lundi 23 juillet 2018

Le cercle de Whitechapel - Une pièce de Julien Lefebvre, mise en scène par Jean-Laurent Silvi.


Le Cercle de Whitechapel

Une pièce de Julien Lefebvre
Mise en scène de Jean-Laurent Silvi

Actuellement en tournée,
prochainement au théâtre du Lucernaire du 4 Décembre 2018 au 10 Février 2019.

Avec : Stéphanie Bassibey, Pierre-Arnaud Juin, Ludovic Laroche, Jerôme Paquatte, Nicolas Saint-Georges.


   1888, Londres. Alors qu'une étrange série de meurtres de prostituées vient de débuter dans le quartier défavorisé de Whitechapel, un membre éminent de la gentry londonienne, Sir Herbert Greville, décide de réunir une équipe d'enquêteurs d'un nouveau genre pour découvrir la vérité.
   Le groupe se compose d'un romancier débutant et timide nommé Arthur Conan Doyle, d'un journaliste qui deviendra bientôt le plus grand dramaturge du Royaume, George Bernard Shaw, du directeur d'un des plus prestigieux théâtres de Londres dont la carrière d'écrivain végète, Bram Stoker, ainsi que de l'une des premières femmes médecins de l'époque, Mary Lawson.
   Réunis dans le quartier même des meurtres, dans un ancien atelier d'artiste loué pour l'occasion, ils vont découvrir au cours de leurs rendez-vous discrets les fils invisibles qui expliquent l'une des plus grandes énigmes criminelles de l'histoire. 
***
  Vue annoncée au programme du Théâtre du Lucernaire en début d'année et mise à l'honneur à l'occasion de la 25ème rencontre de la société Sherlock Holmes de France (où elle a reçu le prix Scherlock de la meilleure pièce), il n'en fallait pas plus à cette pièce pour attirer mon attention :  L'époque victorienne? Whitechapel? Jack l'Eventreur? ... quoi, une comédie policière? Mettant en scène les gens de lettres du XIXème? J'y cours!


  La revue Télérama, pour ne pas la citer, nous le conseille également : "Courrez voir ce spectacle!". L'espace de deux heures, nous nous trouvons plongés dans l'ambiance tonitruante et brumeuse du Londres victorien : dans un vieil atelier de briques rouges aux fenêtre noircies et rempli d'objets hétéroclites, cinq personnes ont rendez-vous. Afin d'être présentes, elles bravent chacune le danger des rues de ce quartier de Whitechapel, devenu bien plus sinistre qu'à l'accoutumé depuis qu'ont débuté les meurtres du bien nommé criminel "Jack l'éventreur". Quatre d'entre-elles ne se connaissent pas encore, si ce n'est de réputation : l'auteur à succès Arthur Conan Doyle, le directeur de théâtre Bram Stocker, le journaliste George Bernard Shaw, et la femme médecin Mary Lawson. Toutes ont été invitées par un ami commun et homme de pouvoir, Sir Herbert Greville, qui leur propose de mettre en commun leurs talents de personnalité exceptionnelle pour démasquer et capturer Jack l'Eventreur. Malgré les nombreuses divergences d'opinion qui les animent, les hauts esprits de ce cercle secret acceptent de mutualiser leurs compétences. Si cela ne sera pas sans heurts, il se peut que cette entreprise deviennent la plus palpitante de leur vie...


  Verdict? Que de panache, que d'esprit, que de style! Oui, courrez vite voir ce spectacle, l'injonction est justifiée tant le résultat est jubilatoire. Jubilatoire, réussi et d'autant plus intéressant que l'on peut superposer plusieurs lectures de cette pièce, qui mêle habilement pastiche policier et métaphore socio-historique. En effet, ce spectacle s'amuse d'un mélange des genres volontaire et qui, force des talents de l'équipe (écrivain, metteur en scène, acteurs...), prend et convainc son public : on sent de fait un aspect profondément classique par certains côtés, ou en tout cas ce qui se veut certainement un hommage au théâtre du XIXème et évoque par moment le Grand Guignol (mais sans toutefois tomber dans ses excès), aspect contrebalancé par un regard rétrospectif qui apporte à ce polar vintage tout son piment.


  Autours d'une reconstitution historique minutieuse de l'affaire qui plaira à tous les ripperistes, notre troupe de scribouillards victoriens tente de dresser le profil du tueur, entre pertinence et humour. Conan Doyle, en digne créateur du grand Sherlock, utilise une logique toute holmesienne, Shaw, en journaliste prosaïque, apporte un éclaire sociologique teinté d'un sarcasme tout personnel, et Bram Stocker, futur auteur de Dracula, cherche une éventuelle explication occulte. Mary Lawson, seul personnage entièrement fictif mais qui symbolise sans aucun doute toutes les figures féministes avant-gardistes du XIXème, apporte quant à elle l'analyse scientifique (en culotte bouffante de cyclisme -so shocking!- et le tempérament de la suffragette fauteuse de trouble en prime) . Dans un décor fourmillant de détails qui plante immédiatement l'ambiance, on découvre ou redécouvre avec délectation des personnages historiques, dont ces célèbres auteurs, qui deviennent cette fois personnages de fiction théâtrale... et pourchassent un meurtrier de légende dont on ne sait, d'ailleurs, s'il a un jour réellement existé ou s'il s'est construit indépendamment au croisement des différents fait-divers. L'effet miroir et les résonances donnent à réfléchir...



  Comme l'a si bien dit George Bernad Shaw, "Chaque époque a les monstres qu'elle mérite" et cette pièce rappelle que l'affaire de l'éventreur avait, entre autre, mis en exergue les dysfonctionnements d'une époque qui, derrière la crinoline et les cols amidonnés, avait à dissimuler bien des misères. Alors, Jack l'Eventreur, assassin de chair et de sang, créature diabolique, ou construction sociale? De façon détournée, voire métaphorique, cette pièce qui se termine réellement comme un polar (avec une résolution et une chute sa-vou-reuses), aborde avec subtilité et élégance du verbe la création d'un monstre et la naissance des légendes.


En bref : Entre pastiche léger, polar victorien, et métaphore sociale, Le cercle de Whitechapel est un divertissement fin, intelligent, et drôle. Extrêmement bien écrit et particulièrement bien joué, le spectacle force l'admiration. A découvrir ou redécouvrir dès Décembre prochain au théâtre du Lucernaire, vous serez conquis!


samedi 14 juillet 2018

Le Pays des Contes, tome 6 : La collision des mondes - Chris Colfer.

The land of stories, book 6 : worlds collide, Little, Brown & Company, 2017 - éditions Michel Lafon (trad. de C.Laumonier), 2018.

  Alex a disparu ! Pire, le sortilège de la sorcière Morina l’a transformée en enchanteresse maléfique. Cela ne pouvait tomber plus mal, car la brèche entre le Pays des contes et notre monde est désormais ouverte : héros comme vilains peuvent passer de l’un à l’autre selon leur bon vouloir.
  Alors que New York découvre avec stupeur l’existence de la magie, Conner, aidé de Rouge, Boucle d’or, Jack et de son armée littéraire, doit à tout prix libérer sa sœur. Car seuls les jumeaux peuvent affronter la plus grande menace qui ait jamais existé. Une menace qui plane de toute sa noirceur sur l’ensemble les mondes…

***

  Après ma petite déception à la lecture du quatrième tome, j'avais retrouvé foi en Chris Colfer avec le tome 5 de cette série, surprenant et captivant à tout point de vue. Sa lecture nous avait tous laissés dans l'impatience de l'ultime opus que voilà, enfin arrivé dans l'hexagone

  Ce dernier roman de la saga voit les sorcières du pays des contes, accompagnées des grands méchants de la littérature, envahir notre monde en débarquant en plein New-York par le biais de portes interdimensionnelles qui s'ouvrent désormais entre les différents univers. Pour parvenir à ces prodiges, elles ont sous leur coupe une arme de choix : Alex elle-même, sous l'emprise d'un sort qui la force à leur obéir et à mettre à disposition ses puissants pouvoirs. Conner, qui a réuni de son côté les gentils de la littérature mais aussi les personnages de ses propres manuscrits, rejoint Central Park où les sorcières ont installé leur base, pour les vaincre et libérer sa sœur. 


  Verdict? Dans la continuité de la maturité atteinte avec le précédent tome, Chris Colfer entame cet opus avec un bond dans le futur qui met un peu plus en relief ses talents d'auteur et son imagination. Dans ce premier chapitre très émouvant, on retrouve un Conner vieillissant, devenu auteur célèbre, entouré de ses enfants et petits-enfants. C'est parce qu'il cherche à se souvenir ce qu'il est advenu d'Alex que le roman nous raconte alors l'ultime bataille du pays des contes. Ce procédé narratif  totalement inattendu dans la trame tissée par l'auteur depuis le début de son cycle a le mérite de retenir notre attention.


  Malheureusement, après cette alléchante amorce, la continuité du roman sera à mon sens un cran en-dessous du très bon cinquième tome. Chris Colfer, lui-même pourtant très bon, en fait peut-être un peu trop pour s'assurer du caractère explosif de son final, péchant ainsi par excès : les scènes d'attaques des monstres de la littérature, les statues qui s'animent, Alex sous sortilège (en lévitation, les cheveux flottants et les yeux luminescents... tadaaa!)... Too Much et trop convenu à la fois, dans le sens où les grandes scènes d'invasions et de batailles entre les buildings de New-York évoquent un peu trop Le dixième Royaume et Les sorcières d'Oz, deux mini-séries que j'ai déjà comparées à la saga de Colfer, et qui traitaient également de confrontation entre monde normal et monde des contes.


  Si la sincérité de Chris Colfer reste toujours aussi évidente (on ne peut la nier, et ce depuis le premier roman), son désir de trop en raconter en trop peu de pages donne à ses rebondissement très vite expédiés des allures de tergiversations sans fin, faisant apparaître et disparaître au gré des besoins des personnages sous-exploités, qu'il sort du chapeau juste quand il faut pour lui permettre de faire avancer son intrigue. Des inégalités de débutants qu'il avait pourtant totalement corrigées avec -j'y reviens toujours (mais en même temps, comment ne pas faire autrement?)- l'excellent tome 5...


  Reste évidemment qu'on lit ce volume final avec un certain plaisir (même s'il est coupable, mais puisque c'est le final, justement...), et qu'on reste définitivement, résolument, indubitablement, attaché à cette galerie de personnages réinventés (de l'extravagante Reine Chaperon Rouge totalement mégalomane à Boucle d'Or la badass) dont on aura beaucoup apprécié suivre l'évolution, ainsi que son duo de héros (et un Conner qui, on en est plus que jamais sûr, est une projection littéraire de Chris Colfer lui-même, et donc on ne peut que l'adorer) qu'on quitte à regret malgré tout. A l'image de son incipit, la fin du roman, dans le futur, est pleine de promesse et d'émotion...


En bref: Un ultime opus un peu trop convenu, surtout face au tome précédent qui était totalement abouti. Cependant, on retrouve avec le même plaisir les personnages principaux auxquels on découvre s'être furieusement attaché, et auxquels il est d'autant plus difficile de dire au revoir... Chris Colfer est un jeune auteur prometteur dont on attend les prochains écrits avec curiosité!

 
 
Un grand merci aux éditions M.Lafon pour leur confiance.

Et pour aller plus loin:

dimanche 8 juillet 2018

La manufacture des histoires - Luc Fivet

Éditions Baker Street, 2018.

  Dans ce récit qui oscille entre thriller, roman initiatique et satire sociale, un écrivain multi-refusé cherche à pénétrer les arcanes de la Manufacture des histoires, ce lieu mythique où il rencontrera enfin reconnaissance, gloire et fortune. Cette quête, traversée par un souffle d’humour et de parodie, sera truffée de pièges et de révélations. On y croisera des personnages aussi étonnants qu’un vendeur de machines à écrire, un marabout accoucheur d’histoires, les fantômes de la Beat Generation, des fanatiques obsédés par le Volume et même la nouvelle Shéhérazade, perdue parmi les flots de sans histoire fixe qui peuplent les rues.
  Finalement, c’est par des chemins détournés – en mettant sa plume au service de quelques hommes de pouvoir sans scrupules – qu’il connaîtra le succès et ses conséquences extravagantes.

  Roman de notre temps, La Manufacture des histoires raconte avant tout la lutte de ceux qui veulent continuer d’écrire leur propre histoire contre ceux qui veulent dicter l’histoire des hommes et des femmes à leur place.

***
 
  On va de surprises en surprises avec les publications des éditions Baker Street : le dernier né de la maison d'édition au nom on ne peut plus holmésien laisse présager un véritable ovni littéraire, au croisement des genres et des inspirations : on nous promet du romanesque, de la critique socio-politique, du thriller, de la satire et de la poésie en un seul et même roman! Allons voir de quoi il retourne, voulez-vous?...

  La trentaine bien avancée, Marc est probablement l'auteur le plus refusé de l'histoire des maisons d'édition. Alors qu'il voit son dernier manuscrit blackboulé par un éditeur de renom, il est approché par un homme mystérieux du nom de Emile Falconi, qui lui propose de lui ouvrir la porte de la "Manufacture des Histoires", le saint des saints du monde littéraire, la tour depuis laquelle s'écrivent les destinées des grands hommes comme des grands livres. Marc, qui vivote entre la librairie tenue par son tuteur et la collecte de livres qu'il récupère avec son ami Abdel dans leur entreprise de "vide-maison", conserve les coordonnées de l'individu sans trop y croire. Mais le voilà bientôt contacté par une grande entreprise de communication, à la recherche d'un auteur qui leur inventera LES punchlines assez accrocheuses pour faire vendre. De fil en aiguille, de campagnes de publicité en rédaction d'articles mensonger, Marc tombe lentement dans un monde de faux-semblants et d'écrans de fumée, ceci sans jamais se départir du regard ironique qu'il porte sur ce monde de mensonges. C'est pourquoi lorsque son tuteur fait appel à lui, il n'hésite pas une seconde : ce dernier et d'autres amis à la personnalité hautement littéraire le mettent en garde contre ses nouveaux employeurs et leur volonté de changer le cour de l'histoire à leur avantage. Marc devient alors une taupe de choix pour ce petit cercle secret de gardiens de la philosophie et de l'humanité... 



  Dans cette histoire qui commencerait presque de manière un peu fade, Luc Fivet, auteur fort d'une expérience littéraire riche et variée, nous entraine en réalité dans un roman complexe et qui fait honneur tout en rendant hommage à la belle littérature. Partant des déboires littéraires d'un personnage qui se révèle plein d'ironie et de perspicacité, il nous entraine dans une intrigue aux multiples facettes, lesquelles confère à l'ensemble ce caractère d'ovni qui surprend tellement le lecteur.

  Le Paris de La manufacture des histoires n'est pas loin de nous évoquer une réalité quasi-dystopique : un monde-commerce dans lequel le public se détourne progressivement des histoires qui donnent matière à réfléchir pour se tourner exclusivement vers la grande soupe que servent toute prête la publicité et les médias, ces derniers étant loin d'être impartiaux, évidemment. En effet, si les noms et l'univers inventés pour raconter cette vraie-fausse réalité nous laissent croire quelques temps à une version détournée du monde contemporain, on réalise bien trop vite que Luc Fivet, sous les ressorts du romanesque et de l'imagination, parle d'une société bien réelle : la nôtre. 

  A travers cette évocation détournée et pleine d'un joyeux sarcasme du mesmérisme de masse, Luc Fivet emploie tout son talent à rappeler l'importance des histoires, sous toutes leurs formes : l'Histoire avec un grand H, l'histoire qu'on écrit, celles qu'on nous invente, celles qu'on raconte. Dès lors, ce concept devient le maître-mot du roman et le fil rouge du récit, peu importe ses chemins croisés, thèmes recoupés, ou intrigues secondaires. Tout est histoire, et même ce que l'on prend pour la pure vérité est peut-être écrit de la main d'un talentueux scribouillard, qui s'emploie à nous faire passer les ombres de la caverne pour les lumières du réel. L'auteur semble ainsi jouer avec les codes du baroque pour mieux amener ses personnages ( mais aussi inviter le lecteur ) à s'affranchir des ficelles qui font de lui une marionnette, et reprendre en main le cour de sa propre vie.

  Si le message véhiculé par La manufacture des histoires est particulièrement fort, l'auteur a qui plus est l'audace de le servir joliment agrémenté d'une plume tantôt humoristique, tantôt poétique. Après s'être moqué avec entrain du monde éditorial, il invite dans sa trame des personnages des plus charismatiques, lesquelles semblent échappés de quelques contes africains, textes de mythologie antique, ou fables des Mille et Une Nuits. Ces derniers, que le héros rencontre au fil d'une quête qui s'apparente progressivement à une véritable Odyssée, apportent toute son épaisseur et sa philosophie au roman.



En bref : Contes mystérieux et thriller politique, odyssée polarisante et satire littéraire, La manufacture des histoires est tout cela à la fois. Ce roman, véritable miroir de notre société, aborde avec imagination, ironie, et lyrisme le mesmérisme de masse d'un monde en trompe-l’œil, le tout porté par un style inimitable. Il y a, sans doute aucun, du George Orwell chez Luc Fivet...



Un grand merci aux éditions Baker Street pour cette découverte. 


samedi 26 mai 2018

Les sorcières du clan du Nord, vol.2 "La reine captive" - Irena Brignull

The Hawkweed Legacy, Weinstein books, 2017 - Editions Gallimard Jeunesse (trad. d'E.Casse-Castric), 2018.

  Alors qu'elle doit devenir reine des sorcières, Poppy s'est enfuie en Afrique, où elle est bientôt retenue prisonnière. L'amour de Leo pourra-t-il la libérer ? Sans blesser la douce Clarée, qui cherche sa voie dans sa nouvelle communauté ?

  Quand la réalité et la magie se mêlent, quand le passé rencontre le présent... Révélations, passion, dangers : retour au cœur d'une aventure fascinante.

Certaines histoires d'amour ne s'oublient pas.
Certaines amitiés résistent à la distance.
Et certains ennemis ne meurent jamais. 

***

  Souvenez-vous : en Octobre dernier, je vous présentais le premier volume du cycle Les Sorcières du Clan du Nord, premier roman de la scénariste britannique Irena Brignull et gros coup de cœur du blog. Si l'intrigue suivait une trame que l'on pouvait définir de très classique, ce choix sonnait davantage comme le plus beau des hommages aux tragédies shakespeariennes (avec leur lot de prophéties familiales, de trahisons, et de destinées implacables), relevé juste ce qu'il faut d'une puissante énergie contemporaine et de sentiments merveilleusement restitués.
  La fin du premier volume nous laissait dans l'attente de la suite que voilà, et qu'on espère à la hauteur du précédent tome...



  Nous retrouvons Poppy peu de temps après sa fuite du clan des sorcières du Nord. Tandis que ses sœurs l'attendent pour prendre la place qui lui revient sur le trône avant que les clans ennemis ne profitent de son absence pour attaquer, la jeune fille s'est envolée vers l'Afrique sous la forme d'une hirondelle. Là-bas, elle est rapidement retenue prisonnière par une sorcière locale qui prétend ainsi la protéger. Mais Poppy sent battre le cœur de Léo jusque dans la moindre fibre de son être et regrette amèrement d'avoir sacrifié leur amour en pensant ainsi lui sauver la vie, et est bien décidée à trouver la force de le rejoindre. Léo qui, de son côté, a tenté de se convaincre qu'une vie "ordinaire" pouvait se construire avec Clarée, laquelle s'émerveille chaque jour de vivre aux côtés de sa mère dans le monde normal. Mais Clarée sent que Léo, toujours éperdu d'un amour viscéral pour Poppy, s'éloigne lentement. Le garçon est bientôt approché par Charlock, la mère de Poppy, qui a dissimulé depuis des années une sombre histoire qu'il est désormais nécessaire de révéler, et qui concerne directement les origines de Léo... Très vite, les éléments se précipitent vers une nouvelle confrontation entre le monde des mortels et celui des sorcières qui se sont, par le passé, déjà rencontré et ont engendré leur lot de secrets, lesquels s'apprêtent à bouleverser les traditions du clan.


  On retrouve avec grand plaisir les protagonistes imaginés par Irena Brignull, ces personnages si forts avec lesquels le lecteur entre entièrement en symbiose tant l'écriture est évocatrice : sentiments et ressentiments, émotions et motivations ( même les plus sombres ), tout le prisme de l'âme humaine est là. On y voit, comme dans le premier tome, ces archétypes des grandes fresques dramatiques, où personne n'est totalement blanc ou noir mais où chaque personnage peut se laisser aller à commettre le meilleur comme le pire par amour, faiblesse, ou abnégation. Une histoire fantastique où les personnages sont encore une fois ce qu'il y a de plus humain...

  Si ce second tome est toujours porté par ce grand souffle romanesque, la construction est malheureusement plus cahoteuse : il y a beaucoup plus de péripéties et de retournements de situation que dans le premier opus, peut-être même trop, au point que les personnages semblent tergiverser sans discontinuer. Construit en grande partie autour de judicieux flash-back de l'adolescence de Charlock, ces retours en arrière s'alternent avec des scènes du temps présent où se jouent et s'enchainent trop d'intrigues, dont certaines sont trop survolées. L'introduction d'un jeune et ambitieux journaliste aux manigances plutôt douteuses et qui se sert de Clarée pour arriver à ses fins, par exemple, est tellement vite expédiée qu'elle sonne faux, perdue dans l’embrouillamini des autres scenarii. Dommage, car toutes les idées ne sont pas mauvaises en soi, mais auraient gagné à être mieux exploitées en deux tomes plutôt que toute condensées en un seul.


  Cependant, il faut reconnaître une issue très bien pensée par l'auteure. En effet, pour ceux qui se plaignaient du poids trop pressant du déterminisme dans le premier volume, Irena Brignull montre dans La reine captive que chacun peut d'affranchir du poids de la tradition et composer avec ce que sa culture lui a imposé comme étant "le" destin, pour faire le choix du libre-arbitre.

En bref: Un second opus qui brille toujours par l'écriture quasi-incantatoire d'Irena Brignull, mais qui s'égare peut-être un peu au milieu de ses trop nombreuses intrigues traitées à la fois. Reste une très belle fin, lumineuse et pleine d'espérance, qui clôt à merveille ce cycle de fantasy entre hommage classique et modernité.

Un grand merci aux éditions Gallimard Jeunesse.

Et pour aller plus loin...


dimanche 6 mai 2018

C'est une pastèque? - Pierre Charentus

Editions Margot, 2018.



  Vous vous demandez ce que peuvent bien se raconter Miranda le chameau et Jean-Michel l’oie lorsqu’ils se croisent ? Vous avez toujours rêvé d’assister à la rencontre entre Zorro et un type déguisé en le mont Blanc ? Alors ce livre est fait pour vous ! 

  Interrogations existentielles, discussions autour du pâté végétal, tranches de vie et aventures épiques... Plongez les yeux fermés dans ce bain d’humour et de poésie !



***


  Voilà un bien étrange ouvrage! Un titre on ne peut plus bizarre, une couverture atypique, et un résumé qui laisse présager quelque chose de totalement barré. Pourtant, l'auteur Pierre Charentus est loin d'être un imposteur : après avoir étudié l'illustration à l'école Pivaut de Nantes, il a participé à mettre en images deux livres collectifs sur Brel et Brassens déjà parus aux éditions Margot.

  Pour sa première BD, ne vous attendez pas à une trame ou une quelconque histoire : jamais le terme de sketch (qu'on utilise en français pour parler d'une scénette humoristique mais qui signifie en anglais  "esquisse") n'aura aussi bien convenu à cette enfilades de mini dialogues complètement perchés, comme gribouillés par un enfant.


  Miranda, Jean-Michel, Bebert, John Borris... une folle galerie de personnages dont certains animaux humanoïdes, qui se croisent dans les situations les plus cocasses, voire totalement incongrues, faisant émerger des discussions où le non-sens est roi. Ou pas. Car derrière la futilité souvent hilarante de certaines page se dessine parfois une vision sur la société ou sur le simple principe de la divergence de points de vue. Mais cette prise de conscience est tellement fugace qu'on se demande parfois si on intellectualise trop ce qu'on lit ou si ce livre relève du génie.


  Alors on cesse de réfléchir et on continue la lecture... avec plaisir.

 (cliquez sur les images pour les voir en grand)


En bref: Un véritable OVNI qui peut laisser ses lecteurs perplexes devant le non-sens omniprésent de ses historiettes... Si les avis seront probablement mitigés, il faut néanmoins jeter un oeil (voir deux) sur ces dialogues hilarants et pleins de fraîcheur.


Un grand merci aux éditions Margot et à L&P Conseils pour cette lecture.

samedi 5 mai 2018

Les soeurs de Fall River - Sarah Schmidt

See what I've done, Hachette, Tinder Press, 2017 - Éditions Rivages (trad. de M.Bach), 2018.

  « J’ai regardé Père. Touché sa main en sang… » Le 4 août 1892, à Fall River (Massachussetts), Lizzie Borden découvre son père et sa belle-mère sauvagement assassinés. Très vite, son attitude oriente les soupçons. Sa fragilité la rend-elle coupable pour autant ? Et comment une telle violence a-t-elle pu surgir dans une ville si paisible ? D’après une histoire vraie, Sarah Schmidt a fait un roman fascinant, réinventant l’un des crimes les plus célèbres d’Amérique. Elle plonge dans les secrets d’une famille, mettant à nu la relation bouleversante de deux sœurs, Lizzie et Emma, leur besoin d’indépendance aux prises avec les carcans de l’époque. Au-delà du fait divers, ce conte hypnotique lève le voile sur la part d’ombre de chacun.

Sarah Schmidt vit à Melbourne, où elle travaille dans une bibliothèque. Devenu un best-seller dans plusieurs pays, Les Sœurs de Fall River est en cours d’adaptation pour le cinéma et la télévision.

***

  Nous sommes 1892, dans la petite bourgade de Fall River, perdue dans le fin fond du Massachussetts. Cette matinée caniculaire du 4 Août marque le début d'une nouvelle journée "ordinaire" dans la maison des Borden : le père rentre du travail et va faire une sieste dans le salon, son épouse et belle-mère des enfants prépare la chambre d'ami pour la visite du beau-frère de son époux, L'aînée de 42 ans Emma s'offre quelques jours chez une amie, la cadette de 32 ans Lizzie ère comme un fantôme dans la maison, et Bridget la gouvernante irlandaise se repose après sa besogne épuisante. Puis voilà que Lizzie hurle : elle vient de trouver son père assassiné à coup de hache, à même le canapé du salon. Quelques heures plus tard, alors que la police et le médecin de la ville arrivent sur les lieux, c'est Mrs Borden qu'on retrouve dans un bain de sang à l'étage. Emma, dévouée et toujours sérieuse, revient de son voyage pour prendre la fragile Lizzie sous son aile, bien qu'une question persiste : alors que toute la demeure des Borden était verrouillée de l'intérieur, comment un assassin a-t-il pu entrer pour commettre ces méfaits?... Ou alors, qui à l'intérieur de la maison a commis de meurtre...? La police inculpe Lizzie, qui entre dès lors dans la légende...

L'angoissant trailer diffusé pour la sortie du roman en VO

  ... Car ce sanglant mais véridique fait-divers, qui a défrayé la chronique aux Etats-Unis, est resté profondément ancré dans la culture populaire américaine. Comme toutes les grandes affaires criminelles historiques qui suscitent encore aujourd'hui la curiosité des spécialistes comme des amateurs, l'histoire de Lizzie Borden a fait couler beaucoup d'encre et on spécule encore sur le mobile de la jeune femme, qui fut finalement acquittée au bout d'un an de procès avant de mener une vie tumultueuse et on ne peut plus mystérieuse. Ce qui scandalisa tout le pays lors de sa libération, c'est que rien, pourtant, ne penchait en sa faveur, si ce ne sont les jurés qui semblaient croire "une jeune femme incapable de telles horreurs". 

 Couvertures des éditions en VO.

  Après deux longs-métrages (dont un dans les années 70 avec Elisabeth "Ma Sorcière Bien Aimée" Montgomery, qui n'était autre qu'une descendante de Lizzie Borden!), une série télévisée, et plusieurs ouvrages documentaires, biographiques, ou fictionnels, Sarah Schmidt en fait le thème de son premier roman. Et quel premier roman! L'auteure australienne signe ici un pur bijou de littérature. Si elle suit méticuleusement les faits historiques et rapportés par l'enquête menée en 1892, elle leur insuffle un souffle inédit, un nouvel éclairage romanesque, et une narration on ne peut plus audacieuse.

Emma et Lizzie Borden

  En effet, Sarah Schmidt nous raconte cette tragique journée du 4 Août 1892 ainsi que les quelques jours qui l'entourent via les récits de Lizzie, Bridget, et Emma, qui se succèdent, s'alternent et s'entremêlent. En partant de la découverte du corps par Lizzie, puis en nous faisant faire au départ de cette "heure zéro" des bonds quelques temps avant ou après au gré de cette macabre polyphonie, l'auteure permet au lecteur, lentement mais sûrement, de relier entre eux les différents éléments qui émergent de chaque discours.

  Les personnages se racontent et son racontés avec un réalisme criant de vérité que vient renforcer la narration à la première personne. Lizzie, celle étrange femme-enfant orgueilleuse et cleptomane qui ère tel un spectre dans les couloirs de la vaste demeure familiale, Emma, la sœur aînée qui alterne entre l'amour maternel à l'égard de sa cadette et la haine de devoir éternellement tout sacrifier pour elle, et Bridget, yeux et oreilles de la maison et dont la position de domestique permet de poser le regard peut-être le plus juste sur cette étrange famille.

 La famille Borden à l'époque de l'enfance des sœurs.

  Car au-delà du fait-divers à l'origine du roman, c'est avant-tout une histoire de famille que nous sert Sarah Schmidt. Elle nous la relate dans ce qu'elle peut avoir de plus ambigu, de plus malsain, et ce en instaurant une ambiance lourde, étouffante, voire même par moment répugnante. L'ambivalence réside jusqu'au style tellement propre, parfois même élégant, avec lequel elle nous raconte les miasmes des différents membre de la famille Borden, soumis sans aucune intimités aux effluves que laissent les uns et les autres dans leur sillage. Prisonniers avec eux de cette demeure toujours verrouillée, sous la chape de plomb de cet été caniculaire, et voilà que l'on sent presque la nausée poindre tandis que, sous la plume suggestive de l'auteure, l'on pense parfois déceler quelque ignoble secret de famille. La maison Borden devient, comme hantée par ses propres occupants, l'objet symptôme d'un mal qui ronge de l'intérieur...

En bref: En partant d'un célèbre fait-divers criminel, Sarah Schimdt offre une interprétation romanesque inédite dans sa construction et sa narration, mais en même temps profondément véridique dans l'expression des passions ou des sentiments de répulsion mêlés. En articulant son récit polyphonique à la façon d'une pièce dramatique (unité de lieu, de temps, et d'action - à peine complétée d'un petit saut de dix ans dans le futur) que recouperait une intrigue policière, elle signe un huis clos familial macabre, intime et dérangeant mais réellement brillant qu'on ne lâche qu'une fois achevé. Un petit bijou de noirceur qui n'est pas sans évoqué Shirley Jackson et son Nous avons toujours habité le château, à découvrir d'urgence.

 La maison des Borden... reconvertie en Bed & Breakfast pour tourisme horrifique!

Et pour aller plus loin:

jeudi 26 avril 2018

Un hiver résolument émilien...

Pedro Pan Rabbit et la divine Emilie, ou luge sur la Blaise gelée.

  
  Voilà le billet de blabla saisonnier retardataire coutumier! C'est que pour clore officiellement l'hiver, nous avons attendu ici que nous quittent définitivement les températures hivernales... pour passer directement à l'été (puisque nous voulions du soleil, nous somme servis, et nos pauvre thermomètres ne sont pas loin d'exploser). Petit récapitulatif de cette hiver 2017/2018, résolument émilien.

 Image de Pascale Debert pour sa conférence sur Émilie.

  Pourquoi émilien? Parce qu'il y a eu la sortie tant attendue du livre de Pascale Debert, Emilie du Châtelet, philosophe des Lumières, sortie marquée quelques semaines plus tôt par une conférence de l'auteure sur la divine marquise : Emilie du Châtelet, une marquise avant-gardiste! Quelle joie de rencontrer enfin cette grande spécialiste du XVIIIème siècle et chroniqueuse du pétillant blog historique Histoires Galantes! Pour marquer l'occasion, j'avais emmené avec moi un petit flacon de Parfait Amour maison en cadeau : un présent lourd de sens lorsqu'on sait qu'il s'agissait de l'une des boissons préférées d'Emilie..


Visites érudites et promenades givrées:

  Pour persévérer dans la docte atmosphère des Lumières, j'ai continué de creuser le sujet des sciences et techniques made in XVIIIème siècle en faisant un tour par Paris et son très beau musée des Arts et Métiers : s'il on regrette le manque d'explications sur les objets exposés, on en prend quand même plein les yeux. Des sphères armillaires au laboratoire de l'Abbé Nollet puis des Lavoisier en passant par les premières machines à calculer, c'était un petit voyage dans le temps de l'érudition et des techniques de Jadis. Avant de partir, je n'ai pas oublié de faire un détour par la machine volante qui plane dangereusement au-dessus du grand escalier et de jeter un œil au pendule de Foucault qui continue d'osciller mystérieusement depuis déjà quelques années.


  Après les sciences, les curiosités : direction le Musée de la Chasse et de la Nature (!) car, oui, derrière son nom si peu sexy se cache un lieu digne du cabinet d'étrangetés. Entre les animaux naturalisés et les armes exposées, c'est une atmosphère fantastique et mystérieuse qui habite cet ancien hôtel particulier du XVIIème siècle. Outre leur superbe papier peint totalement improbable (ces adorables bambis décapités feraient merveille dans un récit de Stephen King...) et ses galeries de portraits capiteuses dignes du Phantom Manor de Disneyland, il y avait une exposition de Sophie Calle délicieusement dérangeante, et ce même si l'on ne comprenait pas toujours où elle voulait en venir (mais j'ai adoré le cerf déguisé en petit chaperon rouge ^^'). 

Hum... curious and curiouser...




  Ajoutons à cela un petit tour chez les ducs de Lorraine (Nancy), puis un dernier weekend hivernal sous une épaisse couche de neige (il aurait été dommage de passer au printemps sans une vraie et belle chute de flocons!), et la saison était faite (enfin! Adieu froid, givre, humidité...).





Popotes et casseroles:

  Moins d'essais culinaires exceptionnels et de nouveautés que d'habitude, par manque de temps. Ceci dit, on ajoutera au cahier de recettes du Terrier ce crumble de potiron plutôt convainquant et les courges Délicatas farcies au risotto, sans omettre le velouté de Butternut à la poudre d'amande (c'est fou qu'après tant d'années à réinventer les cucurbitacées on trouve encore des recettes inédites! :-D ). Dans les mêmes couleurs, n'oublions pas une réconfortante purée de patates douces, cuisinée par kilos (oui, parce que c'est comme son nom, la patate douce, c'est réconfortant, donc il en faut plein en hiver). Côté poissons, à part les habituelles papillotes, on a essayé la quiche au saumon, histoire d'oublier une horrible quiche au saumon de cantine et pour ne pas rester sur un mauvais souvenir. Conclusion : c'est toujours mieux quand c'est fait maison, mais ça on le savait! Enfin, pour le sucré, nous avons préparé par dizaine des pots de cotignac, une confiture issue des cuisines de la divine Emilie dont je vous parlerai plus avant dans une prochaine gourmandise littéraire!





Bricoles et fariboles... ou pas... ou bien...

    Peu ou pas de temps, en effet, pour s'atteler à de quelconques bricolages ou créations manuelles. Je suis en effet tout occupé à un projet professionnel culturel/historique qui me prend tout mon temps depuis quelques mois (dont de nombreuses heures en nocturne sur l'ordinateur, parce que ces maudites journées n'ont pas assez d'heures et qu'il y a des échéances à respecter...). Pour autant, la créativité n'a pas été mise de côté, loin de là, car il y a beaucoup de créations informatiques! Je ne vous en dis pas plus maintenant mais dévoile quelques visuels (et en plus il y a ENCORE Emilie! ;) ).

 Emilie du Châtelet fashion victim, Voltaire gagnant du loto, et Louise Michel Wonder Woman...

Acquisitions livresques:

  Pas le temps de lire, mais on compense en achetant à profusion. Si ma boulimie acheteuse livresque est le signe d'un trouble ou d'un manque émotionnel, je pense être bon pour quelques séances chez le psy...


  Des carnets illustrés de Benjamin Lacombe, un ouvrage sur la Comtesse de Simiane (petite nièce d'Emilie... voui, voui, encore), la suite de Petits meurtres à Mangle Street, La BD Mauvais Genre, adaptée de la Garçonne et l'assassin, un roman de la délicieusement british Willa Marsh, la biographie rééditée d'Emily Bronte, le roman Shirley de sa sœur Charlotte, L'amusante et inattendue BD C'est une pastèque, le comics Bandette (américain mais qui puise son inspiration dans les récits d'aventures franco-belges... et une héroïne qui ressemble beaucoup à notre Fantômette nationale!), la suite des Sorcières du Clan du Nord, le roman à paraître La maison en partenariat avec l'éditeur, et, pour retourner dans le XVIIIème, Deux hommes de bien, d'A.P.Reverte.

  Eh bien oui, quoi, on ne sait jamais si on ne pas être à court à un moment donné...

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  Voilà pour cet hiver émilien! Avec le printemps arrivent doucement les échéances de fin d'année scolaire, et on se sent déjà dans la dernière ligne droite. Malgré le gros projet en cours, j'ai quelques lectures qui attendent leur chronique et le blog ne sera pas abandonné, même si les publications se feront peut-être un peu en pointillés d'ici Juillet. Je viendrai vous rendre compte des résultats au prochain article saisonnier... D'ici là profitez bien du printemps et des premières lectures au soleil!