Aunt Dimity beats the Devil (Aunt Dimity mysteries #5), Penguin Books, 2001 - Seuil Éditions, label Verso (trad. de A. Demoulin et N. Ancion), 2026.
Dix mois après Noël, Lori n'en peut plus
de tourner en rond. Alors quand Stan Finderman lui propose d'évaluer une
collection de livres anciens à Tarant Hall, elle saute sur l’occasion.
En explorant la bibliothèque et ses ouvrages, Lori met au jour des lettres d’amour datant de la Première Guerre mondiale. Et l’une d’elles évoque un trésor caché quelque part dans l’inquiétant manoir victorien… Guidée par Tante Dimity, Lori se lance sur la piste des mystères de Tarrant Hall – entre secrets de famille et esprits venus d’ailleurs – et l’aventure s’avère beaucoup plus captivante qu’une simple expertise de livres rares !
En explorant la bibliothèque et ses ouvrages, Lori met au jour des lettres d’amour datant de la Première Guerre mondiale. Et l’une d’elles évoque un trésor caché quelque part dans l’inquiétant manoir victorien… Guidée par Tante Dimity, Lori se lance sur la piste des mystères de Tarrant Hall – entre secrets de famille et esprits venus d’ailleurs – et l’aventure s’avère beaucoup plus captivante qu’une simple expertise de livres rares !
Le quatrième tome de la série d'enquêtes plus cosy que mystery, best-seller depuis 30 ans aux États-Unis !
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L'hiver dernier, on avait passé les fêtes en compagnie de Tante Dimity avec le tome 4 de la série, dont l'intrigue se déroulait à Noël. L'ambiance convenait parfaitement à l'univers bercé de nursery rhymes imaginé par Nancy Atherton. L'opus suivant nous propose une toute autre atmosphère en nous projetant dix mois plus tard, en pleine période d'Halloween. La (superbe) couverture illustrée par Tiffanie Uldry pour l'édition française donne un avant-goût particulièrement représentatif de ce nouveau titre, qui se veut un véritable clin d’œil à la littérature gothique anglaise...
C'est loin de Finch que nous retrouvons Lori : invitée à expertiser le contenu d'une ancienne bibliothèque, elle s'aventure dans le nord de l'Angleterre pour séjourner au domaine de Whydhurst, château néogothique offert en cadeau de mariage par Dickie Byrd, une vieille connaissance, à sa nièce Nicole. La candide et inexpérimentée jeune femme vient en effet de prendre pour époux Jared Hollander, un homme aussi antipathique que vieux jeu – au point que Lori se demande si elle n'a pas été envoyée là sous un faux prétexte, afin de vérifier pour le compte de Dickie que sa nièce n'est pas malheureuse en amour. Mais à peine est-elle arrivée dans la contrée que Lori est victime d'un accident qui ne semble pas si accidentel, sans compter que les rumeurs les plus abracadabrantesques circulent au village quant à ce qui se passerait au château : on y raconte en effet que Whydhurst serait... hanté ! Lori serait bien hypocrite de prétendre ne pas croire aux fantômes, d'autant plus lorsqu'elle est elle-même confrontée à des événements qui dépassent l'entendement. Un spectre hanterait-il vraiment les lieux ? Auquel cas, serait-il lié à l'histoire de la bâtisse et à ses vieilles lettres d'amour retrouvées pendant l'inventaire de la bibliothèque ? Lori devra faire toute la lumière sur cette énigme.
C'est probablement notre tome préféré à ce jour, tout d'abord parce que l'intrigue nous fait quitter Finch, ce qui permet en cela de redynamiser le rythme de la série ; l'autrice est contrainte de sortir de sa zone de confort et des codes déjà (trop ?) récurrents instaurés jusqu'ici. Les précédents opus voyaient souvent se relier les mystères du présent aux affaires du passé, notamment aux événements de la Seconde Guerre mondiale – Tante Dimity était par ailleurs toujours plus ou moins impliquée dans le mystère à résoudre, ce qui facilitait grandement les choses. Cette fois, même notre fantôme préféré sera en difficulté pour aider Lori dans ses investigations.
Comme mentionné plus haut, Nancy Atherton s'amuse à faire de nombreuses références à la littérature gothique, qu'elle pastiche à l'évidence avec un plaisir jubilatoire, poussant à l'extrême tous ses codes et caractéristiques. La jeune et innocente jeune femme qui épouse un mystérieux individu pour aller vivre avec lui dans un manoir plein de grincements, de voix d'outre-tombe et de chausse-trapes, où se télescopent l'histoire de cette candide héroïne et celle d'une aïeule dont le vécu semble se raconter en miroir. L'autrice entremêle ici les schémas et concepts iconiques du genre, de "the madwoman in the attic" à la thématique dite du "double fantôme" – avec un soupçon de gaslinghting. On pense plus d'une fois à Rebecca, Jane Eyre et Dragonwyck, mais dans une relecture suffisamment saturée pour qu'on n'oublie jamais qu'on se situe ici entre l'hommage et la caricature légère. Comme dans une maison hantée de parc à thème, on se plait à frissonner à chaque coup de tonnerre ou râle caverneux.
Reste que Lori, une fois encore, semble bien volage ! Et même si l'autrice nous invente une excuse quelque peu surnaturelle pour le justifier, cela devient redondant de la voir ainsi tomber dans les bras du premier bellâtre venu (tout en cherchant constamment à se donner bonne conscience). Parmi les autres petits bémols, on peut aussi regretter que le personnage de Jared soit si caricatural, jusque dans la révélation finale le concernant : au vu des sujets traités, il ne fait aucun doute que ça n'aurait pas été raconté de la même manière en 2026, et c'est peut-être là un des premiers éléments de la série qui nous rappelle son année de publication et son caractère un peu daté.
En bref : Un cinquième tome qui renouvelle la série en s'éloignant de Finch et des récurrences des précédents opus. On se détourne également des événements entourant la Seconde Guerre mondiale, jusque-là centraux, pour une tout nouvelle ambiance puisque Nancy Atherton propose ici un très sympathique pastiche de roman gothique. Elle use et abuse pour cela de tous les archétypes du genre, sans jamais se prendre au sérieux. Cette audace est payante : on tient certainement là le titre le plus savoureux à ce jour, et on en redemande.








