dimanche 17 septembre 2017

Un été encore plus émilien...

Pedro Pan Rabbit accompagnant la Marquise Emilie aux forges des Du Châtelet, XVIIIème siècle.


  L'été n'est pas officiellement terminé que nous sommes contraint d'en faire déjà le deuil. Ma seule consolation est peut-être que, pour une fois, cette dégradation météorologique ne se limite pas à ma seule région mais à la France toute entière, qui semble traversée de part en part par une belle dépression automnale. En attendant l'été indien qu'on espère éclatant de couleurs rouges et orangées, petit récapitulatif de mon été encore plus Émilien, soit comme mon printemps : branché XVIIIème! De la métallurgie, du tourisme littéraire, et de la cuisine Pompadour, c'est ici!

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Une ballade aux forges de la marquise (enfin presque):



  Dans la continuité du cycle d'exposition Emilie(s) consacré à Emilie du Châtelet, je tenais à visiter des forges à l'ancienne comme celles que possédaient les Du Châtelet près de leur château de Cirey, où Emilie résida avec Voltaire plus de quinze ans. Ce dernier y fit même quelques expériences sur la nature du feu dans le cadre d'un mémoire qu'il présenta à l'Académie des science (sans savoir que sa chère et tendre concourrait également contre lui dans le plus grand secret), et de là venaient aussi les structures de nombreuses fenêtres et du belvédère du château. Si les forges de Cirey ne sont plus en activité depuis belle lurette et fermées au public, le secteur environnant, riche de son héritage métallurgique, propose une belle alternative : une ancienne forge toute proche transformée en musée, Metallurgic Park. Très ludique et très visuel, avec des sons et lumières très impressionnants qui plongent dans l'atmosphère d'un haut-fourneau, le tout dans un cadre très bucolique. A voir absolument!

Illusion d'une coulée de fonte en fusion  on y croirait!

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Italie et tourisme littéraire:


  On s'éloigne à présent des robes à paniers et des perruques poudrées pour une nouvelle escapade en Italie. Changement de décor, donc, et aussi de thème, puisque l'amie qui me recevait sur place et moi-même avons fait une visite projetée depuis un an, inaugurant en même temps notre concept de tourisme littéraire. Vous ne comprenez rien à ce que je raconte? Pas de panique, Pedro explique. Au terme d'une semaine italienne en août 2016, mon amie m'a fait découvrir une série de livres encore non traduite, lue en VO et présentée sur le blog cet été : les aventures de Portia Adams. Le plus amusant : dans le troisième tome, toute une aventure se passe dans un château qui existe réellement, situé tout prêt de notre pied à terre italien. Le jeu : lire la série d'ici l'été suivant et se rendre sur place pour visiter le château sur la base de notre lecture en guise de guide touristique. Ce château, c'était bien sur celui de Racconigi, palais d'été de la famille royale de Savoie, au centre d'une enquête du tome No matter how improbable dont j'ai abondamment parlé ici.


  Après une discussion animée et une visite passionnée (mon amie expliquant même aux guides sur place pourquoi nous étions venus, lorsque nous nous désolions de ne pas pouvoir visiter la bibliothèque décrite dans le roman), je projette de lancer une nouvelle série d'articles de tourisme littéraire qui, à la façon des gourmandises, se pencheraient sur ces lieux réels racontés dans la littérature - il faut dire qu'il y a de quoi : Le 221b Baker Street, l'aiguille creuse d'Arsène Lupin, l'opéra Garnier du fantôme de l'opéra... 



  En attendant, je partage ci-dessous quelques images de ce superbe palais baroque tout de marbre et de pierres, avec en clou du spectacle LES CUISINES ABSOLUMENT MAGNIFIQUES (on se demande bien pourquoi ça me met dans tous mes états, hein!) et des lustres tous plus clinquants les uns que les autres (avant de faire le tri dans mes photos, je ne réalisais pas que j'avais autant mitraillé les luminaires. Mais très honnêtement, cela ne m'étonne qu'à moitié : ces arabesques de cristal et de loupiotte, ça me rend tout chose...).

 (cliquez pour voir en grand)


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 Revue de presse XVIIIème:

Article publié sur la page Facebook de Histoires Galantes.

  Parce que cela ne fait pas de mal de s'envoyer des fleurs, et pour continuer dans la lignée d' Emilie(s), je relaie ici mon propre article sur Petits secrets des ducs de Lorraine au XVIIIème siècle, présenté sur le blog cet été, celui-là même relayé par son auteure Pascale Debert sur Facebook. Parce que j'admire vraiment le travail qu'elle fait sur le blog histoires galantes et que cela fait très plaisir d'avoir pu échanger ensuite avec une personne aussi passionnée! Merci à elle, mille fois.

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Du bruit dans ma cuisine:

  Dans ma cuisine (beaucoup moins grande que celle de la famille royale italienne vue plus haut), il y a eu beaucoup d'activité cet été. Presque tout penaud de me retrouver en vacances si subitement et de ne plus savoir quoi faire de mon temps, à une première journée de prostration a suivi une explosion de gamelles et autres casseroles. Je me suis en effet souvenu qu'on m'avait offert, à mon anniversaire, le super hachoir t*pperware et que je ne l'avais pas encore inauguré! Qu'à cela ne tienne, j'ai fait une recette qui me faisait de l’œil depuis quelques années que je survolais souvent dans le livre de cuisine écrit par Gwyneth Paltrow : des steaks hachés de dinde aux épices et sirop d'érable, que j'ai accompagnés d'un flan de courgettes feta-menthe.


  Saison des courgettes oblige, j'ai exploité le filon jusqu'au bout, d'abord avec un crumble salé de légumes grillés au quinoa, puis des courgettes farcies au boursin et jambon grillé sur lit de tomates, recette vite-faite refilée par une collègue adepte des popotes rapide pour grande tablée. Une façon sympathique et simple d’accommoder les courgettes en utilisant ce qu'on a de restes dans le frigo. Toujours avec des courgettes mais dans un registre plus chic et plus... eh bien plus émilien, j'ai enfin testé une recette assez sophistiquée issue du livre Conversation gourmande avec la marquise de Pompadour (dont il faudra que je parle vraiment sur le blog : un ouvrage de recettes adaptées des plats favoris de la Marquise de Pompadour ou des tables époques Louis XV) : Une mousse de courgette au basilic et au cœur de colin. Raffiné et délicieux!



  Toujours du livre de Gwyneth Paltrow, une autre recette qui me faisait envie depuis longtemps : la salade club au homard! Le homard, que j'ai remplacé par de la chair de langouste - eh oui, scuse me Mrs Paltrow, je n'ai pas votre porte-monnaie ;). Dans un registre plus street food, l'achat d'un moule à donuts m'a permis de tenter une première approche salée, au petits pois et au chèvre frais. Quelques temps plus tard, après un classique de mes fourneaux (quiches à la moutarde à l'ancienne), j'ai décidé d'utiliser les premières tomates cerises du jardin dans un clafoutis tomates-pignons-pesto-chèvre, l'une des surprises les plus gustatives de cette saison!



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 Sur ma table de travail :

  Pas beaucoup le temps de me poser au regard de mes nombreux déplacements, mais quand même quelques boucles d'oreilles à offrir et un gribouillage d'une Miss Fisher toute en fourrures. Je planche actuellement sur la création d'un blog d'illustrations, dans la continuité de mon premier contrat de couverture (souvenez-vous, je vous en parlais ici). Pas encore d'images en lignes mais la page est créée, je vais tâcher de la remplir très prochainement. Le lien sera bien sûr indiquer par ici ;).


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Achats, cadeaux et acquisitions...

  Oui, j'ai encore rapporté de jolies choses de mes vacances! Tout d'abord, de la part d'amis qui, à l'évidence, ne m'ont pas du touuuuut cerné : un mug thermos à l'image du lapin d'Alice (pas de doute, je sens que je vais faire sensation à siroter là-dedans pendant mes réunions) et cette supeeeeeeerbe théière en forme de citrouille avec support, qui évoque autant celles de l'époque Louis XV que les samovars de la Grande Catherine. Comme dit une de mes amies, "on ne sait pas si elle va se transformer en carrosse ou servir le thé"! Je sens que je vais trouver à l'utiliser tôt ou tard dans une décoration à thème ou une gourmandise littéraire (si tu me lis, merci Juju! =D ).



  Côté bibliothèque, j'ai déniché l'un des derniers tomes de Miss Fisher édités en France chez City, même s'il m'en reste encore d'avance à lire. Côté nouveautés, je me suis offert l'intégrale de la bande-dessinée Sabrina the teenage witch, qui a inspiré la série de mon enfance Sabrina l'apprentie sorcière, et que je compte présenter dans le cadre du prochain challenge Halloween, et l'un des derniers tomes parus de la série Agatha Raisin enquête. Côté occasion, j'ai déniché un roman de l'excellente Helen Oyeyemi, qui m'avait complètement chamboulé avec Le blanc va aux sorcières il y a cinq ans, et le roman graphique Hugo Lachance, illustré par le talentueux Chris Riddell, un de mes "maîtres à penser dessiner".


  Et puis comme je suis incorrigible, je n'ai pas résisté lorsque Moleskine a sorti sa collection de carnets Peter Pan, et en ai profité pour leur commander un agenda Alice au pays des merveilles, celui-là aussi en édition limitée.


  Tout ça pour mener vers LE craquage de l'été : l'énorme coffret intégrale de la série Agatha Christie's Poirot, dont j'ai surveillé toutes les vacances une annonce à un prix abordable sur tous les sites de shopping en ligne possibles et imaginables. Ma ténacité a fini par être récompensée! Maintenant, il me faut l'intégrale Miss Marple...


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  Voilà donc quelles ont été mes occupations et pérégrinations estivales, qui me semblent aujourd'hui bien loin. Je me console en me disant qu'avec l'Automne viendront aussi les cucurbitacées, les amours en cage, les flambées dans l'âtre, la soupe, les premières écharpes, le velours côtelé, les feuilles jaunies, les mitaines, les chaussures en cuir, Halloween, les histoires de fantômes, les sorcières, et... chut, je me tais, sinon je risque de vous spoiler sur le prochain article saisonnier!

(Oui, quand je vous parle du jardin, c'est CE jardin! =D )
 

dimanche 10 septembre 2017

Meurtre, Art-Déco, et Grand écran : Hercule Poirot et Miss Fisher bientôt adaptés au cinéma (soit : du moins bien et du bien à venir).



  Le grand écran nous réserve quelques surprises dans les prochains mois! Alors que l'on croyait Hercule Poirot décédé avec David Suchet dans l'ultime épisode de la série et les enquêtes de Miss Fisher définitivement closes, voilà que les deux personnages s'apprêtent à faire leur retour...

Le crime de l'Orient Express : Cinquième!


  Après la version de Sydney Lumet dans les années 70, une parodie avec Bennie Hill, un téléfilm mineur et catastrophique avec Alferd Molina, et enfin l'excellente adaptation avec David Suchet, Hercule Poirot reprend une nouvelle fois l'Orient Express pour le grand écran.


casting (cliquez pour voir en grand)

  C'est cette fois le réalisateur shakespearien Kenneth Branagh ( ex-Monsieur Emma Thomson à la ville, ex-Professeur Lockhart dans Harry Potter, et réalisateur du film live Cendrillon, qui m'avait bien déçu...) qui est aux commandes, et qui endosse le rôle du détective Hercule Poirot.
  Et là, même avec toute la bonne volonté du monde, je dis "Aïe!". Tout d'abord, on est en droit de se demander où se situe l'intérêt (si ce n'est dans un compte en banque) d'adapter une énième fois Le crime de l'Orient Express à l'écran, et surtout si peu de temps après David Suchet (et là, l'hypothèse purement financière tombe à l'eau, car on pourrait sentir le bide venir à plein nez). Si le reste du casting est des plus prestigieux, avec en prime des acteurs dont on imaginait justement qu'ils étaient faits pour le rôle qui leur a été attribué -bon, surtout une en fait : Judy Dench en princesse russe, parce que c'était tellement évident!- Kenneth Branagh porte très mal la moustache de notre bon vieux Hercule. Alors pour dire qu'il fait autrement que ses prédécesseurs, il affuble son personnage d'un postiche qui évoque davantage Asterix le Gaulois qu'un privé belge. La photographie que laisse deviner la bande annonce a beau être très alléchante, dès qu'on entend les notes d'Imagin Dragon dans les couloirs de ce bon vieux train, on se demande à quel moment ça a foiré.


Bref, au terrier, on a peur du résultat. Le film sortira en France le 13 décembre 2017, on vous en dira plus au retour de la séance (surprise inattendue ou catastrophe annoncée).


Miss Fisher : un long-métrage au cinéma et un préquel pour la télévision.



  Voilà deux ans déjà que nous avons dit adieux à la pétulante Miss Fisher, garçonne aristocrate détective du Melbourne des années folles. Adaptée des romans de Kerry Greenwood, la série diffusée en Australie sur ABC1 perdura durant trois saisons étalées de 2011 à 2015, le renouvellement au terme de chacune restant toujours incertain pendant plusieurs mois. Non pas que le programme ne jouissait pas d'un succès suffisant -bien au contraire!- mais le coût de la production complexifiait les choses. Il faut reconnaître que la reconstitution du Melbourne de 1929, les costumes absolument divins et les décors d'un luxe renversant nécessitaient des investissements plus que conséquents. Mais parce que les scénaristes ont plus d'un tour dans leur sac, ils ont su conclure, lorsque la troisième saison leur a été annoncée comme étant la dernière, avec une fin qui satisferait autant les téléspectateurs qu'elle pourrait aussi conduire à une éventuelle suite.


  Et suite il y aura. Dès 2016, l'actrice principale Essie Davis et son partenaire Nathan Page (qui joue le rôle du commissaire Robinson) ont planché avec l'équipe de réalisation sur un projet de long-métrage, dans l'idéal le premier d'une trilogie qui verrait Miss Fisher parcourir le monde pour des enquêtes de nature plus internationale. Pour l'instant, le script d'un premier film baptisé Miss Fisher and the crypt of tears a été présenté à Every Cloud Production (qui produisait aussi la série) et le projet est plus qu'en bonne voie. Reste la question du financement, encore en cours mais qui devrait se solutionner assez rapidement si l'on en croit le succès international de la série et l'idée des créatrices D.Cox et F.Eagger de délocaliser leur héroïne et donc d'attirer d'éventuels partenaires hors Australie. Every Cloud Production est très optimiste et projette de commencer le tournage début 2018.

Nathan Page et Essie Davis posent avec le scénario du film à venir.

  Parallèlement, D.Cox et F.Eagger planchent sur un second projet autours du personnage de Miss Fisher, une série préquelle intitulée Miss Fisher First Mysteries. Cette série raconterait les premières enquêtes de Phryne Fisher, tout juste âgée de 18 ans alors que la Première Guerre Mondiale vient de s'achever. On découvrirait ainsi comment elle s'est formée aux techniques d'investigation et est devenue la détective que l'on connait dans la première série. Les épisodes seraient partiellement adaptés de romans de Kerry Greenwood encore non transposés, Kerry Greenwood qui a par ailleurs annoncé son soutien au projet. 


  En attendant des nouvelles de ces deux productions, il est grand temps de revisionner l'intégrale de la série! Il se peut d'ailleurs que quelques articles rétrospectifs lui soient consacrée prochainement sur le blog, histoire de convaincre ceux qui ne l'ont pas encore regardée de tenter l'expérience!