samuel connaissent et tiennent du grand-père de ce dernier. Leur aurait-on menti sur les origines familiales? Plus bizarre encore, la jeune domestique sur la photographie est le portrait craché de Julie, leur pétillante fille de 14 ans. Celle-ci se prend d'une soudaine passion pour ce mystère et se met en tête de le résoudre, en même temps que sa mère Chrystelle souhaite également y faire toute la lumière. Ces recherches, qui se déroulent de nos jours, sont dès lors entrecoupées du quotidien d'Amandine, la jeune fille de la photographie. Avec elle, le lecteur est plongé dans la France rurale des années 1900 et sa vie de domestique nouvellement arrivée au manoir...

  Vous êtes sûrement -tout comme je l'ai été- alléché par ces quelques bribes de l'histoire, qui laissent réellement imaginer une intrigue de recherche familiale fascinante, voire même un petit penchant vers la psychogénéalogie, un peu à la façon de L'armoire des robes oubliées. Mais rien ne prend, rien ne vient et on attend sans jamais décoller. J'ai eu le sentiment que, pendant toute ma lecture, à faire la comparaison avec d'autres romans utilisant les mêmes thèmes, l'auteur passait à côté de ressorts scénaristiques et narratifs qu'il aurait été passionnant d'exploiter, mais qu'elle s'est finalement contentée du minimum, de raconter le tout en "restant en surface". Les personnages ne sont pas fouillés, agissent et réagissent de façon calquées, s'expriment avec des expressions "classiques", "toutes faites", que personne n'utilise réellement dans un quotidien normal ("Oh, flûte alors", "Je m'en moque comme de ma première chaussette"...). Le tout serait merveilleusement crédible dans un Club des cinq ou un vieil album de Martine, mais pas là. Le style est, par là-même et dans l'ensemble, assez fade et ne se démarque pas par une plume particulière. La narration semble se concentrer sur un seul personnage avant de venir soudain omnisciente, révélant tout des pensées et motivations de chacun, ne laissant planer aucun doute ni mystère sur les divers protagoniste et enlevant tout réalisme ou tension dramatique. Contrairement à ce qu'indique le résumé, il n'y a aucune "vengeance d'outre-tombe" ou réelle atmosphère gothique et fascinante que ce soit, et le tout est extrêmement prévisible.

  Comme je l'ai déjà dit, je suis plutôt bon public (enfin, "bon lecteur"), et j'ai tendance à toujours trouver des points positifs à une lecture... mais là, mille excuses, je n'y arrive vraiment pas... sorry!

samedi 6 juillet 2013

Night School, livre 2 : Héritage - C.J.Daugherty

Legacy (Night School #2), Atom, 2013 - Éditions Robert Laffont, collection "R", 2012.

Ne faites confiance à personne...

Humiliée de devoir la vie sauve à d'autres qu'elle-même, et consciente que sa vie demeure inextricablement liée à de terribles enjeux encore très flous pour elle, Allie finit par rejoindre les rangs de la Night School. Commence alors le véritable travail. La Night School combine des cours de self-défense aux cadences infernales, ainsi qu'un entraînement à la survie faisant appel à beaucoup de stratégie. A Cimmeria, les pensionnaires apprennent à vivre comme les personnages de pouvoir qu'ils sont appelés à devenir, que ce soit politicien, cadre de haute volée ou capitaine d'industrie. Et le message de la Night School est clair : pour pouvoir dominer le monde, il faut renoncer à sa vie propre et se dévouer corps et âme à l'Organisation...

Une saison pour s'aimer, une saison pour mourir... 


  Attention à ceux qui n'ont pas lu le premier tome, cet article pourrait comporter quelques spoilers et gâcher l'effet de surprise ;-). A vos risques et périls, donc! :-P

Trailer officiel de Night School : legacy.

  Alors que j'avais sauté l'an dernier sur le premier tome de Night School après le premier opus de Hantée, je suis le même rythme cette année en enchaînant les suites de ces deux séries. Night School, rappelez-vous, c'est cette jeune rebelle du nom d'Allie, envoyée par ses parents dans un pensionnat old school perdu en pleine campagne anglaise, histoire de lui inculquer un peu plus de rigueur. De là, Allie découvrait que l'internat en question masquait de sombres secrets et que derrière la façade gothique de l'établissement se tramaient manipulations d'Etat, machinations, et autres sociétés secrètes aux motivations douteuses. De retour à l'école de Cimmeria pour la rentrée de Septembre après y avoir passé quelques semaines pendant l'été, Allie est désormais dans la confidence de ce qui s'y trame et, compte-tenu des liens familiaux qui la relient étroitement à ces agissements secrets, se trouve plus que jamais concernée. En grand danger, elle est ainsi autorisée à rejoindre les bancs de la Night School, la fameuse classe secrète interne à l'établissement, qui dispense à ses adeptes un entrainement tout spécial pour rejoindre plus tard les hautes sphères du pouvoir, mais aussi apprendre à se défendre. Bien qu'elle n'aie pas le niveau des autres élèves, Allie se montre motivée et volontaire... Mais l'adolescente doit aussi affronter ce qui fait la vie d'une jeune fille: bien qu'amoureuse de Carter, elle est toujours aussi troublée par Sylvain et doit affronter les pics et la condescendance d'autres élèves. Quant à Gabe, le camarade qui les a autrefois trahis pour rejoindre les ennemis de Cimmeria, il refait surface accompagné de ses nouveaux alliés, le perfide Nathaniel en tête. Parmi eux se trouve également le frère d'Allie, qui veut la convaincre de l'honnêteté de leurs actes... La jeune fille saura-t-elle choisir son camps?


 Couvertures de l'édition originale anglaise, de l'édition italienne, 
de l'édition allemande, et de l'édition israélienne.

  Exploitant le thème des saisons successives, chaque couverture française de Night School nous propose une nouvelle atmosphère: Après la chevelure écarlate d'Allie et le flou caniculaire illustrant l'été indien pour la couverture du tome 1, nous voilà en pleine ère automnale. Si la photo a tout d'alléchant et promet une suite au moins aussi bien que l'opus inaugural, je n'ai finalement pas été si emballé que cela. Voire même carrément déçu! Explications: Ce tome 2 commence sur les chapeaux de roue, avec une scène introductive qui nous plonge sans préambule dans l'action et le vif du sujet. Seul problème: cela faisait un an que j'avais lu le premier livre, et j'ai réalisé que certains éléments et personnages de l'histoire m'étaient plus ou moins sorti de la tête. Là où Maureen Johnson sait par exemple faire quelques piqures de rappel ou résumé de l'épisode précédent pour rafraîchir la mémoire des lecteurs plongés dans le tome 2 de Hantée, C.J.Daugherty nous laisse nous enliser dans une énumération de faits, d'événements et de personnages dont il ne nous reste qu'un vague souvenir et dont, par la même, on perd peu à peu le fil.

  "Pas grave, me suis-je dit, ça va revenir... et puis il reste la qualité de l'intrigue et de l'écriture pour rattraper ce petit moins". Mais non, même pas. Allie étant désormais dans le secret de ce qui faisait LE grand point d'interrogation du tome 1, il y a moins (voire pas du tout) d'élément mystérieux suscitant ne serait-ce qu'une once de suspens et d'effet de surprise. Plus de doute, de questionnement ou d'interrogations successives face aux événements troublants qui se déroulent dans l'enceinte de l'école. Le lecteur intègre la Night School par l'intermédiaire d'Allie, et autant dire qu'il s'y ennuie ferme. Moi, en tout cas, je m'y suis ennuyé. Adieu l'atmosphère "brivate boarding school" que j'aimais tant dans le premier tome, et ce petit côté "Disparus de StAgil" à la sauce XXIème siècle. Passé l'attrait de la nouveauté, il y a finalement peu de choses positives que je retiens de ce second opus.

Blason de Cimmeria, imaginé pour la saga de romans par l'auteure.

  J'avais apprécié la complexité du personnage principal mais de ce côté là aussi j'ai du revoir mon opinion: Même Allie semble s'être affadie et témoigne de la même épaisseur qu'une feuille de papier à cigarette. L'auteure, comme à cours d'idée, l'illustre principalement dans des intrigues secondaires typiques du lycée, faites d'amourettes, de ragots et de chamailleries ridicules. Sans être choqué (il m'en faut plus, quand même), j'ai trouvé qu'il y avait un peu trop de vulgarités, comme si c'était là le seul moyen syntaxique qu'avait trouvé l'auteure pour prouver que c'était bien à des ados que nous avions affaire. J'ai ainsi trouvé la majorité des personnages très caricaturale, proposant une galerie de portrait faite d’archétypes de la série télé pour ados de base: La fille torturée, la pimbêche populaire, le bad boy, le garçon mystérieux... etc. Un ensemble de personnages au final bien peu digne d'intérêt, et qui se met principalement en scène dans des petites historiettes ridicules et des intrigues amoureuses répétitives et lassantes au possibles (oh, ce foutu triangle amoureux à la noix!). Sans être un roman détestable, Night School : Héritage, déçoit de ne pas tenir ses promesses et la qualité de précédent chapitre, offrant au lecteur une suite sans queue ni tête d'événements insipides et puériles. Seul le dernier quart du livre sauve l'ensemble: lorsque la grand-mère d'Allie, Lucinda, entre en scène à l'occasion du bal d'hiver et les événements palpitants qui suivent la cérémonie. Dommage que ces passages plus réussis et plus captivants ne soient qu'une infime partie du roman...

Plans du domaine de Cimmeria et de l'établissement,conçus par l'auteure.
 
  Au final: je poursuivrai cette série pour avoir aimé les débuts et pour savoir quelle tournure prendront les événements. De plus, si je me fie aux sagas cinématographiques ou aux saisons télévisuelles, il arrive que l'on soit déçu de la suite mais que le troisième film soit une totale réussite! Alors je vais essayé de partir de ce constat et en faire un principe, espérant que C.J.Daugherty fera preuve d'un peu plus d'imagination. Mais honnêtement, j'attends avec plus d'impatience le prochain de la série Hantée, dont le tome 2, à l'inverse de Night School, avait su à mes yeux brillamment relever le niveau!

vendredi 28 juin 2013

Hantée, tome 2 : Un mal souterrain - Maureen Johnson.

Shades of London, book 2 : The madness underneath, Harper Collins Children Books, 2013 - Editions Michel Lafon, 2013.

  Londres est hantée par les fantômes. Une brigade spéciale, les Ombres, constituée de membres ayant frôlé la mort, est chargée de les empêcher de nuire.

  Réchappée des griffes de l’Éventreur, Aurora en garde une terrible cicatrice. À peine remise de cet affrontement, la jeune fille est de nouveau appelée par les Ombres. Elle seule est capable – d’un simple toucher – d’exorciser les esprits maléfiques. Face à la nouvelle vague de meurtres qui agite la ville, l’adolescente est leur unique espoir.
  Aurora se lance alors à la poursuite de ceux qui sèment le chaos avec l’aide de son équipe et tout particulièrement de l’intrigant Stephen. Mais bientôt elle réalise qu’elle aussi est une cible. Car son don est une arme convoitée… Une arme pour laquelle on est prêt à tuer.

...Échapper aux ténèbres...

***
 
    Un an tout après avoir chroniqué Hantée, tome 1: Les ombres de la ville, on s'est précipité sur le second tome, attendu avec autant d'impatience que de curiosité. Attention à celles et ceux qui n'ont pas encore lu le premier opus, cet article pourrait contenir quelques spoilers.

    Lorsque ce second livre débute, nous retrouvons Aurora "Rory" Deveaux installée à Bristol avec ses parents. Quelques mois se sont écoulés depuis sa rencontre avec l’Éventreur, expérience au cours de laquelle elle a manqué de peu de perdre la vie. Depuis, en plus d'être en mesure de voir et communiquer avec les spectres, elle possède aussi le pouvoir de les détruire d'un simple toucher. Soumise à une psychothérapie qui l'insupporte au plus haut point, Rory est persuadée qu'elle est au mieux de sa forme malgré ces événements et souhaite plus que tout retourner à Wexford, son pensionnat de Londres. Lorsque sa psychologue suggère qu'elle réintègre l'école, la jeune fille saute sur l'occasion et reprend les cours, où elle retrouve ses amis Jazza et Jerome. Ainsi que la Brigade des Ombres, cette sombre branche des services secrets chargée de détruire les âmes égarées qui n'ont pas trouvé le repos et qui hantent la ville. Peu à peu, alors qu'elle tente de reprendre le fil d'un quotidien aussi normal que possible, Rory réalise qu'elle ne se sent pas si sereine qu'elle s'efforce de le croire. Approchée par une psychologue du nom de Jane Quaint, Rory lui confie ses secrets, mise en confiance par cette femme aussi originale qu'extravagante. Mais peu à peu, l'altruisme apparent de la thérapeute s'effrite, et ses motivations apparaissent bien plus obscures : Et si son intérêt pour Aurora n'était pas totalement désintéressé?

 
    La fin du premier tome nous avait laissé avec de nombreuses attentes et l'espoir que certains éléments seraient éclaircis, ou tout du moins approfondis. Verdict ? Maureen Johnson parvient à rebondir et à se réinventer tout en creusant le sillon du premier opus. On retrouve tout d'abord Rory avec plaisir : fidèle à elle-même, la jeune fille abreuve le lecteur comme ses interlocuteurs d'anecdotes propres à sa Louisiane natale, masquant le trauma du tome précédent derrière son humour caractéristique. Ce qui apportait de la légèreté dans Les ombres de la ville devient ici une véritable compensation, voire une stratégie d'évitement face aux questions qui lui sont posées et à une thérapie qu'elle n'investit qu'en surface – le personnage se densifie : Rory n'est plus seulement l’archétype de la nouvelle élève sympathique, elle devient un protagoniste à la psychologie de plus en plus travaillée.

Rory devant Wexford, concept-art de Cassandra Jean pour A Madness underneath.


"La normalité, ça n'existe pas (...), c'est un concept défectueux. Cela implique qu'il n'existe qu'une façon d'être fondamentale, à laquelle les gens sont censés se conformer et ça, ce n'est pas possible. L'expérience humaine est bien trop riche."
 
  Question intrigue, on craignait un peu un calque du premier tome (une série de meurtres étranges, une enquête surnaturelle, une confrontation finale, etc.) dont la seule nouveauté aurait été le pouvoir inattendu de Rory à exterminer les spectres d'un seul contact physique. Si la scène d'introduction s'ouvre bel et bien sur un crime perpétré par une force invisible, il s'agit surtout d'un prétexte scénaristique pour amener nos personnages à interroger bien plus qu'une série d'incidents étranges. Plus ténu, Un mal souterrain entraine Rory dans une aventure complexe où, de par son don, elle devient la cible de nombreuses convoitises. Convoitises des services secrets, qui voient en elle une arme fort utile, et convoitises aussi plus obscures, aux desseins encore indéterminés. Manipulations, secte, Histoire, mythologie antique... autant d'éléments qui ponctuent et rythment ce roman de multiples rebondissements. Maureen Johnson élargit petit à petit la mythologie qu'elle a instaurée et laisse entendre au lecteur des enjeux qu'il n'aurait pas suspectés dans le tome 1. Le personnage de Jane Quaint, thérapeute ambivalente aux ambitions douteuses, est l'un des éléments qui apportent tout le sel de ce deuxième opus : extravagante et fascinante, elle présente un potentiel qu'il nous tarde de voir se développer.
 
 
 
    La fin de Un mal souterrain joue parfaitement la carte du cliffhanger : entre une romance naissante (mais qu'on espérait bien voir apparaître depuis un moment) et un événement particulièrement tragique, l'autrice est désormais certaine de nous retenir prisonniers. On cherche, en vain, une page supplémentaire, quelques lignes encore qui nous donneraient un indice... Il faudra pour cela nous armer de patience jusqu'au tome 3, Le cabinet des ténèbres.


En bref : Un deuxième tome qui approfondit les thématiques du premier opus sans jamais faire dans la redite. Plus psychologique, plus intime et plus ténu, Un mal souterrain nous promène dans un Londres brumeux et hanté aux côtés de personnages de plus en plus denses. Maureen Johnson maîtrise d'un bout à l'autre les ressorts dramatiques de son intrigue et laisse le lecteur sur un final tragique en point d'interrogation. Inutile de préciser qu'on attend le prochain tome avec impatience.



Et pour aller plus loin...

jeudi 27 juin 2013

Bal de Givre à New-York - Fabrice Colin

Éditions Albin Michel (Collection "Wiz"), 2011 - Éditions Le livre de poche, 2012.

  Anna Claramond ne se souvient plus de rien. Seul son nom lui est familier. La ville autour d’elle est blanche, belle, irréelle. Presque malgré elle, la jeune fille accepte les assiduités du beau Wynter, l’héritier d’une puissante dynastie. Bal de rêve et cadeaux somptueux se succèdent avec lui mais Anna sent que quelque chose ne va pas. Qu’elle est en danger. De plus, des indices et des messages sont semés à son attention par l’insaisissable Masque, un fugitif recherché. Qui est son ennemi, qui est son ami ? Anna sait qu’elle doit se souvenir. Mais que lui réservera sa mémoire une fois retrouvée ? 




  Voilà plus d'un an maintenant que j'ai lu ce roman, sans trouver le temps d'en publier une chronique sur le blog... Heureusement, j'avais alors pris le temps de noter toutes mes impressions et mon appréciation globale de ce livre pour les publier ici-même dès que l'occasion se présenterait! Le récent commentaire d'une internaute à propos des livres de Fabrice Colin ( Jill, si tu m'entends...;-)!) m'a alors rappelé que je m'étais promis de vous parler de ce roman agréablement surprenant à plus d'un titre.

  Bien avant de l'acheter, j'avais repéré cet ouvrage en librairie mais sans pour autant remarquer qui en était l'auteur. Je me disais d'ailleurs, face à l'apparence très "Princesse des temps modernes" de la couverture, qu'il devait s'agir d'un livre pour la jeunesse sûrement insipide et sirupeux à souhait...et je mérite des baffes pour ces mauvaises pensées! Apprenant que l'écrivain n'était autre que l'excellent et talentueux Fabrice Colin (si, si, celui de La malédiction d'Old Haven, un grand coup de coeur de ce blog), j'ai vite fait demi-tour et mis la main au porte-monnaie sans hésitation aucune! A noter d'ailleurs que les critiques littéraires d'RTL avait encensé l'ouvrage en question, indicateur supplémentaire d'un nouvel écrit de qualité comme sait en faire le Sieur Colin!

 New-York sous la neige... cadre confiné et mystérieux qui donne tout son corps au roman.

  Le premier tiers de la lecture m'a un peu surpris: on évolue dans un New-York hivernal qui semble bien différent de celui que l'on connait, même si l'on ne parvient pas à dire en quoi exactement... au fil des descriptions de la ville semblent poindre des détails étranges, presques anodins mais qui éveillent la curiosité et nous interrogent quand au réel cadre spatio-temporel de l'histoire. New-York nous apparaît comme auréolée de givre, dominée de tours cristallines et autres constructions vertigineuses post-modernes de verre et de métal. Anna Claramond, l'héroïne, se trouve suite à un accident, embarquée dans un conte de fée à la Cendrillon qui la dépasse totalement, avec prince charmant et vie de château à la clef. Mais ce retournement de situation dans son quotidien bien rangé, ajouté à sa mémoire défaillante en raison de l'accident en question, font naitre en elle de nombreux doutes. L'avalanche de scènes romantiques, cadeaux somptueux et bals féériques pourrait être lassante et laisser cette impression "insipide et sirupeuse" que j'évoquais et craignais initialement, mais c'est sans compter sur le talent de Fabrice Colin!

 Le New-York bleu glacé d'Anna...

  Petit à petit et avec la plume toujours si puissante qui le caractérise, l'auteur vient nous titiller d’éléments étranges et autres détails de plus en plus inquiétants qui rehaussent l'intrigue et lui confèrent une réelle qualité. Car apparaissent alors un majordome manchot mais télékinesiste, un kidnappeur qui signe ses forfaits de sonnets de Shakespeare, et des songes qui se matérialisent en chauve-souris si on se laisse aller à rêver! Surprenant et réussi, ce livre m'a captivé d'un bout à l'autre et je me suis laissé emporté avec plaisir dans cette histoire, dont les dénouement inattendu donne tout son sens aux éléments étranges de l'intrigue.

  Dans un tout autre registre que ce qu'il a pu offrir précédemment à ses lecteurs, Fabrice Colin a encore une fois frappé très fort! Un très bon roman que je recommande à tous ceux qui aiment se laisser surprendre par une lecture!



mardi 25 juin 2013

La jeune fille au miroir vert - Elizabeth McGregor

The Girl in the green glass mirror, Bantam, 2004 - Éditions J.C.Lattes, 2008.

  Experte en art, Catherine voit sa vie basculer quand son mari si discret la quitte brutalement, sans explication. Sa rencontre avec John, un architecte solitaire retiré du monde qui souhaite se débarrasser d'une partie de ses tableaux, va bouleverser son existence. Tous deux partagent la même fascination pour l'insolite peintre victorien Richard Dadd, qui passa sa vie dans un asile où il peignit ses plus belles toiles. Alors qu'ils tombent profondément amoureux l'un de l'autre, John montre à Catherine plusieurs œuvres de Dadd dont il a hérité avec sa sœur Helen. Il est temps pour lui de se délivrer d'un lourd secret de famille... 

  Une magnifique histoire sur la transmission des sentiments, où le récit se partage entre l'intrigue contemporaine et la vie mystérieuse du peintre disparu à l'époque victorienne. Un roman poignant sur l'emprise que l'art peut exercer sur nos vies.



  Pour continuer dans les "énigmes artistiques" après vous avoir parlé de l'Ensorceleuse d'Elizabeth Hand, voici La jeune fille au miroir vert, qui me faisait de l'oeil depuis un moment et que je me suis finalement décidé à commander en occasion sur le net il y a peu. Tout comme pour l'Ensorceleuse, il est ici question d'art préraphaélite puisque le peintre mis à l'honneur dans l'intrigue n'est autre que Richard Dadd, représentant renommé de ce mouvement pictural, célèbre pour ces toiles de créatures féériques et représentent du "Petit Peuple".

 Couvertures des éditions grand format et poche originales.


  Si le synopsis avait tout d'alléchant, j'avoue cependant être légèrement déçu. L'histoire se concentre autour de Catherine, jeune femme fraîchement séparée de son époux, ce dernier l'ayant soudainement quitté pour une raison qu'elle ignore et qui la laisse profondément dubitative. Le roman suit surtout la reconstruction de cette femme qui, face à cet événement, fait un retour sur elle-même et sur ses expériences familiales douloureuses passées tout en cherchant à affronter l'avenir. On découvre ainsi comment elle en est venue à s'intéresser au monde des arts pour en faire son métier, ainsi que sa fascination pour Richard Dadd, auquel elle a consacrer un livre. Alors qu'elle traverse ce tournant de sa vie de femme, elle rencontre John, architecte veuf encore hanté par le souvenir de sa défunte épouse et le mal-être d'une sœur cadette suicidaire fichtrement étrange. Alors que John et Catherine se découvrent la même passion pour l'oeuvre de Dadd, ils tombent peu à peu profondément amoureux l'un de l'autre et leur quotidien semble habité, traversé par l'oeuvre de l'artiste. Mais bientôt, Claire, la soeur cadette de John, survient dans leur quotidien en amenant avec elle son lot de troubles... fragile et manipulatrice à la fois, elle fait rapidement comprendre à Catherine que sa famille n'est pas sans lien avec Richard Dadd et qu'un secret depuis longtemps gardé la relie au peintre...


 The fairy feller's master stroke et The child's problem, deux œuvres de Dadd au centre de cette intrigue.

  Comme vous le ressentez probablement vous-même à la lecture de ce synopsis, on ne peut s'empêcher de conjecturer quant à ce que nous réserve ce roman... attendant, langue pendante, LA révélation, LE tournant romanesque, LE retournement de situation... Bref, on s'imagine, tout comme pour l'Ensorceleuse ou Les voleurs de Cygne, un récit captivant mêlant Histoire de l'art, thriller psychologique et énigme picturale... mais non. Le style -néanmoins excellent, il faut le reconnaître- est davantage lyrique et le monde de l'art sert plutôt de toile de fond à la mise en scène et en mots des sentiments amoureux et de l'attachement de deux êtres l'un pour l'autre. Par moment, j'ai eu peur de sombrer dans un récit similaire à Ainsi puis-je mourir et à la déception qu'il avait suscité face à mes attentes de lecteur. Heureusement, les chapitres rétrospectifs consacrés au quotidien de Richard Dadd enfermé à l'asile de Bedlam ajoutent une dimension intéressante, de même que le "mystère artistique" révélé à la fin et ce même s'il n'était pas à la hauteur de mes espérances. Reste cependant l'aura secrète et obsédante du préraphaélisme, qui suffit à elle seule à donner de l'épaisseur à l'histoire et se complète de fort belle manière tout de même à la plume de qualité d'Elizabeth McGregor.

Photographie de Richard Dadd.

vendredi 21 juin 2013

L'ensorceleuse - Elizabeth Hand


Mortal Love : a novel, William Morrow, 2004 - Éditions Denoël, 2007 - Éditions folio SF, 2009.

  Venu à Londres dans l'espoir de terminer son livre sur le mythe de Tristan et Iseult, le journaliste américain Daniel Rowlands s'est installé chez son ami Nick, une rock star avec laquelle il a fait les quatre cents coups au temps du Swinging London. Lors d'un dîner, Daniel rencontre une ancienne maîtresse de Nick, la mystérieuse Larkin Meade, une femme aux pouvoirs de séduction incroyables qui semble connaître sur le  bout des doigts les préraphaélites et le romantisme anglais. Alors que Daniel s'enflamme immédiatement pour cette compagne idéale, Nick le met en garde : le passé de Larkin recèle de lourds secrets... 

  Thriller gothique et sensuel, L'ensorceleuse croise sur plusieurs décennies les destins d'artistes maudits et de leur muse. A travers des personnages imaginaires ou des figures connues comme le peintre Rossetti et le poète Swinburne, Elizabeth Hand reprend à son compte le thème fascinant de l'amour et du désir éternel pour mieux questionner les affres de la création. 


  Bien que je ne sois pas fervent lecteur de science-fiction et, par là même, jamais très attiré par les éditions aux couvertures gris métallique des collections SF, L'ensorceleuse avait retenu mon attention. Pourquoi? Question stupide, me direz-vous, quand on reconnait sous un titre aussi alléchant une reproduction de Beata Beatrix, tableau issu du mouvement Préraphaélite dont je suis un admirateur sans borne! Ma curiosité ainsi titillée, j'avais fait quelques recherche sur le net et appris que Mortal Love (titre original et autrement plus approprié lorsqu'on a lu le roman) relevait plutôt de la fantasy gothique typiquement anglaise plutôt que de la science-fiction (ouf, pas de petits hommes verts à l'horizon, donc!) et avait été couronné de multiples prix et reconnaissances littéraires! Le Préraphaélisme étant au centre de l'intrigue et constituant en cela LA cerise sur le gâteau, je ne pouvais résister à l'appel de ce roman, à classer dans ce que j'aime surnommer les "énigmes artistiques".

Couverture originale...Autrement plus attrayante que l'édition française!

  Le récit débute dans le Londres contemporain, où le journaliste américain Daniel Rowland vient s'offrir une année sabbatique pour se consacrer à un rêve qui le démange depuis longtemps: écrire un récit le plus exhaustif possible du mythe de Tristan et Iseult, en se basant pour cela sur toutes les versions existantes ou les œuvres et documents disponibles sur le sujet en terres britanniques. Il est accueilli chez son ami Nick, rock-star un peu déclinante du Swinging London, qui lui présente la sublime et étrange Larkin Mead. Cette jeune femme à la chevelure de feu et au regard d'émeraude, à la fois fragile et vénéneuse, suscite immédiatement la fascination et la passion de Daniel. Spécialiste ès légendes médiévales et mythes anglo-saxon, Larkin se fait un devoir de guider le journaliste dans ses recherches, lui faisant découvrir l'envers du décor de Londres et ses lieux secrets, où sont cachés manuscrits inestimables et tableaux préraphaélites légendaires. D'où la jeune femme tient-elle ces reliques? Comment en connait-elle autant sur l'univers des préraphaélites et leurs travaux? Quels sombres secrets dissimule-t-elle? Tour à tour effrayante et attirante, le pouvoir de séduction qu'elle semble exercer malgré elle sur Daniel le possède totalement, au point que très vite, il sombre dans une folie inexplicable et en ressente même des souffrances physiques au-delà de tout entendement...

Tristan et Iseult partageant le philtre d'amour, par J.Waterhouse.

  Si le début m'a été difficile à digérer (j'ai bien failli céder face à la lourdeur apparente du style, et abandonner trois fois avant d'avoir fini les cent premières pages...), je me suis laissé convaincre petit à petit puis, tout comme le personnage principal, totalement absorber par l'intrigue certes complexe mais hautement captivante. Si le roman débute avec l'histoire de Daniel dans l'Angleterre actuelle, le récit est entrecroisé du destin de plusieurs personnages d'autres époques, développés en parallèle. On suit ainsi le quotidien de Val et son frère Simon, qui, environ trente ans plus tôt, découvrent une série d’œuvres préraphaélites dans leur appartement ; Et le récit de Radstock, jeune peintre américain fraichement débarqué dans le Londres du XIXème siècle, où il rencontre l'étrange Professeur Learmont, psychiatre spécialisé dans le traitement des artistes devenus déments.

 Dante Gabriel Rossetti, autoportrait.

  Peu à peu et comme souvent dans les romans à récits multiples, on avance à tâtons avant de repérer ici ou là d'infimes points communs, puis de voir se relier avec une logique imparable et fascinante les différents faits et protagonistes pourtant aux antipodes les uns des autres au commencement. On se laisse alors happer dans une lecture électrique et frénétique jubilatoire, au point de ne plus pouvoir décrocher ne serait-ce qu'un seul œil du livre! Mais revenons au genre du roman en question: oublier la collection "SF" dans laquelle les éditions folio ont classé l'ensorceleuse, c'est bien un roman fantastique, disons de fantasy gothique avec tout ce que cela sous-entend. Mais si le récit nous confronte effectivement à des éléments supra-normaux, il n'en est pas moins basé sur la réelle histoire du Préraphaélisme et fait intervenir de nombreuses figures véridiques de ce mouvement artistiques (D.RG.Rossetti, E.B.Jones...). Témoignant de réelles connaissances à ce sujet et faisant preuve, par-dessus le marché, d'une écriture magnifique,  Elizabeth Hand propose avec l'Ensorceleuse un récit de qualité indéniable et transcendant, qui m'a presque évoquer un équivalent fantastique au sublime Possession d'A.S.Byatt. En entrelaçant des éléments véridiques à une interprétation fantastique (mais très bien pensée!) du concept de la Muse, Elizabeth Hand nous transporte dans une intrigue hypnotique aux relents capiteux, posant la question des origines créatrices d'une œuvre d'art. Comment un peintre en vient à la réalisation d'un chef-d'oeuvre? Mais, surtout, à quel prix?... Elle dresse alors un interessant parallèle entre la prédisposition pour les Arts et la fragilité mentale, tous deux marqués de l'hypersensibilité intrinsèque aux artistes et à leur autre forme d'appréhension du monde. Sorte de don de double vue que l'ont s'acharnerait à appeler folie.

 Quelques uns des superbes portraits de Rossetti...et toujours cette femme aux cheveux de feu... Peut-être l'envoutante Larkin Mead?

  Artistes créateur, création destructrice, Inspiration divine, Muse mortelle... autant de concepts que la plume d'Elizabeth Hand mêle avec une virtuosité et un talent sidérants. L'ensemble est envoutant, ensorcelant, parfois dérangeant mais toujours captivant. L'ensorceleuse est une oeuvre magnifique et surprenante, hallucinatoire à la façon de l'opium (on croirait presque voir les volutes de fumée s'échapper des pages, si, si!), d'un verre d’absinthe, ou d'une lanterne qui attire les papillons de nuits jusqu'à les consumer. On veut se perdre dans cette histoire, s'y plonger comme dans la gueule du loup, s'y laisser dévorer avec frénésie. A la façon de Daniel pour Larkin, on s'en délecterait presque avec morbidité...

Bref, une merveille, un chef-d’œuvre qui mérite d'être classé au rayon "Coup de coeur et théière d'or"!