samedi 23 novembre 2013

La cité des ténèbres #1 : La coupe mortelle - Casandra Clare.

City of Bones (The Mortal Instuments #1), Margaret K. McElderry Books, 2007 - Éditions Pocket Jeunesse, 2008, 2012, 2013 (collection "PKJ").

Clary n'en croit pas ses yeux. Elle vient de voir le plus beau garçon de la soirée commettre un meurtre. Et, détail terrifiant : le corps de la victime a disparu d'un seul coup !
Mais le pire reste à venir... Sa mère a été kidnappée par d'étranges créatures et l'appartement complètement dévasté. Sans le savoir, Clary a pénétré dans une guerre invisible entre d'antiques forces démoniaques et la société secrète des chasseurs d'ombres... Une guerre dans laquelle elle a un rôle fatal à jouer.






  S'il y a bien une série littéraire que j'avais volontairement dédaignée jusqu'ici, c'est bien celle-là : Ni les thèmes, ni les couvertures, ni l'auteure n'avaient alléché mes papilles livresques de bookaddict. Puis, comme cela s'est déjà fait par le passé pour d'autres romans laissés pour compte, c'est la mise en chantier d'une adaptation cinématographique qui a finalement attisé ma curiosité pour l’œuvre originale. Sans pour autant me captiver totalement, la bande-annonce et la présence intéressante de Lily Collins (La Blanche-Neige de Mirror Mirror) m'ont donné l'envie, par pure curiosité passagère, de mettre mes préjugés de côté le temps de jeter un œil aux livres de Cassandra Clare. Une nouvelle occasion de "tester" un exemple de la catégorie "young adult" aux accents à la tendance bit-lit' et fantasy.

Couvertures de l'édition américaine et de l'édition bulgare, qui offre une mise en page proche de l'originale. 

  Mais cette fois, pas de petite bourgade glaciale à la Twilight ou de cité uchronique façon Hunger Games : nous sommes plongés dans un New-York tout ce qu'il y a de plus contemporain, bouillonnant et bourdonnant d'activité. Clarissa "Clary" Fray, 16 ans, vit au cœur de la Grosse Pommes aux côtés d'une mère artiste et de la présence rassurante de Luke, ami de longue date de cette dernière. Vive et indépendante, la jeune fille apprécie de sortir en ville avec son camarade Simon, un adolescent de son âge un brin geek, souvent drôle malgré lui mais d'autant plus sympathique qu'il ne peut s'empêcher de jouer les protecteurs. Alors qu'ils se rendent dans un tout nouveau night-club, Clary assiste à un meurtre dont elle seule a la capacité de voir les coupables! Elle se découvre par-là même un don de double-vue et tombe dans un tourbillon d'événements surnaturels : Elle apprend ainsi être la descendante d'une longue lignée d'êtres mi-anges, mi-humains, baptisés "Les Chasseurs d'Ombre" et réunis depuis des siècles au sein d'une confrérie missionnées pour lutter contre des créatures démoniaques. Car le New-York nocturne et souterrain abrite autre chose que des rongeurs et des chats errants: Vampire, loup-garous et zombies pullulent dans les rues et sèment le trouble tout en gardant leur existence secrète aux yeux des mortels.
  Engagée auprès de ses nouveaux compagnons Chasseurs d'Ombres -et plus particulièrement de Jace, au charme duquel elle n'est pas insensible - elle devra apprendre à lutter contre les forces du mal mais, pire encore, contre Valentin. Ce dernier, un Chasseur d'Ombre renégat, semble avoir monté toute une armée pour servir ses intérêts, à savoir retrouver une coupe mystique à l'origine de tous les pouvoirs. Aussi, lorsque Valentin kidnappe la mère de Cary, la jeune fille n'a d'autre choix que de se lancer à ses trousse et éclaircir son passé pour mieux affronter son avenir...et découvrir qu'elle n'est pas sans lien avec son nouvel ennemi.

 Dans des styles visuels proches, les couvertures des éditions tchèque, espagnole, et chinoise.

  Alors qu'en dire? Pour ma part, j'ai passé un moment sympathique sans être littérairement transcendé par cette lecture. Car il faut bien reconnaître qu'il n'y a rien de nouveau sous le soleil de la young adult ; Même si l'on n'a pas droit à une assommante relecture de Twilight (ouf), on retrouve les codes classiques du genre : triangle amoureux, culture adolescente, meilleur ami/amoureux transi, créature fantastique à poils et à crocs... Cependant, on peut noter quelques originalités bien pensées qui viennent se frotter à la rencontre de ces ingrédients bien connus. Notons tout d'abord des références à de célèbres citations de la littérature anglaise (poèmes Shakespeariens et théâtre elizabethain) ainsi que l'évocation d'un thème surprenant dans un tel roman, à savoir l'interdit de l'inceste! Retenons également une atmosphère citadine très présente (loin des villes perdues en pleine campagne généralement choisies pour ce genre d'histoire), et des techniques et scènes de combat évoquant Underworld, et qui au croisement des héros et de leur monde d'ados, m'ont énormément fait penser à l'ambiance de Buffy contre les vampires! Cette impression a été fortement renforcée par l'humour, omniprésent dans le style narratif de C.Clare, qui permet de tempérer la (trop) grosse avalanche d'éléments fantastiques de son intrigue. Je dois avouer que c'est d'ailleurs cette ressemblance, cet esprit similaire, qui m'a fait accrocher à La cité des ténèbres : loin d'être un adorateur de pure fantasy, mais ancien fan de Buffy du temps de mon enfance, j'ai su m'accrocher aux éléments qui m'y renvoyaient pour trouver des saveurs à cette lecture.

 Couvertures des éditions allemande, japonaise, et de la réédition française.

  J'avais par ailleurs remarqué un esprit à la Buffyverse similaire dans une autre série de livres : la saga Hantée (Shades of London, tomes 1 et 2) de l'Anglaise Maureen Johnson. Ses romans avaient qui plus est été plébiscité par C.Clare elle-même (on peut notamment trouver son avis sur les couverture des éditions anglaises et françaises)! Je ne suis pas surpris qu'elle ait tant apprécié l'univers de Hantée, dont la trame peut rappeler certains éléments de la Cité des ténèbres et faisant de l’œuvre de Maureen Johnson son alter-égo européen, le côté so'British en plus. Par d'autres côtés, certains personnages, événements et scènes de La coupe mortelle m'ont fortement fait penser à l'ambiance et la trame de la saga française des Chroniques d'Ewilan de Pierre Bottero ( tempérament de l'héroïne, schéma narratif, amitié-amoureuse, frère disparu dans un univers parallèle, monstre à écailles surgissant aux devants des personnages...etc) sans pour autant en atteindre la qualité et la fraîcheur.

  Car, comme je le disais plus haut, ce premier tome de La cité des ténèbres souffre à mon sens d'une trop grosse cascade de composantes horrifico-fantastiques et de créatures en tous genres : Loup-garous, vampires, zombies, anges... trop de mondes, trop de monstres, trop de tout ; ne peut-on pas s'arrêter et faire un choix? Je ne dis pas qu'il s'agit à proprement parler d'un défaut du livre, car cela aura certainement plu à certains lecteurs, mais disons que c'est ce à quoi j'ai le moins accroché : un trop grand brassage. L'ensemble reste cependant digeste car l'auteure, au lieu de réinventer une mythologie trop complexe avec ses codes et ses légendes, se fixe comme base de départ un univers magique d'anges et de démons tels que décrit dans les myhtes judéo-chrétiens (je précise bien "mythes", dans le sens où elle ne diffuse aucun message religieux engagé, entendons nous bien, hein). Ce cadre de référence culturel comme source d'imagination évite donc des dérapages trop abracadabrantesques dans le bestiaire de créatures, et c'est tant mieux.

En bref : un roman de low fantasy dans le pure style de la young-adult, qui reprend dont les codes classiques du genre. Heureusement, ces derniers restent globalement bien mis en scène et l'intrigue, au croisement d'Underworld et de Buffy, relevée çà et là d'une pointe d'Ewilan, reste sommes toutes convenable. Une ambiance fantastico-citadine dans laquelle on se laisse aller sans déplaisir, par pure curiosité.

  Et maintenant? maintenant, reste à jeter un œil au film!

The mortal instruments : la cité des ténèbres, bande-annonce officielle.


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