mardi 31 juillet 2012

Jane Eyre - Charlotte Brontë

Smith, Elder & Co, 1846 - multiples éditions et rééditions françaises depuis 1854.

Orpheline, Jane Eyre est recueillie à contrecœur par une tante qui la traite durement et dont les enfants rudoient leur cousine. Placée dans un orphelinat à l'âge de dix ans, elle y reste pendant huit ans malgré les conditions de vie nerveusement et physiquement difficiles. Véritable autodidacte, Jane dissimule derrière son physique disgracieux une vraie volonté de fer qui l'aide à braver tous les obstacles du quotidien : devenue institutrice, elle se lance à la conquête du monde, bien décidée à faire sa vie. Suite à une annonce passée dans la presse, Jane parvient à se faire embaucher comme préceptrice d'une riche famille anglaise résidant au manoir de Thornfield, perdu dans la campagne. Le maître des lieux, Edward Rochester, est un homme laid au caractère difficile mais dont le masque froid semble dissimuler une personnalité riche, un homme intelligent et passionné. Alors que Jane apprend chaque jour à le connaître un peu plus, un profond attachement se noue entre eux... mais dès que la nuit tombe sur Thornfield, le passé resurgit et d'étranges événements surviennent ; Rochester aurait-il quelque sombre secret à cacher?

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Pour le plaisir des jolies couvertures: quelques très belles éditions VO...

  Aahh, Jane Eyre... est-il nécessaire de présenter ce roman, classique parmi les classiques, connu et reconnu de tous? Pour ma part, mon histoire personnelle avec ce chef-d’œuvre remonte à mon enfance : je devais avoir environ sept ou huit ans et j'étais gardé par mes grand-parents lorsque je décidai d'allumer leur télévision... je tombai alors, tout à fait par hasard, sur une adaptation de Jane Eyre, celle de 1996 avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle titre. Le film venait tout juste de débuter et déjà les paysages superbes de landes anglaises, de brumes épaisses et de bruyères humides m'avaient totalement captivé. A cette époque où je préférais la magie de la fiction à la morne réalité du quotidien, j'avais été ensorcelé par l'intrigue : réaliste de bout en bout mais relevée ça et là d'éléments empreints d'une atmosphère presque fantastique et effrayante. Le quotidien, la morne réalité, pouvait donc ainsi se parer de cette aura de mystère toute romanesque? Ma passion pour les brumes victoriennes et le gothique venait de naître avec Jane Eyre...

Bande-annonce du Jane Eyre de F. Zeffirelli (1996), avec C. Gainsbourg et W. Hurt. 


  J'ignorais cependant que Jane Eyre était adapté d'un livre jusqu'à ce que, quelques années plus tard, au tournant de la dizaine, je découvris de nouveau par hasard une autre version. Il s'agissait cette fois d'une production télévisée datant de 1997, avec Ciaran Hinds (que j'ai retrouvé avec plaisir dans La dame en noir) dans le rôle de Rochester. Bien que de petite facture, j'ai également beaucoup apprécié cette adaptation, dont le générique final m'apprenait l'existence du roman original de Charlotte Brontë. Avec le temps, les recherches, les rediffusions ou même les cours d'anglais qui traitaient de littérature britannique, j'apprenais à découvrir un peu plus cette œuvre, son auteur, et ses nombreuses adaptations.

Bande-annonce du Jane Eyre de Robert Young (1997), avec C. Hinds.

  ...Mais je n'avais toujours pas lu le roman en question! Il était plus que temps, à l'approche de l'adaptation à venir avec Mia Wasikoswka, de remettre le nez dans les bons vieux classiques. Bien évidemment, j'ai été influencé par les nombreux souvenirs personnels qui me rattachent à l'histoire imaginée par Charlotte Brontë, mais qu'importe : ce livre est un coup de cœur et mérite une théière d'or, forcément! Il m'est certes difficile, en pareil cas, d'être objectif : peut-être l'écriture a-t-elle vieilli et peut-être certains la trouveront-ils désuète mais un classique est un classique et pour ma part, j'ai adoré la plume de l'auteure, les descriptions fournies et travaillées, et l'alternance entre le quotidien d'une jeune fille de classe moyenne du XIXème (et de tout le contexte social que cela induit) et les éléments inspiré de gothique à la Byron qui viennent relever l'intrigue. L'histoire d'amour entre les deux personnages principaux se voit donc pimenter de toute une atmosphère qui empêche le roman de tomber dans le sentimentaliste et donne une tonalité vraiment particulière à cette œuvre unique.



En bref : Un roman phare des lettres anglaises, à mi chemin entre l'intrigue romantique et l'inspiration gothique. Un classique incontesté qui a pris et gardé une place de choix parmi les grands modèles et les grandes références littéraires, à juste titre.
 


Et pour aller plus loin...




Trailer du nouveau Jane Eyre, sorti (ENFIN!) en France le 25 Juillet dernier.

PS: J'ai illustré cet article avec la couverture de l'édition du Livre de poche jeunesse parce que je craque sur cette superbe couverture, mais ne faîtes pas la même erreur que moi en l'achetant : après acquisition, j'ai découvert qu'il s'agissait d'une version abrégée! O_o refusant de lire cette édition sous peine de bruler en Enfer, j'en ai de suite acheté une autre, contenant le texte intégral. Je vous recommande celle des éditions pocket, à tout petit prix! ;-)

5 commentaires:

  1. Theiere d'Or sans aucun doute! J'ai failli faire la même erreur que toi, et acheter la version abrégée des Hauts de Hurlevent, dans la même édition, avec également une couverture superbe.
    Il y a quelques années, j'ai eu une discussion avec Fofo sur les adaptations de Jane Eyre, elle trouvait que les actrices étaient toujours...jolies, alors que Jane n'est pas même mignonne. Personnellement, n'aimant pas le physique de Charlotte Gainsbourg, j'étais pleinement satisfaite. Cette nouvelle version avec Mia W donne raison à Fofo : personne ne veut prendre le risque de faire un film romantique avec une actrice ouvertement laide.

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    1. Je trouve en effet que Charlotte Gainsbourg, sans être laide, a un physique assez particulier qui correspond plus à l'image qu'on peut se faire d'une Jane Eyre. Mais j'avoue lui préférer l'actrice qui jouait le rôle principal dans le téléfilm de 1997: son visage rond et ses traits assez grossiers collent parfaitement à ma vision de l'héroïne!
      Concernant Mia W, elle est jolie mais son visage reste particulier quand même... tant que ce n'est pas une Scarlett Johansson ou un Angelina Jolie qui interprète Jane, l'honneur est sauf! =D

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  3. Cette actrice, Samantha Morton, incarnait avec candeur le rôle de Harriet Smith dans le Emma de 1995 (avec Kate Beckinsale et Mark Strong).

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    1. "avec candeur", ça correspond tout à fait à son physique, je trouve! On retrouve de ça dans son interprétation de Jane mais du coup, je me demande si elle a déjà joué des personnages à l'opposé de ceux-ci...il faudrait voir sa filmographie =)

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