mercredi 11 octobre 2017

Sabrina the Teenage Witch (The complete collection, vol. 1) - Archie comics (collectif)

Archie comics, 1962 à 1972 - complete collection, vol.1, 2017.

  Découvrez le tout premier sort de Sabrina l'apprentie sorcière!
  Grâce à cette édition intégrale publiée pour la toute première fois, les lecteur pourront retourner aux origines de Sabrina. Cet ouvrage en noir et blanc reprend tous les épisodes de bande-dessinée dans lesquels s'invite la jeune magicienne, de 1962 à 1972. Racontée à ses débuts par George Gladir et mise en image par l'artiste Dan DeCarlo, on découvrira Sabrina en guest dans les aventures d'Archie, Betty et Veronica ou Jughead, avant qu'elle ne possède sa propre série où l'on croisera alors les autres personnages d'Archie comics en cameo. 

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  Pour le rendez-vous bande-dessinée du challenge Halloween 2017, je vous propose de faire connaissance avec Sabrina l'apprentie sorcière. Aucun doute que vous connaissez la célèbre sitcom de la fin des années 90 avec dans le rôle titre Melissa Joan Hart, mais saviez vous que la série était adaptée d'une bande-dessinée, célèbre comics américain né dans les années 60? J'en avais parlé dans l'article consacré à la BD pour adolescents Archic Cocmics, à l'origine de dessin-animé Archie Mystère et Cie et de la série télévisée Riverdale. A l'époque, Sabrina n'était qu'un personnage secondaire apparu dès 1962 en guest dans les histoires mettant en scène la bande d'Archie Andrews, avant d'avoir peu à peu droit à ses propres épisodes et enfin, à ses comic books attitrés. Encore inédite en France, cette bande-dessinée vient d'être publiée aux Etats-Unis sous forme d'un premier ouvrage intégral, couvrant toutes les apparitions de Sabrina dans les publications d'Archie Comics de 1962 à 1972. L'occasion rêvée de découvrir les origines du personnage!

 La toute première apparition de Sabrina : 
une jeune ado glamour au style qui n'est pas sans évoquer une Marylin Monroe.

  De la série télévisée des années 90, on se souvient de Sabrina, 16 ans, fille d'un sorcier et d'une mortelle, qui découvre ses pouvoirs alors qu'elle se croit une adolescente ordinaire. Elle réside auprès de ses tantes, Hilda et Zelda, qui se font elle aussi passer pour de simples mortelles, mais vont initier leur nièce à la sorcellerie, tandis que la jeune fille va tâcher de mener une vie de lycéenne normale en parallèle. Du moins autant que possible, car entre Salem, son chat doué de parole, ses amours contrariées pour son camarade de lycée Harvey, et la penderie du premier étage qui sert de passage vers l'Autre Royaume, elle ne sera pas au bout de ses surprises...


Miss Della.
  La bande-dessinée nous plonge loin avant les années 90 : avec Sabrina, Archie Comics créait le premier personnage comique de sorcière intégrée à la vie ordinaire américaine, deux ans avant Ma sorcière bien aimée. Ce comics au départ écrit par George Gladir et illustré par Dan DeCarlo nous entraine dans l'univers graphique des années 60 : les jeunes filles ont la chevelure gonflée à la laque et de grands yeux de biche, et même les lycéens sont cirés à la gomina. Les soirées entre ados se font en costard-nœuds pap' et en petites robes bouffantes à pois autour de litres de jus de fruit, et l'on s'occupe en dansant autour du transistor ou en allant au Dinner du coin (banquettes en sky écarlates et tables en formica, vous visualisez?). Sabrina est jeune sorcière qui a déjà connaissance de ses pouvoirs et qui tente de concilier sa vie d'adolescente avec sa vie d'apprentie sorcière. Ceci dit, elle semble moins peinée de cette double vie que dans la série télévisée, même, son personnage de papier s'avère beaucoup plus malicieux que dans l'adaptation! Loin d'être une méchante sorcière, elle applique cependant les règles que lui enseignent ses tantes ou la grande maîtresse des sorcières (une certaine Miss Della, sorte de vamp au brushing impeccable habillée comme seuls savent en dessiner les illustrateur de l'époque) : utiliser le plus souvent la magie pour jouer des tours aux mortels. Aussi la jeune fille n'hésite-t-elle pas à redoubler ses efforts quand il s'agit de jeter un charme amoureux sur les beaux garçons qu'elle fréquentent, quand, malheureusement pour elle, il ne lui est pas interdit d'en séduire certains sous peine de les voir changer en crapaud.


  La majorité des épisodes voit Sabrina chercher à utiliser ses pouvoirs pour égayer l'ambiance d'une soirée ou rendre service à certains amis (et alors, on ne sait plus si son identité de sorcière est réellement secrète ou non, car elle utilise la magie sans discrétion), mais souvent de façon assez maladroite car, loin d'être une sorcière confirmée, la jeune fille entraîne à sa suite des catastrophes à la chaine. Ses tantes interviennent régulièrement pour semer encore un peu plus la zizanie - on les découvrent alors bien différentes de l'image qu'on avait d'elle à la télévision : indissociables l'une de l'autre, elles portent la panoplie folklorique de la sorcière et sont toutes les deux laides à faire peur - tandis que le cousin Ambrose (sorte de Leprechaun plein de bonhomie ) essaye toujours d'arranger les choses. On retrouve bien évidemment le chat Salem ( davantage un chaton, d’ailleurs, qui ne parle pas encore dans les premières moutures de la BD, et qui passe du noir au roux selon les épisodes - ce que vous ne verrez pas cependant, puisque cette édition est en noir et blanc), tandis qu'Harvey, LE petit-ami en titre, n'arrive que dans les publications des années 70 après une longue liste de nombreux prétendants.


  La charte graphique initiée par Dan DeCarlo est suivie par la majorité des illustrateurs qui assurent sa continuité au cours de ces dix ans de publication, et l'on reconnait sans peine les personnages qui évoluent assez peu physiquement. Seuls deux illustrateurs ayant apporté une contribution ponctuelle à la mise en images de Sabrina diffèrent dans leur style, de par leur coup de crayon plus anguleux et caricatural, et on ne regrette pas de ne plus les revoir ensuite. Le reste a la grâce rétro des publicités vintage des années 60, avec des courbes toutes en élégance et des bouilles pétillantes.


En bref : Quel enthousiasme de redécouvrir ce personnage à son origine en bande-dessinée! L'époque des années 60 nous entraîne dans un univers graphique loin des années 90 de la série télévisée que l'on connait, mais on s'amuse de voir quels éléments ont évolué depuis leur création dans la mythologie de Sabrina the teenage witch. L'ensemble est un comics humoristique au charme rétro très rafraichissant.

8 commentaires:

  1. Je suis très, très, très tentée !! pour tout te dire, il est déjà dans mon panier Amazo... mais attend sans doute Noël :-) pour l'an prochain, alors... enfin, on ne sait jamais ; un clic est si vite arrivé... ;-D

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    1. Moi aussi, j'essaye parfois d'être raisonnable. J'essaye, donc c'est suffisamment honorable pour craquer (cliquer, en l'occurrence ;) ) ensuite.
      J'ai été très content de pouvoir enfin découvrir cette bd, dont je déplorais l'absence d'une édition française puis au moins d'un intégral intéressant à l'achat (quand j'ai pris conscience que je me débrouillais largement en anglais pour me contenter d'une VO). J'ai hâte de voir les prochain volumes pour assister à l'évolution de Sabrina, même si je pense que le rétro des années 60 va me manquer un peu! :)

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    2. Ou garde toi le pour le challenge de noël ! Il y a un enoooorme épisode special noël en fin de volume ;)

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  2. je suis fan de sabrina la serie...alors pourquoi pas ? en plus tu en parles et toute une epoque les annees 60 !...;)

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    1. Si tu te débrouilles en anglais, je te recommande vraiment cette bd! Fan de la série également, j'étais ravi de retrouver mes personnages favoris à leur genèse ! Oui, et le coté kitsh des années soixante apporte quelque chose en plus ;)

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    2. oh bin je note vraiment...car je dois lire plus d'anglais....lol

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  3. Ficelle for ever13 octobre 2017 à 04:54

    J'aimais beaucoup les Archie comics et leur ambiance "Peggy Sue s'est mariée".

    Dans la première vignette de la planche montrée, miss Della est "miss Hex appeal 1962" excellent!

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    1. J'aime cet univers visuel aux couleurs pop saturées et aux cheveux gonflés à la laque, dans des décors de formica!

      Oui, la Bd regorge de petits détails et jeux de mots de ce genre, qui joue sur la limite magie/normalité ou détourne les codes et expressions de notre univers!

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