vendredi 30 mars 2012

Le secret du quai 13 - Eva Ibbotson

The secret of Platform 13, McMillan Children Books, 1994 - Albin Michel Jeunesse, 2005 - Le livre de Poche jeunesse, 2009.


  Dans la gare de King's Cross, sous le quai numéro 13, existe un tunnel secret qui ne s'ouvre que tous les neuf ans pendant neuf jours. Il relie Londres à une île mystérieuse appelée le Pays des Brumes soudaines. Aujourd'hui, alors que les portes du tunnel rouvrent enfin, quatre créatures envoyées par le roi et la reine de l'île surgissent dans les rues de Londres : un ogre, un vieux magicien, une Fée et une apprentie sorcière. Leur mission ? Retrouver le jeune prince de leur royaume, kidnappé il y a neuf ans par une certaine Mme Trottell...


***

J'évoquais l'autre jour mes recherches de livres dans la lignée d'Harry Potter dans le cadre du projet mené sur mon terrain de stage. Parmi les titres que j'avais déniché se trouvait celui-ci, écrit par Eva Ibbotson. En lisant le résumé, l'allusion au passage magique sous un quai de la gare de King's Cross m'avait nécessairement fait penser au quai 9 3/4 et j'ai tout de suite crié au plagiat! Mais en regardant de plus près les dates de publication, j'appris que ce titre était initialement sorti en Angleterre en 1994, soit trois ans avant les aventures du sorcier à la cicatrice. Quelques recherches supplémentaires m'apprirent même que J.K. Rowling, grande admiratrice d'Eva Ibbotson, la citait dans ses sources d'inspiration ( pour plus d'informations, rendez-vous sur cette page qui énumère les nombreuses influences littéraire de l'auteur pour ses romans: http://en.wikipedia.org/wiki/Harry_Potter_influences_and_analogues ).

La gare de King's Cross, peu après sa construction.

  Je me suis donc offert ce roman et me l'étais même mis de côté pour occuper mon trajet en train jusqu'au salon du livre de Paris, afin de profiter de l'atmosphère des gares pendant cette lecture! Verdict? J'ai adoré ce livre! Passé le point commun du passage magique sous un quai de gare, l'histoire est très différente, bien qu'écrite dans un esprit similaire. L'auteur nous présente donc le Pays des Brumes Soudaines, qui n'est autre que l'île d'Avalon autrefois rattachée au monde mais désormais coupée de la réalité, et accessible uniquement par un "chunnel". Un "chunnel", c'est un passage magique qui ne s'ouvre qu'une fois touts les neuf ans, situé sur le lieu dit de "La croix des rois"où fut par la suite construite la gare de King's Cross. Mais le passage est toujours là, situé sous le quai 13, et continue de s'ouvrir tous les neuf ans, faisant de la gare un véritable lieu de passage pour créatures magiques!

Si la gare a désormais son quai 9 3/4 suite au succès de Harry Potter, elle n'a jamais eu de quai 13!
 (le nombre de voies s'arrêtant à 11 )

C'est pendant une de ces périodes d'ouverture que la catastrophe survint: les nourrices de la famille royale de l'île utilisèrent le chunnel pour offrir une escapade au jeune prince, alors tout bébé. Mais pendant le voyage, l'enfant est aperçu par hasard par Mrs Trottel, une détestable bourgeoise londonienne, désireuse de devenir mère. L'opportunité se présentant, elle kidnappe l'enfant et disparait avec lui, sans rien connaître de ses origines royales et magiques. L'incident plonge le Pays des Brumes Soudaines dans la tristesse et la famille royale prépare une opération de sauvetage pour la prochaine ouverture du Chunnel...

La très jolie couverture des éditions Albin Michel jeunesse.

  Vous l'aurez donc compris, l'intrigue globale ne donne pas une impression de déjà vu et l'on va de surprise en surprise, tant l'univers de l'auteur est à la fois riche et distrayant. Les personnages principaux et la majeure partie des créatures magiques sont délicieusement tournés en dérision, du fait de leur confrontation au monde moderne où tout élément fantastique est plutôt désuet. Eva Ibbotson pimente ses personnages en ajoutant aux monstres issus des mythes classiques une dimension fantaisiste qui introduit humour et légèreté (les harpies ne sont plus vraiment les créatures de la mythologie : certes ce sont toujours des monstres féminins ailés, mais elles ont désormais l'apparence de vieilles mégères permanentées "Bon Chic Bon Genre", dont les sacs à mains sont des armes redoutables!), et invente également de nouvelles créatures fantastiques sorties de son imagination (les faiseurs de brumes, sortes d'adorables petites boules de poils semblables à des bébés phoques, et qui expulsent du brouillard de leurs narines au chant des oiseaux).

Couverture d'une édition anglaise, à l'effigie d'un "faiseur de brume".


  L'héroïne du roman, l'apprentie sorcière Odge, est particulièrement attachante: cette charmante petite fille de 9 ans, issue d'une longue lignée de sorcières, fait honte à sa famille parce qu'elle n'est pas assez terrifiante! Contrairement à ses sœurs, elle n'est pas poilue, n'a pas de verrue ni d'appendices monstrueux, et est incapable de cracher des grenouilles! C'est tout juste si la pauvre chérie peut se venter d'avoir une dent bleue (et encore, cachée au fond de la mâchoire...), des yeux verrons, et une légère bosse sur un pied (dont toute sa famille espère qu'elle deviendra un orteil supplémentaire un jour). Ainsi rejetée pour ses différences, Odge la débrouillarde décide de montrer de quoi elle est capable et part à l'aventure, armée de son caractère bien trempé!

Preuve du succès de l'ouvrage en Grande Bretagne, on le trouve en CD audio racontant le texte intégral.


   L'auteure Eva Ibbotson est malheureusement récemment décédée, et laisse derrière elle une impressionnante quantité de romans jeunesse, dont de nombreux encore inconnus en France. Publiée depuis peu dans l’hexagone, il n'y a plus qu'à espérer que les éditeurs français ne vont pas s'arrêter en si bon chemin et que nous aurons la chance de découvrir ses autres livres...

En bref: Une merveille de la littérature jeunesse fantastique, une histoire exploitant l'univers de la magie pleine de drôlerie et de fantaisie. A découvrir d'abord pour lui-même, mais aussi pour les curieux qui s'intéressent aux sources d'inspiration de Rowling pour Harry Potter.

 Couvertures de diverses éditions anglaises successives.

Et pour aller plus loin...

jeudi 29 mars 2012

Blanche-Neige et le chasseur - vidéos exclusives

Je viens de trouver ça sur le net! Je suis impressionné, vraiment: ce projet est celui des deux qui m'enthousiasmait le moins au départ mais au regard de ces vidéos, j'avoue être plutôt séduit! Je suis impatient de voir le résultat final...






mercredi 28 mars 2012

L'île des sorciers, tome 1: l'île du crâne - Anthony Horowitz

Groosham Grange, Walter Books, 1988 - Hachette jeunesse, 1991 - le livre de poche jeunesse, 2002, 2007, 2009, 2013.

  Monsieur Eliot est furieux: son fils David vient d'être renvoyé du collège! Cette fois, c'en est trop, ses parents ont décidé de sévir: dès le lendemain, il est envoyé à Groosham Grange, un pensionnat à la discipline de fer. Situé sur l'île du Crâne, au large des côtes du Norfolk, cette institution mystérieuse entièrement coupée du monde n'offre qu'un seul jour de vacances pas an! Lorsque David arrive sur l'île, c'est une école bien étrange qu'il découvre: le bâtiment est un immense château en ruine, les élèves se comportent tous comment s'ils détenaient un secret, et les professeurs sont plus bizarres les uns que les autres... Aidé de Jill et Jeffrey, deux nouveaux pensionnaires qu'il a rencontré au cours du trajet en train, David se jure de faire la lumière sur les sombres agissements de l'école: très vite, il soupçonne le pire... mais il est encore loin de la vérité. Septième fils d'un septième fils, il découvre qu'il est destiné à... la sorcellerie!

***

[Attention attention, cet article contient des spoilers! Abstenez-vous donc de le lire si vous voulez vous garantir un effet de surprise entier! =p ]

  Cela fait bien longtemps que j'ai entendu parler de ce roman! Enfant, je tombais régulièrement dessus à la bibliothèque (à l'époque où il avait été édité dans la collection "vertiges" de chez hachette, dont le visuel m'avait alors marqué) mais je n'avais jamais eu l'occasion de l'emprunter. L'envie de le lire m'est revenue l'an dernier: je potassais l'excellent livre Les nombreuses vies de Harry Potter, publié aux éditions des moutons électriques, où ce titre était évoqué comme se situant dans la lignée de l'oeuvre de Rowling. Ce détail avait piqué ma curiosité et je me jurai alors de l'inscrire sur ma liste de livres à acheter...

 Editions françaises successives (livre intégral de 2007 et coffret de 2013) réunissant les deux tomes.



  Cette année, dans le cadre d'un projet de veillées lectures organisées sur mon terrain de stage (je rappelle aux retardataires que je suis en deuxième année de formation d'éducateur spécialisé ;) ), les enfants de l'institution m'avaient demandé si je pouvais leur proposer quelque chose "dans le genre d'Harry Potter". Après quelques recherches mêlées à mes propres souvenirs de titres croisés en librairie, ainsi que le soutien de l'excellent Je cherche un livre pour un enfant, le guide des livres pour les 8-16 ans, je mettais à jour une sélection de livres potentiels, dont celui-ci. Après lecture approfondie des titres sélectionnés, c'est finalement L'île du Crâne qui fut l'heureux élu...

Couvertures de diverses (ré)éditions originales.


  En effet, l'île du crâne est emprunt d'un fort humour noir (qui n'est pas sans rappeler celui des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire) et presque "vaudevillien", propre à l'enchaînement sans fin de scènes complètement loufoques; la mort, très présente, est totalement dédramatisée et tournée en dérision, presque toujours présentée sous l'angle du cynisme (dans l'agitation due à leur colère au moment du dîner, les parents de David ne se rendent pas comptent qu'ils "s'entretuent" à coup d’ustensiles de cuisines - ne vous inquiétez pas, ils s'en remettent toujours très bien ^^ ; une autre scène tordante de morbidité est celle de la crise cardiaque d'un prêtre dans le train qui conduit les enfants à l'école: l'un d'eux, pas le moins du monde inquiété, se contente de déclarer d'un ton passif "zut, je crois qu'il est mort"!). Cette façon de théâtraliser la mort sous un accent humoristique pourra évoquer l'atmosphère de certaines réalisation de Tim Burton, qui aime lui aussi à mêler ces deux thèmes.

Couvertures des diverses éditions françaises.

  Pour les parents qui craindraient de voir leurs charmantes petites têtes blondes choquées par de telles scènes, ne vous inquiétez pas : pour l'avoir tester avec un groupe d'enfants d'environ 10 à 12 ans, je peux vous assurer que l'humour fait son effet! Moi-même, j'avais du mal à ne pas enchaîner les crises de fou-rire. Dans la deuxième moitié du roman cependant, Horowitz passe à un ton plus mystérieux, plus angoissant : lorsque les enfants arrivent sur l'île, tout semble plus inquiétant et l'auteur instaure une atmosphère délicieusement horrifique et frissonnante, similaire à celle des histoires qu'on se raconterait un soir d'Halloween au coin du feu. Car la grande différence entre ce livre et l’œuvre de Rowling, c'est que l'école, vue chez Harry Potter comme un endroit magique et libérateur qui fait office de foyer de substitution, est ici présentée sous un angle plus inquiétant. Les héros ignorent ce qui s'y trame et peu à peu, les motivations des professeurs et des autres écoliers n'apparaissent plus si bienveillantes. C'est là une des réussites du livre: Horowtiz parvient vraiment à maintenir le lecteur en haleine grâce à une tension qui ne faiblit pas d'un pouce jusqu'au dénouement!

Editions étrangères.


En bref: une lecture agréable que j'aurais certainement classé dans mes favorites si je l'avais lue enfant. Mais voilà, Harry Potter est passé par là entre temps et le roman d'Horowitz souffre nécessairement de la comparaison : alors que Rowling offrait au lecteur la possibilité de se reconnaître totalement en Harry et dans les situation qu'il vit, le ton trop décalé d'Horowitz ne permet pas une telle identification, l'histoire se trouvant par là trop loufoque pour être un minimum réaliste. Il en reste un livre très amusant, dont je suis tout de même impatient de lire la suite! 

Pour aller plus loin: 

lundi 26 mars 2012

Sorties ciné tentantes

A l'affiche dans les mois à venir, quelques films qui font envie...

My Week with Marilyn, de Simon Curtis (sortie le 4 avril 2012)

Au début de l’été 1956, Marilyn Monroe se rend en Angleterre pour la première fois. En pleine lune de miel avec le célèbre dramaturge Arthur Miller, elle est venue tourner LE PRINCE ET LA DANSEUSE, le film qui restera célèbre pour l’avoir réunie à l’écran avec Sir Laurence Olivier, véritable légende du théâtre et du cinéma britanniques, qui en est aussi le metteur en scène.
Ce même été, Colin Clark, 23 ans, met pour la première fois le pied sur un plateau de cinéma. Tout juste diplômé d’Oxford, le jeune homme rêve de devenir cinéaste et a réussi à décrocher un job d’obscur assistant sur le plateau. Quarante ans plus tard, Clark racontera ce qu’il a vécu au fil des six mois de ce tournage mouvementé dans son livre, « The Prince, the Showgirl and Me ». Mais il manque une semaine dans son récit…
Son second livre, « Une semaine avec Marilyn », relate la semaine magique qu’il a passée, seul, avec la plus grande star de cinéma du monde.
Tour à tour drôle et poignant, MY WEEK WITH MARILYN porte un regard intime et rare sur l’icône de Hollywood, en racontant le lien aussi bref que puissant qui s’est noué entre cette femme exceptionnelle et le jeune homme qui a su la comprendre mieux que le reste du monde.


MY WEEK WITH MARILYN : BANDE-ANNONCE VF Full HD par baryla

Grand fan de Marilyn Monroe depuis très longtemps, j'ai toujours été envouté par la femme complexe et fragile que dissimulait son image de starlette. Depuis plusieurs années déjà, de nombreux témoignages sont mis à jour, diffusés et publiés afin de rétablir la vérité sur ce qu'elle était réellement, sur qui elle était avant tout: Norma Jean Baker. J’éprouve une véritable fascination pour le personnage et c'est pourquoi j'ai suivi de très près ce projet dès qu'il a été lancé.
Il est évident qu'un biopic sur Marilyn est une entreprise compliquée, voire carrément casse-gueule. Il n'y a qu'à voir le téléfilm Blonde (adapté du roman éponyme de Joyce Carol Oates), avec Poppy Montgomery dans le rôle de la célèbre actrice: loin d'être totalement inintéressante, cette production m'a énormément déçu par son scénario trop "épisodique" (même si c'est là quelque chose de difficilement évitable quand on s'emploie à retracer TOUTE une vie en si peu de minutes de bandes vidéo) et une actrice peu convaincante.
Au départ, deux projets cinématographiques étaient envisagés: une nouvelle version de Blonde pour le grand écran (dont j'ignore si elle est encore d'actualité à ce jour), ainsi que My Week with Marylin. Adapté du livre de Colin Clark, ce témoignage relate l'étrange relation que l'auteur noua avec l'actrice alors qu'il était assistant sur le tournage du Prince et la danseuse. Pour le rôle titre, la production hésitait entre Scarlett Johansson et Michelle Williams, qui l'emporta finalement. Bon, je l'avoue: au départ, ce choix ne me plaisait qu'à moitié et je n'arrivais pas à l'imaginer dans le rôle de Marilyn... mais au regard de la bande-annonce, je reconnais maintenant que je faisais erreur. Michelle Williams (qui a d'ailleurs reçue un golden globe pour son interprétation) y apparait sublime de fragilité et je trépigne d'impatience à l'idée de voir ce film! en attendant, j'ai déniché le livre original pour me faire patienter! =p



Dark Shadows, de Tim Burton (sortie le 9 mai 2012):


En 1752, Joshua et Naomi Collins quittent Liverpool, en Angleterre, pour prendre la mer avec leur jeune fils Barnabas, et commencer une nouvelle vie en Amérique. Mais même un océan ne parvient pas à les éloigner de la terrible malédiction qui s’est abattue leur famille. Vingt années passent et Barnabas a le monde à ses pieds, au tout au moins la ville de Collinsport, dans le Maine. Riche et puissant, et c’est un séducteur invétéré… jusqu’à ce qu’il commette la grave erreur de briser le coeur d’Angelique Bouchard. C’est une sorcière, dans tous les sens du terme, qui lui jette un sort bien plus maléfique que la mort : celui d’être transformé en vampire et enterré vivant.
Deux siècles plus tard, Barnabas est libéré de sa tombe par inadvertance et débarque en 1972 dans un monde totalement transformé…


Adapté d'un soap opera américain des années 60, ce film est le résultat d'un projet déjà ancien de Johnny Depp lui-même: il y doit y avoir environ 4 ans, j'avais lu dans un magazine qu'il souhaitait justement tourner une adaptation de cette série dont il était fan quand il était enfant, mais n'avait pas encore trouver le réalisateur qui se chargerait de la mise en scène. Quand on connait la trame de la série, on est surpris que l'idée ne lui soit pas venue plus tôt de proposer le projet à son grand ami Tim Burton, friand de ce genre d'histoire! Bien heureusement, la chose a fini par se faire et la bande-annonce promet un résultat explosif!
Je ne connais pas la série originale (elle est d'ailleurs encore inédite en France à l'heure actuelle) mais n'en suis pas moins impatient; De ce qu'on voit dans le trailer, on retrouve bien la "patte" caractéristique du réalisateur, mais sans un arrière-goût de déjà vu: le côté gothique et sombre qui lui est cher est ici pimenté d'une touche flashy très funky, propres aux années 70 ( Tordante, cette musique de Barry White! =p).

Mais, au fait, cette scène où Barnabas "attaque" une télévision... vous aussi cela vous fait penser aux Visiteurs? ^^


samedi 24 mars 2012

La Dame en noir (The woman in black) - un film de James Watkins


LaDameenNoir bande annonce vf par Gameinvaders

Après avoir lu La dame en noir de Susan Hill, je m'autorise à jeter un œil à la bande-annonce du film sorti en salle la semaine dernière. Vivant à temps quasi-complet dans un trou perdu où les cinémas ne diffusent que des navets, je n'ai toujours pas eu l'occasion d'aller voir cette adaptation puisqu'elle n'est encore pas projetée dans la région (un comble >_<, Dieu merci, je rejoins bientôt la civilisation, où l'on trouve un cinéma tous les 20 mètres et autant de bons films à voir!).

La scène d'ouverture m'a fait croire l'espace d'un instant qu'il s'agissait d'un nouveau Harry Potter (Daniel Radcliff dans un train? Il retourne à Poudlard?!); non, je plaisante, évidemment ^^. Parlons sérieusement: l'atmosphère de cette vidéo correspond exactement à ce que je visualisais à la lecture (même s'il est probable que cela ait été influencé par les photos du tournage déjà vues avant de lire le livre, je m'en fou, je suis satisfait!) et l'ambiance a l'air oppressante à souhait! Ce qu'on voit des décors me plait beaucoup (Ahhh, cette maison... elle me rappelle le manoir hanté de Disneyland et son intérieur baroque à l'abandon <3) et je retrouve avec plaisir quelques scènes présentes dans le livre (la chaise à bascule!). J'ai déjà noté, en revanche, quelques faits nouveaux: Qui sont donc ces trois fillettes, par exemple? D'où sortent-elles? Et j'ai également remarqué une scène ajoutée (Arthur exhumant une tombe, on dirait...).

Tout ça a piqué ma curiosité et je m'amuse à l'avance de la comparaison livre/film! J'espère seulement que cette adaptation, avec le lot de libertés qu'elle prend nécessairement, restera tout de même fidèle au récit original et ne tombera pas dans une avalanche de clichés comme avait su les éviter l'auteur. Il semble que les scénaristes aient ajoutés pas mal de choses, je ne suis pas contre s'il n'en ont pas ajouté TROP, puisque c'était justement le côté "mesuré" et "correctement dosé" du roman qui m'avait plu. Susan Hill dit avoir été conquise par les nouveau chemins qu'ont exploité les scénaristes avec ce film et elle en serait très satisfaite (alors qu'elle s'était toujours avouée déçue des autres transpositions de ses romans jusque là), je pense donc que le résultat devrait être intéressant!

Deux mots à dire en guise de conclusion: vivement, vivement... =D

jeudi 22 mars 2012

La Dame en Noir - Susan Hill


The Woman in Black, Hamish Hamilton, 1983 - l'Archipel, 2012.

Angleterre, début du XXe siècle. Par un mois de novembre froid et brumeux, Arthur Kipps, jeune avoué londonien, est dépêché dans le nord du pays pour assister aux funérailles d'Alice Drablow, 87 ans, puis trier ses papiers en vue d'organiser sa succession. À Crythin Gifford, village où Kipps pose ses valises, les habitants lui battent froid dès qu'il prononce le nom de feue Mme Drablow, unique occupante du Manoir des Marais, demeure isolée, battue par les vents et située sur une presqu'île uniquement accessible à marée basse. Lors de l'inhumation, dans une église quasi déserte, Arthur remarque la présence, un peu en retrait, d'une femme tout de noir vêtue, le visage émacié, comme rongée par une terrible maladie. Il l'aperçoit ensuite dans le cimetière, mais elle s'éclipse avant qu'il ait le temps de lui parler... Cette femme en noir, Arthur la verra de nouveau aux abords du manoir, une fois qu'il s'y sera installé pour commencer son travail. Mais se produisent alors nombre de phénomènes mystérieux qui ébranleront le jeune homme et feront vaciller sa raison... Comme il l'apprendra peu à peu, une malédiction plane sur ces lieux...



  Passionné depuis toujours d'histoires de fantômes, j'ai entendu parler de ce titre pour la première fois il y a environ deux ou trois ans: je venais de terminer le roman La séance, de John Harwood, une histoire de maison hantée écrite dans le pure style gothique victorien en hommage aux classiques du genre. En faisant quelques recherches sur d'autres romans similaires et donc susceptibles de me plaire également, j'étais tombé sur The woman in black et ses alléchantes couvertures originales...


  Malheureusement, ce roman, tentant à plus d'un titre, était alors encore inédit en France! Apprenant l'été dernier qu'une adaptation allait voir le jour et ne tenant plus face aux superbes photos de tournage et à leur ambiance délicieusement glacées, j'avais décidé de le commander en VO... C'est alors qu'une traduction est finalement sortie en France, me permettant ainsi de découvrir ce petit chef-d'œuvre.

  La construction m'a tout d'abord fait penser à la célèbre nouvelle d'Henry James, le tour d'écrou, où l'histoire est racontée par flashback: ce qui explique le début du roman assez longuet puisque tout le premier chapitre nous plante le décor de la vie actuelle du personnage principal et de ce qui va l'amener à se remémorer ses cruels souvenirs. J'avoue que je trépignais d'impatience, attendant que l'auteur entre enfin dans le vif du sujet et craignant tout à la fois que ce ton un peu trop "planplan" s'installe dans la durée. Mais une fois le retour en arrière amorcé, j'étais conquis: Susan Hill parvient à restituer l'authenticité des textes d'époque grâce à un style certes très classique, mais dont le lyrisme et la qualité n'ont rien à envier aux auteurs du XIXème siècle. Son texte instaure peu à peu une ambiance glaciale et saisissante, à grand renfort de descriptions soignées et méticuleuses qui ont entièrement satisfait mon côté visuel. Chaque figure de style employée, chaque comparaison ou métaphore, me permettait vraiment de me projeter dans l'histoire, d'imaginer les décors et sentir l'atmosphère pesante du manoir.


  Je parlais plus haut du côté très "classique" de l'écriture et de l'intrigue: si cela avait été mal maîtrisé, l'auteur aurait pu tomber dans des clichés trop faciles et faire de son roman une simple avalanche de scènes stéréotypées mais on est vraiment loin de ça avec La dame en noir! Bien que le roman soit plutôt court et qu'il y ait au final peu de rebondissement, Susan Hill met l'accent sur l'atmosphère et sait trouver le juste milieu entre références et originalités sans tomber dans la facilité. On retrouve en effet des éléments "clefs" de ce genre de romans (un individu terre à terre face à une paranoïa locale, le doute entre la folie du héros et l'existence de vrais phénomènes surnaturels, une maison décrépite et isolée, des esprits qui rejouent leur mort, etc...) auxquels l'auteur sait ajouter le petit "truc en plus" (le manoir n'est pas seulement excentré du village, il est carrément situé sur une presqu'île accessible uniquement à marrée basse! ça il fallait y penser! =D ). J'ai également aimé le secret de famille à l'origine du drame qu'a connu la maison: j'avais presque mis le doigt dessus mais pas entièrement, ce qui a permis à cette révélation de faire son petit effet de surprise!

En bref:Vous l'aurez compris, ce roman m'a beaucoup plu; Il me tarde maintenant de voir le film qui en a été adapté! Outre Manche, ce livre est très connu et a été très apprécié à sa sortie, si bien qu'il a déjà connu une adaptation pour la télévision, une autre pour la radio et encore une au théâtre!

Affiche de la nouvelle mise en scène pour la pièce adaptée du roman, dont les représentation ont eu lieu en Angleterre fin 2011. Appétissant, non? =p


Et pour aller plus loin:

vendredi 16 mars 2012

Demain...


Demain, excursion parisienne pour le salon du livre! Un bon cru cette année, si l'on en croit le programme: un stand dédié à la bibliothérapie, une expositions sur la bit-lit (l'occasion de voir si certains résumés auront l'air aussi intéressant que les couvertures pourront être bien foutues!) et une autre sur le Doctor Who! Des dédicaces en perspective, peut-être une délicieuse pause repas si le stand de Paul est là comme l'an dernier, et aussi un petit détour par le square G. Brassens pour compléter ma collec' de bib' rose et verte! =p

En bref, une belle journée qui s'annonce (moins pour l'état de mon porte-monnaie mais on a rarement de bonnes omelettes sans casser d'oeufs...^^')

L'école des saveurs - Erica Bauermeister


The School of essential ingredients, Putnam, 2009 - Editions Presse de la cité, 2009 - Le livre de poche, 2011.

Un jour, la petite Lilian se lance un défi fou : si elle parvient à guérir sa mère de son chagrin en cuisinant, elle consacrera son existence à la gastronomie. La magie d'un chocolat chaud aux épices opère et, une vingtaine d'années plus tard, Lilian anime tous les premiers lundis du mois un atelier de cuisine dans son restaurant. L'École des saveurs réunit des élèves de tous horizons qui, de l'automne au printemps, vont partager des expériences culinaires, découvrir la force insoupçonnée des épices, capables par leur douceur ou leur piquant, d'éveiller des ardeurs inconnues et de guérir des peines anciennes... Un savoureux roman culinaire, une ode à la gourmandise et aux sens.

Après avoir évoqué les énigmes artistiques comme critère de sélection dans mes lecture, ce livre récemment lu m'amène à parler d'un autre thème central que l'on peut retrouver chez plusieurs "occupants" de ma bibliothèque: la cuisine! Je crois que cela remonte à la première fois où, enfant, j'ai lu Charlie et la chocolaterie en bavant sur les pages à la simple évocation des fantastiques recettes de Willy Wonka, dont je désespérais de trouver les gourmandises en rayon un jour, tellement cela semblait surpasser celles de k*nder!

J'ai retrouvé un plaisir équivalent plus tard, en lisant le sublime Chocolat de Joanne Harris puis d'autres romans tout aussi délicieux tels que Amour et autres enchantements (Garden Spells) et La reine des délices (Sugar Queen) de Sarah Addison Allen (autant de lectures appétissantes auxquelles il me faudra consacrer quelques articles, d'ailleurs!). C'est donc tout naturellement que j'ai cédé à l'achat de ce livre dès qu'il m'a tendu les bras du haut de son présentoir.

Il est resté quelques mois dans ma PAL avant que mon état d'esprit s'accorde à l'atmosphère qu'il laissait présager et que je me décide à l'ouvrir, le dévorant (jamais une métaphore n'aura si bien convenu) presque d'un coup en patientant dans la salle d'attente de mon docteur pour un rendez-vous (c'est qu'il m'aurait presque dérangé, d'ailleurs, lorsqu'il est enfin venu me chercher!^^). Et pourtant, il ne se passe pas grand chose car ce roman ne raconte pas une histoire mais en évoque plusieurs, se concentrant sur un personnage par chapitre. Le premier nous relate l'enfance de Lilian et sa découverte des plaisirs culinaires : alors que sa mère célibataire noie son chagrin dans la lecture, la petite fille parvient à lui redonner le goût de vivre grâce à celui du chocolat chaud et à une recette aussi appétissante et fantaisiste qu'une formule magique. Puis l'on se retrouve vingt ans plus tard: Lilian a ouvert son propre restaurant, où, chaque année, elle lance une nouvelle session de cours de cuisine hebdomadaires. Une nouvelle session débute justement et les nouveaux participants entrent en scène...

De nationalités variées et de générations différentes, ils ne se connaissent mais apprennent à se découvrir au fur et à mesure qu'ils apprennent à cuisiner. Chaque chapitre se concentre sur l'un des élèves de Lilian et sur la recette qu'elle leur enseigne, cette dernière agissant à la façon d'une véritable "madeleine de Proust" sur le personnage. Les parfums et les saveurs réveillent les souvenirs, révélant les blessures secrètes, ranimant les sentiments, ou guérissant les chagrins à la façon de remèdes magiques dont seule Lilian aurait le secret et la connaissance. J'ai adoré ce personnage qui, au final, reste très secret et suscite autant la curiosité de ses élèves que la notre: une fois passé le premier chapitre qui lui est destiné, elle n'intervient qu'en tant que professeur et donne l'impression de lire de façon presque surnaturelle dans l'âme et le passé de chaque protagoniste, leur adressant des clins d'œil malicieux et des sourires entendus. Une sorte de Deus ex machina de la cuisine, en quelques sortes ^^.

Dès le premier cours de cuisine, les nombreuses descriptions m'ont fait craindre un livre de recettes plus qu'un roman, mais pas du tout: chaque préparation est certes minutieusement détaillée, mais avec une telle poésie que la magie a opéré à chaque fois. Je me suis donc laissé porter par les images savoureuses qui me sont venues à l'esprit ainsi que par les histoires de chacun des personnages, tous attachants, et qui nous renvoient nécessairement à nous-même ou à quelqu'un qu'on a pu connaître. A la fois léger et grave, plein de messages et de profondeur sans pour autant en avoir l'air, ce roman se déguste, vraiment.

Ah, et une dernière chose: pour ceux qui, comme moi auront envie de tester toutes les recettes de Lilian, sachez qu'elle sont toutes disponibles sur le site officiel du livre! Alors cliquez ici et foncez aux fourneaux!

Snow, Glass, Apple...


La semaine dernière, je parlais des deux adaptations cinématographiques de Blanche-Neige prévues pour cette année et envisageais de m'offrir quelques lectures autour de ce personnage. Afin de me faire patienter dans l'ambiance, j'ai donc dégoté quelques publications originales dont de nombreuses réécritures du conte:

- Blanche-Neige, la version traditionnelle des frères Grimm, illustrée par le talentueux Benjamin Lacombe.

- Mirror, mirror, de Gregory Maguire : une transposition de l'histoire à la cour des Borgia, en pleine Renaissance italienne.

- Snow, de Tracy Lynn : réécriture du conte dans l'Angleterre victorienne.

- Fairest of all, de Serena Valentino : la version de Walt-Disney mais racontée du point de vue de la méchante reine... et si on ne savait pas toute l'histoire?

- White as Snow, de Tanith Lee : une autre version se concentrant également sur le personnage de la reine, mais en associant le conte au mythe antique de Persephone.

J'ai déjà lu les deux premiers et donnerai mon avis prochainement ; je suis impatient de commencer les autres et ceux qui rejoindront éventuellement cette petite collection naissante! Si certains d'entre vous ont des titres à me conseiller, je suis preneur!

lundi 12 mars 2012

Contes de fées et cinéma; on remet ça!


J'en parlais d'en mon dernier article: le cinéma se prend de passion pour nos bons vieux contes de fées! J'avais évoqué plusieurs films adaptés de la Belle au Bois Dormant en projet, quelques recherches ainsi que des news toutes fraîches m'ont permis d'en apprendre plus; Actuellement, deux productions live sont prévues:

- Le premier, évoqué dès la sortie du Alice de Burton, s'intitulera Maleficent (Maléfique) ; réalisé par les studios Disney, il s'agira d'une version cinématographique du long-métrage animé des années 50 mais racontant l'histoire du point de vue de... la sorcière! Je trouve l'idée enthousiasmante et je suis impatient de voir ce que cela donnera. Concernant le casting, Angelina Jolie interprétera le rôle titre (ce qui ne me disait trop rien au départ, m'imaginant mal le visage pulpeux de l'actrice pour un personnage au physique si reptilien, mais les premières images preview sont convaincantes!).


Concernant le rôle de la princesse Aurore, j'ai appris tout récemment que le choix de la production se portait sur la charmante Elle Fanning, dont le petit bout de nez colle bien à son modèle animé, non? =D



- Le second projet, moins précis à l'heure actuelle, serait une version plus sombre car plus proche du texte original (reste à savoir duquel: la version de Perrault ou celle de Grimm?). Pour l'instant, rien ne semble bien défini et j'ignore jusqu'à la maison de production qui commercialisera ce film et qui le réalisera... L'actrice Hailee Stenfield (True Gritt) serait cependant déjà envisagée pour le rôle titre:


Après la guerre des Blanche-Neige au cinéma cette année, une autre princesse va donc prochainement inspirer deux films concurrents! Affaire à suivre!

jeudi 8 mars 2012

Blanche comme la neige, rouge comme le sang: la plus belle d'entre toutes à l'honneur en 2012.


J'évoquais il y a quelques temps ma passion pour les contes de fées; bien que je leur trouve à tous un intérêt, mon âme d'enfant et ma nostalgie font de certains mes favoris. En tête de liste ,je positionne La Belle et la Bête à égalité avec Blanche-Neige. Si ma fascination pour ce dernier est née avec le chef-d'œuvre de Disney, elle a redoublé lorsque j'ai découvert le texte original des frères Grimm vers l'âge de 9 ou 10 ans. Chacun sait que les enfants adorent les histoires qui font peur et ce contes, dont on a oublié le caractère horrifique à souhait, m'avait alors amplement satisfait de ce côté là: cannibalisme, meurtre et torture, le tout dans un écrin de couleurs. Car c'est l'un des détails qui m'a toujours fait préféré ce conte en particulier: outre sa noirceur et l'aura symbolique qu'elle dégage, cette histoire est à mes yeux rattachée aux trois couleurs qui définissent le personnage principal, et qui conviennent fortement bien au lecteur très "visuel" que je suis.
Blanc comme la neige,
Rouge comme le sang,
Noir comme l'ébène.

Les couleurs de la bit-lit avant l'heure (et avec plus de classe, non mais!). Chaque lecture de Blanche-Neige était pour moi une explosion d'images habitées par ces teintes contrastées.

J'évoquais dans mon post sur les contes de fées ma découvertes des versions étrangères; Blanche Neige ne fit pas exception à la règle et je m'amuse encore aujourd'hui à rechercher les mythes similaires que l'on trouve à travers le monde ou même d'une région à l'autre d'un même pays.

Il y a 2 ans, l'adaptation au cinéma d'Alice au pays des Merveilles par Tim Burton relança le goût du grand public pour les contes de fées et l'on pu constater quantité de projets cinématographiques ou télévisuelles se mettre en place à la suite. Je pense que cet engouement soudain montre bien qu'en ces temps difficiles, l'être humain éprouve le besoin d'aller chercher un peu de douceur et de distraction, peut-être même de s'offrir inconsciemment une petite catharsis à l'ancienne mode. Les années à venir vont donc nous offrir de belles adaptations en perspectives: des versions dérivées de La Belle au bois Dormant, deux projets de La reine des Neiges, autant pour Casse-Noisette, trois voire même quatre pour Pinocchio, idem pour la Belle et la Bête et jusqu'à huit pour le Magicien d'Oz! Et Blanche Neige ne fait pas exception puisqu'elle sera cette année à l'affiche de deux films cinéma:

- Blanche-Neige ( Mirror, Mirror) de Tarsem Singh, sortie en France prévue le 11 avril 2012:


La toute première image preview du film, diffusée sur la toile à l'Automne dernier, nous présentait une Lily Collins à gros sourcils et portant une robe à froufrous monstrueusement bariolée qui lui donnait l'effet d'une bonbonnière. J'avais fait la grimace... car si toute la palette de l'arc-en-ciel y passait, il n'y avait aucune trace de noir, de blanc, et de rouge et le tout faisait plutôt penser à une version live du dessin-animé de Disney.


Puis les autres images sont arrivées et j'ai commencé à trouver Lily Collins pas si désagréable, ou du moins acceptable à défaut d'être parfaite pour le rôle. La bande-annonce, diffusée fin 2011 m'a en revanche fait très peur: quand j'avais lu que cette adaptation prenait l'angle de la comédie, je ne m'imaginais pas un ton si parodique, ce qui était dommage, à voir les décors et les costumes assez impressionnants... Bref, je ne savais trop quoi en penser, jusqu'à ce que j'apprenne que le réalisateur n'était autre que Tarsem Singh, dont j'avais adoré le sublime film The Fall et son esthétique saisissante. Dans la foulée, un site me révélait que la styliste de cette version n'était autre que Eiki Ishioka, qui avait fait les superbes costumes du Dracula de Coppola. Du coup, je regarde ce film d'un autre œil et j'attends de voir ce que cela donnera. Tarsem Singh, pour plus de réalisme, a tenu à ce que la majorité des décors soient construits à l'échelle réelle et non créés par images de synthèse, ce qui explique sans doute la beauté des paysages. Les scénaristes ont quant à eux décider de ne pas se restreindre à la version des frères Grimm comme unique référence mais ont procédé à un véritablesbrassage des versions de Blanche-Neige que l'on trouve dans le monde, afin d'y puiser de quoi réécrire une histoire complète (Cette dernière info m'a particulièrement enthousiasmé, je crois que c'est inutile de le préciser^^).





- Blanche-Neige et le chasseur (Snow White and the huntsman), de Rupert Sanders, sortie en France prévue pour le 13 juin 2012:


Sur le papier, le projet me paraissait étrange: une relecture du conte, où le rôle du chasseur serait mis en avant et dans lequel il préparerait l'héroïne à se battre contre sa belle-mère. Pourquoi pas, je demandais à voir. Les premières images preview sont apparues sur la toile à l'Automne, dévoilant des personnages tous revêtus de noir, de blanc, et d'argent, une Charlize Theron impeccable en reine à la beauté glaciale, et une Kristen Stewart...en armure!


Cet accoutrement pour le moins surprenant donnait pourtant le ton de cette version, très différente du projet de Tarsem Singh, et dont la bande-annonce confirma l'atmosphère très dark fantasy, peuplée de créatures monstrueuses et de batailles. Comme je crois l'avoir déjà dit, je ne suis pas un fan de fantasy et mes impressions étaient mitigées: j'aimais la narration par Charlize Theron, la musique, l'omniprésence des corbeaux, une Blanche-Neige crédible (Kristen Stewart, sans être un canon de beauté, est dotée d'un physique qui exprime une certaine pureté, et que je trouve très appropriée au personnage). Cependant, tout comme pour l'autre version, je reste ouvert et j'attends de voir ce que ce film a à nous montrer...


D'autres projets adaptés de Blanche-Neige sont déjà lancés pour la télévision ou le cinéma pour les années à venir, et je suis persuadé que les futurs réalisateurs qui y puiseront l'inspiration trouveront matière à proposer des regards différents mais non moins intéressants! En attendant de découvrir laquelle "sera la plus belle d'entre toutes", je sens que je vais m'offrir un petit challenge personnel de lecture sur ce personnage, histoire de me faire patienter! =D

mardi 6 mars 2012

Les étranges soeurs Wilcox, tome 1 - Fabrice Colin


Les étranges soeurs Wilcox: les vampires de Londres, Gallimard jeunesse, 2009.

Londres, 1888. Amber et Luna Wilcox s'arrachent des profondeurs du cimetière où elles se sont réveillées sans aucun souvenirs, persuadées d'y avoir été enterrées vivantes. Alors que leur mémoire refait peu à peu surface, elles découvrent que leur maison a brulé et leur père, disparu. Toutes deux recueillies par le célèbre Sherlock Holmes et son acolyte le Dr Watson, les sœurs orphelines réalisent qu'elles sont devenues...des vampires! S'adaptant peu à peu à leur nouvelle condition, Amber et Luna décident de mettre leurs nouveaux pouvoirs au service des Invisibles, un groupe occulte qui tente de lutter contre l'emprise grandissante du clan des Drakull, vampires engendrés par le puissant comte Dracula. Ce combat va alors les confronter à celui qui sème la terreur dans les bas-fonds de la capitale: Jack l'Éventreur en personne...




Après ma lecture de La malédiction d'Old Haven, je ne pouvais décemment pas m'arrêter en si bon chemin dans la bibliographie de Fabrice Colin, le résumé de ce livre me forçant littéralement à l'achat ( époque victorienne, comte Dreacula, Sherlock Holmes... miam miam!).
Cependant, je dois avouer une légère déception... Après la malédiction d'Old Haven, je m'attendais à voir de nouveau les poils de mes bras se dresser à chaque ligne et mon rythme cardiaque s'accélérer face à la plume virevoltante de l'auteur... mais peut-être parce que destiné à un public plus jeunes, ce roman ne m'a pas fait autant d'effet.

Sherlock Holmes et Watson par Sidney Paget, 1892.

L'intrigue est pourtant d'une grande richesse: On croise au fil des pages Bram Stoker ou encore les personnages issus de l'univers holmésien, et l'on s'amuse des nombreuses références littéraires (Les amants papillons, le marché des gobelins...) et historiques (Elizabeth Bathory, les représentations de MacBeth au Lyceum Thater avec Ellen Terry et Henry Irving, les crimes de Jack l'Éventreur...). Cet audacieux melting-pot à la sauce XIXème m'a énormément fait penser à la BD La ligue des Gentlemen Extraordinaires (Fabrice Colin dispose même les Invisibles d'un quartier général aquatique, génial sous-marin évoquant le Nautilus et ajoutant une ambiance steampunk à son histoire), mais sans en atteindre la qualité.

Bram Stoker à la fin du XIXème siècle.

J'ai en effet un énorme (bon d'accord, pas si gros que ça ^^) reproche à formuler concernant les nombreuses prises de liberté par rapports aux œuvres d'origines ou faits historiques auxquelles l'auteur fait ici référence: la mort de Watson, le modus operandi de Jack l'Éventreur, mais surtout la personnalité de Holmes, parfois très loin du misogyne complexe créé par Conan Doyle. Cependant, parce que je me doute bien qu'il s'agit là de choix scénaristiques murement réfléchis et non d'une mauvaise connaissance de ses sources d'inspiration, et aussi parce que c'est Fabrice Colin (désolé, je ne parviens pas à être objectif ^^'), de n'ai pu m'empêcher, de façon générale, d'apprécier ce roman. Ce genre d'histoire étant de plus assez rare dans la littérature jeunesse francophone, je reconnais avoir été assez séduit pour vouloir connaître la suite et lire les autres tomes!

La découverte d'un crime de Jack l'Éventreur, telle qu'on la trouvait mise en image dans les illustrés de l'époque.

samedi 3 mars 2012

Once upon a time...

Lecture des contes en famille, Gustave Doré, 1862.

Je n'ai pas encore eu l'occasion d'en parler mais une de mes nombreuses passions touchant à l'univers de la littérature est celle des... contes. Je ne parle pas des contes de fées façon Disney, bien que ces versions aient également bercé mon enfance et que je les apprécie beaucoup également, mais des textes originaux: les contes traditionnels et ceux issus de la tradition orale.

Enfant, on m'a très vite fait côtoyer le monde du livre (je viens d'une famille de lecteurs, il est donc normal que cela se soit transmis dans les habitudes du quotidien) et cela passait bien évidemment par les contes lus avant d'aller dormir. Mes souvenirs sont principalement rattachés aux nuits que je passais chez mes grands-parents: ma grand-mère m'avait offert un superbe recueil de contes que j'adorais et m'en lisait un chaque soir, assise à mon chevet tandis que j'écoutais patiemment, confortablement installé sous la couette.

Avec le temps, et bien que je commençais à me tourner vers d'autre formes de littératures, l'intérêt pour les contes resta présent et je découvris peu à peu les textes originaux, les versions étrangères, les reprises et modifications d'un même mythe au cours de l'Histoire, etc... Ces textes, s'ils relèvent bien du merveilleux, sont loin des charmantes histoires de princes et de princesses auxquelles nous a habitué la firme Disney: mystérieux, étranges, sombre, et parfois violents, ces contes n'étaient à l'origine pas destinés uniquement aux enfants mais aux jeunes gens faisant le premier pas dans l'âge adulte. Peuplés de symboles et porteurs de morale, ces contes avertissent leurs lecteurs des dangers du monde et de ses faux semblants, sous couvert de situations fantastiques et de chimères merveilleuses.

J'aime leur dimension métaphorique et didactique, la vérité cachée de ces histoires et les nouvelles interprétations qu'on peut leur donner de nos jours: adaptations cinématographiques, réécritures, références... C'est pourquoi il sera certainement très courant de voir chez moi des articles destinés à cet univers! D'ailleurs, si toutefois certains d'entre vous ont des titres à me donner, je vous invite fortement à le faire! ;)