lundi 20 mai 2019

Au service secret de Marie-Antoinette, tome 1 : l'enquête du Barry - Frédéric Lenormand.

Éditions de la Martinière, 2019.

  Récemment mariée au roi Louis XVI, Marie-Antoinette trouve ce nouveau statut bien ennuyeux. Les bals et les atours ne suffisent pas à la divertir. Un vol de bijoux vieux de plusieurs années va lui permettre d’exercer d’autres talents, ceux d’enquêtrice.
  Pour cette mission, elle s’entoure de deux détectives amateurs : Rose, modiste, et Léonard, coiffeur. Mais le problème est que ces deux-là se détestent. Rose est une maniaque de l’organisation, Léonard est un noceur. Ils ne s’adressent la parole que pour s’insulter. Ils devront pourtant apprendre à s’entendre s’ils veulent gagner leur place à la Cour.
  Leur enquête débute dans la ville, où deux corps viennent d’être retrouvés assassinés. Ces meurtres ont-ils un lien avec le vol de bijoux ? Les deux serviteurs parviendront-ils à retrouver le butin comme le souhaite la reine ?
   Derrière son éventail et ses hautes coiffes, Marie-Antoinette va jouer un tout autre rôle que celui qu’on lui assigne.

  Une nouvelle comédie policière qui nous plonge avec délice dans les souterrains et les antichambres de Versailles. Derrière son éventail et ses fanfreluches, la reine surveille les moindres mouvements de la Cour. Aidée par un duo d’enquêteurs pittoresques, un vol de bijoux sera sa première enquête.

*** 

  Après Voltaire et sa divine Émilie, après Madame de Sade et son marquis, et après Raymond Février l'enquêteur travesti, Frédéric Lenormand s'empare d'autres figures historiques pour les revisiter à la sauce polar. Parce qu'il a toujours voulu écrire sur le personnage de Marie-Antoinette, il choisit cette fois de placer ce premier tome d'une nouvelle série en 1774, et d'imaginer une intrigue qui s' "ourdit" (au sens figuré comme au sens propre, c'est à dire celui de la création textile) dans le cercle des rubans et de la coquetterie de Marie-Antoinette.

Portrait peint par Gautier Dagoty, dont nous assistons à la confection dans le roman.

  Tout commence en 1770 : les bijoutiers Broehmer et Bassenge ont rendez-vous à Trianon, pour présenter à Madame du Barry une parure de diamants offerte par le roi Louis XV. Mais au cours de la soirée, tandis que les deux joaillers patientent, un incendie créé la panique dans le parc, détournant l'attention de tous... et permettant le vol des bijoux, mais aussi d'une toile jusqu'alors exposée dans le pavillon. Les voleurs ne peuvent être que parmi les domestiques, mais puisqu'on ne démasque personne, on se contente d'en licencier plusieurs, pour l'exemple. Quelques années plus tard, Marie-Antoinette, dauphine devenue reine, décide de se composer sa propre police secrète pour ne pas rester reléguée au rang de potiche (autrichienne) de France. Parce que personne (et surtout pas le Roi) ne se doutera de quoi que ce soit tant que la souveraine gaspillera son temps et l'argent du pays dans les fanfreluches, Marie-Antoinette sélectionne ses futurs agents secrets parmi la fine fleur de l'industrie du luxe : Rose Bertin, modiste dont le tout Paris s'arrache les créations, et Léonard-Alexis Autié, coiffeur aux créations capillaires de... grande envergure. Persuadés que la Reine fait appel à eux pour entrer à son service purement esthétique, les deux artisans se précipitent aux portes du boudoir royal... pour apprendre qu'on les charge de retrouver les bijoux disparus de la du Barry! Il se trouve justement que les domestiques licenciés après la mystérieuse affaire sont en train de tomber comme des mouches, et qu'eux-mêmes ou leur proches possèdent les fragments découpés d'une toile de maître. Entre les rubans et les frisures, les deux apprentis agents sont prêts à tout pour résoudre le mystère du vol et démasquer l'auteur de ces crimes. Mais pour ça, encore faudrait-il qu'ils puissent se supporter...

 Léonard et Rose s’affairant autour de la reine.

"—Il parait que je suis une personne mal grattée! C'est ce que nous a dit le Grand Prévôt quand il nous a congédiés! Trente d'un coup! Des personnes mal grattées! Moi qui prends un bain trois fois par an!
  
  Personna non grata, corrigea Rose pour elle-même."

  Pas de doute : avec son titre en clin d’œil à la pop culture, ce roman est bien un Lenormand, ce qui se confirme très vite dès qu'on entame la lecture. Derrière cette couverture flashy qu'on pourrait presque croire destinée à un public young adult, on retrouve tout ce qui a fait le succès de l'auteur : les phrases bien tournées, l'ironie des situations, et certains propos anodins dont le contenu, volontairement anachronique, est un clin d’œil adressé directement au lecteur. Il en est ainsi, comme le titre de la série, des intitulés de chaque chapitre, soit autant de détournements délicieusement drôles comme "cinquante nuances de gras", "double assassinat dans la rue morne", "mon curé chez les Bretons" ou encore "le bonheur est dans le pré (courrons-y vite)".

  Les saillies verbales, le lecteur y était habitué dans la série des Voltaire mène l'enquête, se situant quelques quarante ans avant Au service secret de Marie-Antoinette. Pour autant, l'auteur transpose-t-il juste sa recette à une autre époque, nous sert-il le même bouillon avec de nouveaux personnages? On aurait pu le craindre qu'on au aurait pris un égal plaisir malgré tout, mais point du tout. Si le cadre très XVIIIème siècle, évident, est le premier point commun, et le genre du pastiche de polar historique, le second, ce sont les deux seuls traits que partagent les deux séries. Le ton, tout en étant tout aussi léger, est moins burlesque, et les personnages moins vaudevillesques que ne peuvent l'être son Voltaire. L'humour de situation est ici moins appuyé, plus subtil, très en adéquation avec l'univers de la mode et de l'esthétique dans lequel on évolue.

Gravure représentant l'intérieur du Grand Mogol, la boutique de Rose Bertin.

"La modiste et le coiffeur patientaient en échangeant à mi-voix des propos aigre-doux et des gestes brusques. A eux deux, ils piétinaient l'obligation de politesse affable imposée par la Cour."

  Les audaces que se permet l'auteur n'en restent pas moins tout aussi exquises : inventant un service secret dirigé depuis le boudoir même de la Reine, Frédéric Lenormand transforme Marie-Antoinette en nouvelle M, et fait de sa dame d'atours Madame de Chimay la nouvelle Q, un parallèle évident lorsque cette dernière distribue gadgets et armes de défense à nos deux pseudo-agents. Même, lorsque l'un deux se trouve en fâcheuse posture sur les toits de Paris, il est sauvé in extremis par une troupe d'agents de sauvetage déguisés en ramoneurs : le (tenez-vous bien) M.A.5! Qu'on se rassure : ses petites extravagances n'altèrent en rien la solidité du récit, et l'une des astuces la mieux pensée par l'auteur est celle de rarement faire intervenir Marie-Antoinette directement. Entourée de ses dames de compagnie qui jouent les intermédiaires, elle se contente de plus souvent de tirer les ficelles à l'abri derrière son éventail, apportant ainsi tout le mystère nécessaire à la nouvelle fonction que F.Lenormand lui assigne sans égratigner la figure véridique du personnage.


"L'impératrice Marie-Thérèse conseillait à sa fille de mettre son grain de sel dans la politique française. Elle l'avait élevée pour devenir reine de France, non pour être une potiche autrichienne sur une commode française."

  Pour autant, le défi relevé encore et toujours est celui de parvenir à puiser la source à tant de fantaisie dans la grande Histoire, ses faits réels et ses vraies protagonistes : cette anecdote de collier de la du Barry s'inspire des prémices de l'affaire du collier de la reine, parure commandée en 1772 par Louis XV aux joailliers Boehmer et Bassange pour sa favorite, puis qu'on tenta de recycler plus tard en la proposant à Marie-Antoinette, qui l'aurait refusée. Ce sont ces même bijoutiers qui créeront ensuite le célèbre collier de la reine qui fit couler tant d'encre, et Frédéric Lenormand s'amuse à y glisser un clin d’œil avec toute l'espièglerie qu'on lui connait.

 Le véritable Léonard.

  Les deux personnages principaux, Rose Bertin et Léonard-Alexis Autié, ont également véritablement existé. Elle fut la modiste la plus célèbre de l'époque (et la première femme créatrice de mode et entrepreneuse de l'Histoire), et lui le coiffeur à l'origine des coupes et perruques vertigineuses qui faisaient fureur à la cour. Dès 1774, ils sont invités sur demande de Marie-Antoinette à relancer la revue de mode Le journal des Dames et entrent tous les deux au service de la Reine. S'il se racontait que les deux artisans s'entendaient "comme deux sœurs", on sait aussi que ce n'était pas sans une certaine jalousie de leurs talents respectifs ; leur personnalité extravagante et romanesque, telle qu'elle est restituée dans les anecdotes historiques en fin d'ouvrage, a servi de modèle au caractère que Frédéric Lenormand a recomposé pour les besoins de son histoire : entre crêpages de chignon (une métaphore plus que jamais appropriée) et investigations, tous les deux cherchent sans cesse à se damer le pion pour entrer le premier dans les petits papiers de la Reine.

 Rose Bertin.

"—Intriguant!
—Crampon!
—Franc pétaud!
—Viedasse!
—Sac à merde!
  Ce fut le pire mot de la série qui tomba dans l'oreille où il ne devait pas aller.
—Qu'est-ce qu'un "sakamère"? demanda la reine avec une pointe d'accent germanique.
  C'était le moment de faire preuve d'invention ailleurs que dans l'arrangement des rubans et des colifichets.
—Le sakamère... est une essence exotique dont les feuilles... prennent la couleur de la saison. Ses fruits ressemblent... à des boules de Noël.
—Mais quelle chose merveilleuse! dit la reine. Vous devriez me coiffer au sakamère!
  Rose lui enveloppa le haut des cheveux d'un bonnet sur lequel elle accrocha des feuilles découpées dans un papier crépon, des boules et des guirlandes improvisées. Marie-Antoinette se montra aussitôt à sa dame d'atours.
—Ma chère amie, regardez : je suis en sakamère!
  On comprit autre chose mais on applaudit."


En bref : Le premier tome prometteur d'une nouvelle série, qui pastiche avec délice et espièglerie le roman d'espionnage historique. Les personnages de Rose Bertin et de Léonard Autié sont merveilleusement réinventés par F.Lenormand, et cette intrigue légère évoluant entre les alcôves de Versailles et les boutiques de mode est à savourer entre les macarons et le Champagne.

Merci à l'agence Anne & Arnaud pour cette lecture.

jeudi 16 mai 2019

Picnic at Hanging Rock - mini-série de Michael Rymer d'après le roman de Joan Lindsay.

Picnic at Hanging Rock

Une mini-série de Alice Addison d'après Pique-nique à Hanging Rock, de J.Lindsay.

Avec : Natalie Dormer, Lily Sullivan, Lola Bessis, Samara Weaving, Madeleine Madden, Inez Curo, Ruby Rees, Yael Stone...

Première diffusion originale : Printemps 2018 sur Showcase et Amazon Prime
Première diffusion française : Eté 2018 sur Canal+

Sortie dvd française : 20 mars 2019.


  Australie, 1900. L'établissement privé Appleyard est un pensionnat où l'on apprend les bonnes manières aux jeunes filles. Lors d'un pique-nique organisé par l'institut à l'occasion de la Saint-Valentin, trois élèves ainsi que l'une de leurs professeures se volatilisent à proximité d'une vertigineux rocher, où le temps semble s'arrêter. Enlèvement ? Fugue ? Chute mortelle ? Alors que les recherches commencent, et que l'on en apprend davantage sur les pensionnaires et leur directrice, le mystère semble s'épaissir... 

***

  L'été dernier, nous vous avons parlé d'un de nos grands coups de cœur de lecture : Pique-nique à Hanging Rock de Joan Lindsay. Grand classique de la littérature australienne écrit en 1967, ce roman inclassable qui semble emprunter à plusieurs genres plonge le lecteur dans le plus insondable des mystères. Somptueusement adapté en 1975 par le cinéaste Peter Weir et source d'inspiration majeure de l’œuvre de Sophia Coppola (Virgin Suicide en tête), Pique-nique à Hanging Rock nous raconte la disparition de trois collégiennes et d'une professeure en 1900, au cours d'un pique-nique organisé sur un gigantesque et étrange promontoire rocheux anciennement lieu de cultes aborigène. Robes de mousseline blanche vaporeuses, narration nébuleuse, relents d'ésotérisme, nature sauvage d'un côté et convenances corsetées de l'autre... Un roman au final énigmatique qui a fait couler beaucoup d'encre, interroge encore aujourd'hui, et laisse le lecteur dans une sorte de torpeur longtemps après avoir refermé le livre...



  Il est bien connu que c'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes, et le succès des adaptations ou des réalisations d'aujourd'hui tient quand même beaucoup, il faut l'admettre, à une certaine forme de nostalgie. L'aura toujours présente de ce roman en faisait une base très prometteuse pour une nouvelle transposition près de 40 ans après le film de Peter Weir, et quoi de mieux que le petit écran pour la concrétiser? Les séries bénéficient en effet désormais de moyens qui égalent le cinéma, et offrent un résultat qui le surpasse souvent ; les showrunners ne s'y sont pas trompés en passant par ce format pour adapter avec une plus grande fidélité des romans fleuves ou de grandes sagas littéraires.

Natalie Dormer interprète la rigide et glaciale Mrs Appleyard.

  Mais voilà, Pique-nique à Hanging Rock n'est pas une saga, et le roman est relativement court. Comment justifier, dès lors, une mini-série en six épisodes quand l'intégralité de la trame pourrait être transposée à l'écran en deux heures? La volonté du scénario (écrit à quatre mains par Alice Addison et Beatrix Christian) devient vite très claire : face aux nombreuses interrogations soulevées par le roman, l'adaptation utilisera les six heures de la série pour explorer un peu plus toutes les pistes de l'histoire. L'idée est intéressante et le scénario, passé le premier épisode qui s'achève sur la disparition des jeunes filles, se poursuit sur plusieurs axes narratifs continus : les suites du drame et l'enquête d'un côté, et de l'autre, s'ouvrant comme en arborescence, des flash-back imbriqués les uns dans les autres qui permettent, petit à petit, de reconstituer les origines sociales des disparues, la nature de leurs relations, et les circonstances de leur disparition.


  Cette construction du scénario donne le tournis, ce qui a rebuté certains critiques et téléspectateurs comme elle en a séduit d'autres, d'où des avis très mitigés. Les pièces de puzzle sont nombreuses et pour autant, leur assemblage ne mène pas plus que le roman à une vraie résolution du mystère. Cependant, pour peu que l'on soit attentif pendant visionnage de la série et aux nombreux symboles disséminés dans la mise en scène ou les dialogues, et qu'on les recoupe avec les éléments brodés par la scénariste à partir de l'intrigue de Joan Lindsay, on aboutit à un éclairage loin d'être inintéressant ( et ce même s'il parlera davantage aux lecteurs du roman qu'aux néophytes, qui risquent d'être complètement largués...). Dans la continuité de l'opposition entre une Mère Nature indomptable d'un côté et une société corsetée de l'autre, la série suggère plus que jamais le besoin de liberté des jeunes filles, prisonnières d'un monde aux règles qui ne leur conviennent pas. Toutes se savent, dès l'adolescence, contraintes à un avenir ou une condition qui va les assujettir (Elles devront se marier si elles veulent une situation, accepter d'être "domptées" pour survivre, ou cacher leurs vraie nature si elle n'est pas considérée comme "respectable"). Si leurs aspirations paraissent bien modernes (trop?) pour l'époque, elles suggèrent une nouvelle lecture féministe du roman, plus que jamais d'actualité.
  Cette volonté de creuser dans la série les thèmes devinés à la lecture du livre va parfois un peu trop loin, et on perd alors en délicieux mystère suggestif ce que l'adaptation choisit d'aborder de manière trop franche. La sensualité latente des personnages, par exemple effleurée dans le roman, est mise en exergue à l'écran, tant et si bien qu'on se demande si l'on est pas passé à côté de quelque chose pendant la lecture, ou si les scénariste n'extrapolent pas carrément là où ça n'était pas nécessaire.


  Dans ce désir d'approfondir le passé et les secrets de chaque personnage, l'axe narratif le plus délicat est peut-être celui qui vient raconter les origines mystérieuses de la directrice, Mrs Appleyard, interprétée par l'excellente et glaciale Natalie Dormer. Dans le roman, on ne sait rien de cette Anglaise dont la seule apparence suffit à inspirer la rigueur et l'honorabilité de son collège, bien que l'auteure insiste sur l'importance de cette allure qui pourrait tout à fait être trompeuse. Il aurait été dommage de passer à côté d'un tel potentiel, aussi le scénario de la série rebondit sur cette petite suggestion pour imaginer un passé de mystificatrice à Mrs Appleyard. Une idée excellente par certains côtés (elle permet de psychologiser sa relation ambiguë avec la petite Sara, par exemple : en leur offrant des origines sociales similaires, le scénario vient expliquer les sentiments d'attraction et de répulsion entremêlés que la directrice exprime à l'égard de l'orpheline) mais qui fait s'engluer l'intrigue par d'autres (la crainte d'imaginer son ancien époux à ses trousses, et qu'elle soupçonne d'être responsable de la disparition des jeunes filles : probablement l'ajout de trop, car il insinue de façon trop importante la possibilité d'une résolution de l'intrigue aux spectateurs qui ne connaissent pas l'issue du roman).


  Côté visuel, la série fait fort : les costumes et les décors sont somptueux, ne nous le cachons pas. Là encore, tout joue sur les contrastes et on distingue très vite la confrontation de deux univers : les grands espaces extérieurs indomptés (magnifiques et impressionnants paysages du bush australien, parfois proches de la jungle), et les intérieurs capiteux, étouffants, et opulents du collège Appleyard. Idem pour les vêtements, dont la blancheur virginale et légère des jeunes filles s'oppose aux robes criardes (mais non moins sublimes) et à l'élégance rigide de la directrice. 



  La mise en scène de Michael Rymer et la photographie de Garry Phillips s'inspirent en partie de celles du film de Peter Weir : entre images symboliques, flous artistiques et vertiges grisants. Certaines scènes à l'esthétique éthérée ou à la construction quasi-surnaturelle nous évoquent un univers surréaliste à la Lewis Carroll qui fait son petit effet et s'accorde à merveille à l'intrigue. L'une des approches les plus intéressantes est le montage enchevêtré des scènes se déroulant pendant l’ascension du rocher : par les jeunes filles au début, par Michael lorsqu'il les recherche, puis par Mrs Appleyard à la fin du dernier épisode. Attention, spoiler : conformément à l'éventualité d'un magnétisme quelconque ou d'une faille temporelle, on a à chaque fois le sentiment que ces différents temps s'imbriquent les uns dans les autres, comme si la chronologie sur Hanging Rock n'était pas linéaire, mais circulaire ; les scènes tournent sur elles-mêmes et se répondent en écho dans un assemblage impeccable qui atteint son paroxysme avec la scène finale et les dernières secondes, très bien filmées, hypnotiques.



  Cette atmosphère de rêve éveillé, tantôt lumineux et tantôt sombre, est merveilleusement mise en relief par la musique aérienne et tintinnabulante composée tout spécialement  par Cezary et Jan Skubiszewski. Elle a par ailleurs été récompensée du Screen Music Awards de la meilleure bande originale de série télévisée en 2018.


En bref : Une adaptation ambitieuse du roman de Joan Lindsay qui se propose d'enrichir la trame originale d'éléments supplémentaires concernant les protagonistes. Si le scénario déborde parfois un peu trop à vouloir trop surbroder l’œuvre originale, il offre néanmoins un regard très pertinent sur les destins de ses héroïnes. L'esthétique est travaillée et hypnotique à souhait, et le montage à la fois audacieux et énigmatique, voire parfois éthylique, de certaines scènes remplit son office auprès des téléspectateurs. Cette série est cependant à déconseiller à ceux qui n'ont pas lu le roman d'origine où qui n'y sont pas sensibilisés, et il faut être particulièrement attentif pendant le visionnage pour apprécier totalement ce que cette série a de mieux à offrir malgré la critique mitigée qui en a été faite. Cela reste, à mes yeux, une transposition très intéressante du livre de Joan Lindsay et je la recommande vivement!


Pour aller plus loin...

samedi 20 avril 2019

Crimes et condiments (Voltaire mène l'enquête #4) - Frédéric Lenormand

Editions J.C.Lattès, 2014 - Le livre de poche, Le masque, 2015.

  Prenez un philosophe bien à point, faites-le mariner, lardez quelques victimes, laissez mijoter les suspects, assaisonnez de quelques scandales, pimentez l’intrigue, salez les rebondissements, saupoudrez de dialogues croustillants, enrobez dans un style onctueux et servez chaud.

  En pleine révolution culinaire, Voltaire enquête sur les traces d’un assassin qui sème derrière lui tartes au cyanure et ragoûts à l’arsenic. L’aide de la brillante marquise du Châtelet, experte en recherches scientifiques, et de l’abbé Linant, fin gourmet, ne sera pas de trop pour rendre l’appétit aux gastronomes !
Après
La baronne meurt à cinq heures, prix Historia, prix Arsène-Lupin et prix de Montmorillon, Meurtre dans le boudoir et Le diable s’habille en Voltaire, Frédéric Lenormand nous offre une nouvelle aventure truffée d’humour, savoureusement rehaussée de précisions historiques, nappée de bons mots ; un délice, un régal, une friandise.

***

  C'est un de mes exhausteurs de bonheur, cette série : le moral dans les chaussette? Lis une enquête de Voltaire! L'enthousiasme à l'arrivée du printemps? Lis une enquête de Voltaire aussi! Véritable gourmandise de lecture dans le fond et la forme, la saga des Voltaire mène l'enquête propose de suivre la réalité très historique de la vie du philosophe, et d'y rajouter des meurtres que le grand auteur et penseur se trouve obligé de résoudre.Un concept dont je ne me lasse pas depuis le premier opus.


"Tout le monde aime le sucre, il est à la cuisine ce qu'est à la religion la promesse d'une vie éternelle : un mensonge agréable qui dissimule l'amertume du reste"

  Paris, printemps 1734. Se sachant toujours surveillé par les autorités, Voltaire a mis en suspens la publication de ses Lettres philosophiques pour s'éviter un aller simple à la Bastille. En attendant, il a investi sous un faux nom dans le commerce d'aliments exotiques qu'il fait importer depuis l'étranger, et qu'il cache autant que possible dans son logement rue de Longpont avant de les revendre. Sucre candi, bananes et autres fruits tous plus étranges les uns que les autres permettent au philosophe de gonfler sa bourse. Mais pendant qu'il faut empêcher ce goinfre de Linant de manger toutes les réserves, Voltaire, lui, a besoin d'une nourriture plus adaptée à ses papilles de philosophe. L'amateur de lentilles, qui ne supporte rien de moins que la cuisine lourde et grasse servie à tous ces dîners auxquels il est invité, se dégote comme par un enchantement un cuisinier aussi talentueux qu'anonyme, apte à servir une cuisine digne des intestins d'un grand auteur. Mais voilà que dans le même temps, les tentatives d'assassinat se multiplient contre la personne du philosophe... Que pourrait-on lui vouloir? Chercherait-on à l'empêcher de conclure ce mariage qu'il arrange, selon ses propres dires, "comme une intrigue de comédie" entre son ami le duc de Richelieu et la jeune Sophie de Lorraine? Il faut avouer que tout le monde ne voit pas d'un bon œil l'union entre la descendante d'une si noble famille et un libertin notoire...Entre crème d'amande au cyanure et meringues à la fraise, le philosophe, accompagné de l’inénarrable marquise du Châtelet, devra à la fois protéger sa vie et celle de Richelieu.

 Le duc de Richelieu et Elisabeth Sophie de Lorraine.

  Après avoir planté le décor dans le premier tome, exploré les milieux libertins dans le second, et évolué dans les cercles obscurantistes et satanistes dans le troisième, Frédéric Lenormand s'attache ici plus que jamais à restituer les faits historiques. En lisant Crimes et condiments, on revit en effet quelques célèbres heures du philosophe et de son entourage, notamment ce mariage arrangé entre le duc de Richelieu et la dernière née de la famille des Guise (qui conduira à de nombreux désagréments, en vérité). Dans la continuité de cette union menée de main de maître par Voltaire qui joue aussi bien les metteurs en scène que les dames marieuses, on voit paraître par accident ses Lettres philosophiques, et avec, la lettre de cachet qui le condamne à la Bastille. Le lecteur assiste ainsi avec émotion à sa fuite, encouragée par Madame du Châtelet qui l'envoie se cacher dans son château de Cirey, à la frontière entre la Champagne et la Lorraine.

"Les Guise entendirent des cris dont la stridence fit s’envoler les chauves-souris du grenier.
- Qu’y a-t-il ? Un incendie ? Un meurtre ?
Emilie était aux abois.
- Pire : on a publié un livre de Voltaire !"



  Mais, et l'intrigue policière dans tout ça? Elle est habilement surbrodée par-dessus et à travers, insérée par l'auteur entre les grandes lignes et événements véridiques. Et c'est là que l'on retrouve tout ce qui fait le sel de cette série : les événements cocasses racontés d'une plume spirituelle à souhait, le sens du bon mot et de la formulation faisant toujours mouche. Parmi les scènes d’anthologie propres à susciter les fou-rires du lecteur, on retiendra, entre autres, notre pauvre Voltaire piégé sur un morceau de fleuve gelé en train de dériver sur la Seine, pendant que sa divine Émilie agite son éventail façon signaux d'atterrissage pour l'aider à accoster. Petit plaisir supplémentaire? Cet opus évoque grandement l'avènement réel, en ce milieu de XVIIIème siècle, de ce qu'on appela "la nouvelle cuisine" : une nouvelle façon de s'alimenter, de cuisiner, et de proportionner les aliments en vue de trouver une forme d'harmonie.

" Soucieux de mettre monsieur le lieutenant général dans de bonnes dispositions, Voltaire lui expliqua ses travaux comparatifs d’empreintes de doigts, un système propre à faciliter la recherche des délinquants.
- Est-ce que je me mêle de philosophie ? rétorqua Hérault.
Ces préoccupations lui semblaient risibles et le procédé répugnant. On allait s’en tenir à la bonne vieille méthode : arrestation, torture du contrevenant par un professionnel agréé, confession en comité restreint devant un juge, extrême- onction, supplice public selon la condition social du condamné : la hache pour les nobles, la corde pour les servantes, la roue pour les roturiers. Il n’y avait pas à compliquer la marche de la justice. C’étaient bien là des idées d’hurluberlus obsédés de nouveauté que de prétendre examiner des traces de doigts sales !"

Château de Chantilly (à gauche) : lieu d'invention de la crème du même nom, et aussi célèbre pour feu son maître d'hôtel Vatel.
Château de Montjeu (à droite), propriété des Guise, où Voltaire et Émilie séjournèrent pour le mariage du duc de Richelieu. 


" La marquise et le philosophe suivirent leurs bagages à l'étage. On leur avait attribué des chambres séparées, mais sans pousser le souci des convenances jusqu'à les loger dans des ailes différentes : leurs appartements se touchaient comme le vice et la vertu."

  De là à faire un lien avec la philosophie voltairienne pour mieux servir l'atmosphère délicieusement perchée de son intrigue, il n'y a qu'un pas, que l'auteur franchit avec sa gouaille habituelle. Aussi, de la rue de Longpont au Château de Chantilly, puis du château de Montjeu à celui de Cirey, ce n'est qu'une enfilade de plats plus extravagants et évocateurs les uns que les autres, de métaphores culinaires et jeux de mots gastronomiques

 Château de Cirey : propriété des du Châtelet où se réfugie Voltaire en 1734.

"Le seul danger, avec le mal qu'on dit de nous, c'est que nous finissions par le croire."

En bref : Une intrigue toujours aussi désopilante et instructive qui nous fait revivre la grande et véridique histoire de Voltaire à travers la fiction policière humoristique, cette fois entre les marmites et les pâtisseries de la cuisine du XVIIIème siècle. Une histoire très bien assaisonnée.

 
Et pour aller plus loin...

vendredi 19 avril 2019

A Winter somewhere in Time...


  Always  late, évidemment, mais personne ne m'en tiendra rigueur (et puis ce n'est pas comme si je n'avais pas donné de nouvelles ou que je n'avais pas raconté ma vie au cours des derniers mois, pas vrai?). Il faut dire qu'avec cette histoire de chute et de convalescence, le temps a quelque peu perdu de sa logique au Terrier, et si on se rappelle que ledit Terrier est situé dans une région au climat capricieux, je viens probablement poster mon article saisonnier récapitulatif quand tout, ici, commence enfin à se mettre à l'heure du printemps.

  Voici donc les derniers mois passé au Terrier et alentours (voire très au-delà des alentours)...

Avant la chute :

  Avant la chute, il y a d'abord eu, pendant les vacances de décembre/janvier, une escapade d'une semaine en Alsace avec une amie et ses enfants. Dépaysement le plus total : une fois passée l'entrée du village de Murbach où nous logions, le réseau téléphonique tombait raide mort. Nous n'étions pas plus aidés dans la maison, où la box internet clignotait faiblement, en mode agonie. Cela ne nous a pas empêché de profiter pleinement de ces vacances : Murbach, Colmar, Mulhouse, les marchés de Noël des petits villages... Si vous êtes actuellement accablés par les premières chaleurs printanières, voilà de quoi vous rafraîchir:


(cliquer sur les images pour les voir en grand)
 



  Nos excursions à Mulhouse ont permis d'y découvrir deux musées réputés : la cité du train, avec de superbes modèles de trains anciens tous rassemblés dans un gigantesques hangar, avec reconstitutions et décors façon studio de cinéma. Inutile de vous dire que j'ai particulièrement apprécié les wagons présentés issus de l'Orient Express, l'un d'eux contenant plusieurs mannequins rejouant une scène du fameux roman d'Agatha Christie.




   Juste en face de la cité du train : le musée de l'électricité. Peut-être plus technique, mais tout aussi passionnant pour les amoureux du vintage. Une fois passées les premières machines électrostatiques du siècle des Lumières, c'est un voyage dans le temps des objets électriques : galeries d'ampoules, de téléphones classés par ordre chronologique, de radiateurs art-déco, et même des tous premiers sex-toys (oui, oui, regardez parmi les photos ci-dessous, non, non, ce n'est pas un fer à friser).





  Toujours dans les musées mais perdu en rase campagne : l'écomusée, un village à la façon d'antan reconstruit avec des maisons traditionnelles alsaciennes, une manière de présenter aussi les arts et métiers du temps passé. Un décor immersif très agréable.





   Et puis les promenades, pour profiter de cette belle nature, euh... glaciale et périlleuse (car oui, il faut l'admettre, notre première sortie a été assez dangereuse : nous avons failli perdre plusieurs bras, quelques enfants, et même la vie. Par chance, mon amie n'y a perdu que sa montre.).




  Au retour d'Alsace, il y a eu... euh, la reprise du travail (bref, passons), puis le musée du Cognacq-Jay pour la supeeeeerbe exposition sur les marchands Merciers du XVIIIème siècle (*soupir*).





  Et quelques semaines plus tard, une amie et moi-même nous mettions sur notre 31 pour aller... à l'Opéra! Dans le superbe décor profondément romantique du théâtre lyrique de Dijon se jouait pour la première fois depuis 1645 La Finta Pazza de Sacrati : les partitions, disparues pendant plusieurs siècles, avaient été retrouvées par hasard il y a une trentaine d'années. Il aura fallu attendre jusque 2018 pour remettre en scène ce petit chef-d’œuvre musical. C'était très bien joué, très bien chanté, très bien mis en scène, très drôle, bref, c'était très chouette. Pour les curieux et autres intéressés : le spectacle est en tournée et posera ses costumes, instruments, voix et valises au théâtre de Versailles en mai prochain pour de nouvelles représentations.






Bon, et puis trois jour après, il y avait...
LA chute.

Après la chute : 

  Après la chute, ça se complique un peu. Vous avez probablement autre chose à faire que de lire des anecdotes de malade (par là, je ne veux pas dire quelque chose comme "des anecdotes de ouf", car on sait que tout le monde est toujours partant pour une bonne anecdote bien drôle ; dans le cas présent, je parle bien sûr d'anecdotes d'handicapé/d'alité/boiteux) (nous sommes sur un blog littéraire, que diable, comme en atteste bien évidemment tout le contenu de cet article - hum - ), aussi dirons-nous simplement qu'après les premières semaines dans un état proche du coma, j'ai progressivement employé mon temps pour des choses constructives :

- prendre soin de moi (j'essaie autant que possible de m'y tenir sérieusement pour l'instant, car je sais qu'une fois le travail repris, c'est une résolution qui passera vite à la trappe)
- lire et bloguer
- ÉCRIRE (ce qui explique que la précédente résolution ait été légèrement mise de côté au cours des quatre dernières semaines).

  Et parce que c'est toujours quand on s'y attend le moins que de chouettes occasions se présentent, il y a eu les Great News #4, article dans lequel je vous ai annoncé cette extraordinaire, mirobolante et édifiante nouvelle (calmons-nous, calmons-nous) : deux couvertures de réalisées pour un de mes auteurs favoris, Frédéric Lenormand. L'une des deux couverture était pour un tome de la série de novellas Une enquête de Voltaire, dont j'ai depuis rafraîchi les visuels dans le même style pour proposer une unité graphique des volumes successifs. Et... tadaaaa : 


  Simultanément, j'ai eu aussi la chance de participer à agrémenter le blog de l'association des professionnels Généapsy ( institut de formation en analyse transgénérationnelle où j'ai eu la chance de suivre l'an dernier un cursus de trois séminaires fondamentaux), qui a relayé ma chronique du roman Le prénom de mon oncle, dont j'avais dit le plus grand bien ici, et qui s'inscrivait totalement dans la lignée d'une réflexion sur les héritages transgénérationnels. Encore un grand merci pour ce partage qui, j'espère, participera à faire connaître ce roman encore un peu plus.



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Quelque part dans la cuisine :

  Avant la chute, il y a eu quelques essais/découvertes/tentatives culinaires. Rien de très extraordinaire cette saison : émincé de fenouil braisé, endives braisées, et une première fois très peu risquée avec un risotto poireaux/saumon (autant dire que ça allait forcément être bon). Il y a quand même eu UNE recette assez importante et plutôt exotique : un MULLIGATAWANY. Non, ce n'est pas le cousin anglais du Gloubiboulga, mais une recette british très sympa à base de bœuf haché, de carottes, de potimarrons, de concentré de tomate, et d'épices. Le tout est cuit dans un bouillon et se sert comme une soupe, mais avec beaucoup à mâcher puisqu'on y fait gonfler aussi du riz en accompagnement. C'était un petit peu long à faire (probablement une gymnastique à prendre) mais très, très bon.



  Mais la palme de la grande déception gustative revient à ce gâteau. Ne vous fiez pas à sa sympathique allure (en l’occurrence, tout est dans le moule) et à sa couleur dorée (tout est dans le four). Il s'agit du fameux cake d'amour de Peau d'âne, concocté selon la recette chantée dans le film, et cuisiné à l'occasion de notre sortie à Marigny pour voir l'adaptation scénique de la célèbre comédie musicale. Sur le papier, ça a l'air enchanteur à souhait. Oui, oui, tout ça c'est très bien, mais vous voulez que je vous dise? Eh bien elle se fout bien de nous, Peau d'âne. Pas étonnant que le prince s'étouffe avec (pour ceux qui pensaient que c'était à cause de la bague, non non...). MAIS, cependant, je refuse de m'avouer vaincu. Les mesures sont tellement aléatoires (quatre "mains" de farine, une "main" de beurre fin, une "larme" de miel, etc...) qu'il y a probablement moyen de rectifier le tir sans trahir la recette, mais en prenant de GROSSES mains de farine, de beurre, et une GROSSE main de miel. Affaire à suivre.


 Acquisitions en vrac :

  Les amis et la famille sont décidément outrageusement généreux quand on se retrouve alité. Du coup, j'ai décidé de faire pareil, et j'ai moi aussi été généreux avec moi-même. Après un colis très gourmand et très anglais envoyé par Pouchky/Ficelle (contenant un roman en prêt qui voyage d'un ami à l'autre), j'ai reçu un paquet très poétique de Clochette/Tinker Bell. On m'a de nouveau offert des carnets ( mais où vais-je donc bien pouvoir les mettre?), un livre sur la manières de concevoir ses peintures/encres/teintes naturelles pour le dessin, le second tomes des délires illustrés de Un faux graphiste, une bio de Mary Stuart, le roman de l'intérêt de l'enfant (dont l'adaptation ciné, My Lady, est un bijou). Le reste, ce sont des auto-cadeaux, parce que j'avais dit que j'allais prendre soin de moi pendant ma convalescence, donc je l'ai aussi fait en achetant des livres... et en adhérant à la société Voltaire, qui m'a offert (la société, pas Voltaire, hein) en cadeau de bienvenue un très chouette ouvrage sur la marquise du Châtelet




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  Voilà pour mon hiver moitié debout, moitié couché. Le printemps est le moment de se remettre sur mes deux jambes si j'en crois l'autorisation de mon chirurgien (lequel doit être pour de faux. Il a trop une tête à jouer dans Grey's Anatomy pour être un vrai médecin...) : "lève-toi et marche!". La suite au bilan du printemps ;- ) !