mercredi 1 février 2012

Les Monstres de Templeton - Lauren Groff


The Monsters of Templeton, Hyperion, 2008 - Editions Plon, 2008 - Editions 10/18, 2010.

« Le jour où je revins à Templeton, en pleine disgrâce, le cadavre d'un monstre mesurant près de seize mètres émergea à la surface du lac Glimmerglass. »
Ainsi s'ouvre Les Monstres de Templeton, un roman qui balaie deux siècles d'histoire : celle d'une jeune fille à la recherche de son père, et celle d'un village, ancrée dans l'Amérique profonde, au milieu des légendes et des secrets de famille. À la suite d'une déconvenue amoureuse, Willie Upton frappe à la porte de la vieille demeure où vit encore sa mère, Vivienne, ancienne hippie devenue baptiste fervente sur le tard… Au lieu du réconfort qu'elle vient y chercher, Willie trouve un village sens dessus dessous, chamboulé par l'apparition d'un animal démesuré, et découvre un terrible mensonge : son père existe bel et bien, elle n'est pas le fruit hasardeux des amours libres de sa mère, mais bien la fille d'un homme connu et reconnu dans Templeton.
Lancée dans une enquête à rebondissements pour retrouver son père, elle part sur la trace de ses ancêtres et reconstitue la fabuleuse généalogie qui mène à son histoire. A la fois saga familiale, quête identitaire et roman fantastique, Les Monstres de Templeton se révèle être surtout une fable captivante sur la part obscur du passé et le retour des choses cachées…


C'est par hasard que j'ai entendu parler de ce roman l'an dernier, alors que je faisais des recherches sur d'éventuelles lectures sur le net. De fil en aiguille et d'un lien à un autre, je suis tombé sur un article consacré à ce roman, qui se présentait alors comme un superbe tour de force: Le premier roman plein de souffle et de mystère de Lauren Groff, une Etasunienne de 30 ans. Un best seller aux USA. Salué en Amérique aussi bien par la presse que par des écrivains de renom, dont Stephen King, Les Monstres de Templeton est une fabuleuse enquête généalogique au cœur de l’Amérique profonde brassant deux siècles d’histoire américaine. L’héroïne de ce puissant roman s’appelle Willie Upton. De retour au village natal après un échec amoureux, elle découvre l’existence d’un monstre da ns le lac Glimmerglass qui préfigure les remous qui agite à la fois le village et son histoire personnelle, entre un père à l’identité incertaine et une mère devenue baptiste illuminée après avoir été hippie…Une subtile façon de retracer l’histoire des États-Unis à travers les secrets de famille. Puis je suis tombé sur le trailer du livre (cliqué ici pour le visionner), dont la mise en scène m'avait particulièrement amusé par sa fantaisie et son originalité. Quelques mois plus tard, je tombais nez à nez avec la version poche en librairie...et le remmenais avec moi.

Image extraite du trailer du roman.

Dans sa préface, Lauren Groff confie qu'elle souhaitait au départ rédiger un ouvrage historique sur l'ancienne ville américaine de Cooperstown (dont elle est originaire), avant que son manuscrit ne prenne finalement une tournure plus romancée. En hommage à cette cité riche en faits historiques et si chère à son cœur, elle décida de la conserver comme cadre de l'action mais en la rebaptisant Templeton, nom alternatif qui lui avait également été attribué lors de sa fondation. Ainsi, Lauren Groff retrace les grands moments de sa construction et reprend ses figures historiques ou légendes urbaines à son compte et en les intégrant à une intrigue d'une passionnante complexité.

Cooperstown from three Mile Point, L.R. Mignot, 1855.

Dense et riche, ce roman est avant tout habité par une âme, un véritable souffle mélancolique, en même temps qu'il porte une profonde réflexion sur les secrets de famille qui, à l'image du monstre du roman, finissent toujours par refaire surface.

Parsemé de dizaines de croquis, gravures, et autres portraits familiaux qui nous font traverser les siècles avec délice, ce livre possède une dimension presque vivante, réelle, qui ne peut qu'émouvoir le lecteur et le captiver jusqu'à la révélation finale.



Quelques couvertures des éditions originales.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire