mercredi 30 avril 2014

La Maison de l'Orchidée - Lucinda Riley


Houthouse Flowers, Penguin Paperbacks, 2010 - City Editions, 2012 - Editions France Loisirs, 2014.

«Un magnifique roman évocateur, déchirant et profond.» - Grazia -
   Dans son enfance, Julia Forrester a passé des moments idylliques dans la serre de Wharton Park. Un immense et magnifique domaine où son grand-père était chargé de prendre soin des orchidées.
   Des années plus tard, Julia est devenue une pianiste de renommée mondiale. Alors qu'elle fait face à une tragédie personnelle, la jeune femme revient sur les traces de son enfance et renoue avec Christopher, l'héritier de Wharton Park.Un journal intime, écrit dans les années 1940 par le grand-père de Julia, est découvert lors de travaux de rénovation. Quels mystères renferment ces pages ? Dans les méandres de l'histoire de deux familles ravagées par la guerre, Julia va découvrir de sombres secrets qui vont bouleverser sa vie.

Un roman étourdissant qui a déjà ému deux millions de lecteurs.

***

  Voilà bien deux ans que ce livre me faisait de l’œil, tout alléché que j'étais par sa couverture! Sortant alors tout juste de ma lecture des Heures lointaines de Kate Morton et recherchant un roman dans la même lignée (comprenez : Une maison mystérieuse, un secret de famille, deux époques en parallèle, et des relents d'esprit gothique), mon attention avait été retenue par La Maison de l'Orchidée. Le visuel m'évoquait fortement celui d'un Kate Morton, ou aussi du tout juste acquis Pressentiments de Katherine Webb, de même que les avis du net qui avaient fait les mêmes constatations mettaient justement en avant une intrigue à l'esprit similaire, visant le même lectorat.
  Je teste donc l'expérience: Si ça parle comme du Kate Morton, si ça marche comme du Kate Morton, bref, si ça ressemble à du Kate Morton... Est-ce aussi bien que du Kate Morton?

Couverture française chez City éditions, et couverture originale de Pressentiments:
comme une petite réminiscence, non?

  Eh bien non. Je l'avoue de suite : j'ai été plutôt déçu par ce livre. Si le personnage principal de Julia parvient à nous toucher, elle et la galerie de protagonistes qui l'entourent s'avèrent vite assez clichés, ce qu'on parvient cependant à oublier grâce à la plongée dans les années 30 et 40, où leurs aïeuls ont par contre plus d'épaisseur. l'histoire passée de la famille se mêle alors à l'Histoire de l'Angleterre et on se laisse non sans déplaisir porter par le tourbillon de soirées mondaines progressivement happé par la Guerre, et le théâtre des sentiments confrontés aux codes sociaux de l'époque. Ces éléments, notamment les relations aristocrates/domestiques, fort bien racontés, nous donnent l'impression agréable d'être devant un épisodes d'Upstairs, Downstairs ou de Downton Abbey.

Couvertures originales anglaises du Jardin des Secrets de K.Morton et de La Maison de l'orchidée ;
pas de doute, le même public est visé...

  Si ce cadre historique et social soigneusement restitué m'a tenu toute la première moitié du livre, j'ai par la suite trouvé que cela manquait de piquant. Espérant un suspense à la Kate Morton (oui, encore elle, mais c'est ce qui m'a motivé à l'achat, je le répète), j'ai attendu que survienne le petit élément mystérieux, le détail étrange et délicieusement intriguant qui viendrait relever la sauce et m'aurait rendu accro jusqu'à la dernière page. En vain. Car si secret de famille il y a, c'est sans ambiance brumeuse et glaçante : l'intrigue s’empâte un peu trop à mon goût dans le romanesque sirupeux façon fiction télévisée de l'été, nous offrant quelques révélations et retournements totalement perchés dans son dernier tiers. Le tout, sans en faire un mauvais roman, s'avère finalement plutôt convenu et plaira surtout aux lectrices de romance.

Couverture de l'édition allemande de La maison de l'Orchidée,
presque miroir de l'édition originale des Brumes de Riverton de K.Morton.

  En bref: Loin d'être un mauvais roman, ce livre n'est cependant pas à recommander à qui cherche un suspens à la Kate Morton ou une intrigue familiale au parfum gothique. La maison de l'orchidée est avant tout une grande saga familiale romantique doublée d'une sympathique fresque historique.

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