dimanche 15 septembre 2019

Enfin un premier trailer pour le film "Miss Fisher and the crypt of tears"!


  Il suffisait d'en parler : il y a quelques semaines, nous avions consacré un articles aux adaptations à venir d'héroïnes (détectives et aventurières) littéraires sur les écrans, déplorant l'absence d'un trailer pour le très attendu Miss Fisher and the crypt of tears (suite au cinéma de la série Miss Fisher enquête!, adaptée des romans policiers de Kerry Greenwood). A peine quelques temps plus tard, ça y est, voici qu'un premier teaser est ENFIN diffusé! Dévoilé le vendredi 13 septembre dernier sur la page facebook officielle de la série, il a été partagé presque deux millions de fois et compte autant de vues et de commentaires! Pour ceux qui ne l'ont pas encore visionné, ouvrez bien vos yeux et vos oreilles :


  
  Maintenant que les poils de vos avants bras ont cessé de se dresser, petit décryptage : le moins que l'on puisse dire, c'est que cette courte mais impressionnante bande annonce nous en met plein les yeux! Lors du lancement de la pré-production et de l'ouverture du financement participatif destiné à récolter les dollars nécessaires au tournage (rappelons que le film a été en grande partie financé par les fans à travers le monde grâce au crowdfunding), les créatrices de la série, soutenues par Kerry Greenwood, avaient promis un film épique. Deb Cox et Fiona Eagger souhaitaient en effet un long-métrage à la hauteur du personnage unique de Phryne Fisher, qu'elles considéraient toutes les deux comme le potentiel pendant féminin de James Bond. On sent dès les premières notes du trailer la volonté de surfer sur cette dynamique : exit les musique jazzy des années 1920, cette chanson là a tout du générique jamesbondien, et si cela peut nous surprendre, admettons qu'elle s'accorde à merveille avec les images...



  L’œil de la détective qui espionne à travers le trou d'une serrure, sa silhouette et celle de Jack dans la pénombre d'une ruelle puis dans la lueur des éclairs, Big-Ben dans le brouillard de la nuit londonienne, l'imposant manoir australien de Werribee (déjà vu dans la série mais aussi dans la dernière version de Picnic at Hanging Rock), le désert en avion ou à dos de chameau... Soudain un pied, chaussé davantage pour une soirée chic que pour une randonnée à travers le sable, annonce la couleur, suivi de près par une robe couverte de sequins. Pas de doute, Phryne est de retour!



  On trépigne, on retient notre respiration et hop, la voilà enfin qui se montre, au bras de l'inspecteur Robinson. "She has arrived", nous dit-on, et il était temps : bientôt cinq ans qu'elle s'était envolée au volant de son petit avion pour regagner la capitale anglaise, faisant promettre à Jack de la rejoindre avant que son appareil ne disparaisse à l'horizon.





  On sait, d'après le résumé dévoilé cette année (et déjà raconté dans l'article mis en ligne il y a quelques semaines), que le scénario voit notre héroïne s'envoler pour la Palestine afin d'innocenter une jeune bédouine injustement emprisonnée, avant que la détective ne se trouve embarquée dans une enquête en lien avec un trésor maudit caché en plein désert. Les images du teaser semblent indiquer que l'enquête démarrera à Melbourne : après qu'on ait vu Phryne et Jack à une soirée mondaine (à laquelle on est quasi certain de croiser Tante Prudence, l'actrice Miriam Margolyes faisant partie du casting), la détective a tout juste le temps de parler d'un voyage qu'on la retrouve en pleine course-poursuite à moto dans le désert, accompagnée d'une jeune femme (la jeune Bédouine du synopsis?).



  Puis c'est un enchainement de paysages arides et de ruines poussiéreuses, Phryne découvrant les vestiges d'une construction au milieu d'une tempête de sable puis s'aventurant dans une caverne obscure. Heureusement, la pluie tombe à pic pour nous rafraîchir tandis que la détective poursuit un inconnu sous une averse nocturne ou se retrouvant, trempée, face à face avec Jack. Elle semble tenir un collier dans la main, peut-être une des émeraudes du mystérieux trésors au centre de l'intrigue...



  Après un tout nouveau visuel du titre sur fond de motifs art-déco, une dernière scène so Phryne nous est dévoilée : Miss Fisher affrontant et gagnant face à un homme un combat à l'escrime. Lorsqu'il argue qu'elle ne respecte pas les règles, elle répond avec son insouciance coutumière "C'est parce qu'elles sont écrites par les hommes". La fin de la bande annonce confirme une sortie en février 2020 en Australie ; on espère de tout cœur une sortie dans les salles françaises dans les semaines qui suivront, afin de profiter de tous ces visuels très prometteurs en grand format!


  Nous parlions plus haut de l'atmosphère jamesbondienne de ce trailer, lequel semble aussi habité par une autre influence majeure : difficile de ne pas penser à Indiana Jones avec toutes ces images qui évoquent davantage un grand film d'aventure qu'une fiction purement policière. Pour ceux qui s'en inquiètent, qu'ils se rassurent : les créatrices de la série étant toujours aux rênes de ce long-métrage, on a la garantie que le film ne perdra pas l'ADN original de Miss Fisher enquête!. Mais avouons en effet qu'il aurait été dommage que cette version cinématographique ne soit qu'un épisode "rallongé" de la série, une version plus longue d'une enquête telle qu'on en a vu pendant trois saisons. Le format cinématographique justifie ainsi totalement que le scénario prenne quelques risques et explore d'autres horizons. De plus, on sait par de nombreuses anecdotes racontées ou évoquées dans les romans et la série que Miss Fisher, bien avant d'être détective, est une "aventurière" dans tous les sens du terme. On sait d'après les livres et leur adaptation qu'elle a été ambulancière pendant la Première Guerre mondiale (elle a d'ailleurs été décorée pour cela), mais qu'elle a aussi pu intervenir dans des missions de l'armée de l'air, ce qui explique qu'elle sache piloter avec talent. Après la guerre, elle a temporairement été modèle pour des artistes peintres parisiens puis a effectué plusieurs voyages à travers le monde : outre une ascension du Kilimandjaro, elle a une fois passé une nuit dans une prison turque (sans qu'on sache exactement pourquoi).


  Ainsi, ce film offrira l'occasion de découvrir cette facette du personnage que ne permettait pas de montrer la série se déroulant dans le seul décor de Melbourne. Le résultat promet donc d'être glamour et homérique à la fois. Vivement, vivement...!


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samedi 14 septembre 2019

Miss Fisher enquête ! (saison 2) - Une série de D.Cox et F.Eagger d'après K.Greenwood

Miss Fisher enquête! 

(Miss Fisher's murder mysteries)

- saison 2 - 
 
Une série de Deb Cox et Fiona Eagger d'après les romans de Kerry Greenwood.

Avec : Essie Davis, Nathan Page, Hugo Johnstone-Burt, Ashleigh Cummings, Miriam Margolyes...

Première diffusion originale : Septembre 2013
Premier diffusion française : Juin 2014

Sortie en dvd française chez Koba film : 2015

  Dans les années 1920, en Australie, Miss Fisher est une séductrice au caractère bien trempé, à la répartie cinglante et au sens aigu de la justice. Armée de son revolver nacré, la jeune détective se faufile dans les ruelles sombres et les clubs de jazz de Melbourne pour élucider les crimes les plus mystérieux.
*** 


  Suite au succès rencontré par la première saison de Miss Fisher's murder mysteries en Australie et dans le monde entier (120 pays ont en effet acheté les droits de diffusion), l'équipe de production a décidé de rempiler pour une seconde saison de 13 épisodes. La pré-production et l'écriture des scénarios ont débuté dès l'été 2012 (soit quelques semaines après la fin de la diffusion de la première saison) et le tournage en février de l'année suivante, pour un budget toujours aussi conséquent (reconstitution historique oblige). Cette nouvelle fournée d'épisodes a été diffusée en Australie dès septembre 2013 mais pas avant juillet 2014 dans l'hexagone.


  Les épisodes de la première saison étaient, rappelons-le, majoritairement adaptés des romans de Kerry Greenwood. Les scénaristes avaient transposé onze livres de la série littéraire (avec plus ou moins de modifications), écrit deux scénarios inédits, et imaginé une intrigue de fond s'étalant sur toute la saison et s'achevant dans le season final. La volonté d'élargir l'univers de base de K.Greenwood en inventant de nouvelles histoires se faisait déjà sentir et s'affirme particulièrement dans cette seconde saison : les deux créatrices (D.Cox et F.Eagger) souhaitent explorer tout le potentiel dramatique et scénaristique qu'offre le riche contexte socio-culturel des Années Folles.


  Chaque épisode devient ainsi l'occasion de plonger dans un nouvel univers clef ou évocateur de cette décennie explosive : les maisons de plaisir (La petite mort, épisode 2.01), le spiritisme (Esprit, es-tu là? épisode 2.02), la haute couture et l'avènement du prêt à porter (Prêt à tuer, épisode 2.05), les courses automobiles (Sortie de route, épisode 2.07), la TSF et les feuilletons radiophoniques (Fréquence meurtre, épisode 2.11), ou encore le cinéma et la transition du muet au parlant (Film noir, épisode 2.09).


  Les intrigues imaginées par les scénaristes sont d'une grande qualité et, même, l'emportent haut la main face aux trames des romans de K.Greenwood. Sur les treize épisodes de cette saison, trois seulement sont encore des transpositions d'écrits de l'auteure australienne : La boisson du diable (Dead man's chest, épisode 2.03, d'après un roman encore non traduit), L'habit ne fait pas la nonne (Unnatural habits, épisode 2.12, d'après le roman éponyme traduit en France sous le titre Plaisirs criminels) et Le livre d'heures de Jeanne la Folle (The book of Juana the Mad, épisode 2.08, d'après une nouvelle du recueil A question of Death, encore inédit en France). Pas d'intrigue policière en toile de fond de cette saison mais un véritable focus sur la relation on ne peut plus ambiguë entre Phryne Fisher et Jack Robinson (une relation, rappelons-le, absente des romans, mais probablement un des meilleurs éléments de la série). On en apprend beaucoup plus sur la vie privée de l'inspecteur Robinson et on fait connaissance avec sa toute récente ex-femme, impliquée dans plusieurs affaires et qui manifeste une certaine hostilité à l'encontre de l'imperturbable Miss Fisher. Au croisements des intrigues policières et de la psychologie des personnages, les scénario s'attardent avec pertinence sur le conflit d'intérêt de Jack Robinson qui, très attiré par Phryne, n'a pas moins des valeurs très différentes de sa "partenaire contre le crime". On assiste ainsi à des moments aussi drôles qu'émouvants pour le couple déjà surnommé Phrack (contraction de leurs prénoms) par les fans. Du côté des personnages secondaires, on note en parallèle (voire presque en effet miroir) l'évolution de la relation entre le brigadier Collins et Dot, la demoiselle de compagnie de Miss Fisher.

 Miss Fisher se met en scène dans la sulfureuse danse de l'éventail...

  Parmi les meilleurs épisodes, La petite mort ouvre le bal de cette saison avec un sulfureux parfum d'interdit : Miss Fisher s'introduit incognito dans une maison close de luxe pour enquêter et n'hésite pas pour cela à danser nue sur scène (un passage d'anthologie devant les yeux ébahis de l'inspecteur Robinson). La palme revient cependant au season final, Les douze jours de Noël (Murder under the mistletoe), qui mériterait une chronique entière à lui seul : tous nos personnages sont réunis pour fêter Noël dans un manoir enneigé et coupé du monde, pour se voir décimer un à un selon les paroles d'une comptine hivernale à la façon du roman Dix petits nègres d'Agatha Christie. Un huis-clos jubilatoire rondement mené, esthétisant à souhait !



  Cette saison est aussi une explosion de décors et de costumes, et la richesse esthétique atteint une rare excellence dans le genre. Marion Boyce, la styliste de la série, se surpasse littéralement : les tenues portées par Phryne, déjà superbes dans la première saison, sont encore plus magnifiques et la créatrice démontre toute l'étendue de son talent dans l'épisode consacré à la haute couture (la robe portée par Phryne dans le défilé final est un vrai chef-d’œuvre). Le succès de cette garde-robe est tel qu'une exposition itinérante dans toute l'Australie a été organisée tout spécialement pour présenter les costumes de la série au grand public. En ce qui concerne les décors de cette saison, la série nous emmène sur les promenades en bord de mer d'une petite ville côtière mais, surtout, sur les montagnes russes vintage du Luna Park de Melbourne, ouvert depuis 1912, dont les attractions sont restées les mêmes depuis les années 1920.


En bref : Richesse et originalité des intrigues, évolution et psychologie des personnages, magnificence des costumes... cette seconde saison s'affranchit des romans de K.Greenwood tout en sublimant l'univers de l'auteure et le personnage de Miss Fisher. Un régal!




Et pour aller plus loin...

mardi 10 septembre 2019

Marie Antoinette et ses soeurs #2 : Premiers bals - Anne-Marie Desplat-Duc, illustrations de Le Lapain.

Flammarion jeunesse, 2019.


  Marie-Antoinette est la plus jeune fille de l’impératrice d’Autriche. Avant de devenir reine de France, elle grandit entourée de ses sœurs. Sa vie est faite d’aventures et de liberté.

  Les bals et les fêtes se succèdent à la cour de Vienne, ce qui enchante la jeune Marie-Antoinette, qui aime tant danser et monter sur scène. Une fois grande, même si elle est reine, elle réalisera son rêve et deviendra comédienne!


***



  Anne-Marie Desplat-Duc n'est plus à présenter : avec ses consœurs  Annie Jay et Annie Pietri, elle est l'une des auteures jeunesse qui ont su le mieux raconter la cour de Versailles et ses principaux personnages. Après des séries notables qui ont fait son succès (Les colombes du Roi Soleil, Marie Anne fille du roi et Duchesses rebelles), Anne-Marie Desplat-Duc se penche cette fois sur la plus célèbre des reines de France. Anne-Sophie Sylvestre avait déjà publié il y a quelques années déjà un cycle jeunesse consacré à Marie Antoinette chez Flammarion, mais cette nouvelle saga là se penche plus particulièrement sur la jeunesse de la future souveraine, pendant qu'elle vit encore au sein de sa fratrie à la cour d'Autriche.  Marie Antoinette et ses sœurs vise également une tranche d'âge plus jeune que ses autres sagas et s'adresse aux 8/9 ans.


  Il y a là un défi de taille : aborder un personnage aussi charismatique et restituer de façon romancée un contexte historique pour un lectorat si jeune, c'est une sacrée entreprise! L'auteure s'en tire très bien même si ce ne sera certainement pas sa meilleure série (du moins à mon sens, à moins que je ne sois déjà trop vieux pour en juger). Le style, ma première crainte, s'avère en fait adapté au public visé sans renier les tournures légèrement désuètes ou le vocabulaire inspiré de l'ancien Français qui ajoutent une petite dimension authentique. On en oublierait presque ce satané présent de narration (dont j'ai horreur dans la littérature jeunesse) mais certaines expressions un peu datées nécessiteront probablement l'accompagnement ou les éclaircissements de l'adulte pour les jeunes lecteurs les moins aguerris.

Première version de la couverture.

  Anne-Marie Desplat-Duc fait preuve une fois encore d'un réel talent pour ce qui est de l'évocation de la vie à la cour sous l'Ancien Régime (ici le XVIIIème siècle autrichien). Très documentée, elle parvient à restituer l'ambiance des fêtes et raconter l'effervescence des couloirs du château de Schonbrunn comme si on y était, ajoutant ça et là les petits détails qui enrichissent les connaissances du jeune lecteur sans jamais tomber dans l'exposé scolaire. Marie Antoinette, qu'on appelle encore Antonia, a de nombreux frères et sœurs et il faut un moment pour situer tout le monde. Petit à petit, les différentes personnalités permettent de les différencier et de se les représenter. L'héroïne, la future reine de France, est âgée de sept à neuf ans dans ce tome, ce qui permet de créer un certain lien avec le lecteur du même âge qui pourra se reconnaître dans l'héroïne, taquine et facétieuse. A travers le regard innocent d'Antonia, il découvrira certes la vie de l'aristocratie au XVIIIème siècle mais appréhendera aussi les conventions rattachées à cette classe sociale ou les risques de cette époque (les amours contrariées par les mariages arrangés, la nécessité de donner rapidement un héritier mâle, les maladies qui peuvent emporter une personne en un rien de temps...). On assiste même à des scènes véridiques, comme la rencontre de la princesse avec le jeune Mozart, qui la demande innocemment en mariage. L'atmosphère évoquera quelque chose des Quatre filles du Dr March dans une saga royale à la Sissi (mais bien avant Sissi et avec bien plus que quatre sœurs).

Marie Antoinette enfant.

  Reste quand même qu'il n'y a pas vraiment d'intrigue dans ce roman: ceux qui aiment les déroulement classiques avec début-milieu-fin pourraient être un peu frustrés par le côté "journal d'événements" de l'histoire, l'un des écueils des sagas historiques qui peut refroidir le jeune lecteur s'il n'y est pas préparé. Ce qui m'amène à me poser une question quant au public visé : essaye-t-on de faire découvrir Marie Antoinette à des enfants qui n'en ont même jamais entendus parler, ou au contraire de satisfaire la curiosité de lecteurs potentiels qui auront déjà découvert le personnage à l'école ou grâce à leurs parents? Peut-être un peu des deux, mais quoi qu'il en soit et malgré ses quelques inégalités, Marie Antoinette et ses sœurs vient remplir une mission de transmission que je ne peux qu'apprécier (et même applaudir).

Les parents et la vaste fratrie de Marie Antoinette...

  Les illustrations de l'artiste Le Lapain (quel pseudonyme adorable!) – de son vrai nom Karine Pain Genteur – sont tout à fait adaptées à la tranche d'âge visée. Bien qu'admirant beaucoup le travail de cette illustratrice, je reproche peut-être aux images de cette saga d'être un peu trop "lisses" alors que j'aimais beaucoup l'aspect esquisse des crayonnés présentés sur les couvertures intérieures (mais cela n'engage que moi, bien entendu!):


En bref : Une initiative audacieuse que de faire découvrir Marie Antoinette sous forme de roman adressé aux 8/9 ans. Cette série a l'excellente idée de se pencher sur le personnage encore enfant, ce qui permettra aux jeunes lecteurs/lectrices de s'identifier et de se laisser progressivement conquérir par cette saga grâce à la malice du personnage principal. A réserver aux lecteurs de bon niveau ou accompagnés.


Merci à Flammarion Jeunesse pour cette découverte!

 

dimanche 8 septembre 2019

Gourmandise Littéraire : Summer Pudding (Pique-nique aux jardins de Melbourne avec Miss Fisher)


  Il y a deux ans, nous partagions avec Miss Fisher un pique-nique composé d'une authentique salade russe dans le cadre délicieusement bucolique du jardin botanique de Melbourne. Cette scène et sa recette, racontées dans le premier tome de la série littéraire Les folles enquêtes de Phryne Fisher éditée par 18/18 (et connue sous le titre Miss Fisher enquête! à la télévision et pour les tomes publiés chez City éditions), Cocaïne et tralala (Cocaïne blues).

  Récemment revenue sur sa terre natale d'Australie, l'honorable Miss Phryne Fisher (qui a hérité un titre de noblesse et une fortune considérable de ses lointains cousins décimés par la Première Guerre mondiale) s'improvise détective privée. Femme élégante et épicurienne, elle aime profiter de tous les plaisirs de la vie, dont la nourriture. En cela, les romans de K.Greenwood abondent de détails culinaires alléchants et inspirants, dont ce pique-nique est un excellent exemple. Entièrement préparé par Dot, sa gouvernante et demoiselle de compagnie, et porté jusqu'aux jardins par Cec et Burt, ses hommes de main, le pique-nique décrit dans le premier tome ne se composait pas d'une unique salade russe. En dessert, Dot sert un savoureux pudding aux framboises pendant que Miss Fisher réfléchit avec eux  un plan d'attaque pour sortir victorieuse de l'enquête dans laquelle elle est plongée...

Pique-nique dans les années 20...

"  Bert savait reconnaître une femme déterminée quand il en voyait une.
— Très bien, miss, que voulez-vous qu'on fasse, moi et Cec?
— Les guides et les gardes du corps, répondit Phryne tandis que Dot servait le dessert – un pudding aux framboises (...). Servez-vous donc du pudding, messieurs. Il y a du thé dans cette flasque."

Cocaïne et tralala, K.Greenwood, chapitre 10, éditions 10/18, 2006.

  Le pudding, on le sait, c'est ce dessert typiquement anglais (mais il existe aussi sous sa forme salée en plat principal) souvent à base de fruits secs et de pain cuit qui se décline en de nombreuses versions (la plus célèbre étant le Christmas Pudding). La filiation historique entre l'Australie et l'Angleterre a permis de voir voyager et adapter de nombreuses recettes britanniques dans les cuisines du "sixième continent", à l'image de ce pudding aux framboises, de la famille des "summer pudding".


  Le summer pudding aux fruits rouges a été inventé en Angleterre en 1904 et s'inspire de recettes similaires des années 1860 tels que le Malvern pudding et l'hydropathic pudding, qui étaient réalisés avec d'autres fruits. Confectionné avec des tranches de pain blanc imbibées de sirop que l'on monte dans un plat avant de garnir le tout de fruits comme une charlotte, il est très populaire dans la première moitié du XXème siècle. La version proposée ici d'après celui de Dot est exclusivement composée de framboises, mais vous pouvez donc aussi le faire avec un mélange de fruits rouges et de baies (framboises, fraises, mures, myrtilles, groseilles, etc...).


Ingrédients (pour six personnes environ):

- Un pain de mie complet tranché, sans la croûte
- 800 g de framboises
- 4 cuillères à soupe d'eau
- 4 cuillères à soupe de sirop de framboise


A vos tabliers!

- Lavez les fruits puis mettez-les dans une casserole avec l'eau et le sirop.
- Faites chauffer à feu moyen en remuant délicatement pendant cinq à dix minutes jusqu'à ce que les framboises aient rendu leur jus et qu'un sirop fluide se soit formé. Laissez refroidir et filtrez, conservez le jus de fruit.
- Utilisez un moule à charlotte ou un saladier d'environ un litre. Découpez dans une tranche une forme équivalente au fond du moule / saladier, imbibez-là du jus de framboise et placez-là au fond. 
- Coupez les autres tranches en deux, imbibez-les puis chemisez les parois intérieures du moule. Réservez assez de tranches pour couvrir le dessus.
- Placez les framboises dans le moule, au milieu des tranches gorgées de jus. Tassez bien.
- Imbibez les dernières tranches de pain et couvrez les framboises. Une fois la préparation prise et le gâteau retourné, il s'agira de la base du pudding : n'hésitez pas à la doubler pour plus de sécurité.
- Couvrez le moule d'une petite assiette et déposez-y un poids. Mettez le pudding au réfrigérateur pour la nuit.
- Au moment de servir le pudding : sortez-le du réfrigérateur, retirez le poids et l'assiette. Retournez le moule sur le plat de service et laissez le gâteau se détacher des parois. 

 
  Parfait pour un dessert dominical estival ou pour un déjeuner sur l'herbe entre deux aventures, ce pudding est à servir frais avec de la crème fouettée ou une crème à la vanille. 

 


mardi 3 septembre 2019

Prochainement : les aventurières littéraires se multiplient sur les écrans...


  Vous le savez, chez Books-tea-pie, on aime les adaptations de livres à l'écran. L'an dernier, nous avions fait un article interminable sur toutes les transpositions attendues ; cette fois, on s'attarde sur trois héroïnes de papier que l'on pourra bientôt voir sur la toile, parfois même en double ou en triple. Trois versions de Miss Fisher, deux de Nancy Drew et peut-être une nouvelle version d'Adèle Blanc-Sec vous attendent...

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3 Misses Fisher :


1 - Miss Fisher and the crypt of tears:


  Alors qu'un premier trailer se fait toujours attendre, ça y est, nous avons ENFIN une date de sortie dans les salles pour le film Miss Fisher and the crypt of tears, qui fait bien sûr suite à la série télévisée australienne Miss Fisher enquête, adaptée des romans de Kerry Greenwood. Cette adaptation est attendue pour le 27 février 2020 en Australie! On craint cependant que le film ne bénéficie pas de projections dans les salles françaises faute de distributeur, mais on peut tabler sans aucun doute sur une sortie en dvd dans le cour de l'année ainsi que sur sa mise en ligne sur Netfix, qui diffuse déjà la série.


  Une première photo promo éblouissante a été dévoilée en octobre dernier, montrant Miss Fisher toute vêtue de satin rouge dans une ruelle évoquant les pays orientaux. Une autre photo inédite publiée au printemps dernier, représentant Jack et Phryne en plein désert, confirmait le lieu de l'action de cette aventure inédite. On savait que les réalisatrices et scénaristes souhaitaient entraîner la détective vers de nouveaux paysages ensoleillés, surfant ainsi sur l'affection pour l'orientalisme très populaire dans les années folles et déjà mise en avant dans la saison 1 de la série. Cette fois, il ne s'agit cependant pas de l'Egypte mais de la Palestine, ainsi que l'indiquent les premiers synopsis officiels publiés sur le net au printemps...


  Dans ce long métrage, Miss Fisher s'est envolée pour Jérusalem afin de prouver l'innocence d'une jeune femme accusée à tort. Après l'avoir libérée, elle se lance dans une mystérieuse affaire vieille de dix ans, un mystère touchant à la fois des émeraudes maudites et des aristocrates britanniques venus vivre en Palestine après la Première Guerre mondiale...



  Comme vous l'avez compris, la production s'est donc délocalisée dans le désert palestinien, mais on vous rassure : la tournage s'est également déroulé en Australie et en Angleterre, où l'héroïne se rend dans le season final de la série. Au casting, on retrouvera d'ailleurs Myriam Margolyes dans le rôle de Tante Prudence et Ashleigh Cummings dans celui de Dot, la douce demoiselle de compagnie de Miss Fisher. Côté nouvelles têtes, plusieurs acteurs et actrices ont rejoint l'aventure, dont Rupert Penry-Jones (Vita & Virginia) et Daniel Lapaine (Le dixième royaume). Quelques clichés appétissants du tournage ont été montrés en exclusivité sur les compte facebook, twitter et instagram de la série, de quoi nous faire patienter jusqu'au film... ou au moins jusqu'à une première bande-annonce...



2 - Miss Fisher's modern murder mysteries :


  Il y a deux ans, alors que le projet de film de Miss Fisher en était encore à ses prémices, les créatrices de la série Deb Cox et Fiona Eagger planchaient déjà sur des suggestions de séries dérivées qui permettraient à l'univers créé par Kerry Greenwood de s'élargir sur le petit écran. L'issue incertaine de la première série et le déménagement d'Essie Davis en Angleterre pour jouer dans Games of thrones et The white princess condamnant toute éventuelle saison 4, les deux réalisatrices avaient imaginé deux concepts de spin off. La première, déjà évoquée sur le blog, était un prequel : les enquêtes d'une jeune Miss Fisher au sortir de la Première Guerre mondiale, soit dix ans avant la série des Miss Fisher Enquête, et une seconde baptisée Miss Fisher's modern murder mysteries. C'est finalement celle-là qui allait l'emporter...


  Miss Fisher's modern murder mysteries était peut-être le projet le plus prometteur des deux, en ce qu'il se situe trente ans plus tard, dans les années 1960, et met en scène une "nouvelle" Miss Fisher, en fait une nièce de Phryne du nom de Peregrine. Peregrine Fisher n'est pas un personnage imaginé par l'auteure Kerry Greenwood mais la créatrice de l'héroïne originale a pleinement adhéré au spin off et à sa nouvelle héroïne.


  Cette "suite" affiche une vraie filiation avec la série originale puisqu'elle commence avec la disparition de Phryne alors qu'elle survolait la Nouvelle Guinée aux commandes de son avion. Portée disparue et présumée morte, elle laisse une place vide au sein du Club des Aventurières, qu'elle avait fondée trente ans auparavant. Peregrine Fisher (jouée par Geraldine Hakewill), une jeune femme fantaisiste et moderne, apprend qu'elle hérite des biens de sa tante, Phryne Fisher, qu'elle n'a par ailleurs jamais rencontrée. Alors qu'elle se rend à Melbourne pour toucher son héritage, elle rencontre les autres membres du Club et souhaite marcher dans les pas de son aïeule. Le meurtre d'une mannequin assassinée pendant un défilé lui offre l'occasion de prouver ses propres talents d'enquêtrice, assistée dans ses investigations par un séduisant détective professionnel du nom de James Steed (Joel Jackson).


  Constituée de quatre téléfilms, la première saison a été diffusée en Australie de la mi-février à la mi-mars 2019. Ce spin off a rencontré un grand succès auprès des fans de la première heure, qui ont apprécié cette extension de l'univers original et la qualité de la reconstitution des années 60. Pop et sexy, cette série très swinging sixties affiche clairement ses inspirations en la personne du détective James Steed, hommage à peine déguisé à John Steed, l'agent secret de la série des années 60 Chapeau melon et bottes de cuir.


  Encore inédite en France, cette série se fait donc tout autant attendre que le film...


3- Chinese Miss Fisher :

 Avec un style très art déco très Gatsby, cette première affiche officielle attire l’œil...
 
  Miss Fisher enquête a rencontré depuis sa saison 1 un large succès bien au-delà de l'Australie. Distribuée dans 179 pays étrangers, la série a fait de nombreux émules en Chine, où elle est la première série australienne à avoir été doublée en mandarin. Les audiences ont convaincu une société de production chinoise, la Shanghai 99 Visual Company, de racheter les droits pour créer un remake sous la forme d'une série de trente épisodes de quarante minutes. F.Eagger et D.Cox, les créatrices de la série originale, sont les conseillères attitrées de cette nouvelle transposition, pour laquelle elles se sont rendues en Chine en février dernier afin d'apporter leurs conseils à l'équipe de production, alors en plein tournage.

 
  Même si ces acteurs ne vont diront probablement rien, sachez que le rôle principal sera joué par Yili Ma, jeune actrice très influente de la télévision chinoise et déjà couronnée de plusieurs prix pour ses interprétations. Aux côté de cette nouvelle Miss Fisher, l'alter ego de l'inspecteur Robinson sera joué par Gao Weiguang. L'intrigue est entièrement calquée sur celle des romans de Kerry Greenwood et sur la série australienne mais se trouve délocalisée dans le Shanghai de 1930, un cadre propice aux aventures rocambolesques.

Les deux acteurs principaux aux côté du réalisateur, Deng-Ke.

  Les visuels officiels, très esthétiques, attisent la curiosité et on espère qu'on aura l'occasion d'en voir un peu plus. La diffusion en Chine est prévue pour le printemps 2020.

 La série a permis aux romans de K.Greenwood de se faire connaître dans de nombreux pays,
 notamment en Asie, comme le montre ces récentes ( et très jolies) éditions coréennes.

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2 Nancy Drew:

Logo officiel des jeux-vidéos Nancy Drew, adaptés des romans Alice détective

  Si vous ne le savez pas encore (je l'ai pourtant répété à plusieurs occasions sur ce blog), Nancy Drew est une héroïne de polars pour la jeunesse très populaire aux Etats-Unis. Inventée en 1929, elle est également très connue en France où les romans ont commencé à être traduits et publiés par la Bibliothèque Verte (Hachette) dans les années 50 sous le titre de... Alice détective! Le célèbre détective blonde, toujours affublée de son inséparable serre-tête, c'est elle, après francisation complète des noms de tous les personnages (comme cela avait d'ailleurs déjà été fait pour le club des cinq). Écrites par Caroline Quine (Caroryln Keen en VO), ces aventures sont en fait rédigées par un syndicat d'auteurs (même si deux femmes se démarquent pour avoir écrit la majorité des ouvrages, d'abord Mildred Benson puis Harriet Addams pour les tomes de la série souche) dont les membres se renouvèlent régulièrement afin d'assuré la pérennité du personnage à travers les décennies. Même si Alice/Nancy est devenue plus discrète en France, elle est toujours aussi populaires aux States : depuis plus de quatre-vingt ans, l'apprentie-détective traverse le temps et évolue au fil de la mode grâce à de nouveaux livres qui continuent d'être publiés, des collections dérivées ou de nombreuses transpositions à l'écran (et même en jeux-vidéos!). La dernière version cinématographique (2006) mettait en scène Emma Roberts dans le rôle titre pour un résultat qui n'avait rencontré qu'un succès mitigé. Après plus de dix ans d'attente, il était temps de donner un nouveau visage à Alice/Nancy... ou des nouveaux visages?

1 - Nancy Drew and the hidden staircase :


  Cette nouvelle adaptation cinématographique, toujours distribuée par la Warner Bros (c'est en effet la société qui a distribué toutes les versions sur le grand écran depuis 1939), est produite par l'humoriste et animatrice de télévision Ellen DeGeneres. Ainsi que l'indique le titre de ce reboot et contrairement à la version de 2006 qui racontait une intrigue inédite, Nancy Drew and the hidden staircase est adaptée du roman éponyme, second tome de la série paru en VO en 1929 et plus tard en France sous le titre Alice et le manoir hanté.

 Différentes éditions américaines et françaises du roman original.

  Le résumé évoque cependant d'importantes modifications de l'intrigue de base et de l'univers original du personnage :  Après la mort de sa femme, Carson Drew décide de quitter Chicago pour commencer une nouvelle vie avec sa fille, Nancy Drew, dans la petite ville de River Heights. Mais Nancy n'est pas vraiment heureuse à l'idée de quitter la ville car pour elle, petite ville signifie aucune excitation et aucune aventure. Mais quand elle apprend que le manoir des jumelles Elms pourrait être hantée, Nancy décide de commencer à enquêter. Pour elle, il se cache une explication derrière les bruits de pas et les autres phénomènes étranges qui se produisent dans la demeure.


  En effet, dans les romans, River Heights (River City en VF) est la ville natale de l'héroïne et le cadre de la majorité des aventures. Ce reboot semble inverser la balance proposée dans le film de 2007, où Nancy et son père quittaient River City pour s'installer temporairement à Chicago. Dans les romans originaux, Nancy/Alice est orpheline de mère depuis la petite enfance, et pas depuis peu comme l'indique ce synopsis. Parmi les autres modifications majeures qui ont filtré sur le net ou qu'on découvre dans le trailer et sur les photos du film, on constate des différences physiques majeures : Alice/Nancy est loin de la jeune adulte blonde et élégante : elle est ici une lycéenne rousse (mais ce détail peut-être toléré par les fan puisque certains romans décrivaient des cheveux blond vénitien et certaines illustrations originales la présentaient rousse) et tient davantage du garçon manqué, ce qui était à la base plutôt le personnage de son amie Marion/George (qui devient noire dans cette adaptation, un choix qui se veut probablement un pied de nez aux nombreuses accusations de whitewashing des romans originaux), tandis que Bess, la troisème de la bande, a l'air très loin de la coquette du trio décrite dans les livres. Hannah (connue sous le nom de Sarah dans la vf), l'adorable et charmante vieille gouvernante des Drew/Roy, est transformée en jeune femme qui, selon certaines sources, deviendrait dans ce film la tante de l'héroïne. Ceci dit, on trouve dans la liste des personnages Helen Corning, une des premières amies de Nancy/Alice dans les romans initiaux écrits dans les années 30, rapidement oubliée au profit des éternelles acolytes Bess et Marion et jamais incarnée au cinéma.


  Tandis que l'univers du précédent film jouait sur une ambiance rétro-chic vaguement inspirée des années 60, l'esthétique de cette nouvelle version est très inspirée des années 80, peut-être une volonté de surfer sur le succès rencontré par Stranger Things. Au casting, on retrouve Sophia Lillis (l'un des rôles principaux de Ça, premier chapitre et l'interprète de l'héroïne jeune de la série Sharp objects) qui joue aux côté d'acteurs relativement peu connus, excepté le personnage de Carson Drew/James Roy, interprété par une des stars de la série True Blood.



  Sorti aux Etats-Unis en mars 2019 et en dvd en VO (ainsi qu'au Québec sous le titre Nancy Drew au manoir hanté) le mois dernier, on attend probablement une sortie en direct to dvd en France dans les prochains mois. La réalisatrice ambitionnait avec ce film d'ouvrir les porte d'une nouvelle saga, avec d'éventuelles suites... malheureusement, le public outre-Atlantique n'a été que très moyennement convaincu par cette nouvelle version, ce qui limite d'emblée les chance de voir s'élargir cette franchise...

2- Nancy Drew (série Télé de la CW):


  Fait très rare : quasi simultanément à l'adaptation au cinéma, Nancy Drew se voit transposée sur le petit écran par la CW. Ce regain d'intérêt pour le personnage par le milieu de la télévision trouve sa source dans le retour en série de Veronica Mars (qui était l'héritière psychologique de Nancy Drew - d'ailleurs, la série se permettait de nombreuses allusions à l'héroïne détective) et le succès rencontré par Riverdale, l'adaptation très polarisante des Archie Comics (avec, là aussi, quelques clins d’œil au personnage de Nancy Drew à travers celui de Betty Cooper).
  Après plusieurs projets avortés (souvent des concepts revisitant fortement les codes originaux, dont un pilote jamais diffusé mettant en scène une Nancy Drew adulte et un script jamais tourné avec une Nancy Drew afro-américaine ), la CW propose une série qui reprend les éléments clefs originaux : Nancy est une jeune adulte qui va mener des enquêtes dans sa petite ville natale.


  Enfin, les scénaristes ont bien (trop?) dépoussiéré les romans, comme l'indique le synopsis officiel du pilote : Nancy Drew est une jeune détective amatrice qui, depuis son plus jeune âge, s'amuse à résoudre des enquêtes dans sa petite ville, Horseshoe Bay, au grand désarroi du shérif, dont elle fait parfois mieux le travail. Diplômée de son lycée, Nancy était prête à quitter Horseshoe Bay pour rejoindre les bancs de l'université avant que la mort de sa mère ne fasse tomber ses plans à l'eau. En attendant de pouvoir retenter de s'inscrire à l'université, elle travail dans un petit restaurant et à fait une croix sur sa passion pour les enquêtes. Mais un soir, le corps sans vie de la femme de Ryan Hudson, l'un des homme les plus riche de la ville, est retrouvé sur le parking du restaurant. Nancy se retrouve suspecte aux côtés de ses collègues : George Fayne, son ancienne ennemie du lycée ; Bess Marvin, une fille riche au passé mystérieux ; Ned Nickerson, avec qui elle entretient une relation secrète ; et Ace. Nancy commence alors à retrouver goût pour sa passion et décide d'enquêter sur ce crime. Mais elle va découvrir d'étranges connexions avec la mort de Lucy Sable, une reine de beauté d'Horseshoe Bay qui s'est suicidée le soir de son couronnement il y'a plusieurs années et dont les habitants de la ville s'amuse à imaginer qu'elle hante la ville.


  Cette version a l'air outrageusement moderne (alors qu'on aurait espéré que Riverdale influencerait une ambiance mi intemporelle, mi rétro), probablement inspirée des romans dérivés les plus récents de la franchise littéraire (notamment les Nancy Drew on campus, qui avaient déjà inspiré un téléfilm Disney au début des années 2000, et les Nancy Drew girl détective). Exit River Heights (remplacé par une ville côtière américaine sans qu'on sache pourquoi... très dommage quand on sait que cette bourgade était presque un personnage à part entière dans les romans, au même titre que le cabriolet bleu de l'héroïne, également absent du trailer) et les personnages de George/Marion, Bess et Ned sont complètement réinterprétés... c'est à se demander si cette série vise les lecteurs des romans ou un autre public. Le trailer animé diffusé sur les réseaux sociaux pourrait presque nous convaincre, mais la bande annonce officielle, bah, c'est une autre histoire... Rendez-vous courant Octobre pour le pilote en VO.


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Une nouvelle Adèle :

Concept art de S.Martinez pour le film de Besson

  Souvenez-vous : Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec, c'est une bande-dessinée très steampunk avant l'heure, créée par Tardi dans les années 70, l'une des premières à mettre en scène une femme de tempérament, qui plus est dans le contexte de la Belle Époque. Après neuf tomes dont la création s'est écoulée de 1976 à 2009 (on attend toujours le dixième), Luc Besson avait adapté l’œuvre de Tardi au cinéma en 2010 avec une belle brochette d'acteurs et Louise Bourgoin (peut-être, certes, un peu trop jeune, trop jolie, et trop inexpérimentée pour le rôle) en Adèle. Le film n'avait rencontré qu'un succès mitigé et ce en dépit de sa superbe photographie, de sa fidélité à l’œuvre originale, et de ses effets spéciaux réussis (sans parler des décors et des costumes, superbes).

  Alors que le film se terminait sur une fin ouverte en vue de deux suites qui auraient conclu une trilogie envisagée par le réalisateur, les critiques avaient avorté tout retour d'Adèle sur les écrans. Du moins sous cette première version... L'an dernier, Luc Besson aurait annoncé vouloir redonner vie à Adèle sous forme de série télévisée, ce média étant décidément à la mode depuis quelques temps. Convenons qu'il conviendrait particulièrement bien aux aventures d'Adèle, très inspirées dans leur format des feuilletons d'antan. On imagine mal Louise Bourgoin reprendre le rôle pour le petit écran (et c'est presque dommage, car de notre côté, nous sommes persuadés qu'elle a atteint la maturité et l'expérience nécessaires pour l'interpréter dans sa juste mesure) et reste à définir comment la série est envisagée : suite du film ou reboot complet? La première possibilité permettrait de savoir comment Adèle va sortir vivante du Titanic (elle y monte pour une croisière à la fin du long-métrage), et la seconde serait l'occasion d'adapter tome par tome la bande-dessinée.

  Côté casting, personne n'a donc été encore envisagé, et on sait que la société de Luc Besson se porte malheureusement très mal depuis ses derniers films. On ne saurait donc dire si le projet est toujours d'actualité, mais on verrait bien Blandine Bellavoir (extraordinaire Alice dans les petits meurtres d'Agatha Christie), qui aurait le physique et la gouaille nécessaires, ou Liza Manili (Petits meurtres en famille), qui a le visage et les taches de rousseur du personnage de papier. Affaire à suivre...