dimanche 25 janvier 2015

Les sorcières d'Astria #1, "Une funeste malédiction" - Marliese Arold

Der verhängnisvolle Fluch (Magic Grils #1), Ars Edition, 2008, 2011 - Editions Bayard Jeunesse (trad. de Sylvie Roussel), 2014.


  Accusé de pratiquer la Magie Noire, le sorcier Léon Bredov a été transformé en iguane, et sa famille a été déchue de ses biens. Une seule solution pour que les Bredov lavent leur honneur : ils doivent quitter leur monde, Astria, et partir incognito chez les humains pour étudier leurs moeurs et remettre à jour les connaissances des sorciers à leur sujet. C’est ainsi que toute la famille se retrouve chez les humains où tout les étonne. Cependant, la petite Éléna ne croit pas une seconde à la culpabilité de son père...  


***

   C'est tout à fait par hasard que je suis tombé sur cette nouveauté, premier tome d'une série allemande par une auteure apparemment renommée outre-Rhin. Si le ton de la trilogie des Charmettes m'avait rappelé le dessin-animé de mon enfance Les petites Sorcières, c'est ici la couverture illustrée par Lucie Durbiano qui m'a renvoyé à la même série, de par son style graphique pétillant très similaire. Mon attention ainsi retenue, le résumé finissait de me convaincre, rappelant fortement l'ambiance d'un Sabrina l'apprentie Sorcière ou Ma Sorcières Bien aimée, deux feuilletons qui ont captivé mes toutes jeunes années (... pas si lointaines *ahem*). Bref, parlons peu mais parlons bien, avec toute cette nostalgie réveillée, je ne me retenais pas longtemps avant de le mettre dans mon caddie!

 Des petites sorcières pour le visuel, à Ma sorcière bien aimée et Sabrina l'apprentie sorcière pour l'histoire,
autant de souvenirs qui me sont revenus en mémoire à la découverte de ce livre...

  L'histoire débute dans le monde d'Astria, royaume des sorciers qui ressemble fortement au nôtre, si ce n'est que la magie y est monnaie courante. Ce monde est d'ailleurs géré par un vrai gouvernement digne d'un État tout ce qu'il y a de plus moderne, aussi connait-il son lot de lois à ne pas enfreindre! D'ailleurs, Léon Bredov, accusé d'avoir pratiqué la Magie Noire, en a payé le prix : condamné à finir sa vie sous la forme d'un iguane, toute sa famille a en plus été déchue de ses privilèges. Voilà donc Yolanda, sa femme, et leurs enfants, Daphné, Eléna et Rufus, condamnés à vivre dans le quartier réservé aux parias et cantonné à la magie bas-de-gamme. Mais c'est sans compter l’excentrique Mona, matriarche haute en couleurs de la famille. Cette dernière propose à sa famille de partir en MAGEXIL, nom donné aux voyages prolongés des sorciers dans le monde des humains. Le but est purement scientifique : le magicien qui part en MAGEXIL doit en fait se fondre dans la masse pour récolter, consigner et ainsi agrandir les connaissances sur les mortels et leur mode de vie. Une vraie enquête sociologique de terrain, dont les résultats permettrait à la famille Bredov de retrouver leur honneur! Ni une ni deux, voilà toute la maisonnée qui s'installe dans notre monde... mais non sans difficulté et autres situations cocasses...

"La nouvelle maison des Bredov était impressionnante. Elle s'ornait de bow-windows, de tourelles, de balcons brodés de balustrades en pierre. Un coq en cuivre rouge était perché sur le toit et la cheminée était surmontée d'une girouette en forme de sorcière" (chap.5).

Mona et son chapeau?
  Verdict? Mes attentes furent pleinement satisfaites, car Les Sorcières d'Astria s'inscrivait tout à fait dans la lignée des références télévisuelles précédemment citées, mêlant magie et humour. En effet, tout comme dans Sabrina ou Ma Sorcière bien aimée, le monde des sorciers est cet "Autre Royaume" qui co-existe au nôtre, où la famille Bredov est contrainte de se rendre et de vivre sans la facilité de la magie. Le choc des cultures amène à des quiproquos pleins de drôlerie et des passages cocasses en diable, dus aux méconnaissances et incompréhensions de nos héroïnes (L'exemple le plus drôle étant celui de Mona se confectionnant un chapeau décoré d'un homard pour se fondre dans la masse, parce qu'elle a lu quelque part que "les humains aimaient le homard". Un accessoire de mode qui aura au moins de quoi retenir l'attention...).

  La magie est pensée avec humour et originalité, pleine d’amalgames facétieux et d'anachronismes. Là encore, on pense à Sabrina l'apprentie Sorcière avec son mélange de sorcellerie et de modernisme et son lot d'éléments détournés (dans la série, le grimoire de magie tenait plus du catalogue de commandes par correspondance et le grille-pain distribuait le courrier ; à Astria, les cheminées sont les services bas-de-gamme de livraison de colis, et on passe d'un monde à l'autre en prenant un escalator!).

 Couverture de l'édition originale allemande.

  Côté personnages, on s'attache à la jeune et discrète héroïne, Elena, qui fait tout pour se conformer à l'univers des mortels. Ses incertitudes et sa timidité face aux situations nouvelles permettront l'identification des jeunes lectrices, aussi grâce aux sentiments communs et éternels questionnements de la pré-adolescence et de toute vie collégienne. Pou les autres protagonistes, mention spéciale à Mona, sa grand-mère : cette rousse piquante et exubérante au style excentrique fait immédiatement penser à Endora de Ma sorcière bien aimée (oui, encore!), avec ses manières théâtrales et un humour que j'ai bien envie de qualifier de "sardonique" (sans omettre une aversion extrême pour son gendre!) ; le genre de personnage horripilant mais qu'on adore.
Mona : une nouvelle version d'Endora 
(ici jouée par Agnes Moorehead dans Ma sorcière bien aimée)

  Enfin, détail qui a son importance, le livre est enrichi d'une dimension graphique originale. Chaque chapitre est ourlé d'enluminures et entrecoupé d'encarts de journaux, d'impressions à l'ancienne, gravures, extraits de grimoires ou de quotidiens journalistiques du monde d'Astria. Ce petit plus esthétique apporte une touche sympathique et offre une immersion dans l'univers gentillement barré de ces sorcières...

 Quelques exemples des sympathiques enluminures et encarts illustrés intérieurs.

  En bref : Un petit roman fantastique rafraîchissant, sans prétention mais plein d'entrain. Dans la pure lignée de Ma Sorcière Bien aimée et de Sabrina l'apprentie sorcière, Les Sorcière d'Astria réactualise avec humour le thème de la sorcellerie avec des situations drolatiques à souhait, à grand renfort de trouvailles originales et d'un univers richement imaginé.

Pour aller plus loin:


  -Poursuivez la série: Tome 2, et les suivants à venir...


-Si vous avez aimé ce livre, vous aimerez peut-être...

 -dans le même genre : La série Sabrina l'apprentie sorcière, ainsi que les novélisations qui en ont été tirées (publiée chez pocket jeunesse).

 -pour d'autres histoires de jeunes sorcières dynamiques et modernes: La trilogie des Charmettes, d'E.Boisset.

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