dimanche 16 décembre 2018

A Fall somewhere in Time...



  Vite, vite : les fêtes de Noël approchent à grands pas ! Il est plus que temps de faire notre article récap' de cet Automne, une saison encore une fois perdue dans le cours du temps, au croisement des ambiances. C'est que l'Automne, tout particulièrement, est riche d'une atmosphère quasi-mystique qui en fait malgré ses premiers froids ma saison préférée... Au-delà d'Halloween ou peut-être à cause de ça, cette période de l'année semble enveloppée jusqu'à son terme d'une brume de mystère dont je ne me lasse pas...

  Prêts pour un petit voyage en ma compagnie? C'est parti!

Somewhere in... Somewhere...?


  Commençons par une petite ballade dans un village que j'affectionne particulièrement, qui semble sorti tout droit d'un livre de conte ou d'un vieux roman gothique... Je vous avais déjà présenté un petit bourg coupé du monde et du temps dans mon récap' de l'automne 2016, en voici un autre qui l'égale sur bien des points...




   C'est tout d'abord un ancien pavillon de chasse agrandi sous l'ère napoléonienne qui nous accueille à l'entrée de ce séculaire village construit dans une étroite vallée. Avec ses tourelles effilées et ses larges fenêtres en ogive, on croirait faire face à quelque château de Bavière ayant inspiré les illustrateurs de contes de fées. L'endroit est idéal pour une histoire d'Andersen ou des frères Grimm, et l'on cherche à apercevoir une marâtre ou une bonne fée à travers les voilages...



    La poursuite de la promenade confirme nos suppositions : descendant encore un peu plus dans la vallée, une vaste demeure noble en ruines est entourée d'un moulin et d'un lavoir où l'on verrait aisément une Cendrillon, une gardeuse d'oie, ou la fille du meunier venir laver les draps de la maisonnée... Un pont massif nous tend cependant la main vers d'autres contrées :


  En effet, à peine la tête levée que voilà une villa de pierres écarlates aux pignons hauts et droits que n'auraient pas reniée les Tudors! Serions-nous en Angleterre? On jette un œil à travers la grille : une partie de Cluedo grandeur nature serait fort bien indiquée en cet endroit, et Agatha Christie aurait sans doute choisi ce décor pour un savoureux whodunit... On s'attend presque à voir Tommy et Tuppence Beresford franchir la porte.




  Quelques mètres plus loin, des monstres nous guettent, et cette fontaine nous évoque l'univers d'un autre auteur célèbre de polars à l'ancienne : Conan Doyle. Serions-nous arrivé près de Baskerville Hall, et cette hideuse créature serait-elle la représentation du célèbre chien échappé des Enfers? A moins que nous ne soyons en Gévaudan et que la Bête nous guette...


   Le ciel s'assombrit, l'ambiance se charge de mystère. Voilà qu'apparait au loin un palais comme sorti d'un livre d'Histoire et du temps des Lumières. Aux pieds du château, un cabanon d'inspiration suisse invite à la relaxation au bord de l'étang... L'endroit serait-il hanté par l'esprit de marquises et de philosophes comme on les affectionne au Terrier?


  Impossible d'approcher pour le savoir : à l'entrée du parc princier, ce pavillon fait office de poste de garde. Il ne reste plus qu'à rebrousser chemin, et, sinon percer le mystère de ces lieux si étranges, continuer d'imaginer ce qui se joue derrière les porte closes et les fenêtre obscurcies...


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Somewhere in the fog...

  Mais il n'est nul besoin d'aller loin pour se régaler d'un climat étrange. A deux pas du Terrier, un arboretum s'habille de brume et devient le parfait décor pour une chasse aux sorcières ou une histoire de fantômes...



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Somewhere in the kitchen:

Retrouvé sur le grenier : le batteur à main pour les blancs en neige de grand-mamie!
... Quand on pense qu'avec un engin pareil, de l'huile de coude, et un four à bois sans thermostat, elle savait faire des meringues comme personne...

  Brrh... Après ces ballades fantasmagoriques, retour au Terrier. Là aussi, en cuisine, c'est notre saison préférée : celle des courges et cucurbitacées.


  Revisitons les lasagnes avec cette version végétarienne au potimarron, jeunes pousses et parmesan (une version de lasagnes d'Automne à adopter après celles à la butternut et mozzarella cuisinées il y a deux ans) et retournons à ce qui est devenu un classique en cette saison au Terrier : le poulet vindaloo aux lentilles corail et potiron.


  Après un premier essai pour le repas du dimanche il y a trois ans, j'ai tenté une nouvelle fois le gratin de potimarron et fenouil en modifiant quelques éléments. Il reste une merveilleuse façon de renouveler ces deux ingrédients quand on ne sait plus quoi en faire et qu'on souhaite innover, et il en résulte un plat particulièrement rafraîchissant contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre d'un gratin...


  Puisque que nous parlions des repas du dimanche, en voilà un spécial Automne et saveurs sucrées/salées : sauté de dinde au sirop d'érable et kugel de patates douces, carottes et panais ( recette juive également testée et approuvée il y a deux ans), le tout suivi d'un carrot cake, que dis-je : THE carrot cake, inspiré de la recette de la styliste culinaire vintage anglaise Angele Adorée (dont il faut décidément que je présente le livre un jour, une vraie référence en manière de brunch et tea time).



  Côté nouveautés, j'ai pu cuisiner ma première courge buttercup ( je dis bien butterCUP, et pas butterNUT) : ce cousin du potiron de la famille des courges musquées est reconnaissable à sa peau verte et sa chair orange vif, très parfumée. Il avait servi dans ma décoration hantée d'Halloween, le voilà recyclé en gratin au cheddar. Verdict? un régal! Maintenant, il faudra en trouver l'année prochaine, quitte à tanner grand-père Lapin pour en semer dans son jardin. Vint ensuite un crumble salé sans gluten et sans lactose ( je recevais à la maison un auteur allergique, heureusement, le Terrier n'est jamais en reste côté cuisine alternative) avec poulet, courgettes, tomates confites, pesto et croûte biscuitée à base maïs. Et pour finir, la recette vite faite bien faite mais néanmoins très appréciée lorsque les premiers froids se présentent : le feuilletée (ici méga feuilleté) jambon fromage.

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Somewhere in my dressing, cupboards and closets...


  Pour ce qui est des achats, cadeaux et acquisition, débutons avec une merveille : cette veste (cliquer sur l'image pour la voir en grand) retrouvée sur le grenier, probablement centenaire et conçue sur mesure par un tailleur pour un arrière grand-père (on un arrière grand-oncle? Enfin, certainement un arrière-quelque chose...). Une merveille de coupe et de couture, un col gansé, l'ensemble parfaitement ajusté... même pas usée ni mitée, et elle est à ma taille! Autant vous dire qu'après un tour au pressing elle a rejoint ma penderie!


  Le rendez-vous cinématographique Potterien étant devenu une habitude (voir un rituel) avec ma cousine (alias the british countess), la sortie du nouveau volet des Animaux fantastiques était l'occasion de se retrouver autour d'un festival bien à nous, entre culture poudlardienne et anglophile. Je suis revenu avec ces deux mugs anglais à l'image de la reine Elizabeth II, d'époque (l'un datant du couronnement et l'autre du jubilé de 77), et quelques bricoles mises de côté depuis Noël dernier et un voyage en Irlande : un carnet à aquarelle, un journal Poudlard et un anthologie précieusement illustrée d'Oscar Wilde!


  Sorti de ce séjour et inspiré par cette univers de papeterie, j'ai investi dans l'agenda 2019 carte du maraudeur (il viendra remplacer celui 2018 d'Alice in wonderland - vive Moleskine!), des carnets très automnaux (lapin et renard, motifs de feuilles et couleur de rouille) et, comme Noël approche, les étiquettes pour paquets cadeaux ainsi que des cartes de vœux à l'effigie des maison de Poudlard.


  Côté lectures, j'ai reçu le très attendu et dernier (oui, je crois que la série ne sera malheureusement pas poursuivie...) tome des Wells & Wong, suivi de près dans la veine du polar vintage par le tome 1 des Soeurs Mitford, dont on entend beaucoup parler sur les blogs, offert par une amie. Une sortie avec les enfants à une vente de Lire c'est partir a été l'occasion de m'offrir quelques albums pour les fêtes et trois petits romans que je parviendrai bien à caser dans l'année. La sortie de La meilleure des vies de J.K.Rowling en poche (mais néanmoins en très jolie édition cartonnée) le rendait enfin abordable et justifiait plus que jamais l'achat (mais on me l'a offert avant que je n'aille moi-même le chercher, j'aime les gens qui me connaissent si bien!). Je me suis aussi procuré deux romans qui me faisaient de l’œil depuis plus ou moins longtemps : Adèle aux noces de la Reine Margot (Histoire de France et voyage dans le temps, on se demande pourquoi ça m'intéresse, hum...) et Le fabricant de poupée de Cracovie : couverture magnifique et histoire prometteuse mais certainement très triste, prévu pour le challenge Christmas Time. Enfin, je me suis offert la réédition illustrée en couleur et adaptée à la petite enfance d'un de mes romans jeunesse préférée : le premier tome de Madame Pamplemousse, dans une version que je pourrai donc faire découvrir aux petits monstres.


  Je parlais un peu plus haut de ces personnes qui me connaissent si bien me gâtent toujours trop, c'est toujours le cas de Pouchky/Ficelle For Ever, qui m'a offert ce joyeux mélange de thés, sucreries (et pas n'importe lesquelles : des dragées surprises de Bertie Crochu!), et de lapins...


  Et puisque nous parlons de lapin, voici un nouvel ami qui a rejoint mes étagères...

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  Voilà donc pour cet Automne égaré dans le Temps. Les couleurs chatoyantes du dehors ont laissé la place au bleu givré des premières gelées et l'odeur de la neige se fait tout doucement sentir. Aucun doute, Noël arrive! On se retrouve donc très TRÈS vite pour l'article saisonnier qui annoncera la couleur de ces fêtes de fin d'année 2018 au Terrier. Un indice? Nous recevrons une invitée de marque qui arrivera par la voie des airs, portée par le vent d'Est... 

mardi 11 décembre 2018

Trump Fiction - Jean-Luc Hees

Editions Baker Street, 2018.

  Deux ans après l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche, on pensait tout connaître du 45e président des États-Unis. Erreur ! Il fallait encore analyser l’impact de ses déclarations et de ses « pensées » sur l’humeur du monde. De tweet en tweet, de discours en aboiements, il ne laisse personne indifférent et il n’a pas contribué à rassurer la planète sur le rôle nouveau qu’il entend faire jouer à son pays.
 Du chaos philosophique au désordre idéologique, en passant par de curieuses dérives comportementales, Trump a suscité bien des interrogations, bien des indignations, bien des dégoûts, voire une véritable sidération.
   Jean-Luc Hees, fin connaisseur des États-Unis, a voulu mettre en scène l’impact de « l’effet Trump » sur les grands et les petits de ce monde. De la reine d’Angleterre à Clint Eastwood, du pape François à Vladimir Poutine, de Melania Trump au général de Gaulle, de Bob Dylan au travailleur mexicain clandestin, de Robert de Niro à Abraham Lincoln, chacun réagit, avec son coeur, son instinct et ses angoisses.
   Avec l’esprit mordant qu’on lui connaît et une bonne dose d’imagination, l’auteur nous entraîne dans des situations cocasses et invraisemblables qui sont en quelque sorte des fables des temps modernes. Il dresse ainsi un tableau drolatique et cruel du Commandant en chef, qui détient entre ses mains l’image et l’avenir de la Grande Amérique.

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  L'arrivée au pouvoir de Trump en a surpris plus d'un de par le monde, des premiers concernés de la première puissance mondiale jusqu'à nous autres petits habitants de l'hexagone. Il faut le reconnaître, le personnage prête à rire (mais à rire jaune seulement) et si on imagine davantage sa trombine sur une boite de céréales que sur des tracts électoraux, c'est parce qu'il n'avait décidément pas la tête de l'emploi, une tête qui se prête en revanche fort bien à la caricature. Et puisqu'on par le de caricature, rappelons que les hommes politiques sont les premiers servis : la preuve en est de cet ouvrage qui, s'il ne dresse pas des portraits illustrés du grossier, euh, pardon, dudit personnage, s'emploie à le présenter au filtre des regards tous plus loufoques les uns que les autres.


  En effet, c'est a travers le prisme d'une galerie de personnages et d'individus des scènes privée et publique que Trump nous est raconté, sur un laps de temps qui va des veilles de son élection à aujourd'hui. Vous aimeriez dire tout le mal que vous pensez de lui mais ne savez pas par où commencer? Lisez ce livre : ses différents narrateurs s'en chargeront très bien pour vous. Les fantômes des précédents présidents des Etats-Unis prennent la parole pour donner leur avis sur leur successeur, Le Pape François en discute secrètement avec Dieu façon Don Camillo, Elizabeth II espère bien ne pas avoir à partager son carrosse avec lui... On entre même dans l'intimité de Jane Fonda, Clint Eastwood, ou encore Johnny Hallyday qui assistent aux résultats des élections via leur petit écran, et on assiste à quelques échanges entre l'auteur et son éditrice (oui, les vrais de vrai!) themselves!

Illustration de Taylor Callery.


  Qu'il fasse parler les morts avec plus ou moins de sérieux ou mette dans la bouche des vivants des phrases de sa propre composition, Jean-Luc Hees n'en reste pas moins fiable : le suivi chronologique de cette Trump fiction respecte les faits, les actualités, et les tweets désormais célèbres du président (lesquels n'ont même pas besoin d'être encore plus tournés en dérision, d'ailleurs). Si les différents éclairages sont aussi givrés, c'est que l'auteur vient prouver une fois de plus que l'humour intelligent (car il est sans aucun doute) est l'arme la plus subtile face à la bêtise. Car derrière la tonalité profondément humoristique des différentes voix de ce livre, on devine également une plume acérée et pamphlétaire qui pointe les dysfonctionnements de LA figure de la décadence de la politique américaine.

 Jean-Luc Hees, l'auteur.

En bref : Un portrait au vitriol du président des Etast-Unis, qui se dessine au croisement des différentes narrations toutes plus extravagantes les unes que les autres. Derrière l'humour noir se cache bien évidemment un auteur engagé qui excelle dans cette version moderne du pamphlet...

 Un grand merci aux éditions Baker Street!

lundi 3 décembre 2018

Un crime sous les étoiles ( Les enquêtes trépidantes du club Wells & Wong #4) - Robin Stevens

Jolly Foul Play (Wells & Wong #4), Puffin, 2016 - Éditions Flammarion jeunesse (trad. de F.Fiore), 2018.


«Nous avions toutes le nez en l’air, donc nous avons manqué l’assassinat. Nous savions bien qu’Elizabeth était méchante et dangereuse. Mais en fin de compte, voilà qu’elle était la victime, pas la criminelle. Et si quelqu’un l’avait tuée, c’était forcément une pensionnaire de Deepdean.»

Elizabeth Hurst, la terrible préfète-en-chef, est retrouvée morte en plein feu d’artifice... Très vite, Hazel et Daisy se rendent compte que tout le monde a un mobile : Elizabeth utilisait les secrets des élèves pour les faire chanter. Toutes la détestaient, même ses plus proches amies... et toutes sont suspectes.


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  Revoilà nos deux petites détectives en uniforme et culottes courtes! Après trois enquêtes entamées avec Un coupable presque parfait, cette série de romans policiers jeunesse qui marche dans les pas d'Agatha Christie nous offre son quatrième opus...

 Couvertures des éditions anglaise et américaine.

  Et cette fois, retour à Deepdean : l'école qui a vu naître les talents de détectives de nos héroïnes! Après avoir élucidé trois crimes, Daisy et Hazel imaginent une nouvelle année scolaire des plus ordinaires... mais voilà, la nouvelle préfète en chef, Elizabeth Hurst, règne en tyran sur l'école. Avec l'aide de ses cinq préfètes (aussi détestables qu'elle), elle mène la vie dure aux écolières sans que les professeurs ne s'en aperçoivent. Mais voilà que la roue tourne : l'école décide de fêter la célèbre Bonefire Night, la Nuit de Guy Fawkes, à grands coups de feux d'artifices et de pétards. Alors que tout le monde semble se détendre et s'amuser, on retrouve le corps sans vie d'Elizabeth à côté d'un râteau. Tout porte à croire qu'ayant marché dessus, elle se soit blessée à la tête et en soit morte. Pour Daisy, ce n'est ni plus ni moins qu'un crime déguisé, et elle est bien décidée à le prouver. D'autant que quelques jours plus tard, on découvre que la victime détenait un carnet dans lequel elle notait tous les secrets les plus intimes de ses camarades, afin de les faire chanter à loisirs... Alors que les pages du carnet en question sont disséminées à travers l'école et font chaque jour circuler de nouvelles rumeurs, le club de détectives Wells & Wong rempile...



  C'est toujours un réel plaisir que de retrouver nos deux enquêtrices en herbe dans cette atmosphère de cosy mystery vintage. Si l'on peut craindre la redite à lire une enquête se déroulant une nouvelle fois à Deepdean, on apprécie néanmoins être plongé dans cette ambiance unique et feutrée de pensionnat à l'anglaise : la vie trépidante de l'internat, les codes d'une école pour fille des années 1930, les coutumes quotidiennes (les réveillons improvisés en pleine nuit par les internes, les en-cas à la récréation du matin...). Plus encore que dans le premier tome, on a l'impression d'observer une véritable fourmilière : ce sentiment est en effet renforcé par la trame qui, tissée autour des secrets les plus intimes des élèves dévoilés au grand jour, donne l'impression d'une ruche en perpétuel mouvement, animée par les rumeurs et des révélations toujours plus sombres. Robin Stevens parvient à nous raconter cela de façon particulièrement vivante.


  Côté intrigue, on apprécie encore une fois la complexité de l'histoire, avec cette fois une subtilité intéressante : tout le monde détestait la victime (et donc tout le monde profite un peu de son décès, au bout du compte), ce qui n'aide pas à resserrer l'étau des suspects, même si les conditions de la mort le réduit très vite aux cinq horribles préfètes (ce qui ne simplifie pas les choses pour autant). Dès lors, on découvre que les apparences sont décidément très trompeuses à Deepdean comme ailleurs, et que les cinq adolescentes en question étaient bien loin d'être du côté de leur préfète en chef... Ces réflexions et découvertes, racontées à travers le regard toujours altruiste d'Hazel Wong (vice-présidente du club de détective, "Watson" de la série et narratrice des romans), sont sujettes à l'émergence de très justes pensées sur la nature humaine ou sur la cruauté du monde des enfants et adolescents (souvent ignorée des adultes...).

 Célébration de la fête de Guy Fawkes dans les années 30...

  Les personnages sont toujours aussi bien dessinés et on adore résolument les contrastes de l'amitié entre Daisy et Hazel, qui se voit ici mise à mal par la jalousie (on ne vous en dit pas plus). Petite nouveauté et pas des moindres : le club de détective s'élargit dans ce nouveau tome! Les camarades de chambres de nos deux héroïnes rejoignent en effet la caste très privée des enquêtrices amatrices, ce qui vient dynamiser l'intrigue et les interactions tout en permettant de découvrir un peu plus les personnages secondaires de cet univers dont on raffole.


En bref: Une nouvelle enquête réussie! Robin Stevens continue de captiver ses jeunes (et moins jeunes) lecteurs de cosy mysteries à l'ancienne avec le même talent, tout en invitant des personnages secondaires à prendre plus de place aux côtés des héroïnes. Il nous tarde déjà de découvrir le prochain tome, qui devrait se dérouler à Oxford pendant les fêtes de Noël!

 Un grand merci aux éditions Flammarion pour cette lecture!



Et pour aller plus loin...

dimanche 18 novembre 2018

Retour à la poussière : Bilan de notre challenge halloween hanté...



  L'heure du bilan a sonné : il est temps, après plus d'un mois de nos fantomatiques festivités, de dire au revoir aux spectres et revenants qui nous ont accompagnés. Notre bilan aura des airs de joyeuse oraison funèbre, accompagnées des œuvres délicieusement brumeuses, délicates et dérangeantes de l'illustrateur Stephen McKay (qui aime toutes les créatures étranges, mais en particulier les fantômes et les squelettes, semble-t-il...).


  Nous avons tout d'abord posé nos valises dans un très joli château hanté afin d'établir le programme des festivités. Le temps de déballer nos bagages, nous avons fait un rapide récap' des lectures fantomatiques précédemment présentées sur le blog depuis sa création, un échauffement tout ce qu'il y a de plus approprié.


  Une fois bien préparés, nous vous avons entrainés avec nous dans le plus terrifiant des manoirs : Hill House, une maison habitée par une bien sombre histoire... et peut-être aussi par autre chose de pire encore. Comme nous aimons avoir peur, nous y avons même passé notre 31 octobre : il faut dire que le décor était on ne peut plus approprié!


  Après ces fortes émotions, nous avons préféré fréquenter des esprits un peu plus sympathiques. Nous sommes aller les rencontrer dans deux petites villes côtières aux larges de l'Angleterre : l'esprit envahissant d'un pendu dans le petit bourg de Marr, et celui d'un ancien capitaine de marine au langage joliment fleuri dans la villa d'une charmante station balnéaire. Parce que leur compagnie n'était pas désagréable, nous avons persisté avec le pendu pour une soirée télé...


  Avec les plus jeunes lecteurs, nous avons visité un cimetière anglais où résidait un mortels élevés par des morts-vivants, puis avons mené deux enquêtes parisienne : la première à la poursuite du fantôme du Louvre, et l'autre, illustrées, aux trousse du fantôme du palais Garnier. Enfin, nous avons poussé le voyage jusqu'en Allemagne pour apprendre à une famille de fantômes désabusés comment réussir à nous effrayer.


  Pour changer des morts, nous avons aussi rencontré une star bien vivante mais toute aussi célèbre en ces temps d'Halloween : une célèbre apprentie sorcière qui fêtait son seizième anniversaire.


 Après toutes ces aventures, nous avons récupéré nos forces autour d'un bon repas : des crevettes au curry et un Angel Cake made in Manderley, un goûter dégusté chez les Blackwood, le tout couronné d'un jeu ab-so-lu-ment par-fait pour Halloween en croquant la pomme avec Hercule Poirot...


  Le temps est donc résolument venu de ranger la planche Oui-Ja et de replier les suaires pour laisser nos bons vieux amis les morts et les esprits regagner leurs tombes... pour une petite année seulement, car nous vous donnons d'ores et déjà rendez-vous pour le challenge Halloween 2019!


A l'année prochaine!

 

samedi 17 novembre 2018

Le fantôme de l'opéra - Christine Beigel d'après Gaston Leroux, illustrations de Christel Espié.

Éditions Gautier Languereau, 2017.




  Rien ne va plus à l'Opéra. Le rôle de Marguerite dans le Faust de Gounod cherche une nouvelle voix suite au désistement mystérieux d'une première diva. Christine Daaé  est appelée pour la remplacer, son chant divin émerveille les spectateurs. Hélas elle disparait subitement. Raoul de Chaligny, éperdument amoureux d'elle, tente de la retrouver. Serait-elle perdue dans les bras... du fantôme de l’Opéra?
  


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  Terminons le challenge Halloween avec un célèbre fantôme de la culture hexagonale : Erik, le fantôme de l'opéra. Le célèbre roman feuilleton de Gaston Leroux a engendré à sa suite une file d'adaptations cinématographiques, télévisuelles, scéniques et musicales. Comme tout grand classique qui se respecte, l'ouvrage a également eu droit à ses transpositions à hauteur du lectorat jeunesse, dont ce très bel album est issu.



  L'histoire est restée la même : A la fin du XIXième siècle, l'Opéra Garnier est le théâtre d'étranges événements... on le dit hanté! La Carlotta, cantatrice vedette, se trouve brusquement indisposée, laissant son rôle de Marguerite dans Faust entre les mains d'une doublure de dernière minute : la jeune Christine Daaé. Christine éblouit le public mais la Carlotta ne supporte pas l'idée de se voir voler le premier rôle... c'est sans compter sur le fantôme de l'opéra, car il existe et est bien décidé à faire de Christine la nouvelle étoile de la scène. La jeune Christine le rejoint régulièrement, à demi-hypnotisée, dans les souterrains du palais Garnier pour répéter son chant... le fantôme, mystérieux homme masqué, serait-il amoureux d'elle? C'est également le cas du vicomte de Chagny, bien décidé à découvrir quelle ombre malfaisante tourne autour de sa promise...


  On le disait plus haut : les adaptations pour la jeunesse de classiques de la littérature sont monnaie courante. Mais il faut reconnaître que si l'enjeu est louable (mettre les plus grandes histoires à hauteur du jeune public), il n'est pas toujours à la hauteur des attentes ou de l’œuvre originale. Cette version du Fantôme de l'opéra sous forme d'album est une jolie réussite, en grande partie due aux illustrations de Christel Espié.


  Dans un style élégant qui évoque l’impressionnisme (certains traits ou même certaines scènes évoquent parfois Toulouse-Lautrec ou Degas) ou le travail d'Hugo Bogo pour La dame de Pique publié chez Sarbacane en 2016, Christel Espié fait renaître le mythe de Gaston Leroux sous son coup de crayon velouté et des clairs-obscurs profonds. Les passages les plus célèbres de l'histoire sont ainsi superbement mis en image, dont, bien sûr, la scène du grand escalier et du Masque de la Mort Rouge. Le visage du fantôme, enfin dévoilé en ultime page, rappellera beaucoup le maquillage de Lon Chaney dans l'adaptation de 1925.


  Le texte reprend donc l'histoire originale en la simplifiant sous forme de 16 très brefs chapitres, à raison d'un par page. Chacun d'eux prend la forme de vers essentiellement en prose mais que Christine Beigel s'amuse parfois à faire rimer, pour ajouter une certaine musicalité. L'auteure cite également souvent des passages de Faust, l'opéra joué dans l'histoire, et dont les extraits sonnent ici curieusement justes...! Malgré ces quelques artifices bien employés, le texte souffre parfois de sa "sur-simplification" et laisse l'impression d'être très vite expédié. On vous rassure, cela ne gâche pas le plaisir de faire découvrir ce fantôme aux plus jeunes... ou d'en profiter soi-même.



En bref : Malgré un texte un peu inégal dû au travail de simplification du roman original (qui donne le sentiment d'être ici rapidement résumé), cette adaptation en album de l’œuvre de Gaston Leroux est portée par les superbes et envoûtantes illustrations de Christel Espié, véritables tableaux qui nous plongent avec talent dans la Belle Époque parisienne et le faste du palais Garnier.