(Practical Magic 2)
Un film réalisé par Susanne Bier et écrit par Akiva Goldsman, Georgia Pritchett et Kelly Marcel d'après le roman The book of magic (Le grimoire des ensorceleuses) d'A. Hoffman.
Avec : Sandra Bullock, Nicole Kidman, Dian Wiest, Stockard Channing, Maisie Williams, Joey King, Lee Pace...
Date de sortie originale : 10 septembre 2026
Date de sortie française : 9 septembre 2026
Vingt-cinq ans après les événements du premier film, l'histoire suit la famille Owens confrontée à une nouvelle crise lorsqu'une découverte concernant leur histoire et les origines de leur magie est révélée. Lorsque la fille de Sally, Kylie, commence à exhumer des secrets de famille enfouis et à développer ses propres pouvoirs obscurs, la famille se retrouve plongée dans une lutte acharnée pour enfin briser la malédiction qui pèse sur leur lignée depuis des siècles. Les femmes Owens (Sally, Gillian et leurs tantes) doivent une fois de plus s'unir et quitter leur Massachusetts natal pour se rendre au Royaume-Uni afin d'affronter la source de leur magie et sauver leur famille.
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Si vous nous suivez de longue date, il n'est pas utile de vous préciser pourquoi on vous parle de ce film aujourd'hui : on vous a certainement assez rebattu les oreilles des Ensorceleuses et de l'univers d'Alice Hoffman. Qu'il s'agisse des romans originaux, du film de 1998 ou encore des recettes tirées des premiers ou du second, Practical Magic est un monde dans lequel on irait bien vivre, et ce depuis notre découverte du long-métrage il y a de cela vingt ans. Film favori et cycle littéraire préféré ayant donné lieu à de multiples articles sur ce blog (on vous laisse le soin de les retrouver vous-mêmes), Les ensorceleuses voit cette année sa suite sortir sur le grand écran, avec ce détail non négligeable que ce second film est adapté du livre The book of magic (tout récemment sorti en France sous le titre Le grimoire des ensorceleuses), suite directe du roman d'Alice Hoffman : la garantie d'une suite réussie ?
Bande-annonce du film.
Autant l'avouer : nous sommes allés au cinéma parfaitement convaincu que le film serait un désastre. Pourquoi ? Parce qu'une production entièrement motivée par la nostalgie, comme c'est le cas pour de nombreux reebots, revivals et autre suites de films ou de séries iconiques des années 90 et 2000, donne rarement un résultat convaincant (Le diable s'habille en Prada 2 en est certainement le meilleur exemple – enfin, le pire, en l’occurrence). Par ailleurs, le premier film Les ensorceleuses, fermement ancré dans son époque, avait été massacré par la critique et n'était devenu culte qu'avec le temps : sorti de ce contexte très précis, une suite avait-elle des chances de plaire ? On a rêvé de ces Ensorceleuses 2 depuis la première fois qu'on a vu le film de Griffin Dunne à l'âge de 14 ans, tant et si bien que devoir se confronter à une vision peut-être radicalement différente de ce qu'on a projeté pendant vint ans encourt le risque de reléguer ce nouveau film au rang des FBI – Fausses Bonnes Idées – de ces années 2020 figées dans leur éternelle nostalgie. Mieux valait donc partir défaitiste.
Notre verdict ? Il nous faut le reconnaitre, on a aimé. Ce n'était pas gagné d'avance, pourtant, car on déplore de nombreux éléments : la bande originale de Rupert Gergson Williams est (très) loin des superbes musiques composées par Alan Silvestri pour le premier film (on nous avait pourtant promis le retour du compositeur pour cette suite !), les effets spéciaux à la fois médiocres, abusifs et inutiles nous font douter de l'univers dans lequel on est tombé (on se passait très bien de ces éclairs, volutes et paillettes à la Charmed il y a 28 ans – devons-nous rappeler le sens de "Practical" Magic ?), les placements de produit sont assez indécents, la VF est affreuse et, surtout, le recast des filles de Sally (dont les personnalités et trajectoires narratives ont par ailleurs été inversées) provoque chez nous un état proche de la dissociation. De façon générale, ce qui nous a le moins plu, c'est la direction artistique de Susanne Bier, très différente de la patte spontanée de Griffin Dunne (et pour cause, on a parfois l'impression de visionner un film Hallmark Channel...) : le changement de réalisateur saute aux yeux, ce qui empêche de ressentir l'effet de continuité pourtant nécessaire entre les deux films.
Mais au jeu du pour et du contre, la balance a finalement penché du côté du pour. Tout d'abord parce que le scénario parvient à être une plutôt bonne adaptation du roman Le grimoire des ensorceleuses tout en respectant l'univers du précédent film (qui était pourtant très différent du premier livre). Ce jeu de claquettes est notamment réussi grâce à Akiva Goldsman, déjà co-scénariste du film de 1998, qui revient ici à l'écriture. Il réinjecte avec succès l'humour du premier long-métrage (absent des romans d'Alice Hoffman, beaucoup plus sombres), s'amusant toujours des différences entre les deux sœurs et de leur capacité à faire rire malgré elles dans des instants de forte tension dramatique. On a donc ri. Beaucoup. Et on a pleuré également. Car ce film-là est aussi celui du deuil : ceux qui ont lu le livre original et/ou qui ont vu cette suite au cinéma savent qu'on y perd quelques personnages parmi les plus appréciés de l'univers créé par Alice Hoffman, ce qui ne se fait pas sans quelques larmes.
Nostalgie oblige, cette suite fait évidemment de nombreux clins d’œil au premier film : on y boit des Margaritas de Minuit et on saute du toit de la demeure des Owens pour s'envoler le soir d'Halloween. On retrouve d'ailleurs avec un plaisir inouï le manoir tel qu'on l'a quitté il y a presque trente ans, ce qui nous donne la douce impression de rentrer à la maison : l'escalier et ses portraits, le porche et le jardin, mais surtout, la serre et la cuisine... tout y est comme au premier jour (y compris les tantes, qu'on aimerait nous aussi prendre dans nos bras) ! Parmi les références plus subtiles, les chansons de Stevie Nicks sont toujours de la partie, et on a apprécié voir Sally jouer à nouveau de la poêle à frire pour mettre un homme hors d'état de nuire, et Gillian sortir de son sac son éternel flacon de belladone. Mais Les ensorceleuses 2 est plus qu'un simple fan service : le voyage en Angleterre, aux sources de la famille Owens, ainsi que des enjeux dramatiques très différents apportent une ambiance toute nouvelle, par ailleurs un peu déstabilisante lorsqu'on s'attend à retrouver la même atmosphère que dans le film original. C'est, au fond, plutôt un bien : cela permet de ne pas trop les comparer et, aussi, de ne pas faire une simple redite, mais d'explorer d'autres univers et de mesurer le temps qui s'est écoulé depuis notre dernier rendez-vous avec les Owens.
En bref : Si la réalisation de Susanne Bier nous fait âprement regretter l'absence de Griffin Dunne aux commandes de cette suite, on doit bien avouer avoir retrouvé avec plaisir les sœurs Owens. Tout n'est pas parfait dans ce second film loin d'égaler le premier : peut-être un peu trop magic à défaut d'être practical, et paradoxalement moins witchy que le précédent, mais aussi plus convenu. Il reste que malgré les défauts qu'on peut lui trouver, Les ensorceleuses 2, bien plus qu'un simple fan service, est à la fois fidèle au roman d'Alice Hoffman tout en plaçant judicieusement ses nombreux clins d’œil au précédent long-métrage. L'intrigue, qui conduit nos héroïnes dans les paysages pittoresques de l'Angleterre pour enquêter sur les origines de leur lignée, permet d'éviter le sentiment de redite et de proposer une autre atmosphère ainsi que de nouveaux enjeux dramatiques. Cela fait différer ce film du premier opus et l'empêche de souffrir de l'effet de comparaison. On se satisfait de retrouver cet univers qui nous avait décidément beaucoup manqué : on rit (beaucoup), on pleure (un peu, oui) et on parvient même à se réjouir du résultat !

































































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