lundi 28 septembre 2026

Non réparable - Hervé Giraud.

Éditions Thierry Magnier, 2026.
 
    « Cette année, en septembre, au lieu de faire ma rentrée en troisième, on m’a admis dans cet institut spécialisé pour les loufoques, un château transformé en une sorte d’atelier de réparation pour adolescents mal barrés. On m’a confisqué mon téléphone et ma liberté de nuisance. On m’a dit que je n’aurais pas le droit de sortir, que c’était pour mon bien. Je crois que c’est surtout pour le bien des autres. » 
    D’où vient cette colère immense qui dévore Milo ? Et cette violence qu’il déchaîne contre les autres et contre lui-même ? Peu importe : Milo en est certain, quelque chose s’est brisé en lui il y a longtemps, et il est trop tard pour espérer le réparer.
    Son thérapeute, le docteur G. Wolber, n’est pas de cet avis. Les blessures sont anciennes, mais si Milo parvient à poser des mots sur son passé déconstruit, à remettre le puzzle dans l’ordre, un avenir peut encore se dessiner.
    Alors Milo parle, il rembobine et commence à raconter son histoire, en vrac, depuis le début.
 
Un texte brut, qui explore la fine frontière entre colère et reconstruction.
 
***
 
    Il n'y a pas de hasard, dit le dicton, il n'y a que des rendez-vous. Si cela vaut pour les êtres de chairs et de sang, il en est certainement de même pour les livres et leurs êtres de papier. C'est tout à fait "par hasard" qu'on est tombé sur cet ouvrage et sur son auteur, à l'occasion du dernier salon du Livre Sur La Place. C'est certainement encore "par hasard" qu'on s'est attardé sur celui-là plutôt que sur un autre, tout séduit qu'on était par cette illustration de couverture qui nous évoquait le Kintsugi (art japonais qui consiste à réparer la céramique ou la porcelaine cassée au moyen d'une laque saupoudrée de poudre d'or). C'est "par hasard" encore qu'on a lu la quatrième de couverture, et "par hasard" toujours qu'on y a reconnu, avant même d'avoir confirmation en feuilletant quelques pages, l'histoire d'un gamin accueilli en dispositif ITEP.
 
Hervé Giraud

    Certains qui nous lisent le savent peut-être, et alors uniquement parce qu'on s'autorise, quand une lecture nous rappelle à leur humble souvenir, à parler de ces enfants et adolescents que nous avons accompagnés dans une structure similaire pendant presque dix ans (auprès de qui on intervient encore ponctuellement, et qu'il nous arrive ici ou là de mentionner). Un public dont personne, par ailleurs, ne fait grand cas : ni l’État, ni l'école (certainement pas l'école) et encore moins la littérature. De tous les handicaps existants – car oui, il s'agit bien d'un handicap, un handicap psychique – les enfants, adolescents et jeunes adultes souffrant de difficultés psychologiques et de troubles du comportement constituent le public le moins connu et le moins mis en lumière du monde de l'inclusion ; la patate chaude qu'on se passe de main en main, si possible vers la sortie. Jusqu'à nier leur existence.
 

"La voix des profs se perdait dans l'espace sans limite des choses dont je n'ai rien à faire, là où vivent le participe passé des verbes du troisième groupe et tout ce que j'ai abandonné à ces nazes du premier rang, ceux qui peuvent prendre les terminaisons des verbes de tous les groupes et s'en fabriquer des colliers pour aller faire la danse des nouilles au spectacle de fin d'année."

    Alors trouver "par hasard" un roman qui parle d'eux, ce ne pouvait être qu'un rendez-vous. Échanger avec l'auteur, apprendre qu'il a été directeur en ITEP par le passé, puis papoter travail et littérature pendant au moins quarante minutes en bloquant plus que de raison les lecteurs venus lui faire dédicacer un de ses ouvrages, c'était purement et simplement la suite logique des choses. Enfin ! Enfin depuis Le Big Big Boss d'Anne Mulpas (Nathan, 2014), la fiction se penchait à nouveau sur ces enfants que le reste du monde préfère oublier ! La preuve s'il en fallait une que la littérature est travail de mémoire et, surtout, de réparation ; ici celle d'une erreur qui est de trop souvent regarder ailleurs. Pour toutes ces raisons, on aimait déjà Non réparable avant de l'avoir lu.
 

"Tous ceux qui sont accueillis ici ont le cerveau déglingués. Beaucoup prennent des gouttes pour dormir ou pour gérer leurs "conduites émotives". Tous voient le pédopsychiatre, le psychomotricien, le psychologue, le psy-truc... je ne sais pas si ça va les guérir, ce n'est pas mon problème. Je ne suis pas malade. Beaucoup ne parlent pas ou racontent des délires, piquent des crises monumentales en hurlant, en se roulant par terre, en gueulant qu'ils veulent mourir ou d'autres dingueries."

    Non réparable, c'est l'histoire de Milo racontée par lui-même, au rythme des rendez-vous hebdomadaires avec le médecin psychiatre de l'ITEP où il vient d'être admis. D'un jeudi à l'autre, le Dr G. Wolber l'interroge, lui parle et l'écoute, mais surtout, il le considère. De son côté, Milo, sur la défensive, agresse. Puis, petit à petit, l'armure se fend et le garçon raconte. Il raconte sa famille – un frère absent, une mère fantôme et un père violent –, il raconte le taudis dans lequel il vit – une maison sur un terrain recyclé en décharge où l'on tente d'arracher aux carcasses d'engins et de machines les métaux précieux –, il raconte l'école et le regard que les autres posent sur sa situation. Il raconte comment l'humour, l'agitation et la dissipation lui permettent de sauver la face, puis, quand celle-là est définitivement perdue, il raconte l’agressivité et la domination. Mais, plus que tout, il veut raconter Andréa : ce garçon mutique, le seul véritable ami qu'il ait jamais eu malgré l'absence de paroles échangées, le seul qui ne le juge pas. Celui qu'il ira retrouver un jour, dans sa maison de famille en Italie, dès qu'il se sera échappé de ce château pour ados abîmés...
 

"Je bâille longuement. Je suis fatigué. Les animaux ne dorment pas sur leur deux oreilles. Ils veillent d'un œil, se méfient du danger parce que le danger n'a pas d'horaires, pas de jours de fermeture non plus."

    Qu'il est difficile de parler des romans qu'on a aimés – trop aimés. Qu'il est difficile de leur rendre justice, au moins autant que de quitter Milo, Andréa et les quelques autres protagonistes que l'on croise entre les pages. Les personnages secondaires sont rares, principalement évoqués à travers les échanges rapportés dans l'espace-temps du rendez-vous pédopsychiatrique. Parfois à peine esquissés au détour d'un chapitre ou de l'un des couloirs au parquet recouvert de linoléum de l'institut. On aurait pu en prendre ombrage : dans notre métier, les pédopsychiatres sont devenus chose rare, presque une légende urbaine, et ce sont les autres métiers (tout juste entrevus ici) qui font réellement tourner la boutique. Mais le Dr Wolber est davantage là pour symboliser l'oreille attentive et le regard bienveillant du tuteur de résilience quel qu'il soit plutôt que pour glorifier un métier parmi d'autres. Et puis aussi parce loin de servir une vision lisse des institutions, Non réparable, à travers le jugement extrêmement réaliste que porte Milo du haut de son adolescente enfiévrée, n'épargne personne : de l'éducateur armoire à glace à la maîtresse RASED inutile, tout le monde en prend pour son grade ; sentence ô combien réjouissante et justifiée.
 

"Un jour à l'école, je devais être en CM1, il y a eu un remplaçant. Normalement, un remplaçant, c'est moins bien que d'habitude, c'est une roue de secours, c'est plus petit et ça dure moins longtemps. On va moins loin avec, c'est simplement pour dépanner."

    Le parcours de Milo témoigne de violences intrafamiliales, de précarité et d'intelligence précoce. Tous les parcours des jeunes accueillis en DITEP ne se construisent pas sur ses critères, mais ce peut être le cas de certains d'entre eux. Peu importe, l'analyse de l'auteur, nourrie de son expérience, met surtout en avant la continuité cumulative qui caractérise tous les Milo du monde : tout un chacun traine bien une ou deux gamelles, mais ces enfants-là ont à souffrir le poids d'une véritable batterie de cuisine, laquelle continue de s'accroitre chaque jour davantage, en plus de rendre difficiles les passages en terrain escarpé. Ces terrains, ce sont ceux de l'école, des relations sociales et de la vie en général, celle qui ne semble pas conçue pour les accueillir. A cela, Hervé Giraud n'oublie pas d'aborder le poids des mots comme des maux, l'importance des premiers pour penser (et panser) les seconds, à condition de parvenir à les nommer. Car souvent dans les trajectoires de ces enfants, la blessure originelle est oubliée, elle est devenue impensable. Ne reste qu'un agir désemparé pour dire ce que la parole ne peut plus exprimer. Des symptômes.
 

"Je veux parler mais je ne sais pas trop par quoi commencer. Dans ma mémoire tout est mélangé, absent, confus. Un jour chasse l'autre, les souvenirs s'enchevêtrent et une partie essentielle est enfouie (...). Il y a des tas d'événements que je peux raconter, mais il s'est passé dans ma vie quelque chose qui ne veut pas venir à la surface."

    La langue est belle, vive, alerte et sauvage. Poétique et impétueuse – tempétueuse, parfois. Se penchant par-dessus notre épaule alors qu'on lisait, une connaissance a commenté "Aucun ado ne s'exprime comme ça". Erreur, car c'est oublier que les plus grands poètes étaient aussi de grands dépressifs : si vous réconciliez suffisamment ces enfants avec un crayon pour qu'ils laissent s'exprimer leur imagination sur le papier, vous y verrez des auteurs en puissance, souverains de ces métaphores dont seule la beauté de l'enfance meurtrie peut accoucher. Leur plume est chauffée à blanc, franche et incisive comme l'est ce texte.
 

"Je ne sais pas faire les fugues. Petit, je me cachais dans le placard sous l'évier. Maintenant, ma technique, ce n'est pas la fugue, c'est l'agitation, je fiche le camp en restant sur place."

    Nous avons quitté Milo à regret ; il nous manque depuis que le livre est refermé, à la façon d'un être de chairs dont on espère, un jour, avoir des nouvelles. Et puis on se souvient qu'on le retrouvera demain, sous d'autres noms et d'autres visages, dès qu'on passera la grille de l'institut où l'on mène notre autre vie, celle qu'on appelle active. On prendra ce livre avec nous, on leur montrera sa couverture, on leur parlera du Kintsugi et de sa philosophie qui considère que la brisure et la réparation de l'objet font partie de son histoire. On leur dira qu'un livre jeunesse – non, qu'un grand livre de littérature – parle d'eux. On leur dira qu'ils existent.
 

"Est-ce que je suis malade ? Les fous, à mon avis, c'est de la braise endormie, tant que personne ne souffle dessus, il ne se passe rien. Si ça se trouve, les asiles sont remplis de gens heureux."

En bref : Beau et violent comme peut l'être la vie, Non réparable est à mettre d'urgence entre toutes les mains. A travers l'histoire de Milo, Hervé Giraud met en lumière un public qu'il connait bien, celui des enfants et adolescents accueillis en Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique. Trop souvent mésestimés, ces grands oubliés de l'inclusion scolaire sont rarement racontés avec justesse. Ici, l'auteur parvient à cerner en à peine deux cents pages leur force inextinguible et tout à la fois leur immense fragilité. Un texte absolument nécessaire, de la belle et grande littérature de jeunesse. De la belle et grande littérature tout court.

dimanche 20 septembre 2026

Les Ensorceleuses 2 - Un film de Susanne Bier d'après le roman d'Alice Hoffman.

 Les ensorceleuses 2

(Practical Magic 2)


Un film réalisé par Susanne Bier et écrit par Akiva Goldsman, Georgia Pritchett et Kelly Marcel d'après le roman The book of magic (Le grimoire des ensorceleuses) d'A. Hoffman.
 
Avec : Sandra Bullock, Nicole Kidman, Dian Wiest, Stockard Channing, Maisie Williams, Joey King, Lee Pace...
 
Date de sortie originale : 10 septembre 2026
Date de sortie française : 9 septembre 2026 
 
    Vingt-cinq ans après les événements du premier film, l'histoire suit la famille Owens confrontée à une nouvelle crise lorsqu'une découverte concernant leur histoire et les origines de leur magie est révélée. Lorsque la fille de Sally, Kylie, commence à exhumer des secrets de famille enfouis et à développer ses propres pouvoirs obscurs, la famille se retrouve plongée dans une lutte acharnée pour enfin briser la malédiction qui pèse sur leur lignée depuis des siècles. Les femmes Owens (Sally, Gillian et leurs tantes) doivent une fois de plus s'unir et quitter leur Massachusetts natal pour se rendre au Royaume-Uni afin d'affronter la source de leur magie et sauver leur famille.
 
***
 

    Si vous nous suivez de longue date, il n'est pas utile de vous préciser pourquoi on vous parle de ce film aujourd'hui : on vous a certainement assez rebattu les oreilles des Ensorceleuses et de l'univers d'Alice Hoffman. Qu'il s'agisse des romans originaux, du film de 1998 ou encore des recettes tirées des premiers ou du second, Practical Magic est un monde dans lequel on irait bien vivre, et ce depuis notre découverte du long-métrage il y a de cela vingt ans. Film favori et cycle littéraire préféré ayant donné lieu à de multiples articles sur ce blog (on vous laisse le soin de les retrouver vous-mêmes), Les ensorceleuses voit cette année sa suite sortir sur le grand écran, avec ce détail non négligeable que ce second film est adapté du livre The book of magic (tout récemment sorti en France sous le titre Le grimoire des ensorceleuses), suite directe du roman d'Alice Hoffman : la garantie d'une suite réussie ?
 
Bande-annonce du film.
 
    Autant l'avouer : nous sommes allés au cinéma parfaitement convaincu que le film serait un désastre. Pourquoi ? Parce qu'une production entièrement motivée par la nostalgie, comme c'est le cas pour de nombreux reebots, revivals et autre suites de films ou de séries iconiques des années 90 et 2000, donne rarement un résultat convaincant (Le diable s'habille en Prada 2 en est certainement le meilleur exemple – enfin, le pire, en l’occurrence). Par ailleurs, le premier film Les ensorceleuses, fermement ancré dans son époque, avait été massacré par la critique et n'était devenu culte qu'avec le temps : sorti de ce contexte très précis, une suite avait-elle des chances de plaire ? On a rêvé de ces Ensorceleuses 2 depuis la première fois qu'on a vu le film de Griffin Dunne à l'âge de 14 ans, tant et si bien que devoir se confronter à une vision peut-être radicalement différente de ce qu'on a projeté pendant vint ans encourt le risque de reléguer ce nouveau film au rang des FBI – Fausses Bonnes Idées – de ces années 2020 figées dans leur éternelle nostalgie. Mieux valait donc partir défaitiste.
 

    Notre verdict ? Il nous faut le reconnaitre, on a aimé. Ce n'était pas gagné d'avance, pourtant, car on déplore de nombreux éléments : la bande originale de Rupert Gergson Williams est (très) loin des superbes musiques composées par Alan Silvestri pour le premier film (on nous avait pourtant promis le retour du compositeur pour cette suite !), les effets spéciaux à la fois médiocres, abusifs et inutiles nous font douter de l'univers dans lequel on est tombé (on se passait très bien de ces éclairs, volutes et paillettes à la Charmed il y a 28 ans – devons-nous rappeler le sens de "Practical" Magic ?), les placements de produit sont assez indécents, la VF est affreuse et, surtout, le recast des filles de Sally (dont les personnalités et trajectoires narratives ont par ailleurs été inversées) provoque chez nous un état proche de la dissociation. De façon générale, ce qui nous a le moins plu, c'est la direction artistique de Susanne Bier, très différente de la patte spontanée de Griffin Dunne (et pour cause, on a parfois l'impression de visionner un film Hallmark Channel...) : le changement de réalisateur saute aux yeux, ce qui empêche de ressentir l'effet de continuité pourtant nécessaire entre les deux films.
 

    Mais au jeu du pour et du contre, la balance a finalement penché du côté du pour. Tout d'abord parce que le scénario parvient à être une plutôt bonne adaptation du roman Le grimoire des ensorceleuses tout en respectant l'univers du précédent film (qui était pourtant très différent du premier livre). Ce jeu de claquettes est notamment réussi grâce à Akiva Goldsman, déjà co-scénariste du film de 1998, qui revient ici à l'écriture. Il réinjecte avec succès l'humour du premier long-métrage (absent des romans d'Alice Hoffman, beaucoup plus sombres), s'amusant toujours des différences entre les deux sœurs et de leur capacité à faire rire malgré elles dans des instants de forte tension dramatique. On a donc ri. Beaucoup. Et on a pleuré également. Car ce film-là est aussi celui du deuil : ceux qui ont lu le livre original et/ou qui ont vu cette suite au cinéma savent qu'on y perd quelques personnages parmi les plus appréciés de l'univers créé par Alice Hoffman, ce qui ne se fait pas sans quelques larmes.
 

    Nostalgie oblige, cette suite fait évidemment de nombreux clins d’œil au premier film : on y boit des Margaritas de Minuit et on saute du toit de la demeure des Owens pour s'envoler le soir d'Halloween. On retrouve d'ailleurs avec un plaisir inouï le manoir tel qu'on l'a quitté il y a presque trente ans, ce qui nous donne la douce impression de rentrer à la maison : l'escalier et ses portraits, le porche et le jardin, mais surtout, la serre et la cuisine... tout y est comme au premier jour (y compris les tantes, qu'on aimerait nous aussi prendre dans nos bras) ! Parmi les références plus subtiles, les chansons de Stevie Nicks sont toujours de la partie, et on a apprécié voir Sally jouer à nouveau de la poêle à frire pour mettre un homme hors d'état de nuire, et Gillian sortir de son sac son éternel flacon de belladone. Mais Les ensorceleuses 2 est plus qu'un simple fan service : le voyage en Angleterre, aux sources de la famille Owens, ainsi que des enjeux dramatiques très différents apportent une ambiance toute nouvelle, par ailleurs un peu déstabilisante lorsqu'on s'attend à retrouver la même atmosphère que dans le film original. C'est, au fond, plutôt un bien : cela permet de ne pas trop les comparer et, aussi, de ne pas faire une simple redite, mais d'explorer d'autres univers et de mesurer le temps qui s'est écoulé depuis notre dernier rendez-vous avec les Owens.
 

En bref : Si la réalisation de Susanne Bier nous fait âprement regretter l'absence de Griffin Dunne aux commandes de cette suite, on doit bien avouer avoir retrouvé avec plaisir les sœurs Owens. Tout n'est pas parfait dans ce second film loin d'égaler le premier : peut-être un peu trop magic à défaut d'être practical, et paradoxalement moins witchy que le précédent, mais aussi plus convenu. Il reste que malgré les défauts qu'on peut lui trouver, Les ensorceleuses 2, bien plus qu'un simple fan service, est à la fois fidèle au roman d'Alice Hoffman tout en plaçant judicieusement ses nombreux clins d’œil au précédent long-métrage. L'intrigue, qui conduit nos héroïnes dans les paysages pittoresques de l'Angleterre pour enquêter sur les origines de leur lignée, permet d'éviter le sentiment de redite et de proposer une autre atmosphère ainsi que de nouveaux enjeux dramatiques. Cela fait différer ce film du premier opus et l'empêche de souffrir de l'effet de comparaison. On se satisfait de retrouver cet univers qui nous avait décidément beaucoup manqué : on rit (beaucoup), on pleure (un peu, oui) et on parvient même à se réjouir du résultat !