dimanche 25 août 2013

Cocaïne et tralala (Les folles enquêtes de Phryne Fisher #1) - Kerry Greenwood

Death by misadventure, Poisonned pen press, 1989 - Cocaine blues, Poisonned Pen press, 2001 - Editions de la loupe, 2006 - Editions 10/18, 2006.

  Au coeur des Années folles, Phryne Fisher, jeune aristocrate anglaise au caractère bien trempé, n'en fait qu'à sa tête !
  Intrépide, exubérante et d'une élégance sans égale, cette "garçonne" ne craint qu'une chose : l'ennui. Aussi, quand on lui propose de partir en Australie à la recherche d'une riche héritière menacée, y voit-elle l'occasion inespérée de fuir les fastidieuses soirées londoniennes. Sans une hésitation, la voilà en route, mais dès sa descente de bateau l'attendent faiseurs d'anges, trafiquants de drogue et communistes exaltés... Toute l'aventure et le danger dont elle rêvait ! De cocktails chic en courses-poursuites haletantes, Phryne Fisher mènera sa première enquête tambour battant, pour le plus grand péril des bandits et des cœurs.




  Cet ouvrage a rejoint ma bibliothèque après avoir été désiré pendant de nombreuses années. En effet, Cocaïne et Tralala me faisait de l’œil depuis...2006, alors qu'il sortait pour la première fois en France! Alors au lycée, je venais de terminer un imposant dossier sur les "Années Folles" et dont la note comptait justement pour l'obtention du bac. Encore habité par l'atmosphère pétillante et jazzy dans laquelle m'avait plongé ce travail, j'avais tout naturellement été attiré par cet ouvrage qui a justement pour cadre les années 1920, présenté au catalogue 2006 des éditions 10/18. L'annonce dressait un portrait alléchant de l'héroïne, jeune héritière libérée et indépendante qui n'hésite pas à poursuivre les criminels perchée sur ses talons aiguilles, habillée en Chanel, un revolver dans une main et un cocktail dans l'autre. Cet aperçu avait donc tout pour me ravir mais l'ouvrage, annoncé en français sous le second titre original de Cocaïne Blues, me lança sur une fausse piste si bien que je ne dénichai jamais trace du roman avant qu'il soit officiellement épuisé!

  Avec le temps, je me suis tourné vers d'autres lectures et Phryne Fisher m'est totalement sortie de la tête, jusqu'à l'annonce à la télévision de cette série télévisée, qui a réveillé en ma mémoire de vagues souvenirs:

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  Miss Fisher enquête!, dont il m'a été confirmé suite à quelques recherches qu'il s'agissait bien là d'une série adaptée des romans de Kerry Greenwood! Après le visionnage de quelques épisodes, transporté par les fringante et pétulantes Années Folles restituées à merveille, je me remettais donc en quête des romans d'origine pour poursuivre l'aventure. Alors oui, je sais, j'ai dis plus haut que les éditions françaises étaient en rupture de stock mais avez vous déjà vu que je baissais les bras face à ce genre de détail? Je fais l'impasse sur les investigations (dignes d'une Phryne Fisher des temps modernes, croyez le bien) pour retrouver la trace des tomes traduits en Français, mais sachez que ça y est, ils sont tous dans ma bibliothèque! Mais commençons par le commencement, voulez-vous? Qu'en est-il de Cocaïne et Tralala?

Couverture originale au design délicieusement rétro, et réédition avec le visuel de la série.

  Londres, années 1920 : au cours d'une soirée mondaine interrompue par un romanesque vol de bijoux, Miss Phryne Fisher fait preuve de ses remarquables talents de déduction et résout l'énigme en l'espace de quelques minutes à peine. Impressionné par le don de la jeune femme à élucider le mystère, un couple lui propose de l'embaucher pour mener une enquête... en Australie! Leur fille vient en effet d'épouser un riche Australien mais se trouve dans un état de santé mental et physique chaque jour un peu plus dégradé et qui inquiète toujours davantage ses parents. Persuadés qu'il y a anguille sous roche, ils supplient Phryne de se rendre à Melbourne pour tenter d'en apprendre plus. Piquée par la curiosité et désireuse de partir à l'aventure, la jeune héritière n'hésite pas à quitter le sol britannique pour les terres australiennes, où elle infiltre peu à peu les soirées mondaines pour se rapprocher innocemment de Lydia, la jeune épouse en question. Alors qu'elle commence son enquête, Phryne découvre que la jeune fille est bien moins chétive et sans défense qu'elle pourrait le laisser croire, et ses investigations la lance bientôt sur la piste d'une autre affaire bien plus glauque: dans les rues de Melbourne sévit un pseudo-médecin plutôt boucher qui fait avorter dans le plus grand secrets les filles-mères. Nombres d'entre elles sont retrouvées mortes et la police piétine. Sans parler d'un important trafic de cocaïne, qui ne serait pas sans lien avec ces morts et l'enquête initiale de Phryne! Le Melbourne mondain cacherait donc quelques scandaleuses affaires? En l'espace de quelques jours et grâce à sa débrouillardise habituelle, Phryne parvient à se trouver de solides bras droits dans les quartiers grouillants de la villes, des indicateurs de confiance, une résidence de luxe, un bolide de course, et, bien sûr, une femme de chambre efficace! Rien de trop pour mener à bien son enquête, musique jazzy en fond sonore!

Melbourne dans les années 1920.

  Que dire de cette lecture? Si l'époque et notamment la mise en scène de la série évoquent les adaptations d'Agatha Christie, la version roman des enquêtes de Phryne Fisher a son ton bien à elle et résolument moderne. Pas de panique, ce n'est pas là une critique négative, bien au contraire. Car loin d'être anachronique, la plume de Kerry Greenwood sait au contraire piocher dans la vivacité d'une écriture contemporaine ce qui servira l'atmosphère avant-gardiste inhérente aux Années Folles, et pimentera l'histoire d'une tonalité résolument dynamique! Car l'intrigue en elle-même n'est pas le point fort de Cocaïne et tralala ; d'ailleurs, en temps normal, une trame basée sur les simples éléments qui constituent l'enquête (avortements illégaux et cocaïne) n'est pas de celles qui me passionnent ou retiennent mon attention. Et même si les investigations en elles-mêmes sont bien relatées et menées avec logique, l'atout majeur du roman réside plutôt dans son écriture insouciante mais qui restitue avec méticulosité le parfum fantasque de l'époque. Soirées mondaines, éléments de la vie de tous les jours dans les années 20, soucis du détail... chaque fait ou geste raconté nous plonge avec délice dans des effluves de parfum chanel et fait éclore dans notre esprit des volutes décoratives Art-Déco.

  L'héroïne est également LE point fort de ce tome: Phryne Fisher sort du lot des détectives rétro par son tempérament de garçonne bien affirmé. Kerry Greenwood ne tarit d'ailleurs pas d'éloges à l'encontre de la jeune femme, ce qui m'a parfois un peu agacé: Phryne si parfaite, Phryne si belle, Phryne si vive et si intelligente... Mais pour tout avouer, on en redemande! Car en fait de perfection, c'est avant tout le tempérament indépendant de son personnage que vante l'auteure, et donc tout ce qui ferait scandale dans l'attitude d'une femme "trop rangée" et conforme à l'image d'une "Miss" digne de ce nom. Contrairement à une héritière "comme il faut", Phryne est avant tout issue de cette nouvelle génération féminine et féministe de l'entre-deux guerres. Aussi libre que l'air ou, tout simplement, que la gente masculine se le permet depuis des décennies, Phryne Fisher renverse les codes de la bienséance avec un panache et une frivolité assumés.

  En bref: Un roman dont l'intrigue policière ne révolutionnera pas le genre mais qui vaut avant tout pour la reconstitution d'une époque et de son esprit et, surtout, pour son héroïne atypique et réussie! Atmosphère luxueuse et pétillante sur fond de jazz qui envoûtera tous les amoureux d'ambiance rétro!


Pour aller plus loin...

 - Découvrez toute la série de Kerry Greenwood...
   -Le tome 2 Traffic de haut vol, le tome 3 Un train pour Ballarat,  et les chroniques à venir des opus suivants...

- Pour vous immerger dans le monde de Miss Fisher, allez donc jeter un œil au site officiel et à ce blog de fan ô combien passionnant.

- Pour poursuivre l'aventure à l'écran, plongez vous sans attendre dans l'adaptation en série télévisée, Miss Fisher enquête!

vendredi 23 août 2013

Waterloo Necropolis - Mary Hooper


Fallen Grace, Bloomsbury Publishing, 2010 - Editions Les grandes personnes, 2011.

  Londres, 1861. Grace Parkes, presque 16 ans, embarque à bord de l'express funéraire Necropolis, en direction du cimetière de Brockwood pour dire adieu à un être cher. Elle fera là-bas une rencontre décisive en la personne de Mr et Mrs Unwin, propriétaires d'une des plus grandes entreprises de pompes funèbres de la capitale, qui lui proposent de l'employer comme pleureuse d enterrement. D'abord réticente, Grace se verra bientôt contrainte d'accepter leur offre, après qu'elle et sa soeur Lily, qui survivent à peine en vendant du cresson, sont expulsées de leur pension...  Mais une fois employée chez les Unwin, Grace met à jour les sombres machinations du couple pour faire main basse sur un important héritage...

  Un stupéfiant portrait de Londres à l'époque victorienne, qui n'est pas sans rappeler l'univers des livres de Dickens. Une fois de plus, Mary Hooper, en s'inspirant de faits réels à savoir l'épidémie de Choléra de la fin des années 1840, la mise en service de l'express funéraire et le réel culte du deuil qui s'est développé à cette époque , nous livre un roman passionnant et aux multiples rebondissements, dont la couleur est le noir et sur lequel flotte en permanence une nappe de brouillard.



  Tout juste sorti d'une cure de visionnage des adaptations télévisuelles et cinématographiques de la vie d'Elizabeth I d'Angleterre, j'étais à la recherche de livres me permettant de poursuivre dans cette atmosphère lorsque je me suis souvenu des romans jeunesses de Mary Hooper. Célèbre auteure britannique, Mary Hooper est connue pour sa trilogie initiée avec La maison du Magicien (qui a justement pour cadre la Cour Elizabethétaine) mais aussi sa bibliographie mêlant Histoire et Fiction, deux dimensions qu'elle maîtrise avec l'égal talent qui a fait sa renommée. Je me suis alors rappelé qu'elle avait également publié d'autres ouvrages, toujours à destination d'un jeune lectorat mais ayant pour contexte l'Angleterre victorienne, sortis aux éditions "Les Grandes Personnes". J'ignore si vous avez déjà entendu parler de cette maison d'édition mais, bien qu'elle paraisse peu connue à côté de ses grandes sœurs Folio, flammarion et les autres, je peux vous assurer qu'elle publie toujours des romans d'une grande qualité! De fil en aiguille et suite à quelques papotages littéraires avec des amis ayant lu Mary Hooper, j'ai finalement fait l'acquisition de Waterloo Necropolis, troquant par là même l'Angleterre Elizabethaine pour l'Angleterre Victorienne!

Couverture de l'édition originale.

  Ce roman nous plonge dans le Londres de 1861 où Grace, jeune orpheline d'à peine 16 printemps, monte à bord de l'express funéraire pour le cimetière de Brookwood, un étrange paquet à la main. Que fait-elle, à son âge et sans chaperon, dans ce train à la bien triste destination? Suite à une mauvaise rencontre et un malheureux enchaînement d'événements désastreux, l'adolescente s'est malgré elle retrouvée enceinte, pour donner naissance à un enfant mort-né. Sur les conseils de la sage-femme, Grace emprunte donc l'express funéraire pour aller mettre secrètement en terre son bébé, afin de lui offrir une sépulture décente. Sur place, son apparence chétive et sans défense éveille l'intérêt de Mrs Unwin, épouse de Mr Unwin, grand patron du commerce funéraire et de l'Empire londonien des pompes-funèbres. Car la jeune fille a le physique idéal pour devenir pleureuse professionnelle et se voit proposer une place dans l'entreprise du couple. Après un premier refus, le retour de Grace à Londres lui fait bientôt réétudier la question. Expulsée de la pension où elle vit misérablement avec une sœur simple d'esprit, elle doit trouver un emploi et se tourne donc en toute logique vers la société des Unwin. Elle entre alors dans un monde où la mort est, plus qu'un fait de société, un vrai commerce doublé de rituels codifiés et de règles de bienséance. Mais dans cette nouvelle vie à laquelle Grace tente de s'habituer pointent ça et là des éléments curieux : pourquoi les Unwin attachent-ils soudain un intérêt particulier à sa soeur Lily? Et pour quelle raison cette dernière, embauchée à leur domicile comme femme de chambre, disparait-elle du jour au lendemain sans explication? Grace découvre peu à peu que le couple Unwin monte un obscure complot destiné à rafler un héritage qui ne leur revient pas...

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Trailer promotionnel pour la sortie du roman en Angleterre.

  Verdict? Une petite perle de la littérature! Waterloo Necropolis a comblé toutes mes attentes. Mary Hooper nous plonge avec une plume quasi-sociologique dans le Londres brumeux et humide de l'époque: sans chercher à appuyer l'ambiance gothique ou les effets de style pour renforcer l'atmosphère sombre et propre à une telle intrigue, elle parvient cependant à nous restituer la réalité du XIXème siècle avec la minutie d'un historien (l'aspect scolaire en moins). On sent qu'il y a en amont de la rédaction un important travail de recherches et une méticuleuse étude de l'époque et de son sujet, à savoir la mort et la façon dont on l'appréhende à l'ère victorienne. L'image de la mort évolue sans cesse: c'est là un thème cher à l'anthropologie et la sociologie, passionnant pour un peu qu'on se penche sur la question ; Alors que nous vivons une époque où la mort est celle que l'on cache (celle que l'on repousse autant que possible grace à la médecine, celle qui survient à l'hôpital, derrière la porte d'une chambre), le XIXème siècle était celui où la mort, plus que le prolongement de la vie, en faisait partie intégrante : on vivait avec elle. Cela se traduit par un ensemble de codes et d'habitudes liés à la vie quotidienne mais qui se démarquent aussi de par leur obligation. En cela, le deuil était par exemple une règle de bienséance, une norme dont il découlait des rites précis et un code vestimentaire particulier.


 Publicités pour le commerce funéraires : magasins spécialisés proposant vêtements et accessoires de deuil.

  C'est ce que ce livre s'attache à nous montrer en filigrane de l'intrigue romanesque. Mary Hooper met en scène l'industrie florissante des pompes-funèbres à l'époque et l'ensemble des coutumes qui s'y voit associée. Le titre français, Waterloo Necropolis, fait quant à lui référence à l'express mis sur les rails dans les années 1840: ce train au départ de la gare de Waterloo, exclusivement destiné au service funéraire, avait pour but de proposer un moyen économique de transporter cercueils, corps, et familles endeuillées jusqu'au cimetière. Emprunté pour les inhumations aussi bien que pour les recueillements, le Waterloo Necropolis était aussi commun que le métro que nous prenons chaque matin.

 Logo officiel de la compagnie de l'express funéraire et photographie de la ligne de chemin de fer du Waterloo Necropolis.
 Billet de train pour le cimetière de Brookwood via le Waterloo Necropolis.

  En plus de ce portrait des coutumes funéraires, Mary Hooper nous sert une intrigue agréable à lire et qui ne fait pas l'impasse sur la réalité parfois dure et douloureuse des classes sociales défavorisées de l'époque. Ainsi, bien qu'il s'agisse d'un roman jeunesse, l'auteure amène naturellement dans son scénario la question des filles mères, de leur "infortune", mais aussi la question du viol, réalité inhérente à la vie dans les bas-quartiers. Il y a donc une certaine honnêteté dans son écriture et un souci de restituer les choses telles qu'elle pouvaient se dérouler réellement ; Cependant, que les potentiels acheteurs ou parents qui comptaient offrir ce roman à leurs têtes blondes ne se détournent pas pour autant de l'ouvrage en question: Waterloo Necropolis reste un livre jeunesse, dans le style aussi bien que dans le déroulement de l'intrigue et son dénouement. Bien que l'héroïne traverse de nombreux moments difficiles, nous sommes encore loin du roman naturaliste à la Zola et Waterloo Necropolis a tout pour enchanter le jeune lecteur curieux et passionné. Progressivement, l'histoire s'accélère et de nombreux événements se croisent et se recoupent pour tendre vers l'intrigue quasi-policière. Certe, certains points jouissent parfois un peu trop d'un bienheureux hasard, mais il y a dans l'ensemble assez d'éléments positifs pour faire oublier ces détails et laisser une excellente impression.

Pleureuses de l'époque victorienne.

  En bref: Une intrigue de qualité, des personnages attachants et réalistes, le tout servi dans une atmosphère méticuleusement restituée. Un roman aussi agréable de par son histoire qu'enrichissant par l'originalité de son sujet!
 
Pour aller plus loin:

mercredi 21 août 2013

Des Belles et des Bêtes...

  Dans la famille "Contes de fées on the screen", je demande... La Belle et la Bête! Après Alice au pays des merveilles, Blanche-Neige, Oz, La belle au bois dormant, et les autres, voilà que plusieurs versions live de La Belle et la Bête se préparent pour le grand et le petit écran. Un projet qui n'est pas pour me déplaire, ce conte étant de mes favoris -comprenez un peu plus que les autres- au même titre que le Blanche Neige des Grimm.

Esquisse préparatoire pour La belle et la Bête, des studios Disney.


Dans les salles:

La Belle et la Bête, de Christophe Gans - Février 2014.


  Ce projet semble être le plus avancé de ceux prévus pour le cinéma. Et pour la première fois dans la grande mode des adaptations de contes de fées à l'écran, il s'agit... d'une réalisation de chez nous! Certes, Christophe Gans est plus connu pour des films davantage "américains" que français (Silent Hill), mais il n'empêche que cette production permettra peut-être de remettre notre cinéma sur le devant de la scène et de montrer de quoi nous sommes capables en la matière. Après tout, le conte de Madame Leprince de Beaumont est également un produit du terroir, non? Il est donc juste que nous ayons notre mot à dire dans l'histoire ;-)
  D'autant que ce film fait la part belle à un casting de qualité: Léa Seydoux en Belle, aux côté d'un André Dussolier plus fringant que jamais dans le rôle de son père. Sara Giraudeau et Audrey Lamy vont à coup sûr exceller en sœurs orgueilleuses et ridicules tandis que le choix de la Bête laisse imaginer une fantastique prestation, le rôle revenant à l'hypnotique Vincent Cassel!
  Si les bande-annonces n'ont pas encore été diffusées, les premières photos officielles du films ont enfin été dévoilées, laissant planer le suspens quant au visage de la Bête, mais témoignant d'un visuel qui a tout d'alléchant. Couleurs tranchées, décors travaillés, costumes recherchés... il y a là de la belle ouvrage en perspective! Je n'en dis pas plus et vous laisse constater par vous-même en attendant la sortie en février 2014...



The Beauty and the Beast, de Guillermo del Toro - courant 2014.


  Ce projet pourtant toujours en attente est le premier à avoir été annoncé, il y a de cela environ deux ans, alors que la mode des adaptations de contes se faisait grandissante. Guillermo del Toro est particulièrement connu pour ses films à l'esthétique gothique et hypnotique mêlant poésie et horrifique avec un incontestable brio (Parmi ses réalisations les plus célèbres, impossible de ne pas citer Le labyrinthe de Pan et l'Orphelinat). Au regard du CV du Maître, on ne doute pas qu'il puisse nous proposer une adaptation qui vaille le détour, et dont la mise en scène saura probablement faire mouche. Si le tournage n'a pas encore commencé, le réalisateur a bien confirmer le projet tout récemment, officialisant la participation de l'enchanteresse Emma Watson dans le rôle de Belle! Les premières prises de vue sont prévues pour octobre prochain, pour une sortie sur les écrans courant 2014...
  Concernant le style visuel du film, les recherches sur le net renvoient sans cesse au shooting photo dont est extraite cette image de l'actrice. Cependant, on ignore si c'est un hasard et si Belle nous apparaîtra ainsi ou s'il faut nous attendre à une toute autre esthétique.

Au petit écran:

Beauty and the Beast, une série de la chaine CW
diffusion française prévue d'ici 2014.


  A l'origine, il y a avait eu dans les années 80 une série télévisée, proposant une version moderne du conte de Madame Leprince de Beaumont: l'histoire se déroulait dans le New York XXème siècle où une jeune avocate rencontrait un homme affublé d'un physique léonin (joué par Ron Perlman) qui vivait reclus dans les souterrains de la ville. Le grand succès rencontré par ce show à l'époque et le récent retour aux contes de fées ont incité la chaine américaine CW à lancer un remake. La première saison, diffusée outre-Atlantique en 2012 avec notamment Kristin Kreuk en Belle, a pour trame le synopsis suivant:
  En 2003, la jeune Catherine et sa mère sont attaquées par un homme. Si Catherine parvient à avoir la vie sauve grâce à l'aide d'une créature étrange, sa mère meurt cette nuit-là. Neuf ans plus tard, elle est devenue détective et reste déterminée à retrouver le responsable. Lors d'une enquête, elle suit la piste d'un certain Vincent Keller, décédé en 2002 en Afghanistan. Elle découvre que ce dernier n'est pas mort, qu'il vit depuis 10 ans en totale réclusion et surtout le reconnaît comme celui lui ayant sauvé la vie. Il s'avère que, sous l'effet de la colère, Vincent se transforme en une bête enragée et incontrôlable. Catherine accepte de protéger son identité et son secret s'il l'aide à découvrir le meurtrier de sa mère. Tous deux entament alors une relation complexe et extrêmement dangereuse...
  La bonne audience rencontrée par la saison 1 a invité la production à lancer une seconde année de tournage, dont les épisodes en vo seront diffusés à la rentrée aux Etats-Unis. La saison 1 devrait quant à elle prochainement être dévoilée sur les écrans français...

The Beauty and the Beast, une série de la chaine ABC,
réalisation d'ici 2014.


  Fort du succès rencontré par Once Upon a Time, ABC a décidé d'exploiter le filon en mettant également en chantier sa version télévisée du conte de fées. A l'inverse de la vision moderne de la CW, l'adaptation d'ABC sera plus "classique" et proposera de raconter le conte ancestral sur plusieurs épisodes, ce qui devrait donc offrir de nombreuses intrigues et aventures secondaires sur la base de la trame que nous connaissons. De nombreux points de cette série ont peu à peu été éclaircis depuis que le projet a été lancé et on sait par exemple que le tournage aura lieu sur les terres d'Irlande, pour ses somptueux paysages! En revanche, depuis un an environ, peu de news ont filtré et si le projet n'a pas été annulé, on n'en sait guère plus...
  ABC étant une filiale des studios Disney, on peut s'attendre à ce que la série s'inspire fortement -comme c'est le cas pour Once Upon a time- de la mythologie et de l'esthétique des célèbres dessin-animés. En attendant des images du tournages, on peut donc se laisser aller à rêver avec quelques clichés de Belle dans Once Upon a Time...


...Ou à ce joli melting-pot de photographies...

Source: flickr.com

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  Que de beaux projets aussi alléchants qu'attendus...

dimanche 18 août 2013

"Maleficent": la Belle n'a qu'à bien se tenir!



  L'an dernier, j'avais parlé de plusieurs films en préparation sur La Belle au Bois Dormant dans un rapide article, dont le très prometteur Maleficent, réalisé par les studios Disney. Avec Angelina Jolie dans le rôle titre, ce film propose de retracer la vie de la sorcière Maléfique et l'histoire de la belle au bois dormant façon Disney de son point de vue. Si quelques artworks et une séance photo seulement du tournage avaient été montré sur le net jusqu'ici, Disney a enfin dévoilé le premier poster officiel de Maleficent ainsi que le design créé pour le titre:




  Si le doigt crochu évoque fortement la griffe métallique de la reine Ravenna dans Snow White and the Huntsman, nous passerons volontiers sur cette similitude esthétique devant la qualité du design et le casting prometteur: Elle Fanning en Aurora, ou encore Miranda Richardson et Imelda Staunton, de quoi laisser rêveur... jusque juillet 2014 (date de sortie du film outre-Atlantique), en tout cas! En attendant, laissons nous aller à imaginer l'esthétique future et l'ambiance visuelle du film dans son entier en admirant de joli melting-pot d'images autour du personnage:

Source: flickr.com

L'Historienne et Drakula (tomes 1 et 2) - Elizabeth Kostova


The Historian, Time Warner Book, 2003 - XO Editions, 2006 - Pocket, 2007.

  Une traque pal­pi­tante à tra­vers l’Europe et l’Histoire qui revi­site, avec brio, la légende du Vampire des Carpates. Un tour de force lit­té­raire.

  En 1972, dans une vieille maison d’Amsterdam, une ado­les­cente explore la biblio­thè­que de son père et tombe par hasard sur un vieux livre relié de cuir d’où dépas­sent des feuillets jaunis. Toutes les pages de l’ouvrage sont vier­ges, à l’excep­tion d’une affreuse gra­vure de dragon dont les ailes déployées sem­blent pro­té­ger une étrange ins­crip­tion : « DRAKULYA ». Pour trom­per sa soli­tude, la jeune fille a la curio­sité de déplier l’un des feuillets. Il s’agit d’une lettre et elle s’ouvre ainsi : « Cher et infor­tuné suc­ces­seur… » Son uni­vers vient de bas­cu­ler… Petit à petit, elle va en effet décou­vrir les secrets de jeu­nesse de son père ainsi que le destin mys­té­rieux de sa mère, aujourd’hui dis­pa­rue. Elle va sur­tout com­pren­dre que tous deux sont liés à l’exis­tence d’une puis­sance malé­fi­que jaillie tout droit des pro­fon­deurs de l’Histoire. Deux géné­ra­tions d’his­to­riens ont en effet déjà risqué leur répu­ta­tion, leur équilibre mental et leur vie à tenter d’élucider la fin tra­gi­que et mys­té­rieuse de Vlad III de Valachie, dit Vlad l’Empaleur ou encore Dracula. Ce que la jeune fille ignore encore, c’est qu’à son tour, et au prix d’une plon­gée aussi angois­sante que ver­ti­gi­neuse dans le passé de ses parents, elle va devoir emprun­ter les traces de ses pré­dé­ces­seurs et tenter de résou­dre cette énigme malé­fi­que. Dès lors, de villes en villes, de monas­tè­res en biblio­thè­ques, de salles d’archi­ves en cryp­tes aban­don­nées, la quête se trans­forme en traque, et len­te­ment, une vérité se dégage de la légende, plus ter­ri­fiante encore. La source du mal aurait-t-elle tra­versé les âges ?


  Elizabeth Kostova, qui n’a jamais oublié les his­toi­res sur le vam­pire des Carpates que lui racontait son père, a mené des recher­ches his­to­ri­ques pen­dant près de dix ans autour de la véri­ta­ble his­toire de Dracula, avant d’écrire L’Historienne et Drakula. Voyage exal­tant à tra­vers toute la vieille Europe, à la fois roman d’aven­tu­res et récit ini­tia­ti­que, L’Historienne et Drakula aborde, au-delà de la légende du célè­bre vam­pire, le pro­blème du ques­tion­ne­ment his­to­ri­que. Pour servir ce récit foi­son­nant et épique, Elizabeth Kostova a conçu une intri­gue impla­ca­ble et une archi­tec­ture roma­nes­que à la fois com­plexe et exi­geante (let­tres, jour­naux inti­mes, conver­sa­tions rap­por­tées, récits dans le récit s’entre­croi­sent dans un subtil jeu de mises en abyme), qui font de ce pre­mier roman un véri­ta­ble tour de force lit­té­raire.

***


  J'ai entendu parler de ce roman dès sa sortie, il y a environ six ans. Depuis toujours passionné par le mythe de Dracula - l’œuvre de Stocker mais aussi le personnage historique qui l'a inspiré - ma curiosité avait de suite été retenue par cet ouvrage. Puis, la densité du roman m'avait un peu effrayé et je n'avais pas osé m'y essayer, le notant cependant pour plus tard. Aujourd'hui, à l'heure où le mythe du vampire est devenu plus commun que jamais dans la littérature populaire -bit lit et sous-culture pop et young adult associée- L'historienne et Drakula pourrait presque se fondre dans la masse des publications de Black Moon et autres ersatz de Twilight, pour peu qu'on ne se penche pas au-delà du titre. Sauf que là, on parle d'Elizabeth Kostova, mille fois encensée pour ce roman et également auteure de l'excellent Les voleurs de Cygnes, lu et chroniqué ici-même. Tombé par hasard sur la version e-book le mois dernier, et désireux d'une lecture dense, riche et agréable, je m'en suis remis aux bons souvenirs passés avec les voleurs de cygnes pour me laisser convaincre.
  Verdict? C'est peu de dire que je ne suis pas déçu car L'historienne et Drakula s'est révélé être un des meilleurs romans lus à ce jour, un véritable coup de cœur qui mérite une théière en or massif!


 Éditions grand format et poche originales.

"En ma qualité d'historienne, je suis bien placé pour savoir que ceux qui remontent le cours de l'Histoire ne survivent pas toujours à ce voyage. Ce n'est pas tant le fait de remonter le temps qui nous met en danger; parfois, il arrive que l'Histoire elle-même nous guette dans l'ombre et nous happe de sa griffe ténébreuse."

  Le récit s'ouvre avec une préface de la narratrice, à la fois d'une telle sobriété et d'une telle profondeur qu'on se plait à la confondre avec l'auteure et à prendre pour argent comptant tout ce qu'elle s'apprête à nous raconter. L'effet est trop difficile à analyser, expliquer ou même restituer, si bien que je ne parviendrai jamais à vous en rendre fidèlement compte. Comment dire? Le lecteur est comme touché. La justesse de chaque mot, de chaque phrase, chaque tournure, se fraye un passage jusqu'à nos sentiments les plus sombres et les plus secrets : cette jeune fille a quelque chose de terrible à nous dire, mais aussi de capital. On le sent, on le sait, on y croit et dès que la première page est lue, il est déjà trop tard pour faire demi-tour malgré ce funeste pressentiment, car nous sommes déjà hypnotisés. L'angoisse qui pointe à l'horizon ne nous fait pas changer d'avis, ni même le subtile frisson qui nous annonce que le reste du livre sera comme un engrenage diabolique.

  Et il en va ainsi de tout le reste de ce roman. La narratrice évoque donc, comme il l'est si bien raconté dans le résumé, l'ouvrage qu'elle découvre par hasard, alors adolescente, dans la bibliothèque de son père Paul. Cet historien, veuf et homme plutôt discret, aurait mis au jour cet antique grimoire du temps de sa jeunesse étudiante : un vieux livre relié, entièrement vierge si ce n'est une gravure centrale représentant un dragon, symbole de Vlad Tepes Drakulya. L'Empaleur, Drakula le seigneur de la guerre qui inspira à Bram Stocker le vampire de la légende. Alors qu'il n'était au départ que peu intéressé par le grimoire, Paul se retrouve comme "poursuivit" par l'objet, qui réapparait sans cesse au travers de son chemin, l'invitant à percer son secret. Ses recherches le plongent bientôt dans une enquête qui tourne à l’obsession : Lorsqu'il apprend que son directeur de thèse, l'éminent historien Bartholomé Rossi, a trouvé un grimoire identique dans ses jeunes années, il devient évident qu'un secret gigentesque entoure cette relique de papier. Rossi lui remet le résultats des investigations qu'il mena à travers le monde suite à la découverte du livre, clef de voute qui indiquerait en réalité... l'emplacement de la réelle tombe de Vlad Tepes. Plus encore, Rossi le met en garde: Drakula serait encore en vie, et se lancer à sa recherche revient à signer son propre arrêt de mort. Après ces étranges révélations, le directeur de thèse de Paul disparait mystérieusement, et l'étudiant en Histoire reprend l'enquête où son professeur l'a arrêtée, persuadé qu'en retrouvant la tombe de Drakula, il retrouvera Rossi.
  Alors que la jeune narratrice apprend cette histoire de la bouche d'un Paul devenu adulte, elle se trouve elle aussi piquée par la curiosité et prise du virus de l'Historien. Alors qu'une menace sourde, issue des tréfonds de l'Histoire semble prendre prise sur la réalité, elle se lance elle aussi à la recherche de Vlad Tepes.

"Il est indéniable que nous autres historiens sommes fascinés par ce qui est en partie un reflet de nous-mêmes, une facette obscure de notre personnalité que nous tentons peut-être pas à explorer autrement que par l'intermédiaire de l'érudition; il est vrai également que plus nous nous imprégnons du sujet qui nous passionne, plus il devient une partie intégrante de nous-même."

 Éditions espagnole, estonienne,
italienne, et suédoise.

  La sincérité qui frappe le lecteur et le captive autant que si le récit était vrai tient peut-être au fait que l'auteure s'est énormément inspirée de son propre parcours. En effet, de nombreux points coïncident entre la jeunesse d'Elizabeth Kostova, ses propres recherches sur le sujet de Vlad Tepes et le mythe du vampire, et ce que nous raconte la narratrice qu'elle a fait héroïne de son histoire. Il y a donc tout à parier pour que l'écrivaine ait couché sur le papier ces ressentis profonds et personnels qui donnent toute son intensité à ce roman.
  Mais surtout, on sent de solides bases historiques et il n'est pas surprenant qu'elle ait effectué plus de dix ans de recherches pour écrire ce livre : plus qu'un foisonnement culturel, L'Historienne et Drakula servirait à lui-seul de thèse universitaire, la fiction en plus. Au travers de multiples voix, portées par des personnes, des époques et des supports différents, on s'offre en l'espace de 900presque mille pages un tour de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est, une visite guidée ensorcelante et presque effrayante de leurs mythes, légendes et Histoire médiévale. Religion, Sociologie, Anthropologie, Arts... The Historian semble brasser tout ce qui touche de près ou de loin à Drakula mais jamais de façon ennuyeuse ou approximative. Conte étrange et érudit, l'Historienne et Drakula remonte aux sources des légendes du vampirisme, évoquant ses multiples aspects d'une culture à l'autre et selon les époques, en même temps qu'il dresse un portrait on ne peut plus pointilleux de Vlad Tepes. Entre l'homme sanguinaire et le vampire fictif, le Drakula d'Elizabeth Kostova se présente comme une éminence grise, une brume planant en toile de fond et qui semble hanter chaque personnage, tirer les ficelles depuis une zone d'ombre secrète mais sans intervenir directement, ce qui le rend presque encore plus terrifiant.

  Car lentement, insidieusement, Elizabeth Kostova glisse ça et là des bribes de fantastique qui défient toute raison ou forme de science. Mais le tout est amené avec une telle logique et un tel talent de conteuse que le lecteur se laisse emporter. J'ai à ce titre ressenti un effet similaire dans la tournure fantastique que prenait le roman La femme dans le miroir: les éléments surnaturels, justement dosés et mesurés, sont présentés de sorte que le lecteur se laisse aller à y croire dur comme fer et se prend au jeu avec un plaisir presque jubilatoire.

 Valachie, Carpathes, Roumanie, Turquie... sans oublier le monastère de Snagov et le prétendu tombeau de Vlad Drakul, autant de lieux historiques entre Orient et Occident traversés par le roman au cours d'un périple riche et halletant!

  Véritable coup de cœur comme je n'en avait pas lu depuis longtemps, L'Historienne et Drakula est très certainement l'un des meilleurs romans de ce siècle, un chef-d’œuvre dont on comprend qu'il soit devenu un best-seller et qu'il ait été couronné de nombreux prix. Je ne rédige ici qu'un seul article pour les tomes 1 et 2 puisqu'ils sont en réalité difficilement "divisibles", si je puis dire: à l'origine, The Historian a été publié en version originale en un volume unique, séparé en deux tomes distincts lors de sa traduction française (la seule raison semble être la densité du texte, les éditeurs français se contentant de coupé le livre au milieu pour en faire deux opus successifs...). De plus, rédiger un deuxième billet me forcerait à en dire davantage sur la suite de l'histoire, et ce serait criminel que de gâcher ainsi le suspens qu'Elizabeth Kostova instaure si parfaitement...

Elizabeth Kostova

  A titre informatif, Sony aurait acheté les droits pour une adaptation au cinéma, mais le projet, lancé depuis 2006, semble stagner depuis. A mon avis, une mini-série servirait mieux l'intrigue, compte-tenu de la charge d'événements et d'informations contenus dans cette oeuvre. Pour le coup, moi qui suis toujours enthousiaste à l'idée d'une transposition à l'écran, c'est peut-être la première fois que je reste autant dubitatif face à l'éventualité. Je crains qu'une version cinéma ne gache plus qu'autre chose le roman original!
  L'alternance entre le quotidien de la jeune narratrice et les journaux, courriers et documents du passé, le tout habité par l'atmosphère fantastique des fondement du vampirisme m'ont rappelé Malédiction de sang. Bien sur, Malédiction de sang est un ouvrage pour la jeunesse, nous sommes d'accord ; néanmoins, il n'en manque pas d'une indéniable qualité et j'ai réellement retrouvé, par moment, une atmosphère similaire, un je-ne-sais-quoi de proche dans la narration et le "parfum" de l'histoire. Je serais tenté de dire que Malédiction de sang est le petit frère cadet de l'Historienne et Drakula!

En bref : un périple haletant à travers l'Histoire et les mythes horrifiques de la Vielle Europe, le tout dans un thriller gothique et érudit qui se veut un foisonnement culturel magnétique et addictif. Un page-turner hypnotique et intelligent qui force l'admiration.


"Un petit savoir est chose dangereuse."

"On ne peut pas appréhender la dimension sociale des hommes sans connaître leur Histoire."

"La vie a plus de saveur et d'éclat quand on ne rumine pas sans nécessité des horreurs. Comme vous le savez, l'histoire de l'humanité est remplie d'atrocités, et sans doute devrions-nous verser des larmes sur ces crimes plutôt que de les contempler avec fascination."

"Une des pires épreuves qui soient au monde, c'est de voir le visage d'un être cher déformé par la mort, la déchéance ou la maladie. Ces visages bien-aimés deviennent des monstres de l'espèce la plus terrifiante qui soit - vision atroce et insoutenable."

 Quelques portraits du vrai Vlad Tepes Drakula, le seigneur sanguinaire à l'origine du mythe du vampire.

Petit plus pour ceux qui veulent se lancer à la recherche du tombeau de Drakula et poursuivre la plongée dans l'univers instauré par E.Kostova, le site "A la poursuite de Dracula", bourré de références historiques et d'informations alléchantes!