samedi 13 mai 2017

Pas de pot pour la jardinière (Agatha Raisin enquête #3) - M.C.Beaton

Agatha Raisin and the potted gardener, St Martin's press, 1994 - Editions Albin Michel (trad. d'E.Ménévis), 2016.

   De retour dans les Cotswolds après de longues vacances, Agatha Raisin découvre que son voisin James Lacey, objet de tous ses fantasmes, est tombé sous le charme d’une nouvelle venue au village. Aussi élégante qu’amusante, Mary Fortune est une jardinière hors pair, et la journée portes ouvertes des jardins de Carsely s’annonce déjà comme son triomphe. Mais une Agatha Raisin ne s’incline pas avant d’avoir combattu (quitte à se livrer à l’une de ces petites supercheries peu reluisantes dont elle a le secret) !
  C’est alors que la belle Mary est retrouvée morte, enfoncée tête la première dans un de ses grands pots de fleurs. De toute évidence, Agatha n’était pas la seule à souhaiter la disparition de sa rivale… 

***

  Jamais deux sans trois! Et oui, je ne quitte plus Agatha : difficile de résister à tous les tomes déjà parus en France. Après les quiches empoisonnées et les vétos gigolos assassinés, voilà une nouvelle enquête complètement barrée de notre quinquagénaire favorite!


  Agatha est désespérée : alors qu'elle s'était offerte des vacances à la poursuite de son séduisant voisin James Lacey, voilà que celui-ci avait changé de destination, et que notre héroïne revient de son voyage toujours aussi célibataire. Pire encore : pendant son absence, une nouvelle habitante a rejoint Caresly : Mary Fortune, charmante divorcée et jardinière hors-pair qui plait autant aux hommes qu'elle fait fureur au cercle des dames du village. Tout le monde l'aime... ou se sent obligé de l'aimer. Même Agatha, qui est pourtant furieusement jalouse de voir sa nouvelle amie tourner autour de James Lacey... alors quand elle trouve un beau jour Mary Fortune assassinée, repiquée la tête la première et les pattes en l'air dans une jardinière en terre, notre détective en herbe se demande si la défunte était si charmante qu'elle en avait l'air, et si elle n'avait que des amis...


" C'est un meurtre typiquement campagnard.
- Qu'est-ce que vous entendez par là, un meurtre typiquement campagnard ?
Nous autres, citadins, ne sommes pas adeptes d'assassinats aussi pittoresques. Il y a encore beaucoup de consanguinité dans ces vieux villages des Cotswolds, sans parler de la sorcellerie et de ce genre de choses. Croyez-moi, c'est un meurtre campagnard"

  Vous l'aurez deviné, M.C.Beaton s'en donne encore à cœur joie dans ce nouvel opus, qui tourne tout autour d'un concours de jardins aménagés comme seuls les anglais savent en faire. On y retrouve notre Agatha toujours aussi brute de décoffrage et... en même temps tellement midinette! Surtout quand la voilà aux prises avec une rivale dans la course à la séduction de son beau voisin James Lacey. Entre chassés-croisés amoureux et humoristiques et conseils de jardinage, le roman semble poursuivre son chemin sans le moindre crime. Alors même si je riais à gorge déployée des déconvenues de notre héroïne, j'ai failli croire que le polar allait céder le pas à la comédie...


  En effet, il faut bien attendre la moitié du livre pour que le meurtre soit commis et voir l'enquête commencer! Une enquête certainement bien vite expédiée, me direz-vous? Eh bien même pas : s'il nous semble que la dimension policière passe un peu au second plan, les investigations d'Agatha et James, quoi que toujours rythmées d'intermèdes comiques, sont encore une fois bien menées. Et puis il faut bien admettre qu'en fait, nous serions les derniers à nous plaindre de cette ambiance de franche rigolade!


  D'autant que derrière le pastiche de roman policier et l'humour omniprésent, M.C.Beaton s'inscrit dans la digne lignée d'Agatha Christie dès qu'il s'agit, au travers de la fiction policière, de pointer les travers des charmants habitants de ces petits villages anglais idylliques. Comme l'ont si bien fait remarquer les Beresford ou Miss Marple avant Agatha Raisin, sa réflexion soudain plus sombre et si perspicace au beau milieu de toute cette dérision, c'est qu'on ne devine pas quelle noirceur dissimulent ces sourires avenants et ces jolies toits de chaume...

En bref : On continue avec un troisième tome toujours aussi hilarant de la nouvelle héroïne du polar so british. Même si l'intrigue policière disparait quelque peu derrière les personnages et leurs mésaventures domestiques, il nous en reste quand même un pastiche croustillant et savoureux.

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