dimanche 28 février 2016

Bientôt du livre à l'écran : les romans et les contes de fées qui prennent vie...

  Les mois à venir nous réservent de belles surprises sur nos grands écrans! Les passionnés de lecture ne seront pas en reste, car on compte un certains nombre de transpositions de romans ou de contes de fées prévues prochainement, dont certaines très TRES alléchantes! Voici celles qui me font le plus trépigner d'impatience ou suscitent ma curiosité:

Miss Peregrine et les enfants particuliers.
 
  Un vrai coup de cœur, qui avait eu le mérite de m'arracher quelques larmes. Ce roman, dont je n'ai encore pu me résoudre à lire la suite de peur d'être déçu de l'impression laissée par le magnifique premier opus, est actuellement en cours d'adaptation par... Tim Burton! Je m'attends donc à tout, soit quelque chose de très réussi soit... bref, je préfère ne pas y songer. Mais le casting a de quoi attiser la curiosité et le choix des interprètes principaux me satisfait : Après Asa Buttefield en jeune héro, je ne rêvais que d'Eva Green en Miss Peregrin... et je suis comblé, la nouvelle muse de Burton ayant décroché ce rôle qui lui conviendra comme un gant. Après sa prestation gothicime dans Penny Dreadfull, je la vois tout à fait endosser le rôle titre de cette histoire. 
  Rien n'a filtré depuis le début du tournage, si ce n'est l'affiche officielle et un teaser qui conserve le plus grand secret sur le visuel du film. On attend donc avec impatience la sortie prévue pour Novembre 2016!



Les malheurs de Sophie.

  Annoncé pour le mois prochain, ce film adapté du cycle de la comtesse de Ségur par Christophe Honoré a tout d'abord suscité mon enthousiasme. J'ai toujours beaucoup aimé cette auteure pendant mon enfance et en particulier sa trilogie dite "de Fleurville". Même le dessin-animé très fidèle diffusé à l'époque était de mes favoris, et cette version filmée semble presque s'en inspirer dans son esthétique (peut-être pour attirer le public nostalgique?). Ceci dit, la bande annonce me laisse perplexe et même si voir Muriel Robin en Madame Fichini peut être amusant, le tout semble dénué de la mélancolie qui transparaissait dans le récit original. J'ai donc un peu peur du résultat mais j'attends d'être surpris...



Le BGG


  Alors là... Alors là! Comment dire? Le BGG (soit Le Bon Gros Géant) et moi, c'est une vieille histoire d'amour. Celle d'un dessin-animé diffusé le soir du Noël de mes deux ans, enregistré par mes parents et dont j'ai regardé, re-regarder et user la cassette vidéo depuis, adoré au point de l'avoir conservée encore aujourd'hui. Ce n'est que plus tard que j'appris qu'il s'agissait d'une adaptation d'un roman de Roald Dahl, entre-temps devenu un de mes auteurs préférés. Comme le hasard est étrange, n'est-ce pas? Si le dessin-animé est très peu connu, Disney s'apprête à sortir son adaptation sur les écrans en film live réalisé par... ni plus ni moins que Steven Spielperg! Face au pedigree du Monsieur, je sais d'ores et déjà que le résultat sera à la hauteur de mes attentes, même si je vais être trèèèès exigeant! Et pourtant, je fonds déjà littéralement devant le teaser. Vivement Juillet!
  Un seul sentiment, étrange, persiste : avec ce film qui va faire découvrir le très méconnu BGG à tout le monde, j'ai l'impression de me faire voler une part intime de moi-même, tant il représente un symbole de mon enfance que je m'étais approprié. On est bête, parfois, non?



Alice de l'autre côté du miroir

  Après le film de Burton qui m'avait laissé un goût mitigé, Disney sort en juin prochain la suite, conformément aux deux romans écrits par Caroll. La version live du premier était tellement un mélange des deux ouvrages, totalement débarrassé de leur philosophie au profit d'une fiction grand spectacle sans grand intérêt, qu'une suite pose question. 


  Ceci dit, ce n'est pas Burton qui s'attaque à la réalisation, il y a donc certitude que celui ci n'aura donc pas l'opportunité de tomber dans le piège de se parodier lui-même une seconde fois, même si ce deuxième chapitre devra suivre une esthétique plus ou moins similaire à la sienne. Aussi, je dois avouer avoir été presque convaincu par les affiches et leurs montres molles à la Dali, les mini-teasers et encore plus par la bande-annonce chantée par Pink (qui donne à l'ensemble un côté psychédélique que l'on pourrait, dans une certaine mesure, trouver fidèle à l'esprit de Lewis Caroll). En tout cas, l'atmosphère japonisante et cette allégorie du Temps personnifiée par S.B.Cohen, il faut avouer que ça donne envie d'en voir plus! 




Les animaux fantastiques

  Et bien oui, forcément, il ferait partie de la sélection d'adaptations à venir. Alors que l'on croyait la mythologie Harry Potter bouclée, J.K.Rowling retourne à ses premières amours. En plus d'une pièce de théâtre en cours de préparation qui se concentre sur le fils d'Harry (et croyez moi, entre le script qui va paraître en librairie en format livre et le succès assuré, il y aura forcément une version cinématographique un de ces quatre...), elle signe ici une adaptation, ou disons une variation de son ouvrage Les animaux fantastiques. Ce petit livre issu de la mythologie potterienne était présenté comme un ouvrage de cours de la bibliothèque de Poudlard, annoté de multiples indications de son auteur le prof. Dragonneau, en son temps sorcier spécialiste de créatures magiques. Partant de cette base, elle imagine donc ici les aventures de Dragonneau dans le même univers que celui créé pour Harry Potter, mais plusieurs décennies avant la naissance du Sorcier. Un spin-off dont la simple idée nous fait trépigner d'impatience, alors pour ce qui est des premières images...



La belle et la bête

  Enfin, la dernière adaptation prévue qui me transporte de joie, même si nous n'en verrons pas la couleur avant printemps 2017, c'est le film live de La belle et la bête par les studios Disney, et donc essentiellement adapté de leur version animée de 1991. En effet, après les succès de Maleficent et de Cinderella (qui prenaient comme base leur alter-ego animé), Disney tente encore une fois l'expérience avec une version filmée de leur chef-d'oeuvre. Le casting a tout d'enthousiasmant, avec Emma Watson dans le rôle titre ( rescapée d'un projet avorté de la belle et la bête envisagé un temps par Guillermo del Toro) ou encore Emma Thompson en Mrs Samovar. A cette heure de la production, rien ne filtre vraiment du film en devenir, à part une présentation officielle du visuel du titre. Pour autant, quelques recherches sur le net m'ont mené jusqu'à ces photos du tournage postées sur les réseaux sociaux! On a ainsi un aperçu de l'Aile Ouest, des toits du château de la Bête, ou même de cette grande fenêtre à carreaux biseautés qui nous renvoient de suite au décor de la bibliothèque du village où Belle va emprunter ses livres!
Pff... et dire qu'il va falloir attendre encore plus d'un an >_<. 



***

  Et vous, laquelle de ces sorties et adaptations à venir vous fait le plus envie ou vous laisse une moins bonne impression? =D

vendredi 26 février 2016

84, Charing Cross Road - Helene Hanff

84, Charing Cross Road, Avon Books, 1970 - Editions Autrement, 2001 - Editions Le livre de poche, 2011.

  Par un beau jour d'octobre 1949, Helene Hanff s'adresse depuis New York à la librairie Marks & Co., sise 84, Charing Cross Road à Londres. Passionnée, maniaque, un peu fauchée, extravagante, Miss Hanff réclame à Frank Doel les livres introuvables qui assouviront son insatiable soif de découvertes. Vingt ans plus tard, ils s'écrivent toujours et la familiarité a laissé place à l'intime, presque à l'amour. Drôle et pleine de charme, cette correspondance est un petit joyau qui rappelle avec une délicatesse infinie toute la place que prennent, dans notre vie, les livres et les librairies. Livre inattendu et jamais traduit, 84, Charing Cross Road fait l'objet, depuis les années 1970, d'un véritable culte des deux côtés de l'Atlantique.

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  "84, Charing Cross Road fait partie de ces livres culte que l'on se prête entre amis, transformant ses lecteurs en autant de membres d'une même société secrète." disait un journaliste du Newsweek. C'est exactement ça. Car 84 Charing Cross Road, c'est ce petit ouvrage qu'on découvre totalement par hasard et qui nous fait l'effet d'une bombe inattendue, avant d'apprendre qu'il s'agit d'un classique connu et reconnu. Reconnu mais discret, connu de cercles de happy few amoureux de l'objet-livre, mais où il fait toujours l'unanimité.


"J'adore les livres d'occasion qui s'ouvrent d'eux-mêmes à la page que leur précédent propriétaire lisait le plus souvent."

"J'adore les dédicaces sur les pages de garde et les notes dans les marges, j'aime ce sentiment de camaraderie qu'on éprouve à tourner les pages que quelqu'un d'autre a déjà tournées, à lire les passages sur lesquels quelqu'un, disparu depuis longtemps, attire depuis mon attention."

  L'histoire a tout de la parfaite fiction épistolaire, à ceci près qu'elle n'est pas une fiction. Lorsque l'on tient 84 Charing cross road, on a entre les mains la véritable correspondance entre Helene Hanff, scénariste et "scribouillarde" américaine, et Franck Doel, libraire à Londres. Une amitié épistolaire totalement inattendue entre deux personnes que l'on croirait aux antipodes l'une de l'autre. Et pourtant, entre la New Yorkaise truculente au franc-parlé typiquement américain et à la désinhibition naturelle, et le très discret libraire londonien tout en retenue et en pudeur, une vraie rencontre se créé. 

"Je me souviens, il y a des années, un type que je connaissais m'a dit que les gens qui vont en Angleterre y trouvent exactement ce qu'ils sont venus y chercher. Je lui ai dit que j'irai y chercher l'Angleterre de la littérature anglaise, il a hoché la tête et il a dit : "Elle y est bien.""


" je ne savais pas que toucher un livre pouvait donner tant de joie" 
Helene Hanff
  Cette correspondance, qui nait d'une recherche hasardeuse d'ouvrages classiques d'occasion (Helene Hanff se plaignait en effet de ne trouver aucun vrai classique anglais à un prix raisonnable aux Etats-Unis), se poursuit grâce à un amour commun pour les livres, et aussi le même humour vif qui semble réunir les deux protagonistes. Au fil des lettres tantôt enlevées et vives d'Helene et des missives posées et élégantes de Franck, on entrevoit aussi en parallèle toute l'évolution historique et sociale de l'Amérique et de l'Angleterre. D'ailleurs, prise d'un vif attachement pour tout le personnel de la librairie anglaise avec laquelle elle correspond, Helene Hanff ira même jusqu'à leur envoyer d'énormes colis de nourriture, car scandalisée par le rationnement imposée au peuple britannique. Ce geste complètement désintéressé étendra l'échange épistolaire à tout un petit cercles de londoniens reliés à la librairie, et avec lesquels même le lecteur se sent devenir intime.

"Je vais me coucher, je vais faire d'affreux cauchemars plein de monstres énormes portant toges de professeur et grands couteaux de boucher tout ensanglantés avec marqué dessus : Extrait, Sélection, Passage, Abrégé."

Le réel Franck Doel et sa famille.

"Un livre comme ça, avec sa reliure en cuir luisant, ses titres dorés au fer, ses caractères superbes, serait à sa place dans la bibliothèque lambrissee de pin d'un manoir anglais ; on ne devrait le lire qu'assis dans un élégant fauteuil en cuir, au coin du feu - pas sur un divan d'occasion dans un petit studio minable donnant sur la rue et situé dans un immeuble en grès brun délabré."

  Même le dénouement, pourtant celui-là aussi des plus véridiques, aura son côté romanesque, quoi qu'infiniment triste. Mais à travers ce joyau d'humanité, d'altruisme et d'humour transculturel, les protagonistes de 84 Charing Cross Road resteront immortels et continueront d'agrandir leur cercles d'adeptes et de lecteurs passionnés à travers le monde.

En conclusion : Un récit intime et très émouvant à découvrir, relire et faire connaitre sans modération. Une histoire profondément humaine au-delà des cultures et des générations, qui se veut une très belle déclaration d'amour à la passion des livres et des librairies.

La librairie Marks & Co, au 84 Charing Cross Road.


Et pour aller plus loin:

dimanche 21 février 2016

Planète Livres : un chapitre se clot pour la librairie.




  Cet article ne parlera pas à tous les internautes, lecteurs ou blogueurs qui fréquentent books-tea-pie, mais je tenais néanmoins à le rédiger. Petit retour en arrière? Automne 2009, Peter Pan Rabbit, fraîchement entré à l'université de Dijon, se sent un peu perdu dans cette grande ville si loin de chez lui. Le blog ne sera pas créé avant deux ans, mais la lecture a toujours été son grand amour et même dans son appartement étudiant, il y a déjà des livres partout, chinés pour la plupart. S'il le pouvait, il en dévorerait à s'en exploser l'estomac, y viderait son compte en banque juste pour le plaisir de voir grandir sa PAL (Pile à Lire). Aussi, par un jour pluvieux, lorsqu'il aperçoit depuis la rue une étagère entière entière de livres de la bibliothèque verte à travers une vitrine, il entre.


  C'était Planète Livres, une charmante petite librairie d'occasion, tenue par Josette et Arnaud ( plus connu sous le nom usuel d'Eric) depuis les années 70. Un lieu magique où je me suis rendu dès lors au moins une fois par semaine (oui, au moins), visites au fil desquelles j'ai noué une amitié sincère avec ce couple de libraires passionnants et passionnés. De mes collections d'éditions originales de Fantômette et Alice détective (et de toutes ces heures de conversation sur le sujet) aux autres séries vintage, puis premières éditions françaises de Cat's Eye, sans oublier tous les romans que j'y ai trouvé (et parfois même de petites raretés, véritables bijoux de librairie), Planète Livres aura contribué à remplir une belle part de ma bibliothèque.

Un article des années 70 lors de l'ouverture de la librairie, puis un autre de 1984.

  Mais aujourd'hui, Planète Livres n'est plus : cette amour de boutique ferme ses portes le 27 Février prochain. Je savais que cette fin sonnerait prochainement, mais en avoir la certitude, c'est un peu le même effet que la librairie du film "Vous avez un message" qui met la clef sous la porte au bout des deux tiers du film (et ce même après une centaine de visionnages) ou lorsque le libraire du roman épistolaire 84 Charing Cross Road, d'Helen Hanff, décède subitement. La fin d'une époque marquée par ses habitudes, ses symboles et ses heures réconfortantes au milieu de piles vertigineuses de livres à fouiner, chercher, et parler amour de la lecture.


  Je tenais donc à rendre un hommage tout particulier à Josette et Eric, et à leur librairie. A l'heure où les petites boutiques indépendantes meurent sous le règne des grandes enseignes - dont les vendeurs sont rarement des libraires, par ailleurs (on a encore de la chance s'ils sont seulement lecteurs, mais c'est là un autre débat...), Josette et Eric ont fait honneur à leur profession, et ils continueront, d'ailleurs. Du mois encore quelques mois, par internet, le temps de vendre leur stock et de satisfaire les amoureux de la lecture ou des ouvrages anciens. Puisqu'il ne sera désormais plus possible de pousser leur porte de la rue de Mirande, voici néanmoins les coordonnées de leur boutique web, à transmettre et diffuser à tous ceux qui cherchent de quoi remplir leurs étagères:


  En attendant de les retrouver, disons en coulisses, je leur souhaite à tous les deux de profiter de leur retraite bien méritée, en les remerciant une fois encore pour leur amitié, leur discussion, et leurs nombreuses autres qualités. Chers amis libraires, nos rendez-vous au milieu de vos piles vertigineuses de livres me manqueront...


The shop around the corner : ces endroits où il fait bon lire...



  Un court article pour présenter un nouveau libellé bien particulier. 
  Sous l'intitulé The shop around the corner - du nom de la ravissante librairie tenue par Meg Ryan dans Vous avez un message, je voulais partager de temps à autres quelques unes de mes librairies ou bibliothèques favorites, qu'il s'agisse de celles que j'aime fréquenter habituellement, ou d'échopes atypiques découvertes  au fil de mes voyages. 


  Pas de grandes enseignes, seulement ces petits commerces indépendants ou médiathèques originales qui m'auront marqué. Parce que je suis quelques fois tombé fou amoureux de ces endroits au charme unique où il fait si bon lire (ou emprunter, ou acheter des livres), et que je tiens à les partager ici ;). A très vite, donc, pour retrouver ces lieux livresques...


vendredi 19 février 2016

Cat's Eye #6 - Tsukasa Hojo

Shueisha inc., 1983 - Editions Tonkam, collection "Tsuki poche", 1998 - Editions Panini manga, 2009.

  Le mystérieux propriétaire de "Variations de lumière", un des tableaux de la collection Heintz, cherche un convoyeur pour déplacer illégalement d'importantes sommes d'argent. Mais pas n'importe lequel, il exige le meilleur ! Il organise donc une course clandestine sur son île de Runan, le vainqueur aura l'honneur d'être choisi pour transporter son trésor ! Pour voler le tableau, Hitomi se prépare à vivre la course de sa vie !


Contient les épisodes 68 à 78: 68) L'île au trésor, 69) Une vie de rêve, 70) Interrogation façon Cat's, 71) La valse des mini jupes, 72) La brigade spéciale anti Cat's eye !!, 73) Les cafards se rebiffent, 74) Le premier succès de la brigade spéciale, 75) Les hommes...pff ! 76) Pour qui est la bague de fiançailles, 77) Le club des amoureux transis, 78) Une proposition choc!

***

  Même excellent, un manga qui multiplie les tomes peut laisser craindre un essoufflement. C'est ma crainte à chaque nouveau volume de Cat's Eye, et ce même si Tsukasa Hojo n'a jamais déçu mes attentes depuis le premier opus. Renouvelant à chaque fois son intrigue en la nuançant de diverses ambiances, il nous a fait passer en 5 tomes par le polar pure, le récit d'aventure, puis un ton davantage romantique et enfin, exclusivement humoristique. Alternant ensuite entre ces atmosphères, il parvenait encore à dynamiser le récit en introduisant des épisodes long, donc plus fouillés et complexes (malheureusement redécoupés en épisodes courts dans les dernières éditions...). 

Episodes à retrouver sous leur nouveau classement des tomes 8 et 9 aux éditions Panini.

  En commençant ce sixième ouvrage de la série, j'ai donc craint d'être déçu. Eh bien non, ce n'est pas encore pour cette fois! Effectivement, fort est de constater que le mangaka poursuit avec le même suspense et la même qualité d'intrigue. A croire que derrière ce seul et même artiste se cachent plusieurs scénaristes qui se relaient et se complètent, à l'image de ces séries à tiroirs qui font le succès de la télévision actuelle et que Cat's Eye égalise aisément!

  On débute d'ailleurs sur les chapeaux de roue avec un épisode long au croisement d'un film de James Bond avec une émission de télé-réalité : Nos Cat's participent à une course automobile sur une île paradisiaque, où le but est d'éliminer au sens stricte du terme les concurrents. Pistes piégées, voitures trafiquées et gadgets seront donc de la partie pour arriver en premier à la villa du riche propriétaire. On le découvrira plus tard fou dangereux, qui compense une paralysie de ses membres inférieurs par une pléiade de mécanismes informatiques pour lui permettre de se déplacer dans son domaine, où il compte filmer 24 h sur 24 les finalistes de sa course. Le but? Choisir parmi eux le plus téméraire en vue d'une mission des plus illégales. Cat's, sur place pour récupérer un tableau exposé à la villa, sera donc prise à parti dans le projet de cet odieux criminel. Le summum de cette histoire est bien sûr la présence de Toshio : jamais, JAMAIS, nous aurons autant palpité, alors que le policier sera si proche de découvrir l'identité de Cat's Eye! Une réussite totale de suspense!

 Jamais Toshio n'aura été si proche de découvrir la vérité sur Hitomi...

  Du reste, Tsubasa Hojo distille encore une fois à merveille les sentiments et les chassés-croisés amoureux des personnages. Hitomi, sans aucun doute folle amoureuse de Toshio, se trouve plus que jamais en conflit entre son affection pour lui et son activité de voleuse. Le mangaka instaure à cette occasion une atmosphère pleine de mélancolie qui semble propre à la culture japonaise, et où se mêlent romantisme et nostalgie sans jamais sombrer dans la niaiserie. La complexité de cette relation montera encore d'un degré en fin d'album, lorsque Toshio fera une déclaration (et surtout une demande) bien particulière à sa bien-aimée.

  Côté évolution de l'intrigue dans son ensemble, il y aura du nouveau au commissariat. L'équipe de Toshio se détachera des enquêtes habituelles pour fonder la brigade anti Cat's Eye, consacrée exclusivement à la pourchasse des cambrioleuses. Ce qui pourrait passer pour une promotion est loin d'en être une : Acculés par leurs nombreuses défaites, le jeune enquêteur et ses collègues sont relégués aux bureaux les plus insalubres, où ils sont la risées de toutes les autres équipes. Toshio est par ailleurs remplacé sur son ancien poste par un jeune inspecteur fringuant et prétentieux qui mettra de l'animation dans tout ce beau monde!

 Un nouveau concurrent professionnel pour Toshio...

En bref: Après un épisode long palpitant et passionnant, ce sixième opus se poursuit avec moins de cabrioles et de cambrioles, mais fait la part belle à la psychologie des personnages. Tsukasa Hojo distille à merveille les atmosphères et les sentiments en renouvelant encore et toujours cette merveille de la BD japonaise!

 Et pour aller plus loin...

mercredi 3 février 2016

Mon Histoire : A la cour de Louis XIV (Journal d'Angélique de Barjac, 1684-1685) - Dominique Joly.

Editions Gallimard jeunesse, 2008 - Editions Folio Junior, 2015.

  «Octobre 1684. Marraine m'a pris les mains en disant: "Angélique, vous allez être présentée à Madame, belle-soeur de notre roi. Vous devrez tenir votre rang et resterez attachée à Madame comme l'esclave à sa maîtresse. Il ne faudra jamais montrer ni mauvaise humeur ni découragement." À cet instant, j'aurais voulu fuir très loin d'ici... Je fermai les yeux et me retrouvai peu de temps après face à Madame, la princesse Palatine, comme on la surnomme.»
La vie fascinante d'une demoiselle d'honneur à Versailles, racontée à travers le journal intime d'Angélique.


«Un livre captivant, qui nous tient en haleine du début à la fin» (Actualité de l'Histoire).

«Avec humour et légèreté, Dominique Joly fait véritablement rentrer le lecteur dans l'intimité du château» (InterCDI).

«L'excellente et instructive collection de romans historiques Mon histoire conte, sous forme de journal intime, les combats de jeunes filles à l'aube de leur vie, dans une période historique troublée ou en pleine mutation» (Pariscope).

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  Lorsque l'opportunité d'un partenariat avec Gallimard Jeunesse s'est présentée, cet ouvrage était tout indiqué pour me lancer dans cette alléchante collaboration. Si Gallimard (et donc folio junior) publie certains de mes livres favoris, cela m'a permis de découvrir une collection qui m'attirait depuis un moment : la série "Mon Histoire". Ces romans proposent, à travers le journal fictif d'un personnage majeur ou secondaire de l'Histoire, de (re)découvrir les événements les plus marquants de certaines grandes époques. Publiés en format dur aux allures de carnets intimes ou de vieux livrets, ils sont également réédités en format poche chez folio junior, à l'image de ce titre qui nous invite à remonter le temps jusqu'à la cour du roi Soleil.

 Couverture de l'édition grand format et version temporaire de l'édition poche (qui présente quelques différences avec la couverture définitive).

  L'époque a de quoi fasciner et on ne compte plus le nombre de romans jeunesse (d'ailleurs souvent applaudis) qui s'y consacrent (des Orangers de Versailles aux Colombes du Roi Soleil, sans oublier quelques Ecole des pages ou Couvent de la Reine). Aussi, on peut se questionner sur l'intérêt d'un énième roman sur le sujet, surtout dans le format court d'un one shot. Sachez-le, l'intérêt est pourtant bien là, et la réussite aussi. En effet, je me suis moi-même laissé prendre au jeu de ce joural intime fictif, pourtant réaliste à plus d'un titre.

  Loin de nous conter une histoire dorée à la Cendrillon, l'histoire de cette jeune fille qui devient suivante de Madame la princesse de Palatine, belle-soeur du Roi, est une plongée passionnante dans les coulisses de Versailles, mais aussi dans une réalité religieuse et historique réstituée avec rigueur. Ennuyeux, peut-être trop scolaire, me direz-vous? Pas du tout, et le jeune lecteur sera happé lui aussi par le journal d'Angélique, cette jeune fille qui se retrouve propulsée dans l'univers trompeur de la royauté.

La princesse Palatine, épouse de Monsieur le frère du Roi.

  Tout juste promue demoiselle de compagnie de la princesse de Palatine, Angélique apprend en même temps être protestante de naissance, avant que ses parents aujourd'hui décédés ne la convertissent au catholicisme face à l'intolérance religieuse grandissante en France. En effet, nous sommes en 1684, à l'aube de la révocation de l'Edit de Nantes par Louis XIV, qui va donc proclamer une foi unique pour son royaume. Aussi la tenue du journal alterne-t-elle entre l'enthousiasme de sa redactrice, une spontanéité propre à son jeune âge, et ses doutes quant à ses véritables croyances face au secret de famille qui lui a été révélé. Le souhait de révolte, les ressentiments, les questionnements... tout est restitué avec force et Angélique en devient une héroïne attachante qui se redécouvre elle-même en même temps qu'elle appréhende la triste réalité qui se cache derrière les fastes apparents de la Cour.

  Cet ouvrage nous fait qui plus est entrer dans l'arrière plan du palais royal, et une certaine intimité des courtisans. On découvre un personnage trop peu souvent exploité dans ce type de roman, la Princesse Palatine, une femme pour le moins truculente qui marqua pourtant son époque en se démarquant par sa gouaille et son franc-parler. Après l'aperçu que j'avais eu d'elle dans Les jardins du Roi, j'ai apprécié la redécouvrir ici sous un jour tantôt extravagant, tantôt tendre et presque maternel. Sans oublier qu'elle apporte un nouveau point de vue sur la Cour, à la fois amusant et surprenant.

 Paula Paul, qui interprète avec vigueur la Princesse Palatine dans le sublime Les jardins du Roi, du regretté Alan Rickman ;
(à droite, en compagnie de l'excellent Stanley Tucci en Monsieur le frère du Roi).

  Parallèlement à cette immersion historique très ciblée, j'ai apprécié la seconde lecture du roman, qui touchera les lecteurs de tout âge mais éveillera surtout les plus jeunes à une réalité de tout temps. En effet, à travers le parcours d'Angélique en pleine révocation de l'Edit de Nantes, on prend conscience à quel point l'intolérance religieuse, quelle que soit la minorité ciblée, est malheureusement de toutes les époques...

  En bref : Un récit historique vif et rigoureux mais jamais austère ou trop scolaire. Grâce à une écriture spontanée et pleine d'émotion, on redécouvre l'envers du décor versaillais et l'intolérance religieuse déjà présente à la cour du Roi Soleil. Émouvant et intéressant.

Louis XIV et la révocation de l'Edit de Nantes en 1685.


Un grand merci aux éditions Gallimard pour cette découverte!

Pour aller plus loin: