lundi 11 novembre 2019

Adieu à Adèle : Bilan de notre Challenge Halloween thème France obscure...

Paris, années 20, Adèle et le retour du ptérodactyle?


  En ce 11 novembre bien avancé, notre challenge Halloween 2019 est sur le point de se terminer. L'occasion sans plus tarder de dire nos adieux à Adèle Blanc-Sec, notre grande invitée, et de faire le bilan des articles tout spécialement chroniqués. Une ouverture de cérémonie par notre guest star, puis il était temps de nous plonger dans de nouvelles histoires ; après une liste détaillée de nos lectures passées, découvrons des textes inédits, terrifiants et effrayants...

  Mettre la France à l'honneur, c'était parler des créations hexagonales de l'horreur. En la matière, les auteurs ont surtout imaginé les romans d'aventuriers, des histoires fantaisistes, et les traditionnels feuilletons à l'esprit enlevé! L'un d'eux, on ne peut plus original, était le saisissant Ann Radcliffe contre les vampires par Paul Féval (ou comment réinventer la romancière britannique en aventurière gothique).


FanArt d'Adèle entourée de ses monstres, Par Guillaume Saurel...

  Écrivaine et créatures, pouvait-on espérer meilleure introduction aux ouvrages de notre Adèle, héroïne de BD et de ses propres feuilletons? Les neufs volumes parus à ce jour ont été décortiqués avec amour humour (cliquez sur chaque livre pour accéder à son article détaillé) :


http://books-tea-pie.blogspot.com/2019/10/adele-et-la-bete-les-aventures.htmlhttps://books-tea-pie.blogspot.com/2019/10/le-demon-de-la-tour-eiffel-les.html



Le fantôme de l'opéra - mini-série de Tony Richardson d'après G.Leroux (1990).

Le fantôme de l'Opéra

(The phantom of the Opera)


Mini-série de Tony Richardson,
d'après un livret d'Arthur Kopit adapté du roman de G.Leroux.

Avec : Teri Polo, Charles Dance, Burt Lancaster, Andréa Ferréol, Ian Richardson...

Première diffusion américaine : Mars 1990

  Christine Daaé est une jeune chanteuse inexpérimentée qui est engagée à l’Opéra Garnier grâce à une recommandation du comte de Chagny. La Carlotta, la Diva et épouse du nouveau directeur, refuse de lui faire intégrer les chœurs et la relègue à la lingerie.
  Christine apprend que le bâtiment est « hanté » par un obscur personnage que l’on surnomme « le fantôme » et qui donne depuis des années toutes les directives pour gérer l’opéra, et assassine froidement quiconque ose s’opposer à sa volonté, ou quiconque voulant découvrir son identité. La nouvelle direction n’entend cependant pas les choses de cette oreille, et décide d’y mettre rapidement bon ordre. Mais le fantôme, insaisissable, reste une énigme et tous sont obligés de se plier…

***

  A l'occasion de cet Halloween spécial France obscure, j'ai failli vous parler du Fantôme de l'Opéra tourné pour le cinéma en 2004 par Joel Schumacher, adapté de la célèbre comédie musicale d'Andrew Lloyd Webber, avant de porter mon choix sur une autre version qui mérite qu'on s'y attarde (quant au film évoqué plus haut... autant chroniquer le musical original quant il sera de nouveau sur la scène de Mogador, non?). L'autre adaptation qui nous intéresse aujourd'hui, plus méconnue, est celle tournée en 1990 sous forme d'une mini-série de deux épisodes pour la chaine américaine NBC. Américaine, oui, car bien qu'étant à la base un roman bien français, Le fantôme de l'Opéra n'a à ce jour jamais connu d'adaptation par son propre pays ; un projet français lancé par Jean-Pierre Jeunet en 2015 et malheureusement tué dans l’œuf reste la seule version – avortée – de l'hexagone (ce qui, en plus du musical jamais mis en scène en France à cause d'un incendie survenu dans les sous-sols de Mogador, laisse à penser que cette œuvre est maudite sur son propre territoire).


  Les origines de cette mini-série trouvent leur source en 1986 : le dramaturge Arthur Kopit (auteur du célèbre musical Nine) vient d'écrire un livret adapté du roman de G.Leroux pour une future version musicale du Fantôme de l'Opéra. Après une première version créée à Lancaster par Joe Hill en 1976 (et disparue des planches – et des mémoires – depuis 1991), il réinvente l'image du fantôme dont il fait un héros romantique davantage inspiré de Quasimodo et d'Elephantman que du tueur sanguinaire de roman. Malheureusement, Kopit se voit presque instantanément supplanté par Andrew Lloyd Webber, qui créé la même année sa propre réinterprétation musicale de l’œuvre de Gaston Leroux. Le succès est tel qu'Arthur Kopit archive son livret dans un tiroir, persuadé que son projet est désormais voué à l'oubli.

  Mais c'était sans imaginer que trois ans plus tard, la NBC ferait un appel à textes pour une version télévisée adaptée du roman de G.Leroux. Convaincu de pouvoir séduire la production, Arthur Kopit transforme son livret en scénario et soumet sa vision, qui est rapidement retenue pour son audace et sa relecture inspirée du célèbre mythe.

 Trailer en VO.

  Cette version propose en effet un regard plus romantique et mélancolique que l'intrigue originale, dans le même esprit que l'adaptation d'A. Lloyd Webber mais avec un ton peut-être encore plus poétique. Le fantôme devient un être solitaire qui vit reclus dans les sous-sols de l'Opéra auquel il accède par des portes secrètes, tout en étant protégé par Carrière, le directeur, qui garde son secret. Malheureusement, Carrière est remercié est remplacé par un nouveau gérant, Cholet, vil personnage qui cherche surtout à placer son épouse, l'extravagante cantatrice Carlotta. Se présente un jour à la porte du théâtre la jeune Christine, qu'on a recommandé à Carrière et qui espère devenir chanteuse. La pauvre jeune femme se retrouve costumière de la Carlotta, qui refuse qu'une petite jeunette lui prenne sa place d'étoile de l'Opéra. Mais le fantôme, tombé sous le charme de Christine, lui donne en secret des cours de chant... Leur relation, mélange de respect et d'affection, est bientôt mise en danger par la décision de Cholet de mettre la main sur le fantôme, qui fait tout pour décrédibiliser Carlotta.


  Cette version très émouvante change aussi l'ordre de certains événements, ou supprime certaines scènes : pas de bal masqué ni de rendez-vous d'amoureux sur les toits, mais ce décor sera le cadre d'un final épique sur les hauteurs du palais Garnier. Dans ce scénario, le lustre s'écroule sur la scène et le fantôme enlève Christine parce que la Carlotta lui a fait boire un cordiale empoisonné qui lui a provoqué une extinction du voix, la ridiculisant en même temps pour sa grande première dans Faust. Kopit imagine également une origine sociale et familiale à Christine, ainsi qu'au fantôme, dont l'histoire est réinventée pour adoucir l'image du personnage.


  L'intrigue et la mise en scène évoquent, bien plus encore que la version d'Andrew Lold Webber, le conte de La Belle et la Bête. Certains passages particulièrement oniriques (notamment la promenade dans la forêt artificielle peuplée de cervidés statufiés que le fantôme a conçue dans les sous-sols de l'Opera) rappellent l'adaptation du conte par Cocteau, tandis que certaines scènes épiques (le final sur les toits) semblent annoncer la version animée à venir de Disney.

Teri Polo, superbe et convaincante Christine.

  Le casting, franco-anglo-américain, comporte une très belle brochette d'acteurs : Charles Dance, impeccable en fantôme, Burt Lancaster très charismatique en Carrière, et Ian Richardson hilarant en Cholet. Jean-Pierre Cassel interprète un inspecteur tenace et la française Andréa Ferréol campe la Carlotta avec l'exubérance nécessaire. Applaudissements tout particulier à l'actrice américaine Teri Polo, alors au tout début de sa carrière, qui joue la meilleure Christine que j'ai pu voir à l'écran : loin de la fade héroïne des autres adaptations, elle apporte une vraie épaisseur au personnage, et pas seulement à travers sa relation avec le fantôme. Anecdote amusante du casting : on aperçoit aussi plusieurs fois Anne Roumanoff dans le rôle d'une cocotte de l'opéra.

Andréa Feeréol, extravagante Carlotta...

  Cette version présente également la particularité d'être la seule à avoir été tournée à Paris, et plus encore, dans le véritable Palais Garnier : on reconnait sans peine le splendide grand escalier qui apparait plus d'une fois à l'écran, ainsi que la grande salle de spectacle (probablement difficile à filmer pour la scène du lustre puisque les caméra ne devaient pas laisser voir le plafond, peint par Chagall en 1964, mais qu'on aperçoit brièvement dans une courte scène). Portées par des extraits de célèbres opéras, les prises de vue de ce décor véritable donne au lieu une place de choix dans cette adaptation, voire un rôle à part entière.


  Il est dommage que la seule édition dvd disponible en France n'ait pas bénéficié d'une remasterisation du son et de l'image, malheureusement de piètre qualité (on veut voir à plusieurs reprise la bande qui saute à l'écran, comme si les ingénieurs chargés de numériser la série s'étaient contentés de copier une vieille VHS mal en point). Cela ne rend pas justice à ce qui est probablement une des meilleures adaptations de Leroux dans la veine d'une réhabilitation du fantôme. Couronnée de deux Emmy Awards et nominée plusieurs fois aux Golden globes, le succès rencontré par cette mini-série a permis à Arthur Kopit de ressortir son livret du tiroir pour monter, deux ans plus tard, le musical qu'il avait imaginé en 1986. Baptisé sobrement Phantom, ce spectacle n'a certes pas connu la renommée du musical d'A.Lloyd Webber mais continue d'être joué dans le monde.


En bref : Une adaptation méconnue du roman de G.Leroux qui mérite d'être redécouverte. Cette version poétique et romanesque entre dans une tentative de réhabilitation du fantôme qui surpasse de loin celle d'Andrew Lold Webber par la psychologie et le charisme des personnages. Le fantôme réinventé ici par le scénariste et dramaturge A.Kopit tient autant de la Bête de Cocteau que d'Elephantman ou de Quasimodo, s'imposant comme héros romantique solitaire et incompris. L'excellent casting et le décor véritable de cette version constituent la cerise sur le gâteau de cette mini-série à (re)voir absolument, malgré la faible qualité de l'édition dvd française.

 

Le labyrinthe infernal (Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec #9) - Tardi

Casterman, 2007, 2018.

  Paris, octobre 1923. Au petit matin, dans le quartier Saint-Lazare, on découvre une main humaine dans une poubelle. Le même jour, alors qu'elle vient de rendre visite à sa sœur en banlieue, Adèle Blanc-Sec échappe de peu à une tentative d'assassinat. Un peu plus tard, une limousine se présente devant l'inquiétante usine du docteur Chou, pour une bien mystérieuse visite. C'est sur ces entrefaites que l'on retrouve plusieurs vieilles connaissances : Lucien Brindavoine, enrhumé jusqu'aux yeux, son comparse Charles Chalazion grimé en clochard et Léon Dandelet, dit "le dentiste". Cette main proviendrait-elle des expériences du docteur Chou ?

***

  Dernier tome paru à ce jour, Le labyrinthe infernal marque le retour d'Adèle après neuf ans d'absence dans les librairies, soit de nouveau une pause considérable après le hiatus entre le sixième et le septième volume.

  Un peu comme Tous des monstres!, ce labyrinthe infernal a quelque chose d'irracontable. Les intrigues se multiplient et ne se ressemblent pas, dans un chassé croisé de personnages avides de se venger d'Adèle Blanc-Sec, que la chance fait ici se réchapper des nombreuses tentatives de meurtre à son encontre. La demoiselle suit bien quelques pistes par hasard, mais l'essentiel du scénario se passe comme en coulisses, où il semblerait que tous les méchants encore en vie (et même un qu'on croyait définitivement mort) ont décidé de pactiser pour enfin en finir avec Adèle.


  Cette vengeance collective est racontée encore une fois dans une atmosphère clownesque entre répliques hilarantes et situations quasi brechtiennes. Adèle, elle, droite dans ses bottes, n'a pas fini de nous amuser et ce même si on commence à bien connaître son caractère depuis maintenant neuf épisodes de ses aventures. Elle nous régales de punchlines caustiques en diable ("Une après-midi avec ma sœur en banlieue... Fichtre, on en ressort pas indemne, je ne souhaite à personne une telle journée!" ou "Une planche pourrie, normalement, ça ne flotte pas!" lorsqu'elle aperçoit Simon Flageolet tombé dans la Seine), n'hésite pas à coller un coup de genou dans les parties d'un client de bar un peu trop pressant, et même dans les relations avec sa sœur récemment retrouvée, tout est très piquant. Adèle a décidément quelque chose d'hors norme (ou, au contraire, de trop normal face à une société lourde et hypocrite que n'a de cesse de dénoncer Tardi sous couvert de la fiction) qu'on adore.


  Le titre de ce neuvième épisode mérite un petit décodage : parce que Tardi choisi l'intitulé du prochain tome au hasard lorsqu'il l'annonce à la fin de chaque volume, il a déjà confié à la presse ne jamais anticiper sur l'histoire à venir et devoir parfois se débattre avec ses propres idées. A la fin du Mystères des profondeurs, on s'imaginait qu'Adèle allait devoir sortir du labyrinthe des égouts de Paris où elle venait de retrouver sa sœur, Fia, et des centaines de limules. Finalement, l'idée du "labyrinthe infernal" s'avère plutôt une forme de métaphore relative aux différents éléments du scénario, notamment la transformation de l'inspecteur Laumane en minotaure après avoir été traité par le Dr Chou, un nouveau savant fou dont le visage ne nous sera pas dévoilé. Ce docteur, après avoir détourné l'usage salvateur que le professeur Mule comptait faire des mandibules de limule, a concocté un élixir particulièrement dangereux qu'il parvient à diffuser à grande échelle et qui semble avoir plus d'un effet monstrueux sur ses utilisateurs (c'est à dire le tout Paris)...


  Outre l'apparition d'un personnage qui évoquera une parodie de Fantomas, on retrouve le clin d'oeil au roman-feuilleton dans le final en apothéose que Tardi chérissait dans certains de ses meilleurs tomes. Tous les ennemis d'Adèle réunis dévoilent des visages atrocement défigurés par le feu ou l'acide comme l'avait déjà fait Dieuleveult ou Clara Benhardt par le passé, l'auteur ayant recours à cette astuce à l'extrême comme pour pasticher ses propres rebondissements et les codes chers à sa série.


  Les grands méchants ne sont pas seuls à faire leur come-back : si on aperçoit le ptérodactyle dans un rêve quasi prémonitoire d'Adèle, on retrouve aussi... sa vieille momie! Eh oui, la Très chère Vieille Peau vient rendre visite à la romancière (lui sauvant la vie au passage), accompagnée d'une momie du Pérou fan de ses feuilletons. Tous ces anciens qui reviennent, serait-ce pour boucler la boucle? Il faut dire qu'il y a comme une atmosphère de fin du monde, dans cet opus (même si Adèle semble toujours très peu impactée depuis le sofa de son appartement), et la fin en cliffhanger nous laisse deviner des révélations saisissantes pour le prochain volume qui sera en effet, d'après Tardi, l'ultime tome de la série. Affaire à suivre, car on attend avec impatience cet album depuis douze longues années déjà...


En bref : Un avant-dernier tome clownesque mais bien écrit, qui voit revenir de nombreux ennemis d'Adèle, bien décidés à se venger de la plus caustique des héroïnes. Les éléments de cette neuvième aventure et sa fin en point d'interrogation suggèrent ce que Tardi a confirmé : la fin du cycle d'Adèle est proche, et l'ultime tome à venir sera sans aucun doute un feu d'artifice du genre...
 


Et pour aller plus loin...

Gourmandise littéraire : le gâteau d'anniversaire de Sabrina Spellman.



  Il était difficile de ne pas succomber à l'idée d'un gâteau d'anniversaire pour fêter les dix ans du Challenge Halloween. Si celui d'Harry Potter était en bonne place pour fêter l'évènement, nous lui avons préféré le terrifiant et dégoulinant cake des seize ans de Sabrina Spellman dans la relecture horrifique des comics originaux par R.Aguirre-Sacasa sous forme de bande-dessinée gothique puis de série télévisée.
  Ce cake, on l'aperçoit très brièvement dans le tout premier trailer de la saison 1 de Chilling adventures of Sabrina. Il symbolise le seizième anniversaire de la jeune fille, également date de son baptême obscure, c'est à dire le sabbat au cours duquel elle devra signer son nom dans le livre du Diable pour rejoindre l'église de la Nuit. Aussi dark cette version soit-elle, ceux qui ont lu la BD ou vu son adaptation (ou parcouru mon analyse publiée sur le blog l'an dernier), sauront que la mise en scène vient patiner le tout d'une atmosphère chic et cosy, subtilement relevée d'humour noir et d'une bonne dose de détournements et de références culturelles.


  Jamais l'univers de la sorcellerie n'aura été aussi joliment dépeint, et jamais nous n'aurons autant souhaité vivre au sein de la famille Spellman : leur manoir inspiré de la Maison au sept pignons de Salem, les goûters autours du service à thé en porcelaine Royal Albert, les soirées à lire au coin du feu...et ce superbe gâteau d'anniversaire, bien sûr! Faire ce gâteau (pour l'anniversaire de votre petit dernier, pour le repas de famille du dimanche, ou tout simplement pour votre propre plaisir), c'est partager un peu de l'ambiance de cet univers si particulier, inviter la magie Spellman à votre table.

(Ceux qui ont l’œil remarqueront le papier peint similaire à celui du petit salon des Spellman...)

 Ce gâteau requiert un peu de technique (et un thermomètre à sucre) mais si vous suivez attentivement les consignes, vous devriez le réussir sans aucun problème! Pour la base, n'importe quel gâteau au chocolat devrait faire l'affaire, mais je vous propose une recette de famille qui a fait ses preuves malgré sa simplicité apparente. Le premier glaçage crémeux est une crème au beurre montée en meringue suisse (la partie la plus ardue de la recette), décorée d'un nappage coulant facile comme tout mais dont la pose nécessite rapidité et minutie.

Ingrédients:

Gâteau au chocolat:
- 3 œufs
- 100g de sucre en poudre
- 2 sachets de sucre vanillé
- 7 cuillères à soupe de farine
- 1/2 sachet de levure chimique
- 150g de chocolat noir patissier
- 4 cuillères à soupe de lait
- 100g de beurre

Glaçage crème au beurre à la meringue suisse:
- 4 blancs d’œufs
- 200g de sucre en poudre
- 1 cuillère à café d'extrait de vanille liquide
- 250g de beurre en pommade.

Nappage coulant au chocolat:
- 100g de chocolat noir patissier
- 100g de crème liquide
- 1/2 feuille de gélatine




A vos chaudrons!

Gâteau au chocolat:
- Mélanger les œufs avec le sucre et le sucre vanillé jusqu'à ce que la préparation devienne mousseuse. Ajouter la farine et la levure puis remuer.
- Faire fondre le chocolat noir à feu doux dans une casserole avec le lait, l'ajouter à la préparation précédente.
- Faire fondre le beurre puis l'ajouter également au mélange. Remuer jusqu'à obtention d'une préparation onctueuse et homogène.
- Verser dans deux moules de 20 cm de diamètre, graissés et farinés, puis enfourner 30 minutes à 180°C.
- Une fois cuits, les démouler et les emballer dans du papier d'aluminium pour qu'ils restent moelleux en refroidissant. Ils constitueront le premier et le deuxième étage du gâteau à enrober de glaçage crème au beurre à la meringue suisse.

Glaçage crème au beurre à la meringue suisse:
- Faire préalablement ramollir le beurre en le sortant à l'avance du réfrigérateur.
- Verser les blanc et le sucre dans un récipient, puis placer ce récipient dans une casserole d'eau. Faire chauffer la casserole et remuer au fouet à main jusqu'à ce que le mélange atteigne 55°C.
- Retirez le récipient de la casserole puis battre le mélange au batteur électrique à vitesse maximale jusqu'à complet refroidissement (environ 10 minutes).
- Ajouter la vanille et les dés de beurre ramolli petit à petit tout en continuant de battre.
- Disposer le premier étage du gâteau au chocolat sur l'assiette de service. A l'aide d'une spatule coudée, l'enrober d'une généreuse couche de glaçage (il vaut mieux en mettre plus que pas assez pour égaliser facilement ensuite) le dessus et le contour. Laisser prendre une heure au frais.
- Au bout d'une heure, déposer au dessus du premier étage couvert de glaçage le second gâteau au chocolat et l'enrober de la même manière. Placer une nuit au réfrigérateur et conserver le reste de crème au beurre à la meringue suisse pour les finitions du lendemain.

Nappage coulant au chocolat:
- Faire ramollir la gélatine dans un bol d'eau froide.
- Pendant ce temps, faire bouillir la crème sur feu moyen. Dès que le liquide commence à frémir, ajouter la demi-feuille de gélatine ramollie puis remuer.
- Retirer du feu, ajouter le chocolat préalablement cassé en morceaux et remuer jusqu'à ce qu'il fonde.
- Une fois le mélange homogène, décorer le gâteau sans tarder (ce nappage fige très rapidement!) : Verser progressivement la préparation sur le dessus du gâteau couvert de crème puis étaler avec une spatule coudée en approchant précautionneusement des bords, de sorte que le nappage va former des coulures inégales sur les parois du gâteau (vous pourrez même en voir certaines se figer avant de toucher l'assiette). Laisser prendre le nappage 5 minutes au réfrigérateur.
- Une fois le nappage entièrement figé, couvrir le dessus du gâteau d'une fine couche de glaçage à la crème au beurre préparé la veille. Remettre au frais jusqu'au moment de servir.


  Avec ou sans bougie, dévorez ce somptueux gâteau le soir du sabbat...

***

 

dimanche 10 novembre 2019

Le mystère des profondeurs (Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec #8) - Tardi.

Casterman, 1998, 2010, 2018.


  Paris, 1922. Non loin de la gare de Lyon, un règlement de comptes entre malfrats et policiers provoque quelques remous auxquels se trouve bientôt mêlée Adèle Blanc-Sec, ses ennemis de toujours ainsi que bon nombre de celles et ceux qu'elle a pu croiser lors de la décennie précédente. Des tours du palais de justice aux Invalides en passant par le Cimetière du Père-Lachaise et son accès aux profondeurs insoupçonnées de la capitale, le ballet qui se met dès lors en place est étrangement rythmé par l'apparition de limules issus d'un autre âge. 


*** 


  Paris, 1922 : Nous retrouvons Adèle deux ans après la fin des événements racontés dans Tous des monstres! La jeune femme tente vainement de calmer une horrible rage de dent en s’enivrant de Pisco tandis qu'au-dehors, la ville est secouée par bien du grabuge. Le "Dentiste", un criminel arrêté dix ans plus tôt, vient d'être libéré et voilà déjà que les membres de son ancienne bande son décimés un à un. Le rapport avec Adèle? Aucun, si ce n'est que cette dernière reçoit un appel au secours de Chalazion et que, voulant le retrouver pour lui porter assistance avant de trouver un dentiste pour soigner sa dent, elle trouve sur sa route... "LE" Dentiste. Ajoutez à cela la disparition étrange de Fia, la jalousie meurtrière de son ex-femme, Georgette Chevillard, à l'encontre d'Adèle, et l'apparition dans Paris de limules plus ou moins gros, et voici notre héroïne embarquée dans une nouvelle affaire.


  Tardi revient à ses premières amours : après la pause loufoque de Tous des monstres!, ce huitième tome s'inscrit de nouveau dans la veine des romans-feuilletons qu'il mettait à l'honneur de façon pastichée dans le premier cycle de la série. Comme dans les premiers opus également, plusieurs intrigues se croisent (d'un côté, une histoire de malfrats digne d'un roman pulp, de l'autre, l'invasion de limules dans la ville, et entre les deux, la disparition de Chalazion et la folie meurtrière de Georgette Chevillard). Adèle n'a encore une fois pas tous les tenants et aboutissants de l'affaire dans son ensemble et part à la recherche de Chalazion sans en avoir vraiment envie et sans savoir que cela la conduit au devant de dangers dont elle se passerait bien...

Le Dentiste, de son vrai nom Léon Dandelet...

  Ce paradoxe déjà évoqué entre sa vie d'aventurière et un profil plutôt casanier s'accorde à merveille avec le ton encore plus léger initié depuis quelques tomes : Adèle part à l'aventure, se dit que c'est complètement ridicule d'accepter des rendez-vous louches dans des lieux déserts, et manifeste plusieurs fois l'envie de rentrer se mettre sous la couette dès que ses péripéties commencent à l'agacer. Il faut dire qu'après avoir cumuler les ennemis, elle devient désormais victime de la jalousie meurtrière des femmes qu'elle croise sur son chemin, mais face à qui elle ne se laisse jamais faire bien longtemps : un coup de parapluie, une gifle dans la figure et une ou deux réparties bien choisies, elle a tôt fait de les renvoyer dans leurs dix-huit mètres.

  Aussi, dans la lignée de cette liberté langagière propre à notre chère Adèle, et même si le ton est plus rigoureux que dans le volume précédent, Tardi s'en donne à cœur joie dans les dialogues et les répliques : les insultes les plus grossières ou les plus ridicules sont exprimées à des moments qui devraient être du plus grand sérieux, les personnages se chicanent pour des histoires de prononciation ou de syntaxe alors que l'instant est autrement plus grave. Bref, Tardi n'a pas tout a fait quitter ce ton de l'absurde qui l'amuse décidément beaucoup depuis quelques années.

Un vrai limule...

  Si le méchant de cette histoire n'est pas un savant fou, Le mystère des profondeurs voit apparaître le premier savant de l'histoire de la série qui œuvre pour le bien (même si ce sera très bref, eh ouais...), et le premier monstre qui existe réellement, ou du moins qui existe encore. Après avoir ressusciter des créatures préhistoriques ou fait endosser des masques de démons à des meurtriers bien humains, Tardi envahit ici les égouts de Paris de centaines de limules. Les limules sont des arthropodes marins dont certaines espèces existent depuis plus de 150 millions d'années et dont le sang bleu intéresse particulièrement les scientifiques pour ses propriétés médicinales. Tardi fait un vague clin d’œil à ces récentes découvertes en prétextant ici que les mandibules de limules peuvent sauver des vies (objet de recherche du fameux savant évoqué plus haut).

  Tardi fait également un clin d’œil appuyé à un autre loisir populaire que le roman-feuilleton, aussi très apprécié en ce début de XXème siècle : le cinématographe. En habillant Georgette Chevillard d'un masque et d'un justaucorps noir pendant ses escapades sur les toits, l'auteur-illustrateur fait bien évidemment une référence visuelle à l'héroïne du film Les vampires, de Louis Feuillade (1915).


  Ultime détail – et non des moindres : alors qu'on pensait en savoir suffisamment sur Adèle (ou en tout cas, alors qu'on pensait ne plus en apprendre plus à ce stade de la série), ce tome viendra lever le voile sur la famille de l'héroïne, avec quelques révélations à la clef...

En bref : Une histoire un peu plus classique et mesurée pour ce huitième tome de la série. Mais le retour aux premières amours de Tardi ne l'empêche pas de s'adonner avec plaisir aux calembours, jeux de mots et autres contrepèteries qui l'amusaient tant dans l'esprit vaudevillesques des derniers opus. Ce tome présente également l'intérêt de renseigner le lecteur un peu plus sur le passé d'Adèle et sur ses origines familiales...





Et pour aller plus loin...