mercredi 25 octobre 2017

The chilling adventures of Sabrina, book 1 - R.Aguirre-Sacasa (textes) & R.Hack (illustrations).

Archie Comics, 2016 - Contient les épisodes 1 à 5.

Sabrina l'apprentie sorcière comme vous ne l'avez jamais vue avant!

Le dernier comic book, chef d’œuvre de l'horreur, de deux créateurs au sommet de leur art :

  A la veille de son seizième anniversaire, la jeune sorcière Sabrina Spellman doit faire un choix entre son destin maléfique et son petit-ami mortel, Harvey. Mais Madame Satan, une créature maudite issue du passé de la famille Spellman, a d'autres projets pour la jeune fille alors qu'elle arrive à Greendale. Sabrina pourra-t-elle relever ce défi, ou est-ce que sa carrière de sorcière et sa vie de lycéenne vont prendre toutes les deux fin subitement?

  L'auteur Roberto Aguire-Sacasa, plusieurs fois primé, et l'artiste Robert Hack, retourne aux origines de l'occulte pour redonner une toute nouvelle existence au personnage de Sabrina.

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  Comme je vous l'avais dit dans cet article, les différentes publications et séries des éditions Archie Comics ont eu droit à leur reboot et réadaptations successives dans plusieurs genres, notamment celui du fantastique ou de l'horreur. Aussi, après les comics Afterlife with Archie et Jughead the hunger (où les héros de la team Archie Andrews sont confronté à des forces occultes venues d'ailleurs), Sabrina l'apprentie sorcière, héroïne du comics humoristique de 1962 Sabrina the teenage witch (présenté ICI il y a deux semaines) n'a pas été oubliée. Le concept? Revenir aux origines du personnage de Sabrina et offrir un reboot où l'humour cède la place à l'épouvante pour aboutir à un comics horrifique.


  L'idée à de quoi rebuter quand on est fan de l'univers fantaisiste et détourné de Sabrina, mais tout dépend de l'effort (et du talent) qui est mis à l'ouvrage. Et dans le cas présent, les deux créateurs ont su mettre les bouchées doubles pour offrir aux lecteurs un petit chef-d’œuvre de bande-dessinée! Recontextualisant leur histoire dans les années 60 pour s'amuser des références au cinéma d'horreur de cette époque, ils rendent là un hommage particulier aux films dits "de genre" des décennies 1960 et 1970. Dans cette optique, les couvertures successives sont de brillants clins d’œil aux affiches de films d'horreur célèbres (que reconnaîtront immanquablement les cinéphiles) et donnent le ton : cette Sabrina est définitivement plus proche de Rosemary's baby et de l'Exorciste que de Ma sorcière Bien aimée!

 Comme un petit air de ressemblance...

  Le scénario est tout bonnement excellent : l'univers de la sorcellerie qu'on nous sert ici est celui de la magie noire ancestrale, dans la digne lignée des légendes de Salem. L'iconographie est celle de l'occultisme traditionnel, à base de sabbats présidés par un diable à tête de bouc, de rituels détournant les cultes religieux, de pentacles et de sacrifices. Dans cet univers horrifique très classique mais très bien employé, on retrouve toute la galerie de personnages du comics d'origine, que l'auteur croise avec les meilleurs éléments de la série télé, passée par-là entre temps. 


  Ainsi, le nom de famille de Sabrina redevient Spellman, elle est de nouveau née d'un sorcier et d'une femme ordinaire, et on évoque la ville de Westbridge (où la série prenait place). Ayant fauté de par son union avec une mortelle, Edward Spellman est maudit, sa femme rendue folle et envoyée en asile, et sa fille Sabrina confiée à ses deux tantes Hilda et Zelda. Les deux sorcières élèvent la jeune fille dans la maison funéraire de Greendale où elles ont élu domicile en attendant ses 16 ans, date du baptême qui marquera son entrée dans la confrérie des sorcières concubines de Belzébuth. Mais Sabrina aspire de plus en plus à une vie ordinaire, surtout depuis sa rencontre avec son camarade de collège Harvey, dont elle est tombée amoureuse. C'est sans compter la destinée de sorcière qui lui est réservée, et le retour des enfers de Madame Satan, créature femelle qui a un vieux compte à régler avec les Spellman. 
  Outre, donc, les personnages clefs de l'univers de Sabrina (Salem y compris!) on croise dans ce reboot Betty Cooper et Veronica Lodge (!), toutes les deux échappées de Riverdale pour s'essayer à quelques sortilèges, et le personnage de Madame Satan, en fait issue d'une ancienne BD des tous débuts d'Archie Comics. On constate une psychologie des personnage très travaillée, beaucoup plus que pour un comics habituel, ce qui ne gâche rien!

Madame Satan, l'originale de 1941, et son retour en cross over dans Sabrina.

  Enfin, il faut applaudir le visuel, là aussi véritable hommage au cinéma d'horreur rétro. Dans la continuité des affiches en clin d’œil, les planches de Robert Hack, qui recourt à une technique très traditionnelle (dessins à la main colorés à l'encre - merci, enfin un dessinateur qui ne fait pas tout par informatique!), évoquent une mise en scène très cinématographique, très travaillée. Les décors et les tenues renvoient immédiatement aux années 60, avec en prime des maisons qui semblent sortir tout droit du Psychose d'Hitchcock! L'artiste apporte également un soin tout particulier à la mise en couleurs: en utilisant les différentes teintes d'orange, rouge et jaune, dont il exploite toutes les gammes, R.Hack accentue l'atmosphère rétro du comics et son ambiance pesante.


En bref : Hommage aux vieux films d'épouvante totalement abouti, cette relecture de Sabrina the teenage witch à la sauce horrifique est une réussite scénaristique et visuelle inattendue! L'histoire et l'esthétique évoquent tour à tour Rosemary's baby, Carrie au bal du diable ou l'Exorciste, tout en suivant une intrigue originale addictive. A réserver cependant au lecteur averti.

 

5 commentaires:

  1. J’avoue que ma connaissance de Sabrina se limite à la gentille série tv... et je crois que je vais en rester là ;-) même s'il est vrai que plusieurs des planches que tu dévoiles sont superbes!Et ce parallèle avec le cinéma est très intéressant!

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    1. Très honnêtement, j'étais très réfractaire au départ... Et puis j'ai été conquis! Et C'est parsemé de références culturelles, musicales, cinématographiques... Le final est très bien conçu, avec des citations des Sorcières de McBeth qui accompagnent parfaitement la conclusion (en cliffhanger, forcément ) de ce premier volume.

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  2. et bin cela peut etre sympa de voir ce monde feerique et tout mimi dans le monde S. King...une bien bonne idee a vrai dire....;)

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    1. Oui, un pari osé mais réussi ! D'ailleurs, une série télé est déjà en projet!

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  3. je n'imaginais pas que ça prenait cette tournure!!

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