lundi 19 décembre 2022

An Autumn in the mood of Downton...


    Enfin, nous publions un article saisonnier dans les temps ! Il faut dire qu'après de nombreux mois de travail intensif (en fait de "mois", il s'agit de deux ans, voire deux ans et demi), nous sommes arrivés au terme de notre reprise d'études à Poudlard l'école d'agents secrets Oxford. Cette saison automnale a donc été surtout remplie d'ultimes révisions et préparations aux examens, d'où, par exemple, le retard que nous avions pris sur les publications du Challenge Halloween. Mais comme il serait criminel de faire l'impasse sur le traditionnel récap saisonnier, voici en quelques mots et photos le résumé de ces derniers mois...

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Escapades:
 

    ... Oui, enfin pas vraiment. Autant dire que notre Automne a été, comme on l'a évoqué à l'instant, bien trop rempli d'obligations et d'impondérables pour s'offrir quelque escapade digne de ce nom. A l'instar des Crawley et de leur nombreuses parties de chasse à travers la lande brumeuse, nous avons cependant profité des couleurs changeantes de la saison : du vert tendre aux teintes fauves, puis des teintes fauves au gris brumeux. Nous n'aurions pas été surpris de voir Lady Mary fendre le brouillard local à dos de son cheval pour chasser la grouse...







    Fort heureusement, notre rapide séjour à Londres Besançon où nous avions rendez-vous à Poudlard, l'école d'agents secrets Oxford la DREETS nous a permis, en sortant de nos derniers examens (un oral, en vérité), de trouver le réconfort dans un adorable tea room à l'ambiance très shabby chic : Bêtises et Volup'thés. L'intérieur est charmant et la collection de théières vintage, magnifique. Un écrin parfait pour siroter du thé au chaud avec un bon bouquin pendant que le givre tombe au dehors (et que vos collègues de promo passent leur soutenance à leur tour).




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Achats, cadeaux, acquisitions :
 

    Encore une saison marquée par de nouvelles acquisitions et cadeaux, aussi bien littéraires que décoratifs (ou même alimentaires). Outre les commandes livresques qu'on fait désormais à la pelle sans aucun souci du contenu (ou du non contenu) du porte-monnaie (parce qu'acheter des livres, c'est une nécessité, n'est-ce pas ? On ne connait personne qui nous contredira ici, ou alors c'est qu'il sera tombé sur cette page par erreur), il y a toutes ces fois où l'on est entré en librairie pour trouvé UN ouvrage en particulier, et dont on est ressorti avec des taaaas d'autres livres sauf celui pour lequel on avait fait le déplacement. Bref, la routine.

 
    Parmi les nouveautés qui ont donc rejoint les étagères du Terrier, il y a eu bien évidemment le tout dernier, ultime, et dixième tome inédit des Aventures Extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec : le bébé des Buttes-Chaumont. Presque 50 ans après le tout premier opus de cette saga, Tardi met fin aux rocambolesques péripéties de son héroïne. On est ressorti de la librairie avec une autre BD : De cape et de mots, adaptée du célèbre roman jeunesse de Flore Vesco, qu'on a lu et adoré il y a quelques années. Du côté de la fantasy, on a craqué pour Hocus Pocus : the all new sequel, roman publié il y a déjà quelques temps outre-Atlantique et proposant, bien avant le film Hocus Pocus 2 sorti cet automne, une suite au long-métrage culte Disney. Toujours au pays des sorcières, on a découvert avec joie que Son of the Witch, suite de Wicked de Gregory McGuire (passionnante relecture du Magicien d'Oz du point de vue de la Méchante Sorcière de l'Ouest), sortait ENFIN chez Bragelonne. Pour finir, au rayon littérature, Esprit d'Hiver et Les revenants, de Laura Kasischke, ont rejoint notre PAL sous l'impulsion de la mini-série Arte adaptée de cette grande autrice américaine.
 

    Dans la famille "achats inconsidérés", on demande le chapeau melon. Pour ceux qui l'ignorent, on a une passion pour les couvre-chefs en général, mais pour les melons en particulier (et si vous n'en connaissez pas la raison, allez donc jeter un œil à la thématique de notre dernier Noël). Lors de l'obtention de notre premier diplôme il y a presque dix ans euh... un certain temps déjà, on avait fait l'acquisition d'un superbe chapeau melon américain vert foncé, tout droit venu d'une manufacture d'outre-Atlantique. Cette fois, en sortant de notre dernier examen, on est retourné à la même adresse pour honorer ce qui s'apprête à devenir une tradition (oui, nous repasserons des diplômes pour le seul plaisir d'acheter des melons), et on s'est offert ce très beau chapeau de feutre noir. De quoi aller toquer à la porte des Crawley sans déparailler avec le décor, isn't it ? Peut-être même que ce coussin fleuri so chic (pas du William Morris, mais du made in Mother Rabbit) trouverait sa place sur le sofa de leur salon, qu'en dîtes-vous ?


    Presque assorti au coussin, un très sympathique carnet "lapin" comme échappé d'une tapisserie, offert par Pouchky/Ficelle - qui rejoint donc à la fois notre désormais grande collection de lapins et presque aussi grande collection de carnets. Autre achat fou sur lequel on lorgnait depuis quelques années déjà, ce tote bag on ne peut plus littéraire, qui nous évoque les rayons jeunesse des meilleures bibliothèques britanniques. Vous êtes jaloux, avouez-le...


    Puisqu'on parle de Grande-Bretagne, l'une de ses figures iconiques du grand et petit écrans (et ce bien qu'elle fut naturalisée Américaine par la suite) nous a quittés cet Automne : Angela Lansbury, inoubliable Jessica Fletcher d' Arabesque (Murder, she wrote), fantastique Eglantine Price de L'Apprentie Sorcière ou terrifiante tante Adelaïde de Nanny McPhee (elle était aussi la voix originale de la duchesse douairière dans Anastasia et de Mrs Samovar dans La Belle et la Bête). Son décès nous a laissés dans un deuil inconsolable, aussi avons-nous décidé de soigner le mal par le mal : l'intégral d'Arabesque et quelques goodies de la série étaient alors plus que nécessaires (comment ça, on se cherche des excuses ?).


    Enfin, on a été tout particulièrement gâté par la stagiaire que nous avons formée au Ministère de la Magie au MI-6 au travail. Celle-ci semble être restée assez longtemps pour savoir quoi offrir à votre humble serviteur au moment de son départ...
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Popotes et casseroles :
 

    Côté cuisine, on a profité du début de cet automne aux saveurs d'été indien pour improviser un tea time gourmand en extérieur : du thé de qualité, des financiers maison à la framboise... bref, un goûter qui aurait presque le don de faire revenir le printemps. Les beaux jours ont été de courte durée, mais avec le froid et la brume coutumiers de cette saison sont aussi venues... les courges !


    On s'en fait de pleines ventrées chaque année : butternut, potiron, potimarron, courge musquée, patisson... du début de l'automne à la fin de l'hiver, les cucurbitacées et autres légumes anciens sont à l'honneur au Terrier. Si l'on manque d'inventivité d'un automne à l'autre, c'est surtout qu'on aime retrouver les classiques qui réchauffent et qui réconfortent quand arrivent les premiers frimas. Le Vindaloo de potimarron est donc revenu en force, suivi de près par la tourte "pierres tombales" découverte l'année passée (rien de mort à l'interieur, si ce n'est la courge musquée, on vous rassure). Parmi les autres plaisirs du moment : la purée de patates douces aux épices et les lentilles, classiques ou rouges cuisinées en dahl avec de la coriandre.


    Le dernier tea time de la saison s'est fait en intérieur, celui-là, mais avec un serviteur à étages, s'il vous plait (et des tasses vintage du jubilée de feu Sa Gracieuse Majesté). Biscuits, gaufres moelleuses et financiers (again) venaient tout droit des fournaux de Mother Rabbit (il faut rendre à César ce qui est à César), pour un goûter avec Fofo – oui, mais un goûter professionnel (on espère vous en dire plus sur le mystérieux projet sur lequel on a travaillé tout en s'empifrant dans quelques mois).


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Bricoles et Fariboles :


    Pas beaucoup de temps à consacrer à la création ces derniers mois, mais il y a évidemment eu le traditionnel colis automnal de Pouchy/Ficelle. Bon, entre les révisions, la poste qui fait grève, puis les horaires de la poste quand elle ne fait plus grève, le colis est parti plus proche de Noël que d'Halloween. Il aurait donc fallu un thème Mr Jack pour être tout à fait dans le ton, mais c'était davantage dans la thématique des familles extraordinaires de notre Halloween 2022 qu'on a composé le contenu du paquet : un contenant romantico-gothique qui n'aurait pas déplu à Mercredi Addams, le premier tome de Lili Goth, des pinces et marques-places à têtes de mort, de chat ou de corbeau et des goodies Harry Potter and the Cursed Child qu'elle nous avait missionné de ramener de Londres. Nous avons néanmoins dû tricher pour le badge, absent du store, à notre grand désarroi... (heureusement, on connait quelques bonnes adresses pour faire faire ce genre de création).



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Revue de presse :


    Pedro Pan Rabbit est dans la presse ! Enfin, sur le net, c'est déjà pas mal. Après la publication de notre article sur La semeuse d'Effroi, excellent roman d'aventure d'Eric Senabre, l'auteur a relayé notre chronique sur sa page en de forts chaleureux termes. Merci à lui ! Psst : Saviez-vous qu'en clin d'oeil à votre humble serviteur, le romancier avait glissé dans son livre un personnage qui en était inspiré ? On vous laisse partir à la chasse pour le découvrir ;-).


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    Voilà pour le récap de cet Automne, qui tombe pile avec le givre et la baisse des températures. Le Terrier est couvert de gel et les fêtes de noël se préparent tranquillement pendant que boue la marmitte de wassail. Le gingerbread refroidit sur une grille et on a mit à reposer sous son torchon le Christmas Pudding (la recette de Mrs Patmore, évidemment), avant d'aller dresser le gingantesque sapin dans le grand hall... Si tous ces indices ne suffisent pas à vous indiquer auprès de qui on va célébrer les fêtes de fin d'année, ma foi, on ne sait pas quoi vous dire de plus ;-)


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dimanche 11 décembre 2022

Ecriture & compagnie : rencontre avec Faustina Fiore.


    Cette année, nous avons chroniqué deux romans de l'autrice jeunesse Faustina Fiore : Bobards & compagnie puis Amours & compagnie, qui mettent tous les deux en scène l'audacieuse famille Alonzi et ses enfants à l'imagination débordante. Il y a dix ans, Faustia Fiore avait publié un premier roman d'un tout autre genre mais qu'on avait déjà dévoré : Les oiseaux noirs. Et avant cela, nous demanderez-vous ? Faustina Fiore, en plus d'être une autrice accomplie, est connue depuis longtemps dans le milieu de la traduction. C'est notamment à elle qu'on doit les textes français des séries Rose et Lily de Holly Webb, ou encore Les enquêtes trépidantes de Wells & Wong de Robin Stevens. A l'occasion de la parution d'Amours & compagnie, l'autrice a accepté de répondre à nos questions...

 

 

Pedro Pan Rabbit : Tu étais déjà connue comme traductrice avant que ne sorte ton premier roman il y a environ 10 ans. L'envie d'écrire et de devenir autrice était-elle déjà présente dès tes débuts dans l'univers de la traduction ? 

Faustina Fiore : L'envie d'écrire était présente depuis l'adolescence, bien avant d'envisager une carrière de traductrice. Mais pour être auteur ou autrice, il faut du temps, de l'inspiration, et surtout une bonne dose de chance si on veut en faire son métier ! Traduire était un bon compromis : un travail plus régulier, (un peu) plus de sécurité financière, le plaisir de jouer avec les mots et de passer du temps avec des personnages dans un monde imaginaire, sans les difficultés liées au statut d'auteur. Néanmoins, l'envie d'écrire mes propres histoires ne m'a jamais quittée.


PPR :  Ton premier roman Les oiseaux noirs relève d'un registre très différent des deux Alonzi. Comment passe-t-on de la fantasy noire du premier à l'humour fantaisiste des seconds ?

FF : En réalité, j'ai essayé plusieurs registres différents depuis vingt ans. Mon tout premier texte était un roman épistolaire et concernait un secret de famille. Mais certains projets ont abouti, d'autres pas ! L'histoire que raconte Les oiseaux noirs me tenait à cœur, donc j'avais envie de la raconter ; mais il est indéniable que ce que je préfère écrire, c'est de l'humour. Parfois, je me fais rire toute seule en écrivant...

PPR : Où puises-tu l'inspiration pour les Alonzi ? Comment sont nés ces personnages ?

FF : Quatre des cinq enfants Alonzi sont directement inspirés de mes propres enfants... très caricaturés, bien sûr ! J'ai réellement un aîné avec un poil dans la main, deux jumeaux qui ressemblent à Théo et Léa, et un petit dernier assez, disons, atypique... (mais pas aussi psychopathe comme l'Alien, promis !). J'y ai rajouté le cinquième enfant que j'aurais aimé avoir, et je me suis inspirée là encore directement d'une fille que je connais et qui, comme Marianne, a sauté deux classes à l'école et lit tout le temps. Il a suffi de pousser encore plus loin leurs traits de caractère pour donner la famille Alonzi. Quant à la grand-mère autoritaire, j'avoue que je lui ressemble un peu...

PPR : Après les bobards et les amours, a-t-on une chance de retrouver la fratrie Alonzi dans une nouvelle aventure ?

FF : J'aimerais bien ! J'ai même déjà une idée toute prête. Le titre pourrait être Voyages et compagnie, et cette fois, la fratrie ouvrirait une agence de voyages... Mais la décision est encore en suspens. Mon éditrice attend de voir si les deux premiers se vendent suffisamment pour me donner le feu vert. Alors achetez-en et offrez-les autour de vous, car je brûle de l'écrire, cette troisième aventure !

PPR : A part un éventuel retour des Alonzi, quels sont tes futurs projets d'écriture ?

FF : Pour commencer, Poulpe Fictions va publier un autre roman destiné au même genre de public que la famille Alonzi au printemps prochain. Cela devrait s'appeler Les journaux pas si intimes de Marion, et ça raconte l'histoire d'une fille pas très sage qui, en découvrant que sa mère lit son journal intime, décide d'en tenir deux à la fois : un vrai et un faux ! Mais cette idée n'était peut-être pas si bonne que ça... Ensuite, j'ai au moins deux romans historiques sur le feu, qu'il va falloir que je m'astreigne à terminer et à essayer de faire publier. Et je veux continuer à écrire de l'humour, bien sûr. Cela dit, je pense que les aventures et la fantasy me plairaient également beaucoup. Et des enquêtes policières, ça peut être sympa aussi... Et je lorgne aussi du côté des biographies de personnages célèbres... Bref, je ne redoute pas trop le manque d'inspiration, plus le manque de temps pour aller au bout de mes envies. On verra bien !

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     Nous remercions vivement Faustina Fiore pour cet entretien ! En attendant de retrouver les Alonzi pour de nouvelles aventures, n'hésitez pas à vous (re)plonger dans Les oiseaux noirs pour (re)découvrir une autre facette de son écriture, ou dans ses nombreuses traductions de romans jeunesse !

Clôture (tardive) du challenge Halloween 2022 : défaite de famille...

 (source : Arseniccupcakes sur pinterest)
 
    On a rarement été aussi en retard dans notre participation au challenge Halloween ! Certes, on a toujours étiré dans le temps les prolongations une fois passé le 31 octobre, mais jamais au point d'empiéter autant sur Décembre et la saison des festivités hivernales.
 
    Bref, bref, bref, comme au Terrier, on aime faire les choses bien, on ne pouvait se résoudre à passer outre le traditionnel article récapitulatif sous prétexte de non respect du calendrier (au diable le calendrier, au diable le temps et les montres, quand on est Lapin Blanc). La réjouissante thématique de cette édition 2022 étant les familles extraordinaires, nous avions annoncé dès notre article d'introduction quelques célèbres familles (monstrueuses, ensorcelantes ou carrément dérangeantes) avec lesquelles nous avions prévu de passer la saison. Après notre habituel florilège de lectures passées et déjà chroniquées dans la thématique du moment, nous vous avons invités à rencontrer quelques unes des plus mystérieuses familles identifiées en littérature ou à l'écran...
 
 

    Les familles les plus effrayantes n'étant pas toujours celles qu'on croit, nous avons commencé par une excursion au Château des Trompe-l’œil, délicieux hommage au roman gothique dans lequel Christophe Bigot nous fait suivre un jeune clerc de notaire dans les sombres couloirs d'un château normand, à la recherche des secrets enfouis d'une ancienne famille et de ses fantômes réels ou métaphoriques...
 
     Après cette mise en bouche toute en atmosphère, votre humble serviteur vous a présenté quelques familles autrement plus atypiques. Nous avions promis des familles de monstres, vous avez été servis : qu'il s'agisse de monstres inoffensifs avec Lili Goth, émouvants avec L'étonnante famille Appenzell, ou plus dangereux avec la famille Collins de Dark Shadows, ils ont merveilleusement bien introduit l'arrivée tardive des Addams avec la série tant attendue Mercredi.


    Parce que le monstre n'est pas toujours le fruit de l'imagination ou du fantastique, nous avions également en réserve quelques familles de monstres plus réalistes : familles secrètes et criminelles, avec les Blackwood de We have always lived in the Castle ou encore les Borden de Lizzie Borden took an ax.

    Ce sont finalement les familles de sorciers que nous avons le moins mises à l'honneur, pas tant par envie que par manque de temps. Si les Bredov, les Sanderson et les Owens étaient annoncés, nous n'avons finalement pu consacrer qu'un article aux Potter avec le très beau spectacle Harry Potter and the cursed child, vu à Londres.
 

    Le hasard des sorties et des occasions a conduit à la publication de quelques articles "hors série" mais néanmoins tout à fait adaptés à l'ambiance de la saison. Nous vous avons ainsi présenté La semeuse d'effroi, digne héritière de Fantômette qui effraie les criminels dans le Paris des années 20, entre démonologie chinoise et scène sanguinolente du Grand Guignol. Chronique suivie rapidement d'une interview avec son auteur Eric Senabre, qui a eu la gentillesse de répondre à nos questions pour la deuxième année consécutive. 

    Mais revenons à nos moutons : les familles extraordinaires ont été une dernière fois mises à l'honneur, notamment à travers nos célébrations du 31 octobre, entièrement consacrées aux Addams !

 
 
    Nous remercions comme tous les ans vivement les lecteurs, blogueurs et internautes qui ont suivi nos publications avec intérêt, mais surtout, Lou & Hilde pour leur organisation annuelle du désormais culte Challenge Halloween, dont 2022 était la treizième édition ! Maintenant que les portes du manoir sont refermées, nous pouvons ranger les chauve-souris et les toiles d'araignées au grenier. A moins que, comme les Addams, vous souhaitiez en décorer votre sapin... 

Merry Creepmas season !


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We have always lived in the castle - Un film de Stacie Passon d'après le roman de Shirley Jackson.

We have always lived in the castle


Un film de Stacie Passon d'après Nous avons toujours vécu au château, de S.Jackson.

Avec : Taissa Farminga, Alexandra Daddario, Sebastian Stan, Grispin Glover...

Date de sortie originale : 17 mai 2019.

    Mary Katherine Blackwood, sa soeur Constance, et leur oncle, vivent tous trois dans un château isolé du reste du village. En effet, la population se méfie d'eux car tous les autres membre de cette mystérieuse famille sont morts empoisonnés. 
 
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     C'est l'un de nos romans favoris, chroniqué sur le blog il y a déjà quelques années de cela : Nous avons toujours vécu au château, de Shirley Jackson, autrice reconnue comme la dernière vraie représentante de la littérature gothique américaine. Célèbre pour son best-seller Maison hantée déjà adapté de nombreuses fois, l'écrivaine n'avait cependant jamais vu ce titre transposé à l'écran - chose surprenante quand on connait les élogieuses critiques à son sujet. Reconnaissons à l'intrigue une densité peut-être autrement plus complexe que dans Maison hantée : la capacité non pas à faire peur, mais à distiller le malaise par son simple pouvoir de suggestion. Digne d'un scénario d'Hitchcock qu'aurait réécrit Stephen King, Nous avons toujours vécu au château est avant tout une plongée dans les eaux troubles et nauséabondes des drames et secrets familiaux.
 

    Il aura donc fallu plus d'un quart de siècle avant de voir ce roman transposé à l'écran, ici par la réalisatrice américaine Stacie Passon. Peu connue dans l'Hexagone, on lui doit cependant plusieurs épisodes de séries notables telles que Dickinson, The Punisher, ou Les Chroniques de San Francisco. Mais surtout, c'est elle la metteuse en scène principale des mini-séries Little Birds et plus récemment The Serpent Queen, remarquée par la critique. Quoi qu'ayant bénéficié d'une certaine publicité outre-Atlantique, We have always lived in the Castle n'a malheureusement pas profité d'une distribution réellement intéressante à l'international, d'où le fait que le film ne soit jamais sorti en France ou même qu'il n'ait jamais été doublé.

Bande-annonce originale du film.

    Et c'est fort dommage, car on a là une excellente adaptation du roman de Shirley Jackson, toute en subtilité et en psychologie. Le personnage saugrenu de Merricat était en effet un véritable risque pour une version à l'écran, notamment celui de faire tomber l'histoire dans le ridicule. Mais la mise en scène de Stacie Passon aussi bien que le scénario de Mark Kruger parviennent à adopter le traitement des personnages et de l'intrigue qui convenait, préférant la force des images à celle des dialogues. La construction du film, sans être révolutionnaire, s'offre une liberté intéressante vis-à-vis de l’œuvre écrite, notamment en faisant faire une boucle au scénario. Le long-métrage commence en effet à la fin de l'histoire, dans les débris du château à moitié détruit par les flammes ; Merricat se lève, ouvre une boite remplie de manuscrits et de feuillets, et entreprend d'y raconter son histoire. La caméra fait alors un retour d'une semaine en arrière, le fil des événements se déroulant au rythme des jours qui s'égrainent vers la catastrophe.
 


    Peu de dialogue, a-t-on dit. Peu de dialogue et beaucoup d'images, les plans étant toujours minutieusement élaborés, de façon à épouser des décors très esthétiques. Dans le manoir, la caméra s'attarde surtout dans la cuisine : elle y fixe les tons pastels et les surfaces en formica, écrin poudré où se terre la douce et précieuse Constance, cachée derrière un sourire de façade et le désir de faire de chaque jour une fête (à grandes fournées de tartes à la rhubarbes et de gâteaux pour le thé). Oncle Julian, bloqué dans sa chaise roulante, est surtout filmé dans le capharnaüm de sa chambre : papiers, poussière et tentures empesées, où il passe toute la journée à essayer d'écrire et réécrire la nuit du drame, celle où tout le reste de la famille est décédé empoisonné d'un thé sucré à l'arsenic. C'est d'ailleurs par lui qu'arrivent les logorrhées et les dialogues envahissants, lorsqu'il se met en tête de ressasser à voix haute aux invités aussi curieux que terrifiés la funeste soirée. Puis vient Merricat, compulsant des livres de sorts dos tourné à la camera, une raideur dans la colonne vertébrale autant que dans le regard, la chambre ornée de dessins naturalistes, prolongement du parc et des forêt où elle ne fait qu'un avec la nature. Dehors, les plans qui suivent le jeune fille se font plus nerveux : plongées et contre-plongées angoissantes mettent en relief le danger qu'il y a à affronter le village et la nécessité de s'adonner à des rituels de protection, aussi fantaisistes soient-ils.
 


    Les acteurs, totalement habités, épousent parfaitement leurs personnages et complètent à merveille ce que donnent à voir les images. Alexandra Daddario, gracile en robe bouffante et tulle, est une Constance plus que convaincante (y compris dans le dernier tiers du film, quand le vernis craque progressivement) et Grispin Glover est à n'en pas douter le seul et unique oncle Julian possible. Taissa Farminga prêt son charisme étrange et son visage sans âge à Merricat et livre une prestation particulièrement impressionnante, parvenant à susciter l'empathie du spectateur malgré son étrangeté et sa froideur apparente. Le casting principal est rejoint par Sebastian Stan, séduisant (mais non moins inquiétant) cousin Charles par qui la catastrophe arrive.
 

    Dès lors qu'il met le pied au château, d'ailleurs, la mise en scène parvient à montrer la place que le personnage s'approprie insidieusement, notamment en occupant la chaise vide du patriarche. Tout comme dans le roman, sa présence amène l'irruption d'un regard extérieur dans le quotidien des Blackwood, pointant les bizarreries des uns et des autres, y compris les rituels qui maintenaient jusque-là l'équilibre de la famille. Rapidement, Charles est de chaque scène, de chaque plan, et l'attraction-répulsion qu'il suscite à l'encontre des personnages et des spectateurs fait progressivement apparaître la violence du défunt père, jusque-là endiguée par sa mort, mais qui remonte soudainement à la surface.
 
 

    ... Au point de nécessiter une issue similaire ? C'est là un des ajouts du scénario, particulièrement pertinent. Lorsque le retour en arrière proposé par le film revient à son point de départ et qu'est révélé le secret (de Polichinelle) quant à la mort des parents, le script de Mark Kruger fait revenir le personnage de Charles pour une ultime confrontation. Autre façon de montrer que la boucle est bouclée : le coffret et les manuscrits de Merricat, où elle consigne et range son histoire, sont ceux de l'oncle Julian, dont l'esprit était resté figé quelque part à la soirée du thé empoisonné et qui cherchait en vain à la retranscrire...
 


En bref : Mise en scène nerveuse et esthétique à la fois, casting impeccable et écriture au cordeau, cette adaptation de Nous avons toujours vécu au château est une totale réussite. La tension dramatique, habilement maîtrisée, et la photographie du film font honneur au roman de Shirley Jackson, à sa psychologie et à son intensité.