dimanche 1 novembre 2026

Magic realism, curses and witches : dans les archives du Terrier

 
 
« J'aime le terme de réalisme magique... parce qu'il dit certaines choses. Il s'agit d'élargir notre vision du monde. Le monde n'est pas figé. Le monde est un million de choses possibles. »
Charles de Lint
 
 
    L'auteur canadien Charles de Lint parvient ici à cerner l'intérêt et la beauté du réalisme magique en ce qu'il permet un déplacement de regard sur le réel afin de mettre du sens sur ce qu'on observe. C'est probablement pour les mêmes raisons qu'on aime autant ce registre et, même, qu'on l'utilise en atelier d'écriture thérapeutique ou en bibliothérapie. Alors, nécessairement, on en trouve dans nos étagères, bibliothèques et piles diverses, dont plusieurs titres déjà chroniqués en ces pages par le passé. Avant de vous présenter nos nouvelles lectures automnales, nous vous proposons un petit retour dans les archives du Terrier...
 
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Le cycle Practical Magic, d'Alice Hoffman :
 
 
  
 

    Best-seller de l'autrice et titre parmi les plus appréciés de sa bibliographie, Les Ensorceleuses raconte l'histoire de Sally et Gillian Owens, deux sœurs orphelines que tout oppose, contraintes de grandir dans l'environnement teinté de croyances et de superstitions de leurs vieilles tantes un peu sorcières. Mais peut-être qu'au-delà des contes de bonne femme que colporte le voisinage pré-existent un héritage et des dons particuliers... Lorsque Gillian débarque un jour dans la vie trop bien rangée de Sally avec le cadavre de son petit-ami sur les bras, la normalité est sur le point de basculer pour leur rappeler leur véritable nature.
    Traduit une première fois sous le titre Drôles de meurtres en famille, Les Ensorceleuses vient de connaître une toute nouvelle traduction chez Verso ; on vous parle de cette nouvelle édition et de notre attachement à ce titre ICI. 



    Plus de 20 ans après la publication des Ensorceleuses, alors que le lectorat réclamait une suite, Alice Hoffman prenait tout le monde de court en publiant un préquel consacré à l'histoire des tantes, Jet et Frances. Si l'autrice puise davantage dans l'univers du film adapté de son roman que dans son propre livre, l'histoire est particulièrement réussie (elle est, de loin, la meilleure de la saga). On y rencontre les jeunes Jet et Frances dans le New-York des années 60, où leur mère tente de les tenir à l'écart de leur héritage magique. Mais la magie n'attend pas qu'on l'accepte, et quand les deux sœurs ainsi que leur frère Vincent réalisent qu'ils perdent ceux qu'ils ont la faiblesse d'aimer, ils n'ont d'autre choix que de partir dans le Massachusetts, à la rencontre d'une branche méconnue de leur famille... 

 
 
 
     Alors qu'Alice Hoffman donnait l'impression d'avoir bouclé la boucle avec The rules of Magic, elle publiait deux ans plus tard Magic Lessons, nouveau préquel cette fois consacré à la vie de Maria, l'ancêtre des Owens à l'origine de la malédiction familiale, déjà plusieurs fois évoquée dans les deux précédents opus. De nouveau empreint d'une forte dimension historique, Magic Lessons nous fait voyager de l'Angleterre à l'Amérique du XVIIe siècle, entre colonisation britannique et procès en sorcellerie. Le lecteur suit Maria dans les événements qui provoqueront le sort qu'elle jettera sur sa lignée, mais le roman dévoile aussi des intrigues autrement plus complexes impliquant ses filles, notamment le choix de l'une d'elles de suivre la "voie de la main gauche" et son acquisition d'un célèbre traité de magie noire... 
 
 
 
 
        Les lecteurs avaient compris qu'après avoir remonté le temps et les générations, la fin de Magic Lessons suggérait une ultime suite et, peut-être, le retour de Gillian et Sally. Ceux qui l'avaient pressenti avaient vu juste : avec The Book of Magic, cette fois, Alice Hoffman vient bel et bien "boucler la boucle". Retour au présent, donc : Tante Jet, à qui il ne reste plus que quelques jours à vivre, découvre dans l'ancienne prison de la ville reconvertie en bibliothèque un antique grimoire de magie noire, caché ici en son temps par Maria Owens. Lorsque Kylie, la fille cadette de Sally, s'envole en Angleterre avec le livre pour tenter de briser la malédiction, toute la famille doit s'unir afin de la retrouver et de conjurer le sort jeté plus de trois cents ans plus tôt par leur aïeule.
    S'il n'est, à notre sens, pas le meilleur de la saga, The Book of Magic nous permet de retrouver les héroïnes du premier opus et de les suivre jusqu'en Angleterre, aux origines des Owens. A leur tour, les personnage remontent le temps comme le lecteur l'a fait avant eux ; Alice Hoffman achève ici de montrer tout le talent de conteuse (et d'architecte, car la construction générale du cycle témoigne d'un véritable talent pour la structuration de l'intrigue) qu'elle a mis au profit de cet univers. La récente sortie au cinéma des Ensorceleuses 2, directement adapté de cet opus, a permis de voir ce roman traduit chez Verso sous le titre Le grimoire des Ensorceleuses (on vous en reparlera d'ailleurs très bientôt).
 
 
 
 
 
    Évidemment, dans la continuité des romans d'Alice Hoffman, on ne peut que recommander le visionnage des deux films, respectivement adaptés des Ensorceleuses et du Grimoire des Ensorceleuses, pour les similitudes comme pour les libertés prises par la réalisation. Parmi celles-là, des choix artistiques devenus iconiques et indissociables de l'univers des Owens, à l'image de la maison des tantes (l'un des plus beaux décors jamais imaginés pour le cinéma) ou de la Margarita de Minuit ! 
 
 
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Saga Chocolat, de Joanne Harris :
 
 
 
 
 
    Best-seller de Joanne Harris magistralement adapté au cinéma au début des années 2000, Chocolat est, dans sa version papier, bien plus teinté de magie que dans sa transposition à l'écran. On y rencontre Vianne Rocher, chocolatière de talent qui parcourt les routes du monde entier avec sa fille Anouk, changeant sans cesse de nom et de lieu afin de fuir ce funeste vent du nord qui semble les poursuivre sans relâche. Dans le petit village de Lansquenet, elles semblent trouver la paix et ouvrent une chocolaterie que le prêtre du village, le père Renaud, perçoit comme une déclaration de guerre personnelle. Il a tôt fait de voir en la nouvelle habitante du petit bourg l'incarnation moderne de la sorcière... à tort ou à raison, car Vianne n'a-t-elle pas un don pour lire dans le cœur des gens autant que dans les cartes de tarot ? 
 

 
    Quelques années après les événements de Chocolat, le lecteur retrouve Vianne et Anouk bien loin de Lansquenet. Mère et fille se sont enfuies à Paris où, sous de nouvelles identités, elles tiennent une chocolaterie sur les hauteurs de la butte Montmartre. Vianne, devenue mélancolique et taciturne, a décidé de dissimuler ses dons pour plus de sécurité, et ne prépare même plus elle-même les chocolats qu'elle vend. Arrive alors dans leur vie la mystérieuse Zozie de l'Alba, qui propose de redonner des couleurs à leur quotidien ; ce qu'ignore Vianne, c'est que Zozie est, tout comme elle, une enchanteresse coutumière du changement, mais surtout du vol d'identité. Dans la brume parisienne, dans les semaines qui séparent Halloween de Noël, une lutte au sommet entre les deux magiciennes se prépare...
    Surprenant dans son atmosphère et sans ses thématiques, Le rocher de Montmartre déstabilisera ceux qui avaient lu Chocolat et qui pensaient avoir tout cerné de son univers. Si ce deuxième opus souffre de nombreux défauts, il n'en reste pas moins intéressant pour son flirt constant avec le monde occulte.
 
 
Les suites dans notre PAL et dans notre wish list :
Des pêches pour Monsieur le Curé
Les secrets du Chocolat
La voleuse de Fraises
 
     La saga Chocolat ne s'arrête pas à deux tomes ! Les aventures de Vianne Rocher se poursuivent à Lansquenet avec Des pêches pour Monsieur le Curé, qui voit aussi le père Renaud faire son retour, et avec La voleuse de fraises, qui sortira en avril prochain. Paru au printemps dernier, Les secrets du Chocolat est un préquel qui propose de raconter la jeunesse de Vianne, avant la naissance d'Anouk et avant que le vent ne les prenne en chasse toutes les deux.
 
 
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 Le cycle des Waverley, de Sarah Addison Allen :


 
 
 
    Souvent comparé aux Ensorceleuses (auquel il ressemble étrangement, au point que les similitudes ont réveillé toute la blogosphère à la parution du livre), Amour et autres enchantements (Garden Spell, dans son titre plus sobre en V.O.), raconte également le destin de deux sœurs que tout oppose et leur héritage magique supposé.
    Depuis des centaines d'années, la famille Waverley suscite les rumeurs les plus fantasques dans le village de Bascom. On raconte que leurs plats auraient des effets sur qui les consommerait, et que le pommier qui pousse sur leur domaine révélerait l'avenir à qui oserait croquer un de ses fruits. Alors que Claire la sérieuse porte à bout de bras son entreprise de traiteur en s'interdisant toute distraction, sa cadette Evanelle enchaîne les frasques et les mauvaises décisions. Toutes les deux doivent cependant apprendre à cohabiter quand Evanelle revient s'installer à Bascom pour fuir un mari violent...
 

Dans la PAL, la suite :
First frost
 
     Bien avant qu'Alice Hoffman n'écrive des suites et préquels aux Ensorceleuses, Sarah Addison Allen imaginait une continuité à Amour et autres enchantements. On y retrouve les Waverley quelque temps après les événements du premier opus, dans un Bascom pris sous les premiers givres de l'hiver...
 
 
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La trilogie Everyday Magic, de Sophie Nicholls :
 
 
 
 
 
     Dans le York d'aujourd'hui, Fabia Moreno ouvre avec sa fille Ella une boutique de vêtements vintage qui fait rapidement fureur, n'en déplaise aux notables de la ville. C'est par exemple le cas de Monsieur Pike, conseiller municipal qui n'aime guère la peau ambrée et l'accent chantant de Fabia, d'autant que cette dernière semble avoir un don, et pas seulement pour dénicher la perle rare pour ses clientes. Dotée d'un sixième sens hérité de mère en fille, Fabia devra trouver son chemin et éviter les embûches que dresseront sur la route les gens bien-pensants.
    Initialement publiée en auto-édition, la trilogie de Sophie Nicholls a rapidement rencontré un beau succès qui a permis quelque temps plus tard une sortie en édition traditionnelle dans de nombreux pays. Ne vous fiez pas au titre français un peu trop "guimauve" : les personnages, la plume et l'histoire valent qu'on accorde quelques heures à ces romans. Souvent comparé à Chocolat, ce premier livre de Sophie Nicholls présente en effet de nombreux points communs avec l'intrigue imaginée par Joanne Harris.
 

Dans la PAL, les suites :
Un rêve couleur de nuit
Un verre couleur de vent
 
    Bien que le premier tome de la trilogie puisse se lire comme un one shot, les suites permettent de retrouver Ella, la fille de Fabia, devenue adulte, explorant ses propres dons et investiguant sur son histoire familiale.
 
 
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     Un très bel exemple de réalisme magique français ! Dans le Nice et son arrière-pays des années 80, deux sœurs jumelles, Félicité, passeuse de fantômes, et Agonie, sorcière, sont contraintes de se retrouver après un silence de 30 ans. Leur mère vient de décéder et Félicité ne trouve son esprit nulle part – un constat franchement inquiétant. Mettant leurs différends de côté pour partir à sa recherche, les sœurs se remémorent en même temps leur enfance et les douleurs du passé.
    Tout, dans ce livre, est d'une poésie et d'une profondeur qu'on ne croise que trop rarement en littérature. Récit familial transcendé par un sens du métaphorique et de symbolique qui vient sublimer le texte, Du thé pour les fantômes est avant tout porté par une superbe plume.
 
 
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     Grand succès littéraire de 2023, La maison aux sortilèges flirte avec le réalisme magique dans une intrigue à trois temps qui a, sur le papier, tout de séduisant : trois femmes, trois époques différentes, mais, toujours, la domination masculine et la violence. Les héroïnes d'Emilia Hart puisent dans une magie de la nature pour se défendre, et l'autrice, dans un féminisme facile. Nous avons eu l'impression d'avoir lu ce roman au moins cinq fois en mieux par le passé, aussi a-t-on du mal à comprendre l'accueil qui lui a été fait quand tant de pépites passent inaperçues !
 
 
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    Alice Hart, orpheline, grandit dans la ferme horticole de sa grand-mère June ; un lieu qui cultive les fleurs sauvages d'Australie et accueille les femmes meurtries par la vie. Experte dans le langage des fleurs, Alice grandit dans cet environnement matriarcal fait de transmissions. Mais June cache de nombreux secrets de famille à sa petite-fille, et quand la vérité éclate, Alice décide s'enfuir : elle quitte la terre de ses ancêtres et ses nombreuses légendes pour écrire sa propre histoire.
    Clins d’œil à l'univers d'Alice Hoffman (citée dans les remerciements par l'autrice), suggestion de dons et de pouvoirs magiques, croyances ancestrales... Sans se réclamer ouvertement du réalisme magique, Les fleurs sauvages se fait une place discrète mais appréciée dans ce registre. 
 
 
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    Et si vous pouviez deviner les émotions d'une personne en mangeant ce qu'elle a cuisiné ? Fantastique, n'est-ce pas ? Ou catastrophique ? Pour Rose, ce don étrange est une malédiction. Une malédiction qui semble toucher tous les membres de sa famille, qui ont chacun hérité d'un talent particulier allant de l'odorat surpuissant à la capacité à se fondre dans le décor.
    En amenant l'impossible fantastique dans le quotidien le plus ordinaire, Aimee Bender signe un roman de réalisme magique aussi sensible que réussi.
 
 
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    Nous voilà arrivés au terme de ce florilège thématique, certes très tardif, mais sans lequel il nous semblait impossible d'introduire nos nouvelles lectures (tradition oblige). Nous revenons très vite avec des lectures inédites : des pluies de grenouilles dans un petit village au bord de la mer, une famille québécoise hantée sur plusieurs générations, l'au-revoir des Owens dans sa version française, ou encore une nouvelle famille qui semble apparentée aux célèbres dames de Magnolia Street...
 
 
 

jeudi 22 octobre 2026

Must be the season of the Witch...


    Nous aurait-on jeté un sort ? Fort probable. A moins qu'on se révèle tout simplement chaque année de moins en moins ponctuel ? Impossible. Il se peut que l'on souffre de quelque malédiction – après tout, il n'est pas totalement invraisemblable que quelqu'un, quelque part, s'amuse avec une poupée vaudou à notre effigie en y piquant deux ou trois aiguilles. Cela expliquerait en tout cas bien des choses, et si toutefois quelqu'un s'était prêté à ce petit jeu, il y a fort à parier qu'il aurait fonctionné sur nous.
 
    Retard ou sorcellerie, vous vous en doutez, notre participation au célèbre Challenge Halloween de Lou & Hilde s'en trouvera un peu bousculé. Pour autant, impossible de contrevenir à la tradition : challenge il y a, challenge nous ferons ! Comme d'habitude, nous en publierons moins que prévu, comme d'habitude, nous n'écoulerons pas la PAL constituée pour l'occasion, et comme d'habitude, nous ne tiendrons pas les délais et clôturerons notre participation quand il ne sera plus possible d'ignorer les fêtes de Noël en approche. C'est la saison de la Sorcière, et on ne saurait se détourner de son appel.
 

    Alors pour l'occasion, nous avons décidé de retourner à nos premières amours (vous avez deviné ? Allons, un petit effort, on est sûr que vous avez deviné. Non ? Vraiment ? Bon, alors on vous dit tout) : les Owens ! Comment ne pas leur rendre hommage en ce mois d'octobre, alors que l'année 2026 les a vues revenir sur les écrans ? Mais peut-être plus encore que des Owens, c'est du registre du réalisme magique (dont se réclame le roman d'Alice Hoffman) qu'on veut parler à l'occasion de cette nouvelle édition du challenge.
 
 
    "Le réalisme magique entend proposer une vision du réel renouvelée et élargie par la prise en considération de la part d’étrangeté, d’irrationalité ou de mystère qu’il recèle. L’histoire et les personnages sont ancrés dans le réel, mais l’auteur introduit un élément magique ou fantastique qui n’est pas remis en cause dans la fiction", nous dit le contributeur GabySensei sur Babelio. Certainement la meilleure définition jamais écrite sur le sujet, et qui parvient à faire consensus en ce qui concerne tous les livres que l'on peut classer de près ou de loin sous cette étiquette. Apparu dans le vocabulaire artistique allemand des années 1920, le réalisme magique s'est peu à peu fait une place dans la littérature, une littérature où les fantômes prennent corps, où les malédictions ont tout de concret, et où les sorcières sont nos voisines. Une littérature où croyances et superstitions se confondent avec le réel.
 
 
    Les grands auteurs du réalisme magique furent d'abord (et sont encore) hispaniques : de Gabriel Garcia Marquez à Jean-Louis Borges, en passant par Alejo Carpentier, sans oublier aujourd'hui Mariana Enriquez. Mais les plumes d'autres horizons ne sont pas en reste : Alice Hoffman ou Toni Morrison aux Etats-Unis, Carole Martinez ou Chris Vuklisevic en France, ainsi que Joanne Harris et Sophie Nicholls en Angleterre.
 

    Pour cette année, nous vous proposons de visiter leurs personnages et leurs univers : femmes dotées de dons reconnus de tous, familles maudites et hantées par les crimes autant que par les revenants, vœux formulés au clair de lune et qui se réalisent mais qu'on regrette aussitôt. Une version contemporaine des contes d'antan, où l'on prêterait du crédit aux signes qui apparaissent à la surface des miroirs ou dans le vol des moineaux. Comme dans l'inquiétante étrangeté de Freud, nous nous promènerons avec le bizarre et l'étrange pour unique compagnie.
 
 
Alors, prêts pour le voyage ?
 
 

mardi 13 octobre 2026

A Practical Magic Summer...

 

"Ne buvez jamais de lait après l'orage car il aura certainement tourné. Laissez toujours des graines pour les oiseaux aux premières neiges. Lavez vos cheveux avec du romarin. Buvez du thé à la lavande quand vous n'arrivez pas à dormir. Et souvenez-vous que le seul remède à l'amour est d'aimer encore plus."
 
    A croire que des sorcières ont jeté un sortilège à la météo : voilà seulement que l'automne se fait ressentir, après des températures estivales qui auront perduré jusqu'à début octobre, nous offrant ainsi un bel été indien (et un mois d'économie de chauffage - on n'ose remercier les jeteuses de sorts responsables, cette bénédiction étant surtout l’œuvre du réchauffement climatique). L'été fut long et bon, quoi qu'un peu trop caniculaire par moment et par endroit, il faut le reconnaître : notre maison en craque encore de toutes ses fondations, à moins que ce ne soit là aussi le résultat de quelque mauvais sort. Ou du fantôme qui hante l'étage depuis notre emménagement.
    Vous l'aurez compris, après la vibe du Practical Magic Spring, nous avons passé un été aussi chaud qu'ensorcelant, ponctué par la sortie au cinéma des très attendues Ensorceleuses 2 en point d'orgue ! Mais avant cela, et entre plusieurs journées de travaux interminables dans notre future bibliothèque, nous nous sommes offert quelques belles escapades... 
 
 

Escapades :
 
 - Evian-les-Bains sur les traces des frères sœurs Lumière -

 

    Evian-les-Bains a sans aucun doute été l'événement de l'été ! Ce voyage prévu de longue date n'en était pas moins motivé par des raisons on ne peut plus intellectuelles puisqu'il s'agissait avant tout d'y faire des recherches pour un futur roman. Plus on est de fous, plus on rit, alors c'est à plusieurs que nous sommes partis sur les traces des frères (ou des sœurs, qui sait ? ;-) ) Lumière, en bord de lac Léman, à la recherche des vestiges de la Belle Époque, entre palais des bains Arts Nouveaux et hôtels de luxe avec vue imprenable.
 

    Si lesdits vestiges sont postérieurs aux années qui nous intéressent (presque tout Évian a été reconstruit autour de 1900 afin de répondre au tourisme alors en pleine expansion), nous avons néanmoins pu entrer dans l'ancienne maison achetée par la famille Lumière, aujourd'hui reconvertie en hôtel de ville, mais où l'on trouve encore de belles boiseries (et de fort jolis luminaires) qui ont survécu à la transformation des lieux en administration (on ne peut en effet pas en dire autant de toute la bâtisse...).

    Nous avons également beaucoup arpenté les rues, ruelles et auteurs de la ville, notamment à la recherche des hôtels de luxe de la fin du XIXe siècle : si le Splendid Hotel, le plus célèbre d'entre eux, n'est plus visible aujourd'hui, il reste néanmoins une évocation particulièrement marquante de ce qu'était le tourisme à cette époque avec le décor incroyable de l'Hôtel Royal, perché au-dessus d'Evian-les-Bains, au milieu d'un gigantesque parc arboré. Ce palace toujours en service a conservé le charme d'antan, un cadre romanesque qu'on verrait bien dans une intrigue à la Agatha Christie !




 
    Nous avons aussi profité de notre séjour pour faire un saut à l'ancien palais des bains, où se tenait une exposition consacrée à Sarah Bernhardt : tenues, bijoux, affiches, photographies, articles de presse, publicités... Un très bel hommage rendu à La Divine, qu'on connaissait assez peu, du moins jusqu'à cette année. Il n'est en effet pas impossible qu'on ait été contrait de faire plus ample connaissance avec elle à des fins d'écriture – pour en savoir plus, rendez-vous en librairie en janvier 2027...
 
 
 


 
 
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- Nancy et son rendez-vous annuel au salon du Livre sur la Place -


    La fin de l'été s'est caractérisée, comme tous les ans, par notre traditionnelle escapade nancéienne à l'occasion du Livre sur la Place, LE salon de la rentrée littéraire, pour lequel nous avions cette année encore nos accès presse. Une très belle édition, marquée par les surprises : si nous avions initialement repéré peu d'auteurs et d'ouvrages, nous y avons fait de très belles trouvailles et nous sommes laissés guider par le hasard des rencontres (pour la liste de nos acquisitions, rendez-vous dans la rubrique suivante ;-)). 
    La journée a bien évidemment commencé par le premier Pumpkin Spice Latte de l'année (lequel marque doucement mais sûrement la transition vers l'automne) et s'est entrecoupée de promenades nécessaires à la survie en milieu hostile qu'est le chapiteau du salon, tous les ans un peu plus envahi par la foule. L'une de ces balades nous a permis de découvrir cette très jolie rue, restée dans son jus du XVIe siècle, très secrète et étonnamment vide de monde, non loin de la cohue de la place de la Carrière.

   
 

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- Les Ensorceleuses 2 : un rendez-vous attendu de longue date -
 

     Et, évidemment, l'été s'est terminé sur cette sortie au cinéma pour aller voir Les Ensorceleuses 2, un rendez-vous qu'on attendait probablement depuis 20 ans ! Mother Rabbit, avec qui on ne loupe pas une occasion de revoir le premier film, nous a évidemment accompagnés. Cette suite n'est bien sûr pas aussi bonne que le film d'origine, mais on y a retrouvé quelques éléments propres à susciter la nostalgie, et puis, surtout, on a ri (beaucoup) et même pleuré (un peu).
 

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Popotes et casseroles :
 


    Lors de notre dernier bilan saisonnier, nous avions présenté, dans nos acquisitions livresques, l'ouvrage culinaire Un monde d'épices offert par un ami pour notre anniversaire. Très vite, nous nous étions mis en tête de profiter de la période estivale pour tester le plus de recettes possible. Après les patates douces à la cardamome concoctées au printemps, nous avons pu faire l'essai d'au moins cinq plat aux accents méditerranéens.



    Zalouk d'aubergine, Chakchouka, raïta à l'indienne, salade d'aubergines à la vapeur et poulet caramélisé au gingembre ont embelli nos tablées d'été (et envoûté les papilles de nos invités). Il y avait longtemps qu'on ne s'était pas enthousiasmé à ce point pour un livre de recettes et on se réjouit qu'il propose un grand nombre de plats aux légumes d'automnes dont nous pourrons donc faire l'essai dans les prochains mois.
 


 
    Bien sûr, nous n'avons pas fait que dans l'originalité et avons profité de la saison pour préparer nos recettes estivales habituelles : les salades grecques et salades tomates mozzarella, ainsi que le clafoutis tomates cerises, pesto, chèvre et pignons de pins, sans oublier le gratin aux courgettes râpées (courgettes du jardin, s'il vous plait !) de Grand-mère Rabbit. L'été s'est achevé sur un goûter avec une amie de longue date, autour de ce cake au citron sans œufs qu'on avait pour la première fois rehaussé d'un léger glaçage aux graines de pavot (histoire de faire joli) – un gâteau digne de la table des Owens, non ?


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Achats, cadeaux et nouvelles acquisitions :


    La bibliothèque n'est toujours pas terminée qu'elle continue de se remplir. Aucun doute, nous n'avons cette fois encore pas fait dans le minimalisme ! Au salon du livre de Nancy, comme évoqué plus haut, nous n'avions pas repéré de romans en particulier avant d'arriver sur place et de nous laisser saisir par une couverture attrayante ou des résumés prometteurs. C'est donc le hasard qui nous a guidés vers Non réparable et Les agitées, chroniqués il y a peu, ainsi que vers Soleil d'abandon, roman québécois dont le résumé a piqué notre curiosité. Nous avons eu la joie de retrouver Gaël Aymon, croisé au même endroit il y a deux ans et à qui nous avons pris son Et ta vie m'appartiendra, réécriture moderne de La peau de chagrin. Nous sommes également tombés sur Clément Lefèvre, illustrateur des BD adaptées de L'île de Crâne que nous avions adorées, à qui nous avons acheté l'album Edgar et la malédiction du corbeau. Enfin, seule acquisition préméditée de cette sortie : le dernier ouvrage de Pascale Debert, sa Lorraine vagabonde.


    Parmi les autres achats estivaux, en prévision de nos lectures d'Halloween, nous avons fait la part belle au mystère, à l'étrange et à la sorcellerie, avec Le livre des sorcières, de C. J. Cook (dont nous avons dans notre PAL deux éditions de La sorcière du phare...), Le ciel en sa fureur, d'Adeline Fleury et La maison du rang Lynch, d'Alexie Morin, deux ouvrages dont nous n'avions jamais entendu parler et que nous avons découverts par hasard dans les rayons des librairies. Deux romans de Stephen King (qu'on lit rarement et qu'on regarde toujours un peu de loin, avant de nous laisser convaincre comme si c'était une évidence) ont rejoint la pile à lire, ainsi que ce beau livre consacré aux objets de sorcelleries dans la tradition païenne rurale, que l'on possédait déjà dans une précédente édition (mais comment ne pas se laisser séduire par cette jolie couverture ?). 
    Au rayon des enquêtes et des polars, nous avons honoré notre visite chez France Loisirs de trois achats, avec le dernier double tome paru de Son espionne royale, le premier opus des Enquêtes des sœurs Brontë et le premier titre des enquêtes de Claire Le Vaillant, Deuil de Sel, qui entremêlerait habilement thriller et généalogie. Cette sélection se complète du dernier ouvrage paru des Journaux (pas si intimes) de Marion, reçu en service de presse, et d'une histoire apocryphe de Sherlock Holmes offerte par ma petite sœur. 
 

    Enfin, nous amies Pouchky/Ficelle Forever et Fofo sont revenues d'une escapade à Londres chargées de cadeaux divers allant de goodies rapportés de The house of Frankenstein à ce superbe tote bag Alice en passant par une édition vintage de Beatrix Potter... qu'il est bon d'avoir des amis qui vous connaissent aussi bien !


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    Nous terminons cet article sur une autre sorte d'acquisition – non pas livresque mais textile : ce polo on ne peut plus original, qui nous a évoqué tout à la fois La mécanique du cœur et le bucheron en fer blanc du Magicien d'Oz ; une petite fantaisie qui a accompagné nos derniers jours d'été. On vous retrouve dans quelques mois pour le récap automnal, toujours chez les Owens. En attendant, accrochez-vous à vos balais, car la saison sera ensorcelante à plus d'un titre...