Robyn, 17 ans, a une obsession : l'hôtel Ambrosia, situé en face
de chez elle. Fascinée par sa sinistre réputation, et grande fan de true
crime, elle passe son temps à l'observer à travers ses jumelles :
routines du personnel, étranges clients, aucun secret ne lui échappe ! Son rêve ? Résoudre une affaire classée depuis des années. Mais le jour où Robyn est témoin d'un enlèvement, il n'est plus question de rester spectatrice, elle doit agir vite. Sauf qu'elle ne peut quitter son appartement...
Paralysée par une maladie, Robyn n'a d'autre choix que de populariser l'affaire auprès d'une podcasteuse et d'envoyer le mystérieux A.J. mener l'enquête sur place.
Paralysée par une maladie, Robyn n'a d'autre choix que de populariser l'affaire auprès d'une podcasteuse et d'envoyer le mystérieux A.J. mener l'enquête sur place.
Ce qu'ils vont découvrir est bien pire que tout ce qu'elle aurait pu imaginer.
Un thriller haletant qui a déjà fait frissonner des milliers de lecteurs !
***
Présenté comme "le phénomène true crime du moment" à l'annonce de sa sortie, Hôtel Ambrosia a retenu notre attention il y a quelques mois déjà. Il faut dire que son résumé, qui fait autant penser à Hitchcock qu'à l'affaire (ou aux affaires) du Cecil Hotel, a de quoi susciter la curiosité ; ajoutons à cela qu'on avait vraiment beaucoup aimé notre dernière lecture de cet éditeur, et il ne nous restait aucune raison de ne pas tenter cette lecture.
Robyn, adolescente de 17 ans, est cloîtrée à domicile à cause d'un syndrome de fatigue chronique dont les symptômes ont empiré suite à l'épidémie de covid. Orpheline depuis le décès de ses parents dans un accident de voiture, elle vit aujourd'hui chez sa grand-tante Nelly, infirmière dévouée qui joue donc aussi le rôle de garde-malade. Coupée du monde extérieur du matin au soir, Robyn partage son temps entre deux passions : écouter son podcast de true crime favori et espionner les locataires de l'Hôtel Ambrosia, situé juste en face de son immeuble. Très loin d'être un hôtel ordinaire, l'endroit est connu depuis plus de cent ans pour avoir été le théâtre de drames terrifiants et d'affaires louches allant des disparitions inexpliquées aux meurtres irrésolus. Ayant récolté plusieurs informations relatives à certaines de ces cold cases, Robyn contacte sa podcasteuse préférée pour lui soumettre un sujet. Cette dernière répond avec enthousiasme et lui propose de lui payer quelques jours à l'hôtel pour que Robyn enquête de l'intérieur. Impossible de refuser une telle offre ! Mais comment faire, quand on est bloquée à demeure dans un fauteuil roulant ? Lorsqu'A.J., un jeune garçon vivant dans la rue, entre par effraction chez Robyn dans l'idée de voler de quoi manger, l'adolescente saisit l'occasion et l'envoie à sa place à l'hôtel. Une fois dans les murs, A.J. rend quotidiennement compte de son séjour à la jeune fille, sans se douter qu'elle l'a peut-être poussé sans le savoir dans la gueule du loup...
Nos intuitions étaient bonnes : Hitchcock s'avère être une vraie source d'inspiration pour l'autrice (le célèbre cinéaste est cité à plusieurs reprises, en particulier pour Fenêtre sur cour, évidemment), de même que le Cecil Hotel. Car plutôt qu'un roman true crime, Hôtel Ambrosia adapte en fait de façon romancée les affaires de ce sinistre établissement en reprenant plusieurs des mystères qui y sont reliés et en les modifiant pour les besoins de la fiction. Le Cecil Hotel, qui a fait les beaux jours de la presse à scandale et des émissions sur les grands mystères du monde, est un établissement hôtelier bâti à Los Angeles en 1924 et qui a vu grandir depuis sa triste réputation. Résidence de plusieurs tueurs en série au fil des ans, théâtre de faits divers sulfureux et de morts étranges dont plusieurs assassinats, il est notamment rattaché à la figure d'Elizabeth Short, célèbre "Dahlia Noir", qui aurait été vue vivante pour la dernière fois dans ses couloirs avant que son cadavre ne soit retrouvé dans un terrain vague. Plus récemment, le Cecil Hotel a été le cadre d'une mystérieuse affaire, celle d'Elisa Lam, étudiante canadienne dont l'étrange comportement dans l’ascenseur a été filmé par les caméras de surveillance avant que son corps ne soit découvert dans la citerne sur le toit du bâtiment. L'autrice s'inspire notamment de ce dernier fait divers, qu'on reconnait sans peine même si elle a changé le nom de la victime et la date de l'incident.
Les célèbres vidéos surveillance de l'affaire 'Elisa Lam...
L'intrigue fonctionne plutôt bien et y on y retrouve tous les codes d'un thriller à la Hitchcock transposés à l'échelle d'un public young adult – et donc à l'ère du 2.0 : réseaux sociaux et téléphones portables ont une place importante dans le scénario et permettent de dynamiser la narration. Certains chapitres sont en effet les retranscriptions de vocaux ou de vidéos que s'envoient les deux protagonistes, mais aussi leurs sms ou compte-rendus transmis par mails. Cette interface qu'est le téléphone, qui revient donc régulièrement au fil du roman, met ainsi en évidence son importance pour Robyn puisqu'il s'agit là de sa seule façon d'avoir un contact avec le monde extérieur... au point de l'induire en erreur, peut-être ? Comme souvent dans ce registre, vient le moment où l'on s'interroge sur la santé mentale de l'héroïne et sur sa capacité potentielle à échafauder des théories du complot là où il n'y en a peut-être pas (n'est-ce pas, Paula Hawkins et A. J. Finn ?). A moins, bien sûr, que tout soit justement prévu pour la faire douter de sa santé mentale...
Le roman recèle en cela de belles surprises et de très intéressants retournements de situation, même si on a trouvé que les fils étaient parfois ténus (il faut quand même quelques heureux – ou malheureux – hasards pour justifier certaines péripéties, notamment l'appel à l'action principal). Si l'on a apprécié cette lecture, on a parfois regretté un ton en décalage avec les sujets traités – une écriture très "young" pour des thématiques davantage "adult" –, ce qui a, à notre sens, par moment égratigné la tension dramatique.
En bref : En s'inspirant du sordide Cecil Hotel de Los Angeles et de ses nombreux faits divers, Katie Kento nous propose ici un thriller qui transpose les codes hitchcockiens à l'ère du 2.0., entre réseaux sociaux et podcast de true crime. L'intrigue, haletante, souffre cependant de quelques heureux hasards et d'un ton en décalage avec les sujets traités, ce qui a pu par moment impacter notre lecture. On se laisse cependant happer par les nombreux mystères de l'hôtel Ambrosia jusqu'à la dernière page.







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