dimanche 25 août 2024

Arsène Lupin, gentleman cambrioleur - Maurice Leblanc.

Revue Je sais tout, 1905 à 1907 - Éditions Pierre Lafitte, 1907 - Multiples rééditions depuis 1907, dont Le Livre de Poche, 1973, 2013.

    Vif, audacieux, impertinent, rossant sans arrêt le commissaire (qui ici, en l’occurrence, s’appelle l’inspecteur Ganimard), traînant les cœurs après lui et mettant les rieurs de son côté, se moquant des situations acquises, ridiculisant les bourgeois, portant secours aux faibles, Arsène Lupin, gentleman cambrioleur est un Robin des Bois de la « Belle Époque ». Un Robin des Bois bien français : il ne se prend pas trop au sérieux, ses armes les plus meurtrières sont les traits d’esprit ; ce n’est pas un aristocrate qui vit comme un anarchiste mais un anarchiste qui vit comme un aristocrate. Arsène Lupin, après plus d’un demi-siècle, n’a pas vieilli. Il ne vieillira jamais en dépit de son chapeau haut de forme, de sa cape et de son monocle.
 
***
 
    Grande silhouette drapée dans sa cape noire, chapeau haut de forme et monocle, voilà l'iconique portrait-robot que véhicule l'imagerie populaire de ce héros de littérature française. De roman feuilleton à grand classique, il n'y a qu'un pas, que l'oeuvre de Maurice Leblanc a su franchir au fil du temps. Et pourtant, nous n'avions jamais lu ce premier recueil des nouvelles mettant en scène le célèbre gentleman cambrioleur ; jusque-là, notre connaissance du personnage et de cette série s'arrêtait à La comtesse de Cagliostro et à quelques textes de Maurice Leblanc lus de façon éparse. Alors que le distingué voleur continue encore et toujours de faire des émules, inspirant tout comme Sherlock Holmes son lot de suites officieuses, préquels apocryphes et réécritures diverses, il nous a semblé plus que temps de jeter un œil à ce premier opus.
 
Éditions originales, illustrées par Léo Fontan, qui donna au personnage son apparence légendaire.

    Ce livre est constitué des neuf premières aventures d'Arsène Lupin, initialement publiées dans la revue Je sais tout entre 1905 et 1907. A l'époque, le personnage nait d'un concours de circonstance et, surtout, d'une commande de l'éditeur Pierre Lafitte : c'est parce que ce dernier souhaite lancer un feuilleton à la mode de Sherlock Holmes que Maurice Leblanc se lance dans l'écriture. L'auteur n'a jamais souhaité révéler ses inspirations, mais il y a donc fort à parier que Conan Doyle en fasse partie, au regard des nombreux clins d’œil qui lui sont adressés (même s'il le niera tout au long de sa carrière). L'arrestation en 1905 du voleur Marius Jacob, as du déguisement doté d'un humour mordant, suggère là aussi une possible influence (que Maurice Leblanc, encore une fois, démentira pourtant).
 

    L'aura de mystère autour des origines littéraires d'Arsène Lupin participera à sa légende et à son caractère insaisissable, dans son fond comme dans sa forme. Pourquoi ? Car qu'il s'agisse de pseudonyme, de déguisement, ou d'un audacieux jeu de passe-passe dans la narration, l'auteur et son personnage prennent toujours le lecteur au piège, chaque nouvelle aventure proposant un twist inattendu. Dès L'arrestation d'Arsène Lupin, Maurice Leblanc pose les bases d'une approche qui sera prédominante dans la série : le lecteur ne suit pas Arsène Lupin, mais les victimes, adjuvants ou opposants qui croiseront son chemin. Le personnage est présenté à travers sa réputation et les perceptions qu'en ont les uns et les autres, qui posent dès le début du livre le charisme légendaire d'un absent, avant même son entrée en scène. Et quelle entrée en scène, car Lupin n'aime rien de plus que les coups de théâtre. Son arrivée nous prend toujours par surprise, offrant des rebondissements comme seul le roman feuilleton sait en inventer.
 
Illustration originale pour L'arrestation d'Arsène Lupin.
 
    D'une aventure à l'autre, on découvre peu à peu qu'Arsène Lupin, lui, ne se laisse jamais prendre au dépourvu, même lorsqu'il semble perdant. Il s'est fait attrapé ? C'est qu'il le voulait bien, et qu'il concocte en secret un plan de son cru. Pour les aficionados des films et récits de cambriolage, Haute Voltige, Ocean's Eleven, Insaisissables et consorts, oubliez ces fictions contemporaines : elles doivent tout à Maurice Leblanc. Son approche avant-gardiste de la structure narrative et son talent pour le renversement de situation font de lui le père fondateur de cette sous-catégorie du polar qui verse dans les intrigues de cambriole. Elle donnera plus tard naissance au "film de casse", genre très apprécié de l'industrie hollywoodienne.


    A travers des nouvelles comme Le collier de la reine, Le sept de cœur ou encore Herlock Sholmes arrive trop tard, Maurice Leblanc pose également les premières bases d'un autre registre aujourd'hui florissant, celui du polar historico-ésotérique. Nombre des aventures du gentleman cambrioleur se focaliseront ainsi sur de trésors centenaires dissimulés au moyen de codes secrets et de portes dérobées, l'auteur composant pour cela les énigmes les plus complexes et ingénieuses de la littérature populaire.
 
Illustration originale pour Le sept de cœur.
 
    Tour à tour voleur, chercheur d'or, enquêteur et redresseur de torts, Arsène Lupin se dévoile au fil de ces neuf nouvelles bien plus complexe qu'on pourrait le croire. Loin de l’archétype lisse du dandy, il se révèle pourvu de nombreux défauts (c'est qu'il a une haute opinion de lui-même, l'Arsène) autant que d'inattendues qualités (perçu comme un criminel, il rétablit finalement la justice plus souvent qu'à son tour). La recette de son charisme et de sa longévité, à n'en pas douter.
 


En bref : Bijou de littérature populaire devenu un classique, les aventures d'Arsène Lupin s'ouvrent sur ces neuf premières nouvelles aussi savoureuses que palpitantes. L'écriture et la construction narrative de Maurice Leblanc, furieusement avant-gardistes, s'imposent ici comme de véritables influences pour le polar. Le lecteur, séduit, en redemande.

mercredi 14 août 2024

La voix du lac - Laura Lippman.

Lady in the lake
, William Morrow, 2019 - Actes Sud (trad. de H. Frappat), collection Actes noirs, 2022 - Babel noir, 2024.
 
    Dans un quartier juif huppé de Baltimore, un soir de 1965, la très glamour Maddie, épouse et mère parfaite, reçoit par hasard un ancien flirt de lycée. Et se souvient alors combien, à l’adolescence, elle aspirait à devenir une femme libre et accomplie. Soudain, il n’y a plus que ce désir ardent. Quittant d’un pas impudemment léger la demeure familiale, Maddie s’invente une vie rien qu’à elle – un appartement (minable), une liaison (torride) et surtout un poste d’assistante dans un journal local. Déci­dée à prendre du galon, elle s’empare d’une affaire traitée avec indifférence, tant par les médias que par la police : le meurtre d’une jeune Noire, dont le corps a été retrouvé dans un lac de la ville. Qui était la belle et mystérieuse Cléo Sherwood, avec qui a-t-elle osé frayer pour devoir disparaître ainsi ?
    Écrivant en miroir l’émancipation de Maddie, déterminée à conquérir le monde, et le destin tragique de Cléo, victime de jeux de pouvoir éminemment masculins, Laura Lippman livre un formidable roman à suspense dans lequel s’incarnent racisme, sexisme et rapports de classes propres à l’Amérique des années 1960.
 
***
 
    Une fois n'est pas coutume, c'est par son adaptation qu'on a eu vent de l'existence de ce roman. La série Lady in the lake mettant en vedette Nathalie Portman, sortie cet été sur Apple TV, a retenu notre attention par sa bande-annonce à l'esthétique léchée et à la construction toute en tension. L'occasion de découvrir le livre original avant de visionner la mini-série !
 

    Applaudi à sa publication comme l'un des meilleurs polars de la décennie, La voix du lac se présente en effet comme un roman policier, registre prépondérant de ce livre au croisement des genres. La classification est justifiée par l'enquête, voire la double enquête, au centre de l'intrigue – car avant la mort suspecte d'une jeune femme noire, c'est sur l'assassinat d'une petite fille blanche que l'on se penche. Ce choix scénaristique pourrait donner l'impression d'un inutile embrouillamini, mais rien ne serait moins faux. Dans les États-Unis des années 60 où la ségrégation et la stigmatisation sont à leur comble, donner à voir au lecteur de quelle façon ces deux faits divers vont s'occulter mutuellement aux yeux de la populace dans leur traitement à travers la presse (mais aussi dans le regard de la police) offre une photographie très pertinente et très juste de l'époque.
 

    L'extrême réalisme avec lequel Laura Lippman restitue et dissèque les événements, renforcé par l'angle d'approche du journalisme, univers omniprésent, donne l'impression que son roman est tiré de faits réels. Si l'on ne peut pas le nommer en ces termes, l'autrice a confié avoir néanmoins été inspirée par deux affaires criminelles survenues alors qu'elle était enfant, à Baltimore, en 1969 : l'assassinat de la petite Esther Lebowitz, 10 ans, par le propriétaire d'une animalerie, et la découverte dans le lac du corps de Shirley Parker, afro-américaine de 35 ans engagée dans la lutte pour les droits des personnes de couleur. Le père de Laura Lippman étant à l'époque journaliste, elle se souvient de l'angoisse que la mort de la petite Esther avait jeté sur la ville tout entière et de sa médiatisation par les quotidiens locaux puis nationaux. A l'inverse, le cas de Shirley Parker avait été totalement passé sous silence, l'autrice ne le redécouvrant elle-même qu'en 1980 alors qu'elle était devenue reporter. A l'évidence marquée par ces deux affaires, leur synchronicité, mais surtout leur différence de traitement, Laura Lippman avait tous les éléments en main pour écrire un roman choc.


    Et choc, ce roman l'est, assurément. Par ses sujets et par sa construction autant que par l'angle choisi. On n'avait pas souvenir d'une narration faite par une morte depuis Desperate Housewives. Or, c'est bien d'une histoire de femmes au foyer désespérées qu'il est question ici. D'un côté, Madeline Schwartz, fée du logis parfaite de la communauté juive de Baltimore, femme dévouée et modèle de la bourgeoisie des sixties, incarne ici l'idéal d'une certaine époque. De l'autre, Cléo Sherwood, jeune femme noire des quartiers pauvres, mère célibataire, barmaid dans un club douteux, vouée à une vie instable pour joindre les deux bouts. C'est à travers la voix de cette dernière, la défunte, que s'ouvre le récit et qu'elle interviendra régulièrement au fil de l'intrigue. Elle s'y adressera aux différents personnages, qui l'ont tous croisée au moins une fois de son vivant. De ces deux portraits de femmes à l'opposé l'une de l'autre, l'autrice s'amuse de leurs contradictions respectives, de ce que cache le vernis qui craquelle et de ses apparences trompeuses.


    Car tout est une histoire d'apparences et de ce qu'elles dissimulent, de ce que les regards des uns et des autres laissent deviner de leurs faits et gestes. Et si c'était ça, le vrai sujet du roman ? Alors qu'on s'imagine tous que l'enjeu du récit est l'élucidation des meurtres, c'est finalement le personnage de Maddie et ses motivations secrètes qui se trouvent dans le viseur de la narration. Pour preuve : lorsque ce n'est pas Cléo Sherwood qui raconte, ce sont les personnages secondaires que vient de croiser Madeline qui rejouent la scène à laquelle on vient d'assister, nous offrant un nouveau regard sur ce personnage de femme au foyer trop propre sur elle pour être honnête. Nos premières impressions sont peu à peu bousculées  et la véritable question qui nous hante est : mais qui est Maddie Schwartz ? Une épouse bafouée ? Une femme un peu trop légère qui a appris à dissimuler ses écarts de conduite derrière le masque de la vertu ? Une mère de famille engagée qui a toujours eu la passion du journalisme ? Ou, plus discutable, une femme qui cherche à exister sur la scène publique en brodant un scoop, peu importe le prix ? Bien plus que deux meurtres, ce sont peut-être les actes inconsidérés de Madeline Schwartz qui vont le plus secouer la ville de Baltimore...
 
Baltimore dans les années 60.
 

En bref : Si La voix du lac se présente comme un polar, il est davantage un roman noir au sens large du terme. En effet, le livre de Laura Lippman vient avant tout interroger la réalité sociale d'une époque et d'un certain contexte culturel, au croisement de la psychologie des personnages. Merveille de construction et d'écriture doublée d'une narration en prisme extrêmement audacieuse, ce roman déstabilise, principalement grâce à son anti-héroïne complexe à l'ambition malaisante.

vendredi 9 août 2024

Enquête étrusque au Louvre (Enquêtes au Louvre #1) - Carole Declercq.

City éditions, 2020 - City poche, 2021.

    Fougueuse et indépendante, Anna Stein vient d’ouvrir un cabinet d’expertise d’art à Paris, mais sa jeunesse et son sale caractère font grincer bien des dents. Alors, quand le milliardaire François Borelli lui demande d’inventorier sa collection, c’est enfin la reconnaissance qu’elle attendait. Mais quelques jours plus tard, Borelli est retrouvé mort. Malade, il avait certes déjà un pied dans la tombe, mais ne l’y aurait-on pas un peu précipité ? Lorsque d’autres cadavres s’invitent dans l’entourage du collectionneur, Anna est obligée de mener l’enquête. Aidée par un extravagant lord anglais, courtisée par un policier italien et poursuivie par son ancien amoureux, la jeune femme ne sait plus où donner de la tête. Pourtant, elle doit garder les idées claires. Car dans les eaux troubles du trafic d’art, à vouloir déterrer d’inavouables secrets, elle risque d’être la prochaine victime…
 
Le crime est un art : un délicieux cosy mystery à la française. 
 
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     Après Intrigue à l'anglaise, premier opus des Enquêtes de Pénélope, le deuil persistant suite à notre intense bingewatching de L'art du crime nous a poussés à la lecture de cette Enquête étrusque au Louvre. Ce titre de l'autrice française Carole Declercq, pensé comme le premier tome d'une série de cosy mysteries dite "à la française" propose également un sympathique mélange d'Art, d'Histoire et de polar. Parfait, donc, pour répondre à nos attentes.


    La jeune et charismatique Anna Stein a réussi l'irréalisable dans son milieu : ouvrir un cabinet d'expertise d'art connu et reconnu avant même sa trentaine. Audacieuse et culottée, elle doit son succès à un extraordinaire coup de maître : avoir reconnu un authentique Pieter de Hooch dans un tableau d'apparence mineure au tout début de son activité. Sa réputation ainsi faite, Anna Stein n'a plus à faire ses preuves dans le métier. Cependant, lorsqu'elle est appelée par le milliardaire et ancien jet-setteur François Borelli pour évaluer le coût de sa collection d'antiquités étrusques, elle a du mal à comprendre que le choix se porte sur elle. Le vieil homme, à l'article de la mort, souhaite une mise à jour de l'estimation effectuée une quinzaine d'années plus tôt par son amie Ilaria de Luca, conservatrice italienne de talent. Alors qu'elle épluche la paperasse du collectionneur, Anna découvre cependant les documents d'une antiquité qui ne figure pas dans l'inventaire ; a peine a-t-elle le temps de s'interroger sur sa provenance que Borelli est retrouvé mort dans son lit et qu'un agent des services de protection du patrimoine italien débarque sur le sol français. Et si les antiquités étrusques du milliardaire dissimulaient une affaire louche ? Bien décidée à comprendre de quoi il retourne, Anna n'hésite pas à s'envoler pour l'Italie et ses vestiges pour éclaircir ce mystère.


    On a peu entendu parler de ce roman à sa publication, et c'est fort regrettable. Écrit d'une plume débordante de malice tout en abordant son sujet de fond avec sérieux, Enquête étrusque au Louvre est probablement l'un des meilleurs exemples de polar cultivant à la fois l'art de la légèreté et de l'érudition. Jamais loufoque ni dans la caricature comme aurait pu le laisser entendre l'étiquette "cosy mystery" choisie par l'éditeur, ce roman met cependant en scène des personnages suffisamment charismatiques pour nous faire sourire sans qu'ils cessent jamais d'être crédibles. Carole Declercq les "croque" avec talent, les étoffant ici et là de traits d'un humour particulièrement spirituel. Anna et son caractère bien trempé en tête, mais aussi Hadrien (expert au Louvre, ex encombrant et légèrement mégalomane sur les bords) et le so british Thomas Alexander, bouquiniste qui se révélera rapidement indispensable. Le lecteur s'attache énormément à cette galerie de protagonistes décalés juste ce qu'il faut.
 

    L'érudition vient quant à elle de la thématique de fond : les antiquités étrusques, bien sûr (on meurt d'envie d'aller en admirer au Louvre une fois le livre refermé), mais surtout le milieu de l'art dans son ensemble. Collection, méthode d'inventaire, vérification des traçabilités, trafic de biens culturels... le sujet est maîtrisé avec la précision digne d'un professionnel, au point qu'on pourrait croire Carole Declercq issue du milieu. Jamais pompeuse dans ses explications, elle parvient à les glisser au fil du texte et des rebondissements avec fluidité et naturel, élargissant les connaissances du lecteur sans jamais donner l'impression de lui imposer un cours magistral.

Vestiges de tombes étrusques en Italie.

    Même si l'on peut deviner l'identité du coupable avant la révélation finale, l'intrigue reste globalement très efficace, avec ce petit goût d'exotisme qui fait une grande partie de son charme. Non contente de nous faire découvrir l'art étrusque, l'héroïne nous entraine en effet avec elle en Italie pour finir son enquête, nous offrant une excursion gratuite et dépaysante sur d'anciens lieux de fouilles qui nous donnent tous envie de nous improviser archéologue.
 

En bref : Frais, léger et érudit à la fois, Enquête étrusque au Louvre est un sympathique polar dans le milieu de l'Art, des musées et des antiquités. La narration, malicieuse, participe à la fluidité de la lecture en dépit d'un sujet de niche que l'autrice nous rend passionnant. Immersion réussie dans un univers fascinant, ce premier opus d'une série en devenir nous laisse vivement espérer une suite !

lundi 29 juillet 2024

Intrigue à l'anglaise (Les enquêtes de Pénélope #1) - Adrien Goetz.

Éditions Grasset & Fasquelle, 2007 - Le Livre de Poche, 2008.


    Trois mètres de toile manquent à la fameuse tapisserie de Bayeux, qui décrit la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant. Que représentaient-ils ? Les historiens se perdent en conjectures. Une jeune conservatrice du patrimoine, Pénélope Breuil, s’ennuie au musée de Bayeux, jusqu’au jour où la directrice du musée, dont elle est l’adjointe, est victime d’une tentative de meurtre ! Entre-temps, des fragments de tapisserie ont été mis aux enchères à Drouot. Pénélope, chargée par le directeur du Louvre de mener discrètement une enquête, va jouer les détectives et reconstituer l’histoire millénaire de la tapisserie, de 1066 à la mort tragique de Lady Diana sous le pont de l’Alma…
 
 
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    Il en aura fallu, du temps, pour qu'on ressorte cette Intrigue à l'anglaise de notre PAL, où elle dormait depuis plus de dix ans. Dégoté à l'époque dans notre librairie d'occasion favorite, on avait acheté ce roman en raison de notre goût pour ce qu'on appelle les énigmes artistiques et dans l'idée de découvrir la série initiée ici par Adrien Goetz. Couronné du prix Arsène Lupin à sa publication, ce premier opus des enquêtes de Pénélope nous est revenu en mémoire après un intense bingewatching de la série L'art du crime. Pour rester dans la même veine, il nous fallait de l'art, des meurtres et des enquêtes. Ainsi avons nous exhumé des tréfonds de notre bibliothèque le roman d'Adrien Goetz.
 

    Paris, 1997. A quelques jours du décès de Lady Di, Pénélope, 29 ans, jeune conservatrice fraichement diplômée, est catapultée loin de son bien aimé musée du Louvre et des fouilles égyptiennes qui sont pourtant sa spécialité. Pour son premier poste, on l'envoie à Bayeux, où elle devra suppléer Solange Fulgence, la conservatrice en chef du musée de la tapisserie. Ah, la tapisserie de Bayeux : 70 mètres de lin brodé de 623 personnages, 994 animaux et moitié de végétaux pour raconter la bataille d'Hastings et l'accession au trône d'Angleterre de Guillaume le conquérant, duc de Normandie. Il y fait bon vivre, à Bayeux : à peine Pénélope arrive-t-elle qu'un homme est assassiné, ses yeux entreposés dans un verre à dents, et que sa patronne Solange est agressée. Dans un profond coma, incapable de révéler ce qui lui est arrivé, elle laisse son adjointe se débattre avec les mystères qu'elle a laissés dans ses bureaux du musée. La conservatrice s’apprêtait à acquérir aux enchères de vieilles broderies au titre des Musées de France ; serait-ce la raison de l'attaque dont elle a été la malheureuse victime ? Parallèlement, le musée du Louvre missionne discrètement Pénélope d'enquêter sur l'authenticité de la tapisserie : on a retrouvé dans les archives une lettre datant de l'époque napoléonienne, suggérant que le trésor de Bayeux serait un faux, créé de toutes pièces par des brodeuses égyptiennes sur ordre de Bonaparte. Et comme si cela ne suffisait pas, un ami collectionneur de Wandrille, reporter et petit-ami de Pénélope, prétend avoir retrouvé une copie des scènes manquantes de la tapisserie. Agressée à son tour, Pénélope décide de mener l'enquête : il y a décidément quelque chose de pourri au royaume de Normandie...


    OVNI assez surprenant dans son écriture, Intrigue à l'anglaise est de ces livres qui ne laissent pas indifférent. En quelques mots : on aime ou on n'aime pas, mais il y aura peu d'entre-deux. Cela explique les avis très polarisés des lecteurs qu'on peut trouver sur le net. Et pour cause, le style, léger dans son fond mais complexe dans sa forme, parait très foutraque de prime abord. Il demande une certaine concentration pour ne pas perdre le fil de la narration, de qui parle et de qui fait quoi. Il y a donc un cap à passer avant de prendre du plaisir, d'autant qu'Adrien Goetz cultive la distance entre sa plume et ses personnages, ce qui peut donner l'impression d'un traitement assez impersonnel, en défaveur d'un attachement du lecteur aux protagonistes.
 
Le charme de Bayeux...

    Et puis... et puis, contre toute attente, une fois qu'on s'est bien échauffé, on se prend au jeu. Parce que oui, l'écriture, sans concession, a quelque chose de féroce, mais aussi de férocement drôle et parce que, s'il entretient autant que faire se peut l'exactitude historique (pour mieux en jouer, on y reviendra plus tard), Adrien Goetz ne s'encombre pas avec la psychologie des personnages ou la finesse qu'on leur imagine nécessaire. Leur traitement n'est pas exempt de subtilité mais ils semblent tous autant qu'ils sont tout droit sortis d'une BD de Tardi ou d'un polar de Charles Exbrayat.
 
Les 70 mètres de la tapisserie exposée au musée de Bayeux.

    Le reste est un mélange de recherches et de fantaisie. De recherches tout d'abord parce qu'Adrien Goetz connait bien son sujet. Enseignant en histoire de l'art à la Sorbonne et rédacteur en chef d'une revue d'art et d'histoire, ce sont toutes ses connaissances qu'il met au profit de son intrigue – peut-être un peu trop, car on peut parfois lui reprocher de n'écrire que pour lui, ou de ne s'adresser qu'à des étudiants de l'école de Louvre, tant certains passages relèvent davantage du cours magistral que du roman. Mais fantaisie aussi, car il connait justement tellement son sujet qu'il maîtrise aussi suffisamment bien les failles historiques pour y fictionner à loisir, quitte à partir pour cela dans les directions les plus folles.
 

    Alors, oui, le résultat a quelque chose d'une tempête dans un verre d'eau, même si l'on s'imagine que, peut-être, ces scènes manquantes à la tapisserie, si elles racontaient effectivement une autre fin que celle que l'on connait, pourraient véritablement remettre en question la légitimité de la couronne d'Angleterre actuelle. Plus c'est gros, plus ça passe : comme l'auteur le précise à la fin, ce sont les théories les plus capillotractées et les conjectures les plus abracadabrantesques qui s'avèrent les mieux documentées. Comme quoi la réalité a bien plus d'imagination que la fiction.
 

En bref : Si l'écriture de cette Intrigue à l'anglaise peut rebuter, il n'en reste pas moins que sa lecture peut s'avérer particulièrement savoureuse. Entre la férocité du style, la fantaisie du scénario et la véracité des faits historiques avec lesquels il s'amuse joyeusement, Adrien Goetz signe ici une nouvelle forme de polar. On aime ou on aime pas, mais nous, contre toute attente, on n'a pas trouvé ça déplaisant.

 
 

mardi 23 juillet 2024

Un manoir en Cornouailles - Eve Chase.

Black Rabbit Hall
, Michael Joseph, 2015 - NiL Éditions (trad. d'A. Oudoul), 2018 - Éditions 10/18, 2019.

    Cornouailles, 1968. Pencraw, un grandiose manoir en ruine dans lequel les Alton élisent domicile l’été. Le temps semble s’y être arrêté et défile sans encombre. Jusqu’au drame qui vient bouleverser leurs vies et arrêter le temps à jamais.Cinquante ans plus tard, avec son fiancé Jon, Lorna roule à la recherche du manoir des Lapins noirs, cette maison où elle a séjourné enfant. Elle rêve d’y célébrer son mariage. Tout dans cette vieille demeure l’appelle et l’attire. Mais faut-il vraiment déterrer les sombres mystères de ce manoir en Cornouailles ?
 
Une famille. Un secret. Un été tragique. Quatre vies bouleversées à jamais.

***
 
     On arrive un peu après la guerre : voilà déjà quelques années que ce premier roman d'Eve Chase, autrice britannique, patiente dans notre PAL. "Une lecture obligatoire pour les fans de Kate Morton et de Daphné du Maurier", nous dit fièrement le bandeau promotionnel de l'édition grand format. Difficile de ne pas succomber à l'appel, d'autant qu'on avait une furieuse envie de manoir anglais et de secrets de famille, cet été. La romancière, lauréate du prix Saint-Maur en Poche en 2019, a depuis gagné en popularité ; elle semble en effet avoir séduit les amoureux d'intrigues familiales sur plusieurs temporalités et de somptueuses demeures hantées par le passé.
 

"On ne peut pas rester petite quand on n'a pas de mère. Les générations font un bond comme dans les années bissextiles. On est obligée de grandir."

    Lorna, jeune trentenaire, est sur le point d'épouser Jon. Pour l'occasion, ils traversent l'Angleterre en long, en large et en travers à la recherche du lieu parfait pour la réception. Lorna en a écumé, des sites internet et des guides spécialisés, mais tout la ramène à ce manoir perdu au fond des Cornouailles, qui vient tout juste d'ouvrir ses portes à l'événementiel. D'ailleurs, le bâtiment est encore dans son jus, loin des normes de rigueur, de quoi faire grincer Jon des dents. Mais la future mariée refuse d'entendre raison : cette maison lui rappelle beaucoup trop celle que sa mère lui montrait régulièrement, petite, lorsque la famille séjournait dans la région pour les vacances. Plusieurs photos l'attestent. Pourquoi une telle fascination pour cet endroit ? Sa mère décédée, Lorna s'accroche à la perspective de célébrer là son mariage pour se connecter à elle. La propriétaire, la froide et mystérieuse Mme Alton, propose à la jeune femme de rester quelques jours sur place pour se familiariser avec les lieux. Au cours de son séjour, Lorna, comme aimantée par l'endroit, remonte le fil du temps jusqu'aux mystérieux événements de l'année 1969. Quels drames ont alors connu les enfants Alton, dont les noms sont encore gravés sur les arbres du parc ensauvagé ?
 

    Un manoir en Cornouailles avait donc tout pour nous plaire et il ne fait aucun doute que nous avons passé un très agréable moment de lecture, notamment grâce à la plume de l'autrice et à sa traduction impeccable. L'écriture d'Eve Chase, subtile, fait la part belle aux sens et aux atmosphères ; elle nous immerge avec délice dans l'univers fantaisiste et doucereux des enfants Alton (leurs promenades dans les bois, leurs rêveries et leurs jeux), le tout dans une savoureuse ambiance de carte postale anglaise. On ne peut qu'applaudir, aussi, son sens du rythme qui convient parfaitement à ce type d'intrigue : cultivant l'art des fins de chapitre, des transitions et de la tension dramatique, elle parvient à laisser le lecteur en haleine et à faire de ce roman un page turner réussi.
 

"Lorsque maman s'en va, la famille s'éparpille, telle la limaille de fer quand on retire l'aimant"

    Cela étant, le risque d'un récit à double temporalité, c'est qu'une époque se révèle moins intéressante que l'autre. En la matière, cet écueil est rarement évité et il est difficile de trouver des romans qui fassent exception ; quoi que très bon par bien des aspects, Un manoir en Cornouailles tombe malheureusement dans ce piège. En effet, si c'est à notre époque que se tient l'enquête de l'héroïne pour percer le mystère du Manoir aux Lapins Noirs, les réponses se trouvent bien évidemment dans les flash-back et les chapitres situés en 1969. Ces derniers ont ainsi plus de choses à raconter au lecteur, parce qu'il rassemblent un panel d'éléments familiers et caractéristiques de ce type d'intrigue (une famille qu'on imagine issue de la noblesse, un drame, plusieurs secrets et des relations complexes qu'on chercher à cerner et à comprendre).
 

"Je pense que les adultes s’érodent avec le temps, à l'image des rochers attaqués par la mer, tout en restant pareils, juste plus lents et grisonnants, avec ces drôles de rides verticales devant les oreilles. Les jeunes, eux, se transforment de semaine en semaine. Nous connaître, c'est courir à côté de nous, comme quand on veut héler un passager par la fenêtre d'un train en marche."

    Mais plus encore que cela, la narration y est pour beaucoup : là où les chapitres se déroulant en 1969 sont racontés à la première personne par Amber, ainée de la fratrie Alton, ceux prenant place à notre époque le sont à la troisième personne, ce qui instaure d'emblée une distance. Le style, excellent, évoqué précédemment, est en cela surtout associé à la voix d'Amber, ce qui donne à lire les plus beaux passages et apporte une densité indéniable : à travers ses yeux, les personnages sont plus complexes et plus beaux à la fois, dans toutes leurs contradictions. En comparaison, Lorna semble beaucoup plus simple, transparente, voire fade par moment. Les situations qu'elle vit paraissent également un peu plus artificielles, sans qu'on y retrouve, paradoxalement, le romanesque du récit d'Amber.
 

    C'est indéniablement tout un art que de parvenir à doser les ingrédients de ce type de roman ; admettons qu'il est difficile de passer après des autrices comme Diane Setterfield et son Treizième conte, parfait modèle du genre, ou Kate Morton et ses Heures lointaines. Dans ces deux exemples, le mystère persiste jusqu'au bout et la révélation finale est une surprise totale. Ici, malgré quelques audacieux et intelligents tours de passe-passe pour mettre son lecteur en déroute au jeu des hypothèses et des spéculations, on a très vite deviné où Eve Chase voulait en venir et quelle serait le twist ultime de l'intrigue.


"En réalité, quand on est aussi vieille que moi, Lorna, on s'aperçoit que la vie n'est pas du tout linéaire. Au contraire, elle est circulaire, et mourir est aussi difficile que naître: on revient juste au point qu'on croyait avoir quitté il y a longtemps. Comme les aiguilles d'une montre."

En bref : Si ce premier roman d'Eve Chase n'égale pas ceux de Diane Setterfield et de Kate Morton, il figure néanmoins parmi les exemples réussis du genre. L'écriture, fine et percutante, et le sens du rythme et du suspense sont les points forts de ce Manoir en Cornouailles. On lira à coup sûr d'autres titres de cette romancière !


dimanche 21 juillet 2024

Un printemps à écrire (encore !)

 

    Bon, une fois encore, on n'est pas en avance. Il faut dire qu'on attend désespérément la fin de l'automne, qui a, ici (mais c'est certainement pareil chez vous), décidé de s'installer dans la durée. On peut difficilement attendre plus longtemps pour évoquer notre printemps, qui s'est écoulé à un rythme de fou, mais sous la pluie. Une bonne excuse pour se retrancher au fond du Terrier afin de poursuivre l'écriture du projet sur lequel on travaille d'arrache-pied depuis maintenant un an et demi...


Escapades :
 
 
    On vous partage en exclusivité les clichés pris pendant les trop rares journées printanières, avant qu'une faille temporelle n'engloutisse le tout dans une version bien triste de mois de novembre tardif (ou précoce, on ne saurait dire). Ajoutons à cela une fin d'année trop chargée professionnellement, et les possibilités d'évasion s'en sont trouvées considérablement réduites. Nous avons néanmoins retrouvé un peu d'enchantement dans le verger familial, chez Grand-Père et Grand-Mère Lapin. Preuve en trois photos que les images ont aussi une odeur :
 


    Pour le reste, on s'est offert de rapides excursions autour du Terrier entre deux salves d'écriture (jusqu'à s'en donner la migraine, justifiant la nécessité d'aller prendre l'air, au moins pour la forme). Mais le même tour peut parfois surprendre, comme lorsqu'on est tombé un jour sur de vieilles pierres tombales recyclées en ornements type rocaille pour les décorations florales de la commune. On doit avouer l'envie dévorante d'aller les voler pendant la nuit pour embellir notre futur jardin...


    Enfin, la dernière journée de soleil avant l'interminable déluge a été consacrée à de chouettes retrouvailles dijonnaises avec une amie de fac (en l’occurrence une époque pas si lointaine, puisqu'on avait repris des études universitaires en 2020). L'occasion d'aller déjeuner dans le meilleur restaurant de la ville, dont on a déjà parlé plusieurs fois ici : l'extraordinaire Speakeasy, avec ses tapisseries à motifs, ses fauteuils en velours et son atmosphère feutrée (sans parler de la carte et des cocktails, à tomber !). Un endroit dont on ne se lasse pas.


    Ah, et j'allais oublier : il y a eu une sortie théâtrale ! Les très bonnes pièces parisiennes ont en effet l'excellente idée de venir en tournée sur nos terres reculées de province. Lorsqu'il s'agit des whodunits policiers de Julien Lefèbvre, c'est toujours une bonne nouvelle (on vous en reparle un peu plus bas).




Cadeaux, achats et nouvelles acquisitions :

 
    La saison s'est ouverte sur un paquet envoyé par Pouchky/Ficelle (une tradition désormais veille d'au moins dix ans ; nous avons probablement inventé la box de livres et de goodies avant l'heure). Comme souvent, le contenu était très anglo-saxon, avec le livre de cuisine officiel de Peaky Blinders (ni elle ni moi ne regardons la série, mais les photos sont canons, disait-elle – voilà qui ne va pas apaiser notre addiction au foodporn), le premier tome de la célèbre saga Anne et la maison aux pignons verts, cette carte reproduisant la couv' d'une version originale de Peter Pan et ces torchons 100 % british. Le tout était complété d'un sac à livre home made, dont on peut estimer les motifs tout-à-fait de saison si on n'en juge par le temps qu'il faisait dehors.
 

    Du côté des achats, on s'est encore fait plaisir (on prétendrait bien que c'était pour survivre à la météo, mais on n'aurait guère d'excuse pour tout ce qu'on fait rentrer dans notre bibliothèque le reste de l'année). Pour ce qui est des cosy mysteries et des polars, les derniers opus parus d'Agatha Raisin et de Son espionne royale chez France Loisirs ont rejoint nos rayonnages en compagnie d'un tome qu'il nous manquait des Enquêtes de Roderick Alleyn (dont on accumule les titres alors qu'on n'a même pas commencé la série – on n'est plus à une extravagance près).
    Également acquis récemment : beaucoup d'essais sur les pouvoirs de la littérature et le rapport qu'on entretien avec ses livres et sa bibliothèque et, côté fictions, la version française de The lighthouse witches, ainsi qu'un roman de Lois Lowry qui nous faisait de l’œil depuis longtemps, mais surtout The boy in the smoke, préquel dans l'univers de Hantée de Maureen Johnson, une des meilleures séries young adult jamais écrite et qu'on avait relue cet hiver avec plaisir.

    Enfin, à l'occasion de la tournée du spectacle L'heure des assassins, troisième pièce dans la trilogie qui s'est amorcée en 2017 avec Le cercle de Whitechapel, on s'est empressé d'acquérir l'intégralité des textes (à défaut de pouvoir les voir et revoir en captation vidéo, ce que personne ne semble avoir eu la bonne idée de faire, snif) pour les faire dédicacer à la sortie du spectacle.

Popotes et casseroles :


    Le printemps aux fourneaux a commencé avec des recettes très automno-hivernales, parce qu'on avait tous besoin de se réchauffer. Pas de surprise, donc, d'avoir encore cuisiné des cucurbitacées en mai, avec la désormais traditionnelle tourte au potimarron (Délice des catacombes) et, une nouveauté, ce risotto potimarron et lait de coco, jamais testé jusque-là.

    Le soleil ayant daigné pointer le bout de son nez, on a enfin pu profiter des produits de saison et organiser quelques dîners entre amis. Enfin une bonne excuse pour préparer de gigantesques plats de tomates mozzarella, avec de vrais tomates du marché et du basilic frais, sans oublier notre inratable cake au citron sans œuf, un classique du Terrier, hyper facile, mais qui fait toujours son petit effet (comme on a l'habitude de le dire, tout est dans le moule).

 



Bricoles et fariboles :

 
    On en parlait un peu plus haut : l'échange de colis avec Pouchky/Ficelle, une tradition vieille d'au moins une décennie, a de nouveau été l'occasion de s'amuser à réunir un florilège de goodies et de cadeaux autour d'un thème central. Pour le paquet de ce printemps (qui a légèrement débordé sur l'été, d'ailleurs), on a célébré Jane Austen, une de ses autrices favorites. Lui ayant déjà offert la superbe Encyclopédie visuelle Jane Austen, on a du aller chercher l'inspiration ailleurs. Dans ce joli coffret fleuri (motif qui n'aurait pas dépareillé sur une couverture d'édition originale), on a ainsi rassemblé un tote bag on ne peut plus de circonstance, deux romans qui réinventent Jane Austen en apprentie détective, un jeu des sept familles Pride & Prejudice, un livre de cuisine Jane Austen, un mug artisanal à l'effigie de la romancière, du thé importé d'outre-Manche, mais surtout ces deux ouvrages très enthousiasmants : le livre Orgueil, préjugés & énigmes et le cahier de vacances pour adultes Orgueil et préjugés de la collection "A vos classiques". Ajoutez à cela un marque-page et un sticker à l'image de l'Encyclopédie visuelle, et toutes les box livresques officielles peuvent aller se rhabiller.


 
    Pour finir, petit détour par le travail. Comme vous l'avez certainement déjà vu si vous nous suivez depuis longtemps, on porte avec quelques collègues de nombreux projets artistiques et culturels en institution médico-sociale, à destination d'enfants et adolescents en situation de souffrance psychique. Après plusieurs projets d'écriture et la publication des ouvrages écrits par les enfants en collaboration avec de prestigieux auteurs, nous avons cette année travaillé à la création d'un jeu de société inspiré de la mythologie grecque, avec l'auteur et créateur de jeux Fabien Clavel. La réalisation des cartes s'est faite avec l'atelier Baz'Art. Depuis, le jeu est terminé et disponible, mais je vous en reparlerai dans un prochain récap' saisonnier ;-)
 
 

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    Voilà pour le bilan de ce printemps très humide à la vitesse de l'éclair ! L'été, quoi qu'encore récent, semble suivre le même chemin météorologique. On l'espère cependant plus reposant, histoire de pouvoir concrétiser dans la sérénité quelques projets dont on vous parlera certainement très bientôt. Rendez-vous dans quelques mois !